L’Irak a émis ce jeudi un mandat d’arrêt contre Donald Trump, dans le cadre d’une enquête sur le meurtre d’un haut dirigeant militaire irakien et d’un général iranien, annonce CBS News ce 8 janvier.

Abou Mehdi al-Mouhandis était le chef adjoint du réseau paramilitaire irakien Hachd al-Chaabi, largement pro-iranien car à majorité chiite. Il est décédé le 3 janvier de l’année dernière, lors de la même frappe de drone qui a tué legénéral iranien Qassem Soleimani à l’aéroport de Bagdad. Ce dernier, commandant de la Force Al-Qods du corps des Gardiens de la révolution islamique, était une des icône de la République islamique d’Iran.

La frappe de leur cortège avait été ordonnée par Trump, suite à l’attaque de l’ambassade américaine de Bagdad, survenue quelques jours auparavant. Il s’était alors félicité d’avoir éliminé « deux [hommes] pour le prix d’un ».

« Un mandat d’arrêt contre le président sortant des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, a été émis conformément aux dispositions de l’article 406 du Code pénal irakien », a déclaré jeudi le Conseil supérieur de la magistrature irakien dans un communiqué. Le choix de délivrer le mandat « est survenu après que le juge a enregistré les déclarations de la famille d’Abou Mehdi al-Mouhandis », le tribunal déclarant que les enquêtes se poursuivraient « pour identifier d’autres personnes ayant participé à l’exécution de ce crime, qu’ils soient irakiens ou étrangers ».

La rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard, a depuis qualifié ces deux assassinats d’ « arbitraires » et d’ « illégaux ». L’Iran a déjà émis un mandat d’arrestation contre Trump en juin et a demandé à Interpol de le relayer en tant que « notice rouge » aux forces de police du monde entier, une demande restée sans réponse. S’il venait à être jugé pour ces crimes, il pourrait risquer la peine capitale (mais il y a peu de chance qu’il le soit).

Dans la perspective de l’anniversaire des deux meurtres, ce dimanche, les factions pro-iraniennes ont intensifié leur rhétorique contre Washington et contre les responsables irakiens soupçonnés de travailler avec les Américains.

Source : CBS News