Trois petites cuillères d’eau de Rio suffiraient à tomber malade. C’est ce que révèle une étude conduite par l’agence AP durant seize longs mois, mettant en garde les nageurs en eau libre qui concourent aux Jeux Olympiques. 2048x1536-fit_baie-rio-bresil-8-juin-2014 La baie de Guanabara, qui accueillera des épreuves des JO dès le 15 août. Crédit : DR Selon Associated Press, l’eau de Rio présente un niveau de risque de contamination par des virus 1,9 million de fois plus important que le niveau dit « important » en Europe et aux États-Unis. Pas question donc de boire la tasse! Évidemment, les athlètes des Jeux ne sont pas les seuls concernés par ces risques de contamination. Les touristes font également l’objet d’une mise en garde de l’agence de presse américaine, qui leur déconseille de mettre la tête sous l’eau. Pour mener cette étude, des chercheurs et analystes se sont appuyés sur des échantillons d’eau prélevés dans la lagune de Rodrigo de Freitas, qui accueillera dès le 15 août des épreuves d’aviron, de nage en eau libre et des régates. Après analyses approfondies, en juin, ces échantillons présentaient une moyenne de 248 millions adenovirus par litre. Qu’est ce que les adenovirus? Il s’agit d’une famille de virus, qui prolifèrent dans les eaux usées non traitées et qui entrainent des infections principalement au niveau des voies respiratoires. Ces infections peuvent durer quatre à sept semaines. Elles peuvent entraîner, en cas de complications, pneumonie, otites ou méningite du cerveau. De quoi nous passer l’envie de piquer une tête dans les eaux de la baie de Guanabara, dans lesquelles sont directement rejetés les égouts de toute la ville. guanabaraok Le canal de Cunha, qui se jette dans la baie de Guanabara. Crédit : DR Les athlètes qui souhaitent concourir aux JO, en aviron, nage en eau libre et régate, n’ont d’autre choix que d’accepter ce risque. Pour tenter de lutter contre de possibles infections, certains prennent des antibiotiques à titre préventif, pour stimuler leur système immunitaire. Or, les antibiotiques ont la capacité de combattre les bactéries, et non les virus. Au delà de cela, si certains sportifs tentent de prendre leurs dispositions, ce n’est que très rarement le cas des touristes, qui n’ont souvent pas conscience des risques liés aux eaux polluées. Malgré les mises en garde de l’agence AP, les officiels des JO continuent d’affirment que les eaux de Rio sont sûres. Mario Andrada, porte-parole local du comité olympique, a répondu à Associated Press en expliquant que « la santé des athlètes était leur première priorité » et que les athlètes « ne courent aucun risque dans la baie de Guanabara. » Le comité olympique avait promis de nettoyer 80% de la baie pour les Jeux Olympiques. Une promesse passée à la trappe : les conséquences physiques pour les sportifs, mais également économiques pour la ville de Rio, sont non négligeables. Source : The Verge