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Non, l’épi­dé­mie de Covid-19 n’est pas bonne pour le climat

par   Servan Le Janne   | 20 mars 2020

Tout n’est pas noir en Italie. Si l’ho­ri­zon s’est assom­bri avec l’épi­dé­mie de coro­na­vi­rus (Covid-19), les mesures de confi­ne­ment prises pour jugu­ler sa propa­ga­tion ont éclairci le ciel et les canaux de Venise. Parce qu’ils ne sortent plus, les habi­tants ont arrêté de faire cracher leurs voitures et leurs bateaux, ce qui a eu pour effet de réduire la pollu­tion dans l’air et dans l’eau.

Mais quand ils concluent que le virus est bon pour le climat, « les gens doivent se calmer un peu », rétorque le scien­ti­fique améri­cain Gavin Schmidt dans un article de Vice paru jeudi 19 mars. « La plupart des polluants de courte durée qui ont faibli sont asso­ciés aux trans­ports », pour­suit ce membre du NASA Goddard Insti­tute for Space Studies. « Mais l’élec­tri­cité n’a pas disparu, inter­net est toujours forte­ment utilisé et la produc­tion d’élec­tri­cité repré­sente un tiers des émis­sions de dioxyde de carbone. »

Par un jeu de vases commu­ni­cants, les personnes confi­nées ont cessé d’émettre du CO2 dehors pour en reje­ter à la maison. « Nous utili­sons beau­coup d’éner­gie chez nous actuel­le­ment », constate le scien­ti­fique Max Zhang, chargé de recherches à la Cornell Univer­sity. « J’ob­serve un trans­fert du secteur commer­cial au rési­den­tiel. »

Au reste, ce n’est pas parce que les trans­ports ont dimi­nué leur empreinte que l’at­mo­sphère est dégagé. « C’est comme une baignoire », compare Gavin Schmidt. « Plus vous ajou­tez des choses, plus ça se rempli », et le fait d’ou­vrir légè­re­ment la valve n’y change pas grand chose. Par exemple, si nos émis­sions passaient de 10 giga­tonnes de CO2 en 2019 à 8 giga­tonnes en 2020, ce serait toujours 6 de trop, sachant que la Terre ne peut en absor­ber que 2 par année.

Para­doxa­le­ment, la chute de la quan­tité d’aé­ro­sols dans l’air qui s’est produite ces derniers jours est suscep­tible d’en­gen­drer une augmen­ta­tion des tempé­ra­tures. Tout en amélio­rant la qualité de l’air, cela va enle­ver une barrière aux rayons du Soleil et donc augmen­ter les tempé­ra­tures. On le voit, le proces­sus de dérè­gle­ment clima­tique à l’oeuvre est complexe. Aussi est-il malaisé de prédire les effets du confi­ne­ment.

Il est toute­fois permis d’es­pé­rer que, quand nous sorti­rons de notre quaran­taine, nous pour­rons voir à quoi ressemble véri­ta­ble­ment un envi­ron­ne­ment peu pollué. Et peut-être y pren­drons nous alors goût.

Source : Vice

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