En conflit larvé depuis plus de 70 ans au Cachemire, l'Inde et le Pakistan se rendent actuellement coup sur coup, au point de menacer la sécurité du monde.

par Servan Le Janne | 4 mars 2019

La colère

Par ce glacial mois de février 2019, la vallée du Cache­­mire hésite entre un manteau neigeux et une couver­­ture de boue. La pluie succède aux flocons et les flocons à la pluie. Dans le nord de l’Inde, les glis­­se­­ments de terrains ont entraîné la ferme­­ture de la seule route reliant Jammu à Srina­­gar à travers un chape­­let de cols argi­­leux. Puis, dès que le ciel a retrouvé une teinte moins hostile, les voitures sont reve­­nues. Elles abondent ce matin du jeudi 14 février. Mais dans l’après-midi, l’axe leur est de nouveau fermé. À hauteur de Pulwama, de la suie et du sang maculent l’as­­phalte. Sur le terre-plein central, une carcasse noire fume au milieu des soldats et des débris. Tordue par l’ex­­plo­­sion, son châs­­sis dessine d’af­­freuses arabesques.

La scène de l’at­­taque
Crédits : screen­­shot Google Images

Vers 15 h 15, un des 78 véhi­­cules trans­­por­­tant plus de 2 500 para­­mi­­li­­taires indiens a été pulvé­­risé par 350 kilos d’ex­­plo­­sifs. Un homme de la région âgé d’une ving­­taine d’an­­nées, Adil Ahmad Dar, a fait sauter sa cein­­ture piégée, tuant 44 soldats et en bles­­sant des dizaines d’autres. Enfant, « il était battu par les troupes indiennes au retour de l’école », a témoi­­gné sa mère, Fahmeeda, qui colla­­bore à l’enquête. « Il avait de la colère contre elles. » Son acte a été reven­­diqué par le Jaish-e-Moham­­med, un groupe isla­­miste qui reçoit de l’aide du Pakis­­tan. L’Inde a donc rapi­­de­­ment accusé son voisin, avec qui elle est en conflit plus ou moins larvé depuis 72 ans. À leur nais­­sance, en 1947, les deux États ont récu­­péré une partie du Cache­­mire sans jamais véri­­ta­­ble­­ment abdiquer l’autre.


Plutôt que d’or­­ga­­ni­­ser un réfé­­ren­­dum pour donner aux habi­­tants le choix d’ap­­par­­te­­nir à un pays ou à un autre, comme le voulaient les Nations Unies dès 1948, les deux parties ont tracé une « ligne de contrôle » héris­­sée de fusils. « Avec entre 500 et 700 000 soldats, c’est une des zones les plus mili­­ta­­ri­­sées du monde », souligne Char­­lotte Thomas, direc­­trice du programme Asie du Sud au sein du réseau de cher­­cheurs Noria. Des décen­­nies durant, une culture de la violence a infusé au Cache­­mire, qui explique en partie le geste d’Adil Ahmad Dar. Depuis l’in­­tro­­duc­­tion des Armed Forces Special Powers Acts (AFSPA) en 1990, l’ar­­mée dispose ici de préro­­ga­­tives arbi­­traires. « Les jeunes voient la mort au quoti­­dien », pour­­suit la cher­­cheuse. « Pour eux, on n’est pas un vrai Cache­­miri tant qu’on n’a pas été arrêté par l’ar­­mée. »

Ceux qui vivent du côté pakis­­ta­­nais « ont encore moins voix au chapitre, mais on parle moins de leur condi­­tion car l’ac­­cès est plus diffi­­cile », précise-t-elle. Mardi 26 février, des chas­­seurs de l’ar­­mée indienne sont passés au-dessus de leurs têtes pour larguer des missiles sur Bala­­kot, un village déjà ravagé par un trem­­ble­­ment de terre en 2005. Selon le ministre des Affaires étran­­gères en poste à New Delhi, Vijay Gokhale, l’of­­fen­­sive a « éliminé un grand nombre de terro­­ristes de Jaish-e-Moham­­med, des forma­­teurs, des comman­­dants et des groupes djiha­­distes qui étaient entraî­­nés en vue d’ac­­tions fedayines » – autre­­ment dit d’at­­ten­­tats suicides. Dans les bois qui surplombent Jaba, près de Bala­­kot, les bombes ont laissé quatre cratères et plié quelques pins. Aucune victime n’est à déplo­­rer à en croire les rive­­rains.

La vallée de Kaghan
Crédits : Skazimr/Wiki­­me­­dia commons

« Ils disent qu’ils voulaient tuer des terro­­ristes, en voyez-vous ici ? » s’agace Nooran Dhah, un homme de 62 ans inter­­­rogé par les jour­­na­­listes. « Nous voilà, sommes-nous des terro­­ristes ? » Quelque 500 personnes vivent dans ce village qui ouvre sur la vallée de Kaghan, située à envi­­ron 60 km d’Ab­­bot­­ta­­bad, le réduit où Oussama Ben Laden a été tué par les forces spéciales améri­­caines en 2011. Lorsque les bombes indiennes sont tombées, vers 3 h du matin, « ça a tout secoué », témoigne Abdur Rasheed. « Personne n’est mort sinon des arbres et un corbeau. » L’hô­­pi­­tal du coin et celui de Bala­­kot disent n’avoir reçu aucun blessé. Il n’y aurait d’après ces témoins pas de camp d’en­­traî­­ne­­ment dans les envi­­rons, mais une école cora­­nique finan­­cée par Jaish-e-Moham­­med.

Dans l’op­­tique des élec­­tions géné­­rales qui doivent se tenir au prin­­temps, le très natio­­na­­liste Premier ministre indien, Naren­­dra Modi, ne pouvait pas ne pas réagir. D’au­­tant qu’il a toujours tapé sur le Pakis­­tan dès que l’oc­­ca­­sion s’est présenté. De son côté, victime ou non, Isla­­ma­­bad a promis une « surprise ». Elle est arri­­vée le lende­­main : deux avions de chasse de New Delhi ont été abat­­tus. Un des pilotes a été capturé tandis qu’un appa­­reil pakis­­ta­­nais était touché.

En réac­­tion, jeudi 28 février, Naren­­dra Modi a accusé son voisin d’avoir des « visées malé­­fiques » et de tenter de frei­­ner la crois­­sance indienne. « Aujourd’­­hui, tous mes compa­­triotes sont debout comme un seul homme. L’en­­nemi essaye de nous désta­­bi­­li­­ser en menant des attaques terro­­ristes », a-t-il dit pour expliquer son refus de dialo­­guer avec le chef du gouver­­ne­­ment pakis­­ta­­nais, Imran Khan. Ce dernier dit privi­­lé­­gier la voie diplo­­ma­­tique, afin d’évi­­ter l’usage des arse­­naux nucléaires. « Avec les armes que vous avez et celles que nous avons, pouvons-nous nous permettre une erreur de calcul ? » a-t-il demandé. « Ne devrions-nous pas penser au risque d’es­­ca­­lade et à ce qu’il pour­­rait entraî­­ner ? »

Le partage

Les tirs pleuvent au-dessus de la « ligne de contrôle ». Ce mercredi 27 février, dans le ciel du Cache­­mire, une dizaine d’avions pakis­­ta­­nais tombent sur des patrouilleurs enne­­mis. Parmi eux, le MiG21 d’Ab­­hi­­nan­­dan Vartha­­man est soudain touché par un missile du mauvais côté de la fron­­tière. Alors que l’ap­­pa­­reil s’abîme, l’of­­fi­­cier indien déploie son para­­chute et s’em­­presse d’ava­­ler les docu­­ments qu’il a sur lui. Contraint d’at­­ter­­rir en terri­­toire hostile, il est tout de suite fait prison­­nier. Vendredi 1er mars, l’homme de 38 ans est fina­­le­­ment libéré « en signe de paix » par Isla­­ma­­bad, dans l’es­­poir d’évi­­ter un conflit nucléaire. Mais de son côté, Naren­­dra Modi ne change guère de ton, affir­­mant que désor­­mais « l’Inde ne sera plus sans défense face à la terreur ».

Washing­­ton désa­­mor­­cer les tentions et exhor­­ter les deux pays à éviter d’autres actions mili­­taires.

Quand la course à l’arme nucléaire battait son plein, les diri­­geants pakis­­ta­­nais, qui semblent aujourd’­­hui vouloir calmer le jeu, adop­­taient la rhéto­­rique martiale de Modi. « Si l’Inde se dote de la bombe, nous mange­­rons de l’herbe ou des feuilles mais nous aurons la nôtre », décla­­rait en 1965 le Premier ministre Zulfi­­kar Ali Bhutto. Le père de Bena­­zir – première femme à la tête d’un État à majo­­rité musul­­mane, assas­­si­­née en 2007 – est aussi celui du programme nucléaire pakis­­ta­­nais. Né en 1928 dans une famille d’aris­­to­­crates, Zulfi­­kar Ali Bhutto est parti étudier aux États-Unis au moment où l’Inde britan­­nique a laissé la place à deux pays : l’Inde et le Pakis­­tan.

À Berke­­ley, le jeune homme est témoin de la panique qui secoue les États-Unis lorsque l’Union sovié­­tique réalise son premier test de bombe à implo­­sion, la RDS-1, en 1949. Diplômé un an plus tard, il prend ensuite des cours de droit inter­­­na­­tio­­nal à Oxford avant d’en­­sei­­gner la matière à Southamp­­ton. Cette spécia­­li­­sa­­tion lui permet de repré­­sen­­ter son pays aux Nations Unies à partir de 1957. À ce titre, il réclame en vain que l’Inde orga­­nise un réfé­­ren­­dum au Cache­­mire. Essen­­tiel­­le­­ment peuplée de musul­­mans, la région était gouver­­née par un prince hindou au moment de l’in­­dé­­pen­­dance. Le Pakis­­tan a alors essayé de la prendre par la force jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu fût enfin signé en 1949. Depuis, la ligne de contrôle partage le Cache­­mire.

Accepté faute de mieux, le statu quo se main­­tien lorsque le géné­­ral Muham­­mad Ayub Khan prend le pouvoir par un putsch au Pakis­­tan. Bhutto est enrôlé dans son gouver­­ne­­ment. En 1959, il voit la Chine pertur­­ber ce fragile équi­­libre en péné­­trant au Ladakh, un État du Cache­­mire contrôlé par l’Inde, dans l’op­­tique de relier le Tibet au Xinjiang. Isla­­ma­­bad songe alors à tirer profit des ambi­­tions de Pékin, quitte à jouer sur plusieurs tableaux. Déjà soutenu mili­­tai­­re­­ment par les États-Unis, il lui cède la vallée du Shaks­­gam contre son appui face à l’Inde. La guerre éclate en 1965, s’ar­­rête rapi­­de­­ment puis reprend en 1971, au moment où le Bangla­­desh fait séces­­sion d’avec le Pakis­­tan.

La vallée du Shaks­­gam
Crédits : Roger Nix/Flickr

Les mêmes acteurs sont aujourd’­­hui impliqués dans la région. En 2017, la Chine a débuté la construc­­tion d’un corri­­dor écono­­mique au Pakis­­tan pour près de 62 milliards d’eu­­ros. Elle se place tradi­­tion­­nel­­le­­ment de son côté, mais veut à tout prix éviter un conflit ouvert, qui pertur­­be­­rait à n’en pas douter ses projets. « Nous espé­­rons que les deux parties garde­­ront la paix et la stabi­­lité de la région en tête, feront preuve de rete­­nue, et privi­­lé­­gie­­ront le dialogue de manière à régler le problème et à préser­­ver les inté­­rêts fonda­­men­­taux de chacun », a déclaré le porte-parole du minis­­tère des Affaires étran­­gères chinois, Lu Kang. « Nous les invi­­tons à s’abs­­te­­nir de toute action suscep­­tible d’en­­traî­­ner une nouvelle esca­­lade des tentions. »

Le message n’est guère diffé­rent à Washing­­ton, au demeu­­rant plus proche de New Delhi. Le secré­­taire de la Défense, Patrick Shana­­han, dit tout faire pour « désa­­mor­­cer les tentions et exhor­­ter les deux pays à éviter d’autres actions mili­­taires ». Fin 2018, Donald Trump a annoncé la suspen­­sion d’une aide mili­­taire au Pakis­­tan d’une valeur d’1,3 milliard de dollars en raison de son soutien à des groupes terro­­ristes. Il pensait notam­­ment à l’ap­­pui de rebelles en Afgha­­nis­­tan. « Les États-Unis ont bête­­ment donné 33 milliards de dollars d’aide aux Pakis­­ta­­nais ces 15 dernières années et ils ne nous ont rien donné en retour si ce n’est des mensonges et de la dupli­­cité, prenant nos diri­­geants pour des idiots », a tweeté le président améri­­cain.

Atomes contraires

Avant de « bête­­ment donn[er] 33 milliards de dollars d’aide au Pakis­­tan », les États-Unis ont soutenu le programme nucléaire indien. En 1963, un proto­­cole est signé entre les deux pays qui vise à construire le réac­­teur de la centrale de Tara­­pur. Les socié­­tés améri­­caines Bech­­tel et Gene­­ral Elec­­trics mettent leur pierre à l’édi­­fice. Sans surprise, New Delhi refuse de signer le traité de non-proli­­fé­­ra­­tion nucléaire (TNP) en 1969. Son premier essai souter­­rain, réalisé en 1974, pulvé­­rise l’ac­­cord de Shimla, qui promet­­tait deux ans plus tôt un règle­­ment paci­­fique du conflit au Cache­­mire. L’ef­­froi gagne le Pakis­­tan. Élu Premier ministre l’an­­née précé­­dente, Zulfi­­kar Ali Bhutto charge Abdul Qadeer Khan de construire la bombe. Ancien employé du consor­­tium anglo-germano-néer­­lan­­dais Urenco, à Amster­­dam, cet ingé­­nieur et physi­­cien a ramené des Pays-Bas de précieuses infor­­ma­­tions dans ses valises.

Zulfi­­kar Ali Bhutto

Desti­­tué par un coup d’État en 1977, Bhutto assiste depuis la prison au début de l’en­­ri­­chis­­se­­ment d’ura­­nium. Il a déjà été pendu quand la tech­­no­­lo­­gie est maîtri­­sée, en 1984. Dès lors, note le jour­­na­­liste indien Nega­­rajan V. Subra­­ma­­nian, « certains hauts fonc­­tion­­naires du cabi­­net du Premier ministre envi­­sagent le scéna­­rio suivant lequel l’élar­­gis­­se­­ment de la guerre condui­­rait à une première frappe pakis­­ta­­naise, nucléaire et limi­­tée (deux ogives nucléaires), suivie, en repré­­sailles, par une frappe indienne qui, elle, serait tota­­le­­ment destruc­­trice ».

Une guerre nucléaire entre les deux pays, pour peu que la puis­­sance ayant détruit Hiro­­shima en 1945 soit enga­­gée, ferait 45 millions de victimes, estiment les cher­­cheurs améri­­cains Brian Toon et Alan Robock. À en croire une autre étude à laquelle a parti­­cipé le second, pareille explo­­sion affec­­te­­rait la stra­­to­­sphère, entraî­­nant par la suite une baisse de la tempé­­ra­­ture mondiale. Au mini­­mum, ce refroi­­dis­­se­­ment condui­­rait le monde vers une décen­­nie sans été, rédui­­sant signi­­fi­­ca­­ti­­ve­­ment les récoltes. « Même le “vainqueur” de cette guerre nucléaire entre l’Inde et le Pakis­­tan endu­­re­­rait une famine dévas­­ta­­trice à cause de la dispa­­ri­­tion des mous­­sons », notent les cher­­cheurs.

Dans les années 1980, le Pakis­­tan se contente donc d’ali­­men­­ter l’in­­sur­­rec­­tion au Cache­­mire indien. Ses services de sécu­­rité parti­­cipent à la créa­­tion du Hizbul Muja­­hi­­deen en 1989. La constel­­la­­tion rebelle de la région fait face à une répres­­sion sans merci de New Delhi, qui donne les coudées franches aux mili­­taires en adop­­tant les Armed Forces Special Powers Acts (AFSPA) en 1990. À quoi, Isla­­ma­­bad répond en soute­­nant les djiha­­distes du Lash­­kar-e-Toiba et du Jaish-e-Moham­­med. « Ce sont des créa­­tions de l’ap­­pa­­reil mili­­taire pakis­­ta­­nais dans une logique de proxy », explique Char­­lotte Thomas. En 2001, ces deux cellules orga­­nisent un atten­­tat dans le parle­­ment de New Delhi au cours de laquelle elles tuent six poli­­ciers, deux atta­­chés parle­­men­­taires et un jardi­­nier. « Nous avons reçu la preuve qu’un pays voisin est impliqué », accuse le lende­­main le ministre de l’In­­té­­rieur Lal Krishna Advani.

Puisque « pas plus que les Améri­­cains, les Chinois ne semblent vouloir prendre la défense du Pakis­­tan », le président Pervez Mushar­­raf rencontre le Premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee à Agra. Aucun terrain d’en­­tente n’est trouvé et les atten­­tats conti­­nuent. « Pendant dix mois, l’Inde mobi­­lise ses troupes près de la fron­­tière pakis­­ta­­naise, mais sans passer à l’ac­­tion », observe le cher­­cheur du CNRS Jean-Luc Racine. « Dans les deux cas, l’hy­­po­­thèse d’une guerre limi­­tée sous para­­pluie nucléaire paraît trop risquée. » À partir du moment où un dialogue s’en­­gage en 2003, le Pakis­­tan subit les effets pervers de sa poli­­tique de proxy : furieux que Mushar­­raf soutienne la guerre contre le terro­­risme des États-Unis, le Jaish-e-Moham­­med appelle à le tuer.

Depuis l’at­­ten­­tat du 14 février, l’op­­po­­si­­tion en Inde est muse­­lée et accu­­sée de traî­­trise.

En 2007, des insur­­gés prennent d’as­­saut la Mosquée rouge d’Is­­la­­ma­­bad et font 154 morts. Pour tuer dans l’œuf le rappro­­che­­ment entre voisins, des isla­­mistes pakis­­ta­­nais commettent une série de dix attaques terro­­ristes à Mumbai, sur le terri­­toire indien. Au surplus, les logiques internes font obstacle aux négo­­cia­­tions. « Quand le parti natio­­na­­liste Bhara­­tiya Janata Party (BJP) est dans l’op­­po­­si­­tion, il bloque toute tenta­­tive de dialogue en repro­­chant au parti au pouvoir sa faiblesse », souffle Char­­lotte Thomas. Lors de son passage au pouvoir entre 1999 et 2004, les lignes de bus entre le Cache­­mire indien et pakis­­ta­­nais ont au contraire rouvert. « On pouvait penser que l’ar­­ri­­vée au pouvoir de Naren­­dra Modi, issu du BJP, allait aussi favo­­ri­­ser la détente », ajoute-t-elle, « mais sa poli­­tique est assez erra­­tique. Il a notam­­ment nommé un va-t-en-guerre à la sécu­­rité inté­­rieure. Sa ligne est dure mais pas stric­­te­­ment mili­­taire. »

Depuis l’at­­ten­­tat du 14 février 2019, « l’op­­po­­si­­tion est d’ailleurs muse­­lée et accu­­sée de traî­­trise ». Si Naren­­dra Modi ne compte sans doute pas donner l’im­­pres­­sion de tran­­si­­ger en vue des élec­­tions du prin­­temps prochain, la cher­­cheuse doute qu’il entende lancer d’autres attaques. « Il y a un narra­­tif sous-jacent selon lequel chacun veut tout le Cache­­mire, mais prosaïque­­ment, l’Inde et le Pakis­­tan souhaitent garder leur part », analyse-t-elle. « Des avions ont été abat­­tus des deux côtés, les comp­­teurs sont désor­­mais à zéro. » La menace nucléaire tend du reste à créer un « équi­­libre de la terreur », selon l’ex­­pres­­sion consa­­crée. Aussi, le ministre des Affaires étran­­gères pakis­­ta­­naises, Shah Mahmood Qure­­shi, a-t-il déclaré vendredi 1er mars qu’une guerre serait « suici­­daire ».

Reste qu’un statu quo ne serait pas syno­­nyme de paix pour les Cache­­mi­­ris. Ils demeurent les otages des groupes rebelles et sont toujours en proie à l’op­­pres­­sion des auto­­ri­­tés de part et d’autre. En Inde, « le gouver­­ne­­ment utilise la ques­­tion sécu­­ri­­taire pour arrê­­ter des leaders sépa­­ra­­tistes », note Char­­lotte Thomas. La zone est aujourd’­­hui quadrillée par les mili­­taires. Samedi 2 mars, ils ont échangé des tirs d’ar­­tille­­rie, faisant au moins sept morts, dont deux civils pakis­­ta­­nais. En Inde, une mère et son fils ont péri sous un obus.


Couver­­ture : Les débris d’un avion abattu par le Pakis­­tan.


 

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