Pour contour­ner la censure, la BBC iranienne informe sur Tele­gram et Insta­gram

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 23 février 2017

En Iran, la censure reste la plaie des médias du pays, qui tombent très régu­liè­re­ment sous son coupe­ret et ce pour n’im­porte quel sujet. Inter­net est massi­ve­ment censuré et des plate­formes telles que Face­book et Twit­ter sont tout simple­ment bloquées. La BBC Persian, antenne du média britan­nique en Iran, semble avoir trouvé une manière de contour­ner le problème. La chaîne a décidé d’in­for­mer les iraniens non plus à la télé­vi­sion ou sur Inter­net, mais par le biais de Tele­gram, l’ap­pli­ca­tion de messa­ge­rie cryp­tée qui, contrai­re­ment à bon nombre de ses concur­rents, refuse toujours de faire commerce des données person­nelles de ses utili­sa­teurs. 713 000 utili­sa­teurs iraniens se sont déjà abon­nés à la chaîne par le biais de cette appli­ca­tion. Un profil leur permet égale­ment de discu­ter direc­te­ment avec des jour­na­listes de la chaîne. Une ving­taine de messages sont envoyés chaque jour aux abon­nés. « C’est la source prin­ci­pale d’in­for­ma­tion en ce moment pour nous », dit Leyla Khoda­ba­kh­shi, direc­trice multi­mé­dia du groupe, à la BBC. « La seule façon pour nous de comprendre ce qu’il se passe en ce moment dans le pays et d’avoir accès à des images était de mettre en action ces diffé­rentes plate­formes. » Elle explique égale­ment que de nombreuses agences de presse basées en Iran possèdent des liens très étroits avec diffé­rents groupes poli­tiques du pays, ce qui rend les infor­ma­tions diffu­sées tota­le­ment erro­nées. Ce sont donc souvent des infor­ma­tions prove­nant direc­te­ment du public qui, une fois recou­pées et véri­fiés, servent de matière aux jour­na­listes. La BBC Persian s’est égale­ment lancée sur Insta­gram, plate­forme sur laquelle la chaîne peut diffu­ser des vidéos sans qu’elles soient auto­ma­tique­ment suppri­mées. Récem­ment, le profil de la chaîne a dépassé le million d’abon­nés. L’au­dience y est plus fémi­nine que sur les autres plate­formes. La chaîne iranienne l’a bien compris et tente de libé­rer la parole fémi­nine en inci­tant au débat et à l’échange d’idées. Malheu­reu­se­ment, la confi­gu­ra­tion de la plate­forme n’est pas vrai­ment adap­tée à ce genre de démarches. Contrai­re­ment à Face­book, sur Insta­gram, impos­sible de créer des groupes ou des discus­sions privées. Il est par ailleurs possible que le gouver­ne­ment iranien ait volon­tai­re­ment laissé Insta­gram acces­sible dans le pays, conscient que ces limi­ta­tions permet­taient d’écar­ter tout risque d’or­ga­ni­sa­tion d’une rébel­lion popu­laire. Leyla Khoda­ba­khsh dit aussi que la BBC est consciente que le gouver­ne­ment iranien va rapi­de­ment réagir à ce contour­ne­ment effronté de la censure. Mais elle ajoute que le média iranien ne renon­cera pas et conti­nuera à s’adap­ter à de nouvelles plate­formes et à cher­cher de nouveaux points d’ac­cès, pour parve­nir à atteindre son public. « Nous avons l’ha­bi­tude d’éla­bo­rer de nouvelles stra­té­gies et de penser à des plans B », dit-elle. Source : BBC  

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