L'Écossaise Sue Black est une des plus grandes anthropologues judiciaires du monde. La scientifique enquête parfois sur des scènes de crime vieilles de plusieurs milliers d'années.

par Nolwenn Jaumouillé | 26 décembre 2017

« Oh ! Mon Picte ! Qu’il est beau… il est merveilleux ! » s’ex­­clame Sue Black, hilare. Le fameux Picte devant lequel l’an­­thro­­po­­logue judi­­ciaire écos­­saise s’ex­­ta­­sie, qu’elle et son équipe ont baptisé « Rose­­mar­­kie Man », est en réalité un sque­­lette récem­­ment décou­­vert dans les High­­lands. Il a été retrouvé dans une des grottes marines dont sont truf­­fées les côtes de cette partie de l’Écosse, lors d’une fouille archéo­­lo­­gique menée par le profes­­seur Steven Birch. Utili­­sées pendant des milliers d’an­­nées par des êtres humains, l’équipe était venue explo­­rer l’une des cavi­­tés, connue pour être la salle des forge­­rons d’une ancienne tribu picte. Sans surprise, les archéo­­logues y ont trouvé toutes sortes de morceaux de métal. Mais le dernier jour des recherches s’est soldé par une trou­­vaille inat­­ten­­due : les cher­­cheurs ont déterré des osse­­ments, qu’ils ont d’abord asso­­cié à un chevreuil avant de s’aper­­ce­­voir qu’ils avaient sans aucun doute mis au jour un sque­­lette humain.

Procé­­dure habi­­tuelle, la police une fois contac­­tée s’est adres­­sée au Center for Anatomy and Human Iden­­ti­­fi­­ca­­tion de l’uni­­ver­­sité de Dundee (CAHID), que dirige la capti­­vante Sue Black. « J’ai pu leur dire tout de suite que ces os étaient anciens, très anciens. » Les auto­­ri­­tés se sont alors reti­­rées de l’af­­faire, mais les archéo­­logues, eux, brûlaient d’en savoir plus. « L’homme avait été bruta­­le­­ment mis à mort, avant d’être entre­­posé ici avec consi­­dé­­ra­­tion, selon la tradi­­tion picte – les bras croi­­sés », décrit Steven Birch. En travaillant comme s’il s’agis­­sait d’une affaire médico-légale, l’équipe de Sue Black a ainsi pu déter­­mi­­ner que le visage et le crâne de cet homme ayant vécu entre 430 et 630 ap. J.-C. avaient été frac­­tu­­rés avec une extrême violence. Son collègue Chris Rynn, respon­­sable des iden­­ti­­fi­­ca­­tions et recons­­ti­­tu­­tions faciales, a pris tous les frag­­ments du sque­­lette et les a repla­­cés ensemble en 3D sur l’or­­di­­na­­teur afin de lui recons­­truire ce magni­­fique visage qui a conquis le grand public.

L’uni­­ver­­sité du Dundee, en Écosse, est parti­­cu­­liè­­re­­ment répu­­tée pour son centre de recherche dédié à l’an­­thro­­po­­lo­­gie judi­­ciaire. Un champ d’études qui consiste à tirer le plus d’in­­for­­ma­­tions possibles en analy­­sant un corps ou un sque­­lette non iden­­ti­­fié ou mort dans des circons­­tances floues. Peu déve­­lop­­pée jusque dans les années 1990, elle a connu depuis un essor consi­­dé­­rable et son apport à la justice comme à l’His­­toire lui vaut d’être désor­­mais recon­­nue à part entière. Pour autant, si éluci­­der des crimes histo­­riques peut sembler fasci­­nant, diffi­­cile d’ima­­gi­­ner un enfant rêver de deve­­nir anthro­­po­­logue judi­­ciaire.

CAHID

Et en effet, drôle­­ment vivante pour quelqu’un qui passe ses jour­­nées à s’oc­­cu­­per des morts, le Pr Black part d’un grand éclat de rire lorsqu’on lui pose la ques­­tion. « Pas vrai­­ment », confie-t-elle. Mais tout a commencé lorsqu’elle avait 12 ans, et qu’elle travaillait chaque samedi dans une bouche­­rie. Une expé­­rience qui l’a très tôt habi­­tuée « à travailler avec des muscles, des os, du sang… ce genre de choses ». À l’uni­­ver­­sité, Sue Black a choisi d’étu­­dier la biolo­­gie, jusqu’à ce qu’en troi­­sième année, elle ait l’op­­por­­tu­­nité de se spécia­­li­­ser en anato­­mie. « Or, l’ana­­to­­mie est tout simple­­ment la bouche­­rie appliquée aux humains : des muscles, des os, du sang, tout pareil. Je me suis tout de suite sentie très à l’aise ! »souligne avec humour cette femme avenante de 56 ans à la cheve­­lure rousse et frisée. En travaillant à son projet de fin d’études, elle s’est aperçue qu’elle n’avait aucune envie de travailler sur des rats et des souris, mais bien de se confron­­ter à de véri­­tables êtres humains, et d’ap­­prendre à les iden­­ti­­fier à partir de leur sque­­lette. « Je n’ai plus lâché le sujet depuis. »

Ce que Sue Black ne précise pas par modes­­tie, c’est qu’elle a aujourd’­­hui acquis le statut de légende mondia­­le­­ment connue de ce champ de recherche encore peu déve­­loppé il y a trois décen­­nies, et mieux connu du grand public depuis les années 2000 grâce à la série Bones. Dans les années 1990 et 2000, la jeune femme a été envoyée avec une équipe pour le compte des Nations Unies au Kosovo puis en Sierra Leone, avec pour mission d’iden­­ti­­fier les corps d’un certain nombre de victimes et de bour­­reaux. Des expé­­riences « extrê­­me­­ment doulou­­reuses » qu’elle n’échan­­ge­­rait néan­­moins pour rien au monde. En 2004, lors du terrible tsunami qui a ravagé Suma­­tra, elle a de nouveau été envoyée sur les lieux, et elle a plus récem­­ment travaillé sur des cas de torture en Syrie.

Pr Sue Black
Crédits : Dundee Univer­­sity

Mais le quoti­­dien de Sue Black prend racine à l’uni­­ver­­sité de Dundee. Elle y dirige le CAHID, un des plus grands centres au monde consa­­cré à ce domaine si spéci­­fique, et y enseigne paral­­lè­­le­­ment la matière aux nouvelles géné­­ra­­tions d’an­­thro­­po­­logues judi­­ciaires. Quant à décor­­tiquer des sque­­lettes au nom de la justice – sa passion – : « On ne sait jamais vrai­­ment quand est-ce que le travail tombera, car on ne peut pas prédire quand il y aura des meurtres. » 

Deux fois par jour envi­­ron, la police contacte le centre pour lui deman­­der si des os, que quelqu’un a retrouvé dans son jardin, ont une chance d’ap­­par­­te­­nir à un être humain. Chaque année, envi­­ron 600 cas de ce type leur parviennent du Royaume-Uni et de l’étran­­ger. Et « 99,8 % du temps, ce sont des restes d’ani­­maux, proba­­ble­­ment de leur barbe­­cue ». Plus rare­­ment, ils s’agit d’un cadavre récent, en cours de décom­­po­­si­­tion, ou plus ancien, qui prend alors la forme d’un sque­­lette.

« La majeure partie du temps, notre travail consiste à iden­­ti­­fier des personnes décé­­dées et d’en dire le plus possible sur leur mort à partir de leurs restes. La police n’a parfois pas encore retrouvé le corps, et nous inter­­­ve­­nons aussi dans les phases de recherche : un crash d’avion ou des crimes de guerre, par exemple. »À partir de là, les scien­­ti­­fiques de l’uni­­ver­­sité de Dundee endossent le rôle d’ex­­perts qui leur donne une crédi­­bi­­lité certaine devant les tribu­­naux. C’est ainsi que Sue Black, spécia­­li­­sée dans l’iden­­ti­­fi­­ca­­tion à partir des mains, a pu notam­­ment aider au déman­­tè­­le­­ment de réseaux de pédo­­phi­­lie.

De temps à autre, la justice laisse place à l’His­­toire, et des archéo­­logues ayant retrouvé un sque­­lette lors d’une fouille font appel aux services du CAHID pour en apprendre davan­­tage sur leur trou­­vaille. « Il faut savoir qu’au Royaume-Uni, tout sque­­lette est consi­­déré comme “archéo­­lo­­gique” si sa mort date d’il y a plus de 70 ans. Mes grands-parents appar­­tiennent donc au domaine archéo­­lo­­gique », s’amuse Sue Black, pour qui l’hu­­mour est une parade essen­­tielle aux horreurs qu’elle doit parfois affron­­ter dans le cadre de son travail. « La démarche est alors diffé­­rente », pour­­suit-elle. « L’an­­thro­­po­­lo­­gie judi­­ciaire actuelle est plus précise, plus exigeante : votre travail doit être irré­­pro­­chable car il peut déter­­mi­­ner l’ave­­nir d’une personne dont la liberté est en jeu. Lorsque l’objet d’études est archéo­­lo­­gique, il y a plus de place pour l’ima­­gi­­na­­tion. »

Une disci­­pline qui n’en offre pas moins d’éton­­nantes possi­­bi­­li­­tés pour étudier les circons­­tances d’une mort, même des siècles plus tard. Et parmi ces cas archéo­­lo­­giques, certains sont propre­­ment fasci­­nants. Mais c’est un travail de minu­­tie et de patience auquel se livrent les scien­­ti­­fiques et les artistes qui se consacrent à dissé­quer l’his­­toire en lisant ses vieux os.

Meurtre

« Connais­­sez-vous Outlan­­der ? » demande Sue Black. Il y a quelques mois, le centre de recherche que dirige l’an­­thro­­po­­logue judi­­ciaire s’est vu confier la tâche d’iden­­ti­­fier un des héros de cette série télé­­vi­­sée, qui plonge le spec­­ta­­teur dans le XVIIIe siècle anglais, au cœur des rébel­­lions jaco­­bites contre la Couronne. La parti­­ci­­pa­­tion de Lord Lovat à la révolte lui valut de deve­­nir le dernier homme de Grande-Bretagne à être déca­­pité, la tête plan­­tée sur Tower Hill, à Londres en 1747. Son clan réclama alors son corps à la Couronne, qui accepta, puis refusa, et chan­­gea de nouveau d’avis à plusieurs reprises, à tel point qu’on ignore encore aujourd’­­hui où repose sa noble dépouille. Un cercueil à son nom existe néan­­moins dans un mauso­­lée de l’In­­ver­­ness qui n’avait jamais été ouvert jusqu’à cette année : l’équipe du CAHID a alors été solli­­ci­­tée pour assis­­ter à l’ou­­ver­­ture de la bière. « Il y avait trois possi­­bi­­li­­tés : soit le cercueil ne conte­­nait rien, soit il conte­­nait Lord Lovat, soit il conte­­nait quelqu’un d’au­­tre… Je peux vous dire qu’il y avait quelqu’un, mais je n’ai pas encore le droit de dévoi­­ler qui ! »

Lord Lovat

Mais comment iden­­ti­­fie-t-on une personne qui vivait il y a trois siècles, et que peut bien révé­­ler son sque­­lette sur les circons­­tances de sa mort ? « Évidem­­ment, cela dépend de ce qui se présente à vous, selon que vous dispo­­siez simple­­ment d’un os ou d’un sque­­lette entier, dispersé ou non. Il faut ensuite déter­­mi­­ner depuis quand la personne est décé­­dée grâce à la data­­tion au carbone 14, pour savoir si le cas relève du domaine légal ou archéo­­lo­­gique. » À partir de là, il y a quatre carac­­té­­ris­­tiques basiques à iden­­ti­­fier : le sexe, qu’on iden­­ti­­fie géné­­ra­­le­­ment à partir du pelvis ; l’âge de la personne au moment de sa mort, qui se déter­­mine grâce au degré de crois­­sance des os jusqu’à 30 ans, puis à leur degré de dégé­­né­­res­­cence au-delà de cet âge ; sa taille, défi­­nie grâce à celle du sque­­lette à laquelle les cher­­cheurs combine quelques formules mathé­­ma­­tiques. La dernière carac­­té­­ris­­tique de base est l’ori­­gine ances­­trale du sujet.

Il en existe quatre : les Cauca­­siens ou Euro­­poïdes, qui englobent l’Eu­­rope, le Moyen-Orient, l’Asie centrale et du Sud et la Corne de l’Afrique ; les Négroïdes, qui regroupent l’Afrique noire ; les Mongo­­loïdes, qui dési­gnent les habi­­tants d’Asie de l’Est ; et les natifs du Paci­­fique – Austra­­lie, Nouvelle-Zélande et les îles autour. « C’est le plus diffi­­cile à iden­­ti­­fier », estime le profes­­seur Black, « car il s’agit d’un raison­­ne­­ment en termes de “groupes purs”, mais une personne peut avoir la peau claire tout en ayant des origines ances­­trales négroïdes. Le monde ne fonc­­tionne plus comme cela, on a désor­­mais une multi­­tude de mélanges merveilleux entre les gens. »Ce qui rend le travail d’ana­­lyse très complexe, spécia­­le­­ment lors qu’il ne reste que des os : les seuls indices sont alors la largeur du nez, l’écar­­te­­ment entre les yeux, ou encore la forme des joues.

Dans le cas du Picte assas­­siné, l’équipe a donc étudié les coups que présen­­tait le crâne, tandis que le reste du sque­­lette était intact. « Les trois premiers impacts ont brisé ses dents, frac­­turé sa mâchoire gauche et l’ar­­rière de sa tête », explique Sue Black. « Le quatrième impact visait à mettre fin à ses jours : il était dirigé d’un côté à l’autre du crâne alors que l’homme était à terre. Le cinquième coup a été porté sur le sommet de son crâne. »

Comme le montre l’in­­croyable préci­­sion de l’ana­­lyse, le travail est peu ou prou le même, que le sque­­lette soit récent ou très ancien, assure Sue Black – si ce n’est lorsque l’os­­sa­­ture est très endom­­ma­­gée, entraî­­nant des distor­­sions qui rendent une recons­­truc­­tion réaliste impos­­sible. La grosse diffé­­rence entre les cas légaux et les cas archéo­­lo­­giques réside essen­­tiel­­le­­ment dans la procé­­dure judi­­ciaire qui accom­­pagne ou non l’opé­­ra­­tion.« Lorsque nous travaillons pour la justice, nous sommes diri­­gés par des tribu­­naux et les lois de la région, et nous sommes char­­gés de leur appor­­ter des preuves. Dans les cas histo­­riques, nous avons plus de liberté et nous pouvons aller davan­­tage dans le détail, car l’enjeu d’une erreur est incom­­pa­­rable. Vous utili­­sez exac­­te­­ment les mêmes outils, mais l’at­­ti­­tude est très diffé­­rente. »

L’ap­­pli­­ca­­tion la plus fasci­­nante en la matière est sans doute la recons­­truc­­tion faciale en 3D.

Si le cœur de Sue Black penche pour l’as­­pect légal de la disci­­pline, et l’im­­pact qu’il a pour les familles de victimes qui doivent survivre à la perte d’un être cher, elle ne dénigre en aucun cas l’His­­toire, et se dit convain­­cue que la dimen­­sion archéo­­lo­­gique que permettent de déployer les tech­­no­­lo­­gies de pointe de l’an­­thro­­po­­lo­­gie médico-légale est un moyen formi­­dable pour susci­­ter l’in­­té­­rêt et l’en­­ga­­ge­­ment du public pour le passé.

L’ap­­pli­­ca­­tion la plus fasci­­nante en la matière est sans doute la recons­­truc­­tion faciale en 3D, qui permet de redon­­ner un visage à un sque­­lette mort il y a des centaines d’an­­nées. « Pour cela, j’ai des gens extrê­­me­­ment talen­­tueux dans mon équipe, qui sont des combi­­nai­­sons merveilleuses entre scien­­ti­­fiques et artistes et parviennent à des résul­­tats fabu­­leux », sourit Sue Black.

Le crâne perdu

« Il n’y a rien dans l’his­­toire de cette femme qui laisse suggé­­rer qu’elle était une mauvaise personne, au contraire. Je lui ai donc donné un air sympa­­thique », explique le Dr Rynn, jeune scien­­ti­­fique barbu aux lunettes aussi larges que son sourire. Jouant d’une main avec un bras amovible relié à son ordi­­na­­teur, rete­­nant de l’autre son chat, celui qui a trouvé dans sa profes­­sion le parfait mélange entre ses deux passions – la science et l’art – me raconte la triste histoire de Lilias Adie, dont il a recons­­truit le visage en 3D. Accu­­sée de sorcel­­le­­rie il y a trois siècles, cette femme avait été forcée à la confes­­sion et, répon­­dant aux attentes de ses persé­­cu­­teurs, avait déclaré qu’elle avait eu des rela­­tions sexuelles avec le diable. Sous la torture, on exigea d’elle qu’elle dénonce d’autres « sorcières », ce qu’elle refusa jusqu’au bout, alors qu’elle aurait pu dénon­­cer jusqu’à son accu­­sa­­trice.

Le crâne de Lilias Adie
Crédits : Dundee Univer­­sity

« C’est le seul crâne de “sorcière” dont on dispose », explique Chris Rynn. « Habi­­tuel­­le­­ment, les femmes accu­­sées de sorcel­­le­­rie étaient brûlées vives : et lorsqu’un corps brûle, son sque­­lette explose. » Il en fut autre­­ment pour Lilias Adie, qui mourût subi­­te­­ment en déten­­tion avant de passer sur le grill. Effrayés, ses bour­­reaux y virent la confir­­ma­­tion de ses liens perni­­cieux avec le diable et, crai­­gnant qu’elle ne revienne les hanter, ils la firent enter­­rer six pieds sous terre, en couvrant le tout d’une lourde pierre tombale. « C’est grâce à cela que son sque­­lette était resté si bien préservé. » L’uni­­ver­­sité de Saint Andrew, qui ne faisait autre­­fois qu’un avec celle de Dundee, a récu­­péré par la suite son crâne pour sa collec­­tion, avant qu’il ne soit mysté­­rieu­­se­­ment perdu. Récem­­ment, faute de pouvoir mettre la main dessus, une histo­­rienne s’est adres­­sée au CAHID, où le Dr Rynn a proposé de recons­­ti­­tuer le visage de Lilias grâce à deux clichés exis­­tants de son crâne, afin qu’il puisse être réim­­primé en 3D.

« De nos jours, il n’est plus néces­­saire d’avoir accès au sque­­lette pour travailler dessus. Tant mieux, car chaque fois qu’on mani­­pule des os, surtout très anciens, on les abîme forcé­­ment. »Ce drôle de bras blanc pliable qu’il triture depuis vingt minutes a une utilité bien parti­­cu­­lière : à partir du sque­­lette recons­­ti­­tué, le Dr Rynn ajoute grâce à cet outil de sculp­­ture en 3D les muscles à leur place anato­­mique. Il ajoute les sour­­cils, qui sont déter­­mi­­nés par la forme de l’or­­bite, le nez et les oreilles grâce aux quelques os à l’ar­­rière. Il complète ensuite virtuel­­le­­ment l’en­­semble en le couvrant de peau. « Dans les cas légaux, le visage demeure gris, mais dans les cas archéo­­lo­­giques », explique Sue Black, « Chris peut s’amu­­ser à mettre de la couleur, à ajou­­ter une mous­­tache, des cheveux pour créer d’in­­croyables person­­nages : nous ne saurons jamais si cela corres­­pond vrai­­ment à la réalité, mais ça n’a pas telle­­ment d’im­­por­­tance. »

Dans le cas de Lilias, Chris assure néan­­moins être resté fidèle. « Au cours de la phase de travail, on évite abso­­lu­­ment les infor­­ma­­tions sur le contexte et la personne que nous étudions. Sinon, cela biaise forcé­­ment notre analyse. À l’ex­­cep­­tion de ce petit sourire que j’ai ajouté à la fin, la dimen­­sion artis­­tique est tota­­le­­ment absente dans le cas de cette femme, c’est une véri­­table esti­­ma­­tion anato­­mique. Ce qui est amusant avec les cas archéo­­lo­­giques, c’est d’ap­­pliquer des tech­­niques très modernes à de si vieilles personnes. »

Inter­­pel­­lant petits et grands, la recons­­ti­­tu­­tion faciale en 3D est une manière brillante de rendre l’ar­­chéo­­lo­­gie vivante « Et de nous permettre de nous iden­­ti­­fier à des personnes ayant vécu il y a des siècles, plutôt que de regar­­der d’un œil morne un sque­­lette exposé dans un musée pous­­sié­­reux », renché­­rit le Dr Rynn.Lors de la présen­­ta­­tion du Picte aux habi­­tants de Rose­­mar­­kie, une femme est venue s’adres­­ser à Sue Black. « Je croyais venir m’en­­nuyer à une confé­­rence sur de vieux objets. Au contraire, c’était capti­­vant, je vais aller m’ou­­vrir une bouteille de vin à la maison pour me remettre de toutes ces émotions ! » lui a-t-elle dit. Plus tard, la ville de Rose­­mar­­kie a orga­­nisé un atelier destiné aux enfants : l’idée était qu’ils imaginent quelle histoire rocam­­bo­­lesque avait bien pu provoquer la mort si sauvage du magni­­fique Picte. Un sacri­­fice rituel ? Un combat à mort ? Avec un si beau visage, peut-être a-t-il simple­­ment été victime d’un mari jaloux… qui sait ?

Lilias Adie, recons­­ti­­tuée
Crédits : Dundee Univer­­sity

Couver­­ture : Pr Sue Black. (Univer­­sity of Dundee)


Down­load Best WordP­ress Themes Free Down­load
Free Down­load WordP­ress Themes
Down­load Best WordP­ress Themes Free Down­load
Down­load WordP­ress Themes Free
online free course
Download Best WordPress Themes Free Download
Download WordPress Themes Free
Download Premium WordPress Themes Free
Download Premium WordPress Themes Free
free download udemy paid course

PLUS DE SCIENCE

Pourquoi les riches sont-ils si méchants ?

171k 9 octobre 2019 stories . science

Peut-on être atti­ré·e par un cerveau ?

295k 26 septembre 2019 stories . science

Les robots du futur seront-ils faits de chair et d’os ?

232k 24 septembre 2019 stories . science