fbpx

Peste et sorcel­le­rie : l’ori­gine mysté­rieuse des rois-de-rats

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 27 décembre 2016

À l’étage du musée Otago de Dune­din, en Nouvelle-Zélande, sont expo­sés des lions de cirque empaillés, toutes sortes de créa­tures des mers et certains des requins les plus grands jamais captu­rés par l’homme. Au milieu de toutes ces splen­deurs figées dans leur ultime expres­sion se trouve un pot de verre sur lequel est inscrit « roi-de-rats ». À l’in­té­rieur, huit rats inertes sont plon­gés dans un liquide jaunâtre qui empêche leur putré­fac­tion. Au-dessus des corps blot­tis au fond flotte un amas de nœuds formé par les queues entor­tillées des rongeurs. À première vue, on se demande quel éner­gu­mène a bien pu réali­ser une compo­si­tion si macabre. Mais cet éche­veau de queues de rats serait appa­rem­ment un phéno­mène natu­rel, ledit roi-de-rats. imageCrédits : Otago Museum Depuis sa décou­verte au XVIe siècle, le roi-de-rats fascine autant qu’il répugne et désarçonne les cher­cheurs, tandis qu’il est devenu un symbole de peste et de malé­fice dans les légendes popu­laires. L’ex­pres­sion vient de l’al­le­mand Rattenkö­nig, héri­tée d’une légende qui raconte l’his­toire d’un prince rat nommé Nerub, qui subti­lise la couronne de son père et fusionne avec les rats de sa cour pour défaire l’ar­mée de l’arai­gnée Große Spinne. L’his­toire aurait été inspi­rée par l’ob­ser­va­tion du premier cas de roi-de-rats de l’his­toire, en 1551. Une bonne partie des cher­cheurs inclinent à penser que c’est une histoire montée de toutes pièces par des plai­san­tins. Leur farce macabre aurait peu à peu gagné le statut de mythe. On peut obser­ver des rois-de-rats en France à Château­dun, au musée zoolo­gique de la ville de Stras­bourg, ainsi qu’au Muséum d’his­toire natu­relle de Nantes. Mais qu’en pensent les autres scien­ti­fiques ? rattenkonig-jpg-crop-promo-large2 « Les rats noirs » – ou Rattus rattus – « selon certaines théo­ries, sont des rats “grim­peurs” et leurs queues sont dotées d’un réflexe de préhen­sion », explique Emma Burns, du musée Otago. « Dans le nid, ils sont blot­tis les uns contre les autres. » C’est là qu’ils seraient suscep­tibles de s’at­ta­cher les uns aux autres. Le phéno­mène, hélas, cause­rait leur mort tandis que leur envi­ron­ne­ment, leurs urines et leurs défé­ca­tions rendraient le nœud vite inex­tri­cable. D’autres sont d’avis que les rois-de-rats sont plus répan­dus qu’on ne le pense jusqu’ici. Quand les tempé­ra­tures refroi­dissent, les rats noirs se blot­tissent les uns contre les autres pour se réchauf­fer. Il se pour­rait qu’a­lors, leur queue forme des nœuds, mais qu’ils se défassent rapi­de­ment lorsque les tempé­ra­tures remontent. Les spéci­mens expo­sés dans les musées seraient un coup de malchance pour les rongeurs. image-1Crédits : Musée de Nantes Cepen­dant, pour en avoir le cœur net, il faudrait dépen­ser du temps et de l’argent pour exami­ner en détail la compo­si­tion et le proces­sus de forma­tion des nœuds, un luxe que les cher­cheurs ne peuvent pour le moment pas s’of­frir. Pendant encore quelques temps, le roi-des-rats restera donc un mystère asso­cié au mauvais augure et à la sorcel­le­rie. Source : Otago Museum

Download Premium WordPress Themes Free
Download WordPress Themes Free
Premium WordPress Themes Download
Download Best WordPress Themes Free Download
free download udemy course