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Les conduc­teurs qui n’aiment pas les cyclistes ne les voient pas

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 13 juillet 2017

Une nouvelle étude s’est penchée sur l’at­ti­tude des auto­mo­bi­listes à l’égard des cyclistes, et ses résul­tats sont effrayants. Il appa­raît que les conduc­teurs qui n’aiment pas ou ignorent les cyclistes ont tendance à ne pas les voir, même lorsqu’ils sont conscients de leur présence. C’est la conclu­sion glaçante des recherches menées par Tara Goddard, cher­cheuse à l’uni­ver­sité d’État de Port­land. « La route est un champ de bataille pour la domi­na­tion sociale, pas seule­ment un espace physique », écrit-elle. Une domi­na­tion souvent accen­tuée par le degré de léta­lité des véhi­cules – les conduc­teurs de 4×4 ou de poids lourds s’im­po­se­ront davan­tage sur la chaus­sée. Et vis-à-vis des cyclistes, cela se traduit fréquem­ment par des atti­tudes d’in­ti­mi­da­tion, poten­tiel­le­ment mortelles. La rela­tion entre l’at­ti­tude impli­cite et la pres­sion à doubler un cycliste — Crédits : Tara Goddard Les recherches de Tara Goddard s’ap­puient exclu­si­ve­ment sur des cas, des chiffres et de précé­dentes études améri­cains, mais des compor­te­ments simi­laires peuvent être consta­tés dans nos contrées. Un exemple parlant est celui de la pres­sion que ressent un conduc­teur pour doubler un cycliste qui ralen­tit le trafic. Le rapport entre l’at­ti­tude et le ressenti du conduc­teur « reflète la colère ressen­tie à l’égard du cycliste » lorsque celui-ci ralen­tit le trafic. De nombreux conduc­teurs sont persua­dés que les cyclistes sont alors en état d’in­frac­tion. « Les senti­ments qu’é­prouve un conduc­teur envers un cycliste qui ralen­tit le trafic peuvent lui donner l’im­pres­sion, vraie ou fausse, qu’il met en colère les autres conduc­teurs qui le suivent en ne doublant pas le cycliste. » Ainsi, plus un conduc­teur est lui-même suscep­tible de se mettre en colère contre un cycliste qui le ralen­tit, plus il aura l’im­pres­sion que les autres conduc­teurs lui mettent la pres­sion pour qu’il double le cycliste. Un état d’es­prit qui mène à des compor­te­ments à risque qui mettent en danger la vie des cyclistes. Source : Tree­hug­ger