La frontière entre l’homme et l’animal est apparemment plus mince que celle séparant la vie de l’au-delà. Pour la première fois, des scientifiques de l’université écossaise de Saint-Andrews ont observé un rite funéraire chez des chimpanzés de la réserve zambienne de Chimfunshi. Cette attitude est décrite dans un article de la revue Nature publié le 13 mars. Attirés par un rassemblement de primates, les chercheurs se sont rendu compte qu’un jeune mâle gisait au sol, sans vie. Il s’appelait Thomas. À la découverte de son décès,↕ l’un de ses congénères a réagi avec violence avant de partir, suivi de quelques autres. C’est alors que sa mère adoptive, Noel, a commencé à nettoyer le corps en passant des brins d’herbe entre ses dents. « Ce comportement n’avait jamais été observé chez une espèce animale non-humaine », notent les scientifiques. « Aucun outil n’était utilisé dans les réactions post-mortem que nous connaissions. » Le caractère exceptionnel de ce cas doit inciter à la prudence, tempère le biologiste suisse Thibaud Gruber. D’autres études sont nécessaires pour confirmer l’aptitude des singes à honorer leurs défunts. Source : Nature