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Les calmars commu­niquent avec un langage secret, affi­ché sur leur peau

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 8 février 2017

SquidTA_BM5309 Crédits : Science Source Avec leurs tenta­cules, leurs yeux vitreux et leurs jets d’encre noire, les calmars sont une source d’ins­pi­ra­tion sans fin pour la science-fiction. Dans Premier contact, le Cana­dien Denis Ville­neuve s’est inspiré d’eux pour créer des êtres supé­rieu­re­ment intel­li­gents. Il semble­rait que le cerveau du cépha­lo­pode soit suffi­sam­ment déve­loppé pour maîtri­ser le langage. Dans un article publié en janvier dernier dans la revue scien­ti­fique JNeu­rosci, le neuros­cien­ti­fique Chuan-Chin Chiao, de l’uni­ver­sité natio­nale Tsing Hua de Taiwan, explique que certaines espèces de calmars mani­pulent la couleur de leur peau pour envoyer des messages à leurs congé­nères. « Leur struc­ture corpo­relle est fabu­leuse », s’en­thou­siasme le scien­ti­fique dans une inter­view accor­dée au maga­zine Wired. Ils peuvent affi­cher des bandes, des rayures, ou deve­nir complè­te­ment noirs ou blancs selon les cas. Chiao tente de décryp­ter leur mysté­rieux langage. Les cépha­lo­podes peuvent chan­ger la couleur et les motifs affi­chés sur leur peau en une seconde, car les cellules respon­sables de ces trans­for­ma­tions sont contrô­lées par une région spéci­fique de leur cerveau. Il suffit d’im­pul­sions élec­triques pour les déclen­cher. Chuan-Chin Chiao a donc placé des élec­trodes sur le lobe optique de calmars Sepio­teu­this lesso­niana, la partie mysté­rieuse de leur système nerveux d’où tout provient. En stimu­lant diffé­rentes zones du lobe, le scien­ti­fique a observé diffé­rents chan­ge­ments de couleurs et de formes, à diffé­rents endroits du corps de l’ani­mal. Chaque partie du corps du calmar possède ses propres motifs. Aussi, il peut avoir simul­ta­né­ment les tenta­cules noirs, des pois affi­chés sur le corps et des rayures sur sa cape. Chiao dénombre 14 motifs diffé­rents, décli­nables de centaines de façons. Il compare cette trou­vaille à notre alpha­bet de 26 lettres, en y ajou­tant des varia­tions subtiles. « La struc­ture de leur corps est si bizarre compa­rée aux nôtres qu’il est diffi­cile de compa­rer leur struc­ture céré­brale et leur fonc­tion à quelque chose que nous connais­sons », conclut-il. Il est pour l’heure impos­sible de savoir ce que se racontent les calmars entre eux. On peut toujours esti­mer qu’ils ne causent que de repro­duc­tion et de nour­ri­ture, mais qui sait ce que la complexité appa­rente de ce langage fait de formes et de couleurs peut cacher ? Source : Wired/JNeu­rosci