par ruth | 0 min | 28 avril 2016

To be (cool) or not to be

Je n’avais passé que quelques minutes avec Jake Phelps et déjà quelqu’un le trai­­tait de connard. C’était par un doux matin d’oc­­tobre à San Fran­­cisco, à la toute fin de l’été indien. Je retrouve Phelps devant un épice­­rie de quar­­tier au coin de la 24e rue et de Valen­­cia Street, à l’heure conve­­nue. Il est habillé comme un demi-rédac­­teur en chef : en haut, il porte une chemise blanche bien repas­­sée et un pull gris sans manches, des lunettes à bords noirs épais et une barbe de trois jours grison­­nante ; en bas, son panta­­lon tombe à moitié sur son caleçon et des penta­­grammes sont brodés sur les languettes de ses pompes. Il tient son skate­­board à la main, sur le grip duquel des filets de sang ont séché.

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Jake Phelps
Crédits : Andrew Payn­­ter

Mais un examen plus appro­­fondi révèle une négli­­gence dans la partie haute que je n’avais pas remarqué de prime abord : l’épaisse monture de ses lunettes abrite des verres si éraflés qu’il semble inutile de conti­­nuer à les porter, mais elles parviennent tout de même à dissi­­mu­­ler effi­­ca­­ce­­ment l’œil au beurre noir en voie de réta­­blis­­se­­ment et la cica­­trice fraîche qui s’étale juste au-dessus, cachée dans son sour­­cil. Cinq jours plus tôt, une voiture a renversé Phelps par derrière alors qu’il skatait à quelques rues d’ici. Il venait de fêter ses 53 ans. L’im­­pact l’a propulsé au sol, que le côté gauche de sa tête a rencon­­tré en premier, et il a dû être envoyé au Gene­­ral Hospi­­tal de San Fran­­cisco pour un total de neuf points de suture. Phelps a envie d’un café, et il a déjà une idée de l’en­­droit où aller. Il lance sa planche par terre, et je le suis alors qu’il remonte Valen­­cia Street en prenant la piste cyclable à contre-sens. Phelps skate avec une certaine écono­­mie de mouve­­ment, en traî­­nant des pieds plutôt qu’en pous­­sant. Au départ, ça pour­­rait passer pour de la précau­­tion, mais ce n’en est pas : nous ne sommes même pas sortis du quar­­tier qu’un cycliste est obligé de faire un écart pour éviter une colli­­sion fron­­tale. Ce dernier insulte Phelps, qui répond en bombant le torse et en grognant au nez du cycliste. « Les gens me traitent de connard tout le temps », dit-il en couvrant le ronron­­ne­­ment mono­­tone de nos roues pendant que je le rattrape. « C’est parce que je ne m’ar­­rête jamais. » Comme pour appuyer ses propos, il grille le feu suivant. Arrêté sur la ligne, je regarde un camion piler pour ne pas le tuer. Son refus – ou son inca­­pa­­cité – de s’ar­­rê­­ter est peut-être ce qui décrit le mieux la carrière de Phelps. Il est à la tête de Thra­­sher depuis 1993 : le maga­­zine a une place telle­­ment privi­­lé­­giée dans l’ima­­gi­­naire collec­­tif des skateurs qu’il est diffi­­cile de trou­­ver avec quoi le compa­­rer. Dans le milieu, on l’ap­­pelle « la bible » – mais nous les skateurs, on aime l’exa­­gé­­ra­­tion. C’est une sorte de Vogue, mais pour dégé­­né­­rés, et Phelps est la Anna Wintour du skate. Phelps aime se voir comme l’in­­car­­na­­tion de Thra­­sher, et c’est vrai sur de nombreux aspects, de son humour caus­­tique à sa connais­­sance ency­­clo­­pé­­dique de la disci­­pline.

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Jake Phelps dans les rues de San Fran­­cisco
Crédits : Andrew Payn­­ter

C’est aussi un homme hors du temps. Phelps est un vieux rockeur, un punk mal dégrossi dans une ville qui n’a plus besoin de ces gens-là et ne leur laisse plus de place. Il refuse de payer pour les trans­­ports et préfère se glis­­ser dans les rames par les portes de derrière. Il jette ses mégots de ciga­­rette n’im­­porte où ; il appelle les gamins blood, comme s’ils faisaient partie d’un gang. Il aboie contre les touristes et engueule les conduc­­teurs. Il grille les feux avec une confiance arro­­gante, et impose sa volonté aux autres véhi­­cules avec des gestes de main cryp­­tiques. Sans comp­­ter qu’il vole des barres choco­­la­­tées à l’éta­­lage, juste pour voir si les cais­­siers font atten­­tion à ce qui se passe – ce qui a déjà été le cas, à Copen­­hague. Son appa­­rence elle-même est déli­­cieu­­se­­ment cartoo­­nesque : ses oreilles sont placées assez bas sur son crâne, et son sourire fend son visage de part en part. Il suffi­­rait de le trem­­per dans de la pein­­ture jaune pour qu’il ait l’air à sa place à Spring­­field. Les excen­­tri­­ci­­tés du skate­­board font que les médias jouent un rôle très impor­­tant dans ce sport. Si on peut l’ap­­pe­­ler ainsi, car le skate a certai­­ne­­ment plus en commun avec la porno­­gra­­phie : des gens doués sont payés pour être filmés pendant qu’ils font ce qu’ils font le mieux, ou du moins ce qu’ils sont assez fous pour essayer de faire. Contrai­­re­­ment à ce qu’il se passe au sein de la plupart des disci­­plines spor­­tives, il est impos­­sible de vrai­­ment perdre ou de gagner, et, même à un niveau profes­­sion­­nel, l’ac­­ti­­vité ne se pratique pas souvent dans des salles finan­­cées par des fonds publics : tout se passe n’im­­porte où, n’im­­porte quand. Il y a bien des compé­­ti­­tions, mais en géné­­ral, les skateurs s’en foutent. Il y a même des « équipes », mais il s’agit surtout de vagues asso­­cia­­tions de types payés pour utili­­ser un certain type de planche (ou de truck, ou de roue, ou de roule­­ment à billes ; et chacun peut avoir plusieurs spon­­sors, un pour chaque partie de sa planche – en plus de ses vête­­ments et de ses chaus­­sures, avec un peu de chance). Il n’y a pas de suppor­­ters chez les skateurs : il y a des préfé­­rences pour l’un ou l’autre. Et le boulot d’un skateur profes­­sion­­nel est d’al­­ler faire du skate et de produire du contenu pour ses spon­­sors, lesquels publient des vidéos qui servent autant de marke­­ting pour leur produit que de moyens pour la disci­­pline de progres­­ser. Il s’agit moins d’un sport que d’un écosys­­tème média­­tique bien parti­­cu­­lier, géré par tout un tas de skateurs. Les maga­­zines sont les médias les plus indé­­pen­­dants de cet écosys­­tème – le seul endroit où rédac­­teurs en chef, auteurs et photo­­graphes peuvent mettre en avant leur vision idéale du skate et de la culture qui l’en­­toure. Et tandis que les autres maga­­zines de skate ont dépéri ou ont mis la clé sous la porte, Thra­­sher a préservé sa répu­­ta­­tion de canard à records. L’in­­car­­na­­tion la plus visible de cette auto­­rité est la récom­­pense de « skateur de l’an­­née ». Assez comique dans sa forme, cette statuette de bronze – un type à l’air stoïque nommé Rusty, qui porte un short, un t-shirt de Thra­­sher, une casquette à l’en­­vers, et tient noncha­­lam­­ment une planche par le nez – a une impor­­tance symbo­­lique énorme. Dans un sport qui se distingue par son refus inné de l’au­­to­­rité, c’est le seul titre auxquels les skateurs accordent de la valeur. C’est aussi un titre qu’as­­som­­brit un procédé d’at­­tri­­bu­­tion mysté­­rieux. Les lecteurs peuvent voter pour le skateur de l’an­­née, bien sûr ; après tout, il y a aussi des élec­­tions en Corée du Nord. On prend géné­­ra­­le­­ment pour acquis dans le milieu du skate que Phelps choi­­sit lui-même le vainqueur chaque année, ce qui fait de lui l’objet du mépris et de la fasci­­na­­tion de tous : mais pour qui se prend ce vieux type pour dire au monde ce qui est cool et ce qui ne l’est pas ?

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En skate
Crédits : Andrew Payn­­ter

Monsieur Phelps

Phelps aime dire que c’est dans le Massa­­chu­­setts qu’il a appris à être un connard. Il a passé les onze premières années de sa vie en Cali­­for­­nie, avant que ses parents se séparent et qu’il aille vivre à Marble­­head avec sa mère. C’était une native de San Fran­­cisco un peu hippie, qui l’en­­voyait parfois à l’école habillé en dashiki. Ce démé­­na­­ge­­ment sur la côte est a appris à Phelps que le monde n’était pas tout rose. « J’ai beau­­coup appris sur le racisme, le hockey de rue, et je me suis embrouillé avec pas mal de gens », dit-il. Phelps se souvient encore de l’heure à laquelle il a chopé un skate­­board pour la première fois : c’était le 13 avril 1976, à 16 heures. Il avait alors 13 ans et il s’est vite rendu compte que l’objet lui offrait un avan­­tage précieux dans une vie d’ado­­les­cent : un pouvoir sur le monde. « Les chiens, les parents, les filles, tout le monde : ils disent tous non », dit-il, mais pas ton skate­­board. « Même sous la pluie, c’est comme s’il disait : “Allons-y”. » Il a bien­­tôt commencé à répondre constam­­ment à l’ap­­pel de la planche, même au beau milieu de la nuit, et parfois alors qu’il était sous LSD, captivé par le bruit que ses roues en poly­u­ré­­thane faisaient en roulant sur le béton. (Phelps raconte qu’il a pris tant de LSD qu’il a confondu le séisme de 1989 à Loma Prieta avec un flash-back bien sévère.) Le poly­u­ré­­thane a complè­­te­­ment changé la pratique du skate­­board. Jusque dans que les années 1970, les planches étaient dotées de roues en argile ou en acier, dont l’adhé­­rence au bitume était proche de zéro. Et puis ce maté­­riau venu du futur est arrivé après plusieurs années, et les surfeurs ont ridé leurs planches dans les piscines vides du sud de la Cali­­for­­nie, trans­­for­­mant ce qui était jusque-là un jouet dange­­reux en véri­­table engoue­­ment natio­­nal. Mais le skate­­board n’en était encore qu’à ses premiers balbu­­tie­­ments. Les planches étaient taillées comme des pois­­sons suédois – c’est-à-dire pas très grandes. Le ollie – la façon dont les skateurs sautent avec leurs planches et les bases de tout le reste – ne serait pas inventé avant la fin de la décen­­nie.

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Des jeunes dans un skate­­park de San Fran­­cisco
Crédits : Andrew Payn­­ter

Les gens qui ont construit les premiers skate­­parks étaient encore moins conscients de ce qu’ils faisaient que les skateurs. En 1977, Phelps a commencé à travailler à Zero Gravity, un skate­­park situé près d’une vieille usine de gaufres à Cambridge, dans le Massa­­chu­­setts. Le parc avait été bâti par un homme d’af­­faires dans la tren­­taine qui s’était empressé d’ache­­ter l’en­­droit alors qu’il tuait le temps en feuille­­tant un maga­­zine de skate dans un kiosque. Phelps assure que c’était un piège mortel – il appe­­lait les ambu­­lan­­ciers par leur prénom tant il avait affaire à eux. Phelps était doué, et pendant une courte période, il a trouvé un spon­­sor avec Pepsi, une des premières marques à inves­­tir le secteur. Il voya­­geait à travers l’Amé­­rique pour faire des démos de skate dans les écoles. « Je sortais avec mes lunettes de soleil et mes ciga­­rettes enrou­­lées dans les manches, je faisais un petit tour et je me cassais la gueule », se souvient-il. À ce moment-là, l’équipe Pepsi arri­­vait, tout vêtus de fringues à l’ef­­fi­­gie de la marque, et le sermon­­nait pour ne pas avoir porté l’équi­­pe­­ment de sécu­­rité appro­­prié. Il se faisait 500 dollars par semaine et il a quitté l’école à la fin des années 1970… pile au moment où l’en­­goue­­ment pour le skate­­board s’es­­souf­­flait. « Tout le monde s’est barré », dit Phelps – y compris Pepsi. Lorsque le skate­­board est passé de mode, les seules personnes qui restaient dans le milieu étaient aussi dévouées que Phelps. Peu à peu, le skate­­board s’est immiscé dans la contre-culture et s’est retrouvé asso­­cié au punk cali­­for­­nien et au hard­­core new-yorkais. Thra­­sher a été lancé durant cette sombre période, en 1981, par Vitello et Eric Swen­­son, une duo d’hommes d’af­­faires de San Fran­­cisco. Ils avaient commencé à fabriquer une marque d’es­­sieux de skate­­board appe­­lée Inde­­pendent, et ils cher­­chaient un endroit pour faire la promo­­tion de leurs produits et créer un univers autour d’eux. Le premier rédac­­teur en chef du maga­­zine était Kevin That­­cher (qui fini­­rait plus tard chez SCHWING!, un maga­­zine de golf punk-rock). Il a parlé aux skateurs de l’époque, mais aujourd’­­hui, ces premières ques­­tions semblent candides. Dans la son deuxième édito, That­­cher écri­­vait : « Si vous vous sentez radi­­cal lorsque vous faites un grind sur un trot­­toir, sapristi, c’est que vous l’êtes. »

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Le logo du maga­­zine

Le skate­­board est revenu à la mode au milieu des années 1980, en partie grâce au magné­­to­­scope. Avant son inven­­tion, les pros devaient bour­­lin­­guer pour faire des démons­­tra­­tions et parti­­ci­­per à des concours pour gagner leur vie ; avec la vidéo, la démo pouvait inves­­tir la chambre de chaque adoles­cent. Stacy Peralta, un ancien membre du légen­­daire groupe Z-Boys, a sorti The Bones Brigade Video Show en 1984. Une perfor­­mance qui regrou­­pait des stars de la disci­­pline, à savoir Tony Hawk, Lance Moun­­tain et Steve Cabal­­lero. Je n’avais jamais remarqué à quel point leurs noms sonnaient faux jusqu’à ce que Phelps me l’ait fait remarquer. « À l’époque on arrê­­tait pas de se foutre de leur gueule. » Jake Phelps est retourné à San Fran­­cisco au début des années 1980, où il a commencé à travailler dans un maga­­sin de skate dans Haight-Ashbury. Il est tombé nez à nez avec That­­cher, qui a fait appel à lui pour écrire une rubrique de critique de produits pour son maga­­zine. Phelps a commencé en 1986, et la diffi­­culté d’écrire une telle chro­­nique à l’époque est évidente sur le papier. Il profite parfois de la tribune pour taper sur les fabri­­cants qui ne lui donnent pas assez d’in­­for­­ma­­tions (comme le prix et les dimen­­sions) ou lui envoient des échan­­tillons inutiles (« Comment on peut donner son avis sur une seule roue ? »). Il demande des retours à ses lecteurs, mais lorsqu’il les reçoit, il ne semble pas content. That­­cher n’a pas tardé à offrir à Phelps un job au siège du maga­­zine, dans le quar­­tier de Bayview-Hunters Point. Il était au service des expé­­di­­tions, à embal­­ler les chemises et les casquettes Thra­­sher. C’était la fin des années 1980, et, à cette époque-là, les gars qui travaillaient sur le maga­­zine étaient des « malades adeptes de la PAO » qui portaient des capes au bureau. Vitello aussi l’avait bien compris, et il descen­­dait certaines épreuves à son mana­­ger en charge des expé­­di­­tions. « Qu’est-ce que tu penses de ça ? », deman­­dait-il « C’est un bail », répon­­dait Phelps – le trick était à moitié foiré ; la photo inuti­­li­­sable. « Et de ça ? » « C’est de la merde. » Et ainsi de suite. Vitello remon­­tait les esca­­liers pour faire part des remarques de Phelps à la rédac­­tion. En 1993, Vitello a décidé de boucler la boucle et a placé Phelps en haut de la pyra­­mide. À cette époque, San Fran­­cisco était en train de deve­­nir la capi­­tale du skate de rue, le genre domi­­nant à l’époque. Justin Herman Plaza, sur l’Em­­bar­­ca­­dero juste en face du Ferry Buil­­ding, était La Mecque de l’époque. Les skateurs avaient surnommé la place EMB, et de nouveaux tricks y étaient inven­­tés constam­­ment. Phelps ne s’est jamais trop inté­­ressé à cette dimen­­sion très tech­­nique du skate de rue. Pour son neuvième numéro en tant qu’é­­di­­teur de Thra­­sher, il a mis une pierre tombale en couver­­ture, en décla­­rant que le skate­­board était mort. Il l’a accom­­pa­­gnée d’un édito : « Les géné­­ra­­tions futures de skateurs n’exis­­te­­ront même pas car tout ce que voient les mômes, ce sont des types qui s’es­­saient à un enchaî­­ne­­ment varial heel­­flip noses­­lide nollie­­flip fakie » – une combi­­nai­­son de tricks impos­­sible à l’époque – « cent fois de suite, avant de s’éner­­ver et de rentrer à la maison pour bouder. Comment quiconque pour­­rait comprendre ça ? Et je ne parle même pas de vouloir le faire. » Son maga­­zine était, en d’autres termes, plus hostile que celui de That­­cher – et plus vivant. Il a commencé à publier des photos envoyées par les lecteurs, et le maga­­zine sélec­­tion­­nait dans le tas un type bidon, qu’il affi­­chait comme le « poseur du mois ». Il publiait aussi des photos de cica­­trices et de bles­­sures ouvertes dans la rubrique Hall of Meat (« Temple de la viande »). Dans le numéro annuel du Skateur de l’an­­née, il décer­­nait des titres dont certains étaient des blagues inof­­fen­­sives, et d’autres de la provo­­ca­­tion pure et simple. En 1995, il a attri­­bué le prix du « Plus agaçant » à un skateur du nom de Billy Pepper. L’an­­née suivante, Thra­­sher a publié une page inti­­tu­­lée « Les 15 skateurs les plus détes­­tés », où Pepper était classé numéro 4. Pepper a eu vent du clas­­se­­ment avant qu’il ne soit publié, et il a fait une visite aux locaux de Thra­­sher. « Comment puis-je t’ai­­der, Bill ? » se rappelle avoir dit Phelps avant de se prendre un pain dans la gueule. Après ça, Pepper a rejoint la liste des pros bannis des pages de Thra­­sher. (Il y en a au moins quatre autres.)

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Les nombreux numé­­ros de Thra­­sher
Crédits : Andrew Payn­­ter

Le goût de Phelps, quoique très orienté, a évolué avec le skate­­board avec les années. Mais la fran­­chise avec laquelle il profère ses juge­­ments conti­­nue de le rendre polé­­mique. C’est tout spécia­­le­­ment le cas quand revient l’époque du SOTY (« Skater of the Year »). En dépit des rumeurs, le skateur de l’an­­née est dési­­gné par un comité à Thra­­sher. Mais Phelps ajoute qu’il a un droit de veto, et je n’ai pas besoin de beau­­coup le pous­­ser pour qu’il me confie ses raisons arbi­­traires – et possi­­ble­­ment fictives – pour avoir refusé le prix à certains skateurs. Dennis Buse­­nitz ? « Il skate en alle­­mand, mec. » Jamie Thomas ? « Il portait une visière à EMB. » Guy Mariano ? « Il s’est foutu du mag. » Torey Puwill ? « Tu pour­­rais écrire “Torey Pudwill” sur un trophée, toi ? » Chad Muska ? « Ce type était un con ! » Quand je demande à Phelps qui est sur sa liste pour deve­­nir le skateur de l’an­­née 2015, il ne me donne que deux noms. Six semaines plus tard, j’ap­­pren­­drai que l’un d’eux a gagné le Rusty.

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C’EST UN MIRACLE QUE JAKE PHELPS NE SOIT PAS MORT

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Traduit de l’an­­glais par Caro­­line Bour­­ge­­ret, Raphaël Rigal et Maha Ahmed d’après l’ar­­ticle « Thra­­shed », paru dans Cali­­for­­nia Sunday Maga­­zine. Couver­­ture : Jake Phelps dans les locaux Thra­­sher (par Andrew Payn­­ter).
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