par Rachel Nuwer | 16 août 2014

Le 19 août 1946, Doro­­thy Denni­­son quitte sa maison pour se rendre à pieds à la bouche­­rie. Nous sommes un lundi après-midi, et la lycéenne est en vacances d’été. Elle arrive chez le boucher vers midi et achète des steaks, que sa mère a prévu de cuisi­­ner pour le dîner du soir même. Les heures passent, et Doro­­thy ne rentre pas. Inquiète, sa mère télé­­phone à un voisin et au boucher, mais aucun des deux ne sait où Doro­­thy a pu passer. À 17h25, elle prévient la police de la dispa­­ri­­tion de sa fille. Les jours passent sans l’ap­­pa­­ri­­tion du moindre indice. Fina­­le­­ment, le vendredi suivant, l’of­­fi­­cier Patrick Sulli­­van la retrouve dans la lugubre demeure d’un pasteur qui s’est absenté pour les vacances. Derrière les fenêtres aux volets fermés, au milieu de meubles recou­­verts de draps, Doro­­thy gît sur le dos, décé­­dée. Ses bras et ses jambes sont écar­­tés et elle a été éven­­trée au couteau. Sa robe blanche est ouverte, expo­­sant sa poitrine. Son corps ainsi que ses jambes sont marqués de morsures. Du sang s’est échappé d’une bles­­sure à la tête, auréo­­lant ses cheveux d’une sombre flaque. Elle porte encore le serre-tête rouge et les balle­­rines assor­­ties avec lesquels elle avait quitté sa maison le lundi.

Éluci­­der les mystères

C’est au bureau du méde­­cin chef du Mary­­land que j’ai pu obser­­ver le corps mutilé de Doro­­thy, dans l’état exact où l’of­­fi­­cier Sulli­­van l’avait trouvé à 16h15, le 23 août 1946. La fin tragique de Doro­­thy a été préser­­vée sous forme d’étranges scénettes minia­­tures, qui conservent intacts chaque détail physique de sa mort. La mort de Doro­­thy dans le petit salon du pres­­by­­tère est l’une des vingt scènes de crime repro­­duites sous forme de maison de poupée par Frances Gless­­ner Lee, qu’on surnom­­mait « la mère de l’enquête médico-légale ». Ses repro­­duc­­tions de crimes en minia­­ture et son travail pion­­nier en matière de sciences crimi­­nelles ont changé pour toujours le cours des enquêtes autour des meurtres. Frances Lee, qui se faisait appe­­ler Fanny, est née en 1878 de parents million­­naires ayant fait fortune dans la vente d’équi­­pe­­ment agri­­cole. Elle gran­­dit à Chicago, et avoua plus tard avoir souf­­fert d’une enfance recluse et soli­­taire. À l’âge de 4 ans, sa mère, répon­­dant elle aussi au prénom de Frances, enre­­gis­­tra le jour­­nal intime que sa fille avait commencé : « Je n’ai pour toute compa­­gnie que ma poupée et Dieu. »

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Scène de crime
Crédits : Alice Carrier

Elle et son frère aîné furent scola­­ri­­sés à domi­­cile, dans une demeure digne d’une forte­­resse et quali­­fiée par un archi­­tecte de « patho­­lo­­gique­­ment privée ». Frances Lee y apprit de sa mère et de ses tantes les acti­­vi­­tés que l’époque réser­­vait aux femmes telles que la couture, la brode­­rie, la pein­­ture et l’art de la minia­­ture, mais elle déve­­loppa aussi un goût pour les histoires de Sher­­lock Holmes et les textes médi­­caux. Ses parents croyaient ferme­­ment que la place de la femme était à la maison. Après le départ de son frère pour l’uni­­ver­­sité d’Har­­vard, les demandes de Frances pour aller à l’école furent reje­­tées. Comme son père aimait à le répé­­ter, « une lady ne va pas à l’école ». Ainsi commen­­cèrent plusieurs décen­­nies d’ai­­greur, et de regrets gran­­dis­­sants. Bien qu’elle conti­­nua de nour­­rir le rêve de deve­­nir méde­­cin ou infir­­mière – de « faire de ma vie quelque chose qui ait une valeur signi­­fi­­ca­­tive pour la commu­­nauté », comme elle l’écri­­vit plus tard – elle épousa un avocat et profes­­seur de l’uni­­ver­­sité de North­­west, Blewett Lee, juste avant son vingt-et-unième anni­­ver­­saire. Le couple eut trois enfants, mais les choses dégé­­né­­rèrent rapi­­de­­ment et ils divor­­cèrent en 1914, issue tout à fait scan­­da­­leuse pour l’époque. Bien que libé­­rée d’un mariage malheu­­reux, des années passèrent avant que Frances ne puisse subve­­nir à ses besoins. Elle resta dépen­­dante finan­­ciè­­re­­ment de sa famille jusqu’au retour­­ne­­ment de situa­­tion qui surgit en 1929. Son frère mourut, rejoint dans la tombe quelques années plus tard par sa mère. En 1936, ce fut le tour de son père, qui légua toute la fortune fami­­liale à sa fille. Comme attesté plus tard par sa belle-fille, Frances avait déve­­loppé, en paral­­lèle, une passion pour la science médico-légale, inspi­­rée par George Burgess Magrath, un ami de son frère, inspec­­teur médi­­cal de Boston, qui était célèbre pour résoudre les meurtres les plus complexes de l’époque. Quand elle réalisa qu’elle était doré­­na­­vant libre d’uti­­li­­ser son éner­­gie et son talent comme bon lui semblait, elle pensa immé­­dia­­te­­ment aux histoires qu’il lui avait contées, et au fait qu’il se plai­­gnait souvent de passer à côté de la réso­­lu­­tion d’enquête à cause de la mauvaise inter­­­pré­­ta­­tion ou de la falsi­­fi­­ca­­tion de preuves faite par les détec­­tives, ou d’au­­top­­sies bâclées par des méde­­cins légistes mal formés.

« Ils marchaient dans le sang, déplaçaient les corps et passaient leurs doigts dans les trous lais­­sés par les balles dans les vête­­ments. » – Bruce Gold­­farb

« Les enquê­­teurs faisaient des choses stupides », explique Bruce Gold­­farb, porte-parole du bureau d’enquête médi­­cale du Mary­­land. « Ils marchaient dans le sang, déplaçaient les corps et passaient leurs doigts dans les trous lais­­sés par les balles dans les vête­­ments. » Frances décida de s’at­­taquer à la réforme du système médico-légal du pays. Pour commen­­cer, elle fit don à Harvard de l’argent néces­­saire à la créa­­tion d’un poste de profes­­seur de méde­­cine légale – auquel fut nommé Magrath – et fonda la biblio­­thèque de méde­­cine légale George Burgess Magrath. Le premier programme de patho­­lo­­gie médico-légale du pays suivit rapi­­de­­ment. Malgré la mort de Magrath qui survint deux ans plus tard, Frances, grâce à la portée de ses propres recherches, fut recon­­nue comme une experte dans son domaine. Elle n’ou­­blia cepen­­dant jamais sa source d’ins­­pi­­ra­­tion. Comme elle l’écri­­vit dans une lettre datée de 1951, « j’ai compris que personne ne savait exac­­te­­ment ce que la méde­­cine légale signi­­fiait vrai­­ment. Mais heureu­­se­­ment, grâce au talent, au savoir et à la forma­­tion dont le Dr. Magrath m’a fait profi­­ter (lui, en revanche, est vrai­­ment parti de rien), j’ai pu accom­­plir beau­­coup. »

Méde­­cine

Malgré ces succès, cepen­­dant, Frances Lee sentit qu’il fallait faire plus encore pour ensei­­gner aux étudiants l’art émer­­geant de la collecte de preuves. Il était impos­­sible de les amener sur des scènes de crimes. Elle décida alors de créer ses propres scènes de crime minia­­tures pour les utili­­ser comme outil d’en­­traî­­ne­­ment. Elle appela ses créa­­tions les Études de mort inex­­pliquée dans une coquille de noix. « Elle eut cette idée et récu­­péra la tradi­­tion fémi­­nine de la fabrique de minia­­tures pour progres­­ser dans un domaine dominé par les hommes », explique Corrine May Botz, une artiste auteur de The Nutshell Studies of Unex­­plai­­ned Death. « Comme Sher­­lock Holmes, elle recréait une scène de crime, ainsi qu’une sorte d’étude de carac­­tère des victimes, et elle se compor­­tait avec le déta­­che­­ment carac­­té­­ris­­tique d’un enquê­­teur. » Les 20 modèles créés par Frances Lee sont basés sur de vraies scènes de crime, qu’elle choi­­sit parmi les plus dérou­­tantes afin de tester le pouvoir d’ob­­ser­­va­­tion et de logique des aspi­­rants enquê­­teurs. De plus, la plupart des cas n’étaient pas réso­­lubles par la simple obser­­va­­tion de la scène de crime, démon­­trant ainsi la néces­­sité d’im­­pliquer des inspec­­teurs médi­­caux et autres experts scien­­ti­­fiques dans le proces­­sus de réso­­lu­­tion de l’enquête. Alors que certaines victimes, comme la pauvre Doro­­thy Denni­­son, avaient très proba­­ble­­ment été victimes d’ho­­mi­­cides, d’autres avaient pu mourir de cause natu­­relle ou se suici­­der. C’était aux inspec­­teurs de le décou­­vrir. Lee dépensa 3 000 à 4 500 dollars pour la créa­­tion de chaque modèle, et ils témoignent tous de son obses­­sion du détail. Les inter­­­rup­­teurs et les poignées de portes des hôtels de seconde zone portent les traces d’in­­nom­­brables mains invi­­sibles, tandis que les étagères des cuisines des maisons bour­­geoises sont char­­gées de denrées des années 1940 et 1950. Les calen­­driers indiquent la date exacte de la mort des victimes. De petites clés permettent d’ou­­vrir ou fermer les serrures des portes et même les souri­­cières de la taille du petit doigt fonc­­tionnent. Un rocking chair minia­­ture se balance exac­­te­­ment trois fois lorsqu’on l’in­­cline à 45 degrés, comme c’était le cas sur la vraie scène de crime. « Le degré de détail atteint dépasse l’en­­ten­­de­­ment », explique Gold­­farb. Pour repro­­duire les corps des victimes, Frances Lee assis­­tait aux autop­­sies, se rendait sur les scènes de crime et étudiait la répar­­ti­­tion des taches de sang. Elle s’as­­su­­rait que les corps soient suffi­­sam­­ment gonflés, ou de la bonne couleur, et que les preuves qu’elle présen­­tait – que ce soit l’angle de frappe du couteau ou l’éten­­due des flaques de sang – corres­­pondent exac­­te­­ment aux mysté­­rieuses circons­­tances du décès. Elle parvint à décrire tout un panel de morts possibles, de la pendai­­son à la chute en passant par l’in­­cen­­die ou le suicide au gaz. Elle décri­­vait souvent des victimes dont le destin était très éloi­­gné du sien : des alcoo­­liques, des pros­­ti­­tuées et des familles dému­­nies. Botz relève tout de même que toutes les victimes étaient des femmes, et que beau­­coup étaient mortes à leur domi­­cile.

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Écla­­bous­­sures
Crédits : Alice Carrier

Le genre et la maison étaient bien sûr des thèmes majeurs dans la vie de Frances. Certaines scènes four­­nissent aussi des indices sur sa vie person­­nelle et ses centres d’in­­té­­rêt, comme la salle de bains de la scène minia­­ture inti­­tu­­lée « Salle de bains rose », iden­­tique à celle qu’elle avait réel­­le­­ment chez elle. Elle aimait aussi les images de pois­­son, qu’on retrouve sur le papier peint de cette scène. « Il y avait des inter­­ac­­tions entre les faits et son imagi­­na­­tion », dit Botz. « Elle ajou­­tait son grain de sel. » Pour les éléments plus impo­­sants – les maisons elles-mêmes, les toits – Frances Lee faisait appel à un char­­pen­­tier, qui suivait ses instruc­­tions à la lettre. Le toit de la scénette « La grange », par exemple, provient de pièces préle­­vées sur une grange âgée de 200 ans située sur sa propriété, afin qu’il soit vrai­­ment patiné. Avec l’aide son char­­pen­­tier, elle repro­­dui­­sait jusqu’à trois scènes de crime par an. « Elle aurait été moins frus­­trée si elle avait vécu aujourd’­­hui, mais c’est une chance pour nous car ses créa­­tions reflètent l’es­­prit de son temps et de sa culture, de sa sensi­­bi­­lité victo­­rienne qui met l’ac­cent sur l’es­­pace domes­­tique et la vie de famille », dit Botz. « Elle a fait appel à tout ceci pour forger ses créa­­tions. » En 1945, la première scénette de Frances Lee fut instal­­lée à Harvard, où elle commença à donner deux sémi­­naires d’une semaine par an en l’uti­­li­­sant comme outil d’en­­sei­­gne­­ment. Elle était pratique­­ment toujours la seule femme dans la salle. Après quelques réti­­cences initiales, elle parvint à se faire accep­­ter. Elle invita ses collègues à dîner, et la plupart des détec­­tives se mirent à l’ap­­pré­­cier au point de l’ap­­pe­­ler « mère » et de lui envoyer des cartes de vœux pour la fête des mères. Elle fut même nommée capi­­taine hono­­ri­­fique de la police d’État du New Hamp­­shire, deve­­nant ainsi la première femme à rejoindre l’As­­so­­cia­­tion inter­­­na­­tio­­nale des chefs de police.

La mort ne change pas

Mais le plus impor­­tant, c’est que son travail eut un vrai impact. La collecte minu­­tieuse de preuves devint un élément essen­­tiel des enquêtes, et plusieurs États modi­­fièrent leur légis­­la­­tion pour exiger un niveau de forma­­tion supé­­rieur pour les méde­­cins légistes. Comme le dit Gold­­farb, « elle a fait de l’enquête médico-légale un proces­­sus scien­­ti­­fique ». Frances mourut en 1962, à l’âge de 83 ans, et la dota­­tion au programme d’Har­­vard s’ar­­rêta avec elle. L’uni­­ver­­sité mit fin à son programme médico-légal, et rangea les scénettes au placard. Elles auraient proba­­ble­­ment fini aux ordures si un profes­­seur d’Har­­vard, Russel Fisher, n’avait pas accepté un poste à Balti­­more en tant qu’ins­­pec­­teur médi­­cal en chef. Il emporta les scénettes avec lui et commença à les utili­­ser lors de sémi­­naires en 1968. Aujourd’­­hui, elles sont expo­­sées de façon perma­­nente au quatrième étage du bureau de l’ins­­pec­­tion médi­­cale en chef, derrière une porte portant l’ins­­crip­­tion « Expo­­si­­tion d’au­­top­­sies ». Les scénettes sont toujours utili­­sées comme outil d’en­­traî­­ne­­ment lors de sémi­­naire sur les homi­­cides. « Ce n’est pas un musée ou une gale­­rie, nous les utili­­sons encore », explique Gold­­farb. « La mort ne change pas. »

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Meurtre dans le salon
Crédits : Alice Carrier

Frances Lee a des adeptes dévoués et toujours plus nombreux. C’est elle qui a inspiré le person­­nage de Jessica Flet­­cher de Arabesque, et un des épisodes des Experts est tiré de son travail. Récem­­ment, Guillermo del Toro a contacté Botz pour acqué­­rir le droit de créer une série pour HBO sur sa vie. Même si les scénettes ne sont pas acces­­sibles au public, entre les inspec­­teurs, les artistes et les passion­­nés de minia­­tures, elles ne manquent pas de visi­­teurs. Sur les pages du livre d’or conservé au dessus de la scénette « Maison pour trois » – un possible double meurtre assorti d’un suicide impliquant l’exé­­cu­­tion d’un enfant –, la colonne réser­­vée au motif de la visite comprend des réponses aussi variées que « Curio­­sité artis­­tique » à « Entraî­­ne­­ment poli­­cier » en passant par « Amour ». J’ai décou­­vert à mon tour les étranges histoires de Frances Lee et ses créa­­tions complexes grâce à une excur­­sion orga­­ni­­sée par la biblio­­thèque-musée de l’ana­­to­­mie morbide de New York. Face au salon du pres­­by­­tère, je me ques­­tionne toujours sur ce qui a pu arri­­ver à Doro­­thy. J’es­­saye de me mettre à la place de l’enquê­­teur, d’ima­­gi­­ner mon dépla­­ce­­ment dans ce paysage comme si je mesu­­rais 13 cm et d’uti­­li­­ser mes sens pour détec­­ter des infor­­ma­­tions sur la jeune fille et sur son meur­­trier, comme Frances l’en­­sei­­gnait à ses élèves. Dans le petit texte placé sous la scénette, Frances précise que la tempé­­ra­­ture dépas­­sait les 32 degrés cette semaine-là. Le corps de Doro­­thy a donc commencé à se décom­­po­­ser, à l’image des biftecks rances qui reposent avec son sac à main sur une chaise non loin de là. La mare de sang autour de sa tête indique qu’elle est bien morte dans cette pièce, mais il n’y a aucune trace de lutte. Un marteau taché de sang se trouve à côté de son corps, mais il y a égale­­ment le couteau. Lequel est l’arme du crime ? Était-ce le boucher ? Ou le pasteur, suppo­­sé­­ment en vacances au moment du crime ? Ou peut-être encore un amant secret ? Il semble que quelqu’un de sa connais­­sance l’ait atti­­rée à l’in­­té­­rieur, l’ame­­nant de bon gré vers sa mort puisque son sac et la viande placés sur la chaise indiquent une rencontre anodine et décon­­trac­­tée. Les marques de morsure et la posi­­tion du corps suggèrent l’agres­­sion sexuelle, mais seule une analyse post-mortem confir­­me­­rait qu’elle a bien été violée. Les empreintes de dents pour­­raient aider à iden­­ti­­fier le tueur en les compa­­rant aux dossiers dentaires des suspects, et si Doro­­thy avait été tuée de nos jours, des tests géné­­tiques pour­­raient appor­­ter des indices sur l’iden­­tité du coupable.

Mais peu importe les circons­­tances, écrit Frances, l’enquê­­teur doit « s’en tenir aux faits. À la vérité, dans une coquille de noix ».

Les tests high-tech ne sont cepen­­dant pas néces­­saires pour résoudre ce crime : d’après un article publié en 1966 par le Harvard Crim­­son, la solu­­tion existe. Aussi frus­­trant que puisse être le mystère irré­­solu, les solu­­tions aux enquêtes de ces crimes « en coquille de noix » sont cepen­­dant gardées secrètes afin de préser­­ver leur inté­­rêt péda­­go­­gique. À moins de résoudre le crime soi-même, il faut accep­­ter de lais­­ser les ques­­tions en suspens, comme j’ai dû me résoudre à le faire. « Vouloir des réponses est natu­­rel », dit Gold­­farb. « Tout le monde veut connaître les réponses. » Résoudre l’énigme n’est cepen­­dant pas l’objec­­tif premier. Comme Frances Lee l’a écrit elle-même, « les études en coquille de noix ne présentent pas des crimes à résoudre. Elles sont plutôt conçues comme des exer­­cices d’ob­­ser­­va­­tion et d’éva­­lua­­tion de preuves indi­­rectes, en parti­­cu­­lier celles qui relèvent du champ médi­­cal ». Parfois ces obser­­va­­tions peuvent mener à de savou­­reuses réponses. D’autres fois, il faut plus d’in­­for­­ma­­tions, obte­­nues grâce à l’au­­top­­sie ou aux inter­­­ro­­ga­­toires, pour trou­­ver la solu­­tion. Dans d’autres cas encore, le mystère ne peut tout simple­­ment pas être résolu avec certi­­tude, comme cela se produit parfois dans l’uni­­vers bien réel des enquêtes crimi­­nelles. Mais peu importe les circons­­tances, écrit Frances, l’enquê­­teur doit « s’en tenir aux faits. À la vérité, dans une coquille de noix ».


Traduit de l’an­­glais par Caro­­line Bour­­ge­­ret et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « Murder in Minia­­ture », paru dans Slate.com. Couver­­ture : Une maison de poupées photo­­gra­­phiée par Alice Carrier. Créa­­tion graphique par Ulyces.

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