La société qui attaque aujourd'hui Rockstar en justice a construit sa légende en traquant les criminels les plus célèbres du Far West.

par Servan Le Janne | 18 janvier 2019

Le procès

Une voix nasillarde chatouille la nuque d’Ar­­thur Morgan. « Quel beau jeune homme », entend-il derrière lui, alors qu’il pêche au bord d’une rivière proche d’Hor­­se­­shoe Over­­look, dans la région de Heart­­land. « Qui êtes vous ? » se renfrogne-t-il à l’ombre de son chapeau de cow-boy noir. Après l’avoir iden­­ti­­fié comme « l’homme de confiance de Van der Linde », les deux hommes qui viennent de descendre de cheval se présentent. « Agent Milton et agent Ross », dévoile le premier. « Nous sommes de l’agence de détec­­tives privés Pinker­­ton, déta­­chée par le gouver­­ne­­ment améri­­cain. »

À cet instant, la réalité fait une incur­­sion remarquée dans le terri­­toire imagi­­naire de Red Dead Redemp­­tion 2. Quoi qu’ins­­piré du XIXe siècle améri­­cain, le scéna­­rio du jeu vidéo met en scène des person­­nages fictifs dans un cadre tout aussi imagi­­naire. Andrew Milton et Edgar Ross n’ont pas plus existé qu’Ar­­thur Morgan ; la Pinker­­ton si. Le 13 décembre 2019, deux mois et 17 millions de copies vendues après la sortie de ce deuxième opus, cette agence de détec­­tives aujourd’­­hui membre du groupe Secu­­ri­­tas AB a envoyé une mise en demeure à l’édi­­teur Rocks­­tar – et à sa maison-mère Take-Two – récla­­mant de ne pas être asso­­ciée au jeu. Une plainte a fina­­le­­ment été dépo­­sée.

« Nous ne dormons jamais »

La Pinker­­ton craint que le public ne confonde le compor­­te­­ment d’An­­drew Milton et d’Ed­­gar Ross avec ceux de ses véri­­tables agents. « Voici mon offre, monsieur Morgan », avance Milton dans la scène qui se déroule sur la rive d’Hor­­se­­shoe Over­­look. « Amenez-nous Van der Linde et vous avez ma parole que vous ne fini­­rez pas au bout d’une corde. » Face à ces menaces, le hors-la-loi clame son inno­­cence. « Vous aimez être le jouet d’un homme riche, n’est-ce pas ? » proteste-t-il en réfé­­rence à l’homme d’af­­faires qui a engagé les agents. « J’aime la société, avec tous ses défauts… » crache Andrew Milton. « Pendant que les types comme vous véné­­rez la sauva­­ge­­rie. Et vous mour­­rez sauva­­ge­­ment, tous autant que vous êtes ! »

Pour Rocks­­tar, cette action en justice vise surtout à récu­­pé­­rer une partie des béné­­fices colos­­saux engen­­drés par Red Dead Redemp­­tion 2 – 725 millions de dollars avaient été engran­­gés trois jours après sa sortie. Sur les 106 missions prin­­ci­­pales propo­­sées, compo­­sant une histoire de 60 heures, les person­­nages de la Pinker­­ton n’ap­­pa­­raissent que dans dix, rétorque le créa­­teur du jeu. Il sont d’ailleurs cités fréquem­­ment dans des œuvres de fiction sans que cela ne se termine devant un tribu­­nal. Car l’agence a joué un rôle si impor­­tant dans l’his­­toire de la justice améri­­caine, juge Rocks­­tar, qu’elle ne peut empê­­cher l’uti­­li­­sa­­tion de son nom par d’autres sous peine d’obli­­té­­rer les faits.

Il faut pour­­tant recon­­naître que l’his­­toire de la bande de Dutch tentant d’échap­­per à la Pinker­­ton imagi­­naire ressemble furieu­­se­­ment à une traque de la véri­­table Pinker­­ton ; celle de la bande d’un certain Butch.

La Horde sauvage

Au milieu du désert, la loco­­mo­­tive d’un train crache une fumée noire autour de laquelle s’en­­roulent des billets de banque. Leur vol désor­­donné arrache un rire sonore à Butch Cassidy. Ce célèbre braqueur du XIXe siècle est joué par Robert Redford dans le film de 1969 qui raconte sa vie. Alors que sa bande est occu­­pée à ramas­­ser les liasses avec un large sourire, un autre train approche. La circons­­pec­­tion gagne. Soudain, les portes d’un wagon s’ouvrent sur une demi-douzaine de cava­­liers. « Quoi qu’ils vendent, je n’en veux pas ! » peste un comparse de Butch avant de prendre la fuite.

Butch Cassidy, en bas à droite, et le Wild Bunch

L’his­­to­­rien améri­­cain Beau Riffen­­burgh est au lycée lorsqu’il voit cette scène pour la première fois. « Qui sont ces types à cheval ? » se demande-t-il. L’ado­­les­cent cherche la réponse dans les rares livres qui parlent de la Horde sauvage – The Wild Bunch –, le gang mené par Butch Cassidy. Dans Despe­­rate Men, ouvrage de l’his­­to­­rien James D. Horan paru en 1951, il découvre que, contrai­­re­­ment à ce que raconte le film, ce n’est pas l’Union Paci­­fic qui pour­­chas­­sait en vérité les malfrats, mais un enquê­­teur « craint par les bandits de l’après-guerre de Séces­­sion en raison de sa répu­­ta­­tion de détec­­tive obstiné, entouré d’hommes de confiance ». Cet homme, c’est le super-inten­­dant du bureau de la Pinker­­ton à Denver, James McPar­­land.

Par un heureux hasard, Riffen­­burgh croit le recon­­naître dans le long-métrage The Molly Maguires, qui l’in­­té­­res­­sait initia­­le­­ment pour la présence de Sean Connery. Ce détec­­tive qui déman­­tèle une société secrète de bandits n’est-il pas le même que celui qui traque la Horde sauvage ? Quelques années plus tard, Riffen­­burgh recroise McPar­­land au cours de ses recherches univer­­si­­taires sur le Far West. Ce dernier dirige l’ins­­truc­­tion d’un procès de 1907 au cours duquel plusieurs direc­­teurs de syndi­­cats sont accu­­sés du meurtre du gouver­­neur de l’Idaho. Riffen­­burgh a la vague impres­­sion d’être talonné par le détec­­tive. Mais sa figure demeure nimbée de mystère. Elle flotte comme une ombre chinoise dans des archives éparses, sans que ses contours appa­­raissent clai­­re­­ment.

D’ailleurs, le livre Lament for the Molly Maguires qui inspire le film avec Sean Connery n’est qu’un « mélange trom­­peur de spécu­­la­­tions, de dialogues inven­­tés, d’in­­ter­­views et de faits docu­­men­­tés, non docu­­men­­tés ou mal docu­­men­­tés », juge l’his­­to­­rien Kevin Kenny. Par chance, quand Riffen­­burgh commence à dépous­­sié­­rer cette histoire, la librai­­rie du Congrès vient d’ou­­vrir les archives Pinker­­ton, fermées aux cher­­cheurs durant 80 ans. Sauf que peu de choses, dans ce fatras, concernent McPar­­land et son bureau de Denver. Il lui faut donc en passer par la Cali­­for­­nie, le Texas, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Ir­­lande et la Nouvelle-Zélande, entre autres. Peu à peu, Riffen­­burgh s’im­­prègne de l’at­­mo­­sphère terne de l’époque.

Le détec­­tive James McPar­­land

L’his­­to­­rien s’ar­­rête d’abord en Penn­­syl­­va­­nie, où sévis­­sait la société secrète de bandits des Molly Maguires. Dans les années 1870, la vie y est grise comme l’an­­thra­­cite. À peine sortie des mines d’où cette roche est extraite, les habi­­tants doivent affron­­ter un climat de violence perma­­nente. « Ils arri­­vaient au bar avec des couteaux, des revol­­vers et une haine indé­­crot­­table pour les étran­­gers », narre Riffen­­burgh. En clair, les brigands comme les hommes censés faire respec­­ter la loi ont la gâchette facile. McPar­­land n’est pas d’ici. Ses premières traces se trouvent du côté de Druma­­chee, dans l’Ul­s­ter, une province du nord de l’Ir­­lande.

Un mystère, de ceux qu’il aimera plus tard éluci­­der, entoure la venue au monde de McPar­­land. Aucune date de nais­­sance n’a été enre­­gis­­trée. Lui-même la fixe alter­­na­­ti­­ve­­ment à 1844 et 1839 en admet­­tant igno­­rer la vérité. Sa tombe donne le 22 mars 1844. Seule­­ment, à en croire le registre de l’église St James de Mullagh­­brack, il a été baptisé le 6 avril 1845. Sa famille aurait-elle attendu un an avant ce sacre­­ment, à une période où la foi est centrale et la morta­­lité infan­­tile galo­­pante ? Cette année-là, la mort se fraye juste­­ment un chemin dans les campagnes irlan­­daises sous la forme d’un cham­­pi­­gnon venu d’Amé­­rique. Le mildiou ravage les cultures de pommes de terre en 1845, dont dépend un tiers de la popu­­la­­tion. La famine fait près d’un million de victimes et entre deux et trois millions d’Ir­­lan­­dais fuient leur pays.

Sur les terres du comte de Char­­le­­mont, le couple de fermiers Eneas et Mary McPar­­lan a plus de chance. Ces catho­­liques évoluant dans un milieu majo­­ri­­tai­­re­­ment protes­­tant peuvent nour­­rir leurs huit garçons et quatre filles. Le jeune James n’en a pas moins des envies d’ailleurs. En octobre 1863, il prend le train pour Belfast, d’où un ferry l’em­­mène à White­­ha­­ven, en Angle­­terre. De là, il se rend à Gate­­shead, sur la rive sud de la Tyne. Son premier travail dans une usine de savon n’est « pas très plai­­sant » et ceux qui suivent ne l’in­­té­­ressent guère plus. Alors en 1866, James retourne chez lui.

Rongé par l’en­­nui et séduit par les échos améri­­cains qui courent dans toute l’Ir­­lande, le jeune homme écono­­mise ce qu’il gagne dans un entre­­pôt de Belfast géré par William Kirk and Sons pour traver­­ser l’At­­lan­­tique. Il embarque en juin 1867. À son arri­­vée à New York, le 8 juillet 1867, le nom de James McPar­­land est enre­­gis­­tré au lieu de McPar­­lan. Un de ses anciens employeurs, William Kirk and Sons, lui permet de gagner 25 dollars par mois. Mais l’im­­mi­­gré ne tient pas en place : il passe par Medina puis Buffalo et arrive enfin à Chicago en 1867.

Insa­­tis­­fait par les petits emplois qu’il exerce, McPar­­land pousse la porte d’une agence de détec­­tives nouvel­­le­­ment fondée en 1868, W.S. Beau­­bien and Company. Il y mène des enquêtes pendant deux ans avant d’ou­­vrir une boutique de spiri­­tueux. Ce maga­­sin est dévasté le 8 octobre 1871 par le grand incen­­die de Chicago. Au prin­­temps suivant, dési­­reux de retour­­ner à l’in­­ves­­ti­­ga­­tion, McPar­­land tape à la porte de la Pinker­­ton. L’homme qui le reçoit s’ap­­pelle Allan Pinker­­ton.

Nous ne dormons jamais

Né en 1819 dans les Gorbals, un bidon­­ville de Glas­­gow, Allan Pinker­­ton a 12 ans quand la mort de son père le pousse à quit­­ter l’école. Comme McPar­­land, il prend la route à 19 ans, construi­­sant des tonneaux là où on l’ac­­cepte. Dépité, il ne regagne Glas­­gow que pour s’en­­ga­­ger sur le chemin du char­­tisme, ce mouve­­ment qui conver­­tit la colère ouvrière en reven­­di­­ca­­tions poli­­tiques. C’est la répres­­sion poli­­cière qui l’au­­rait poussé à l’exil. En mai 1842, après avoir été dépouillés en route, Pinker­­ton et sa fian­­cée atteignent Montréal. À l’in­­vi­­ta­­tion d’amis écos­­sais, ils fran­­chissent le lac Michi­­gan et rallient Dundee, au nord-ouest de Chicago.

Allan J. Pinker­­ton, détec­­tive et espion

Un jour qu’il coupe du bois sur une île proche de la rivière Fox, Pinker­­ton tombe sur des faux-monnayeurs. Nous sommes en 1846 ou 1847. Après avoir aidé le shérif à les arrê­­ter, l’Écos­­sais devient une petite célé­­brité. Deux marchands lui demandent de les aider à repé­­rer les devises contre­­faites. Aussi, Pinker­­ton arrête-t-il un célèbre escroc, John Craig. Il s’en arroge tout bonne­­ment le droit, le système poli­­cier améri­­cain étant encore balbu­­tiant, pour ne pas dire anar­­chique. « Quand un crime était commis, les citoyens étaient suppo­­sés s’ar­­mer eux-mêmes et pour­­chas­­ser le suspect », explique Beau Riffen­­burgh. L’enquête leur revient égale­­ment.

Nommé shérif adjoint du comté de Cook, à Chicago, l’Écos­­sais fonde la Pinker­­ton and Company en 1850 ou 1852, selon ses diffé­­rentes décla­­ra­­tions. Au départ, il se charge person­­nel­­le­­ment de la plupart des affaires. Certaines lui sont direc­­te­­ment confiées par le gouver­­ne­­ment d’Il­­li­­nois. En 1854, Pinker­­ton passe les menottes à un homme qui cher­­chait à faire dérailler les trains de la Michi­­gan Southern and Northern Indiana Road. Sur quoi, en février 1855, six compa­­gnies de chemin de fer signent un contrat avec son entre­­prise, désor­­mais char­­gée de proté­­ger les passa­­gers des vols. En 1861, après avoir engagé la première femme détec­­tive améri­­caine, Kate Warne, la Pinker­­ton protège même le nouveau président Abra­­ham Lincoln en déjouant une tenta­­tive d’as­­sas­­si­­nat.

Après la guerre de Séces­­sion, en 1865, l’or­­ga­­ni­­sa­­tion ouvre un bureau à New York et un autre à Phila­­del­­phie. Elle se donne pour slogan « Nous ne dormons jamais », ainsi qu’un ensemble de prin­­cipes selon lesquels « le détec­­tive est un offi­­cier de justice qui doit être pur et sans reproche ». Il ne doit pas enquê­­ter sur des person­­nages publics, ni pour le compte d’un parti poli­­tique. Les ques­­tions de mœurs ou d’adul­­tère ne relèvent pas de sa compé­­tence. Loin de déran­­ger les affaires de la Pinker­­ton, la créa­­tion du Dépar­­te­­ment de la justice, en 1871, les déve­­loppe : le gouver­­ne­­ment décide de recou­­rir à ses services. C’est l’in­­cen­­die de Chicago qui mine plus tard l’en­­tre­­prise. Mais alors que sa situa­­tion finan­­cière est critique, les Molly Maguires lui donnent du travail.

Alerté sur des crimes commis dans la région minière de Schuyl­­kill, en Penn­­syl­­va­­nie, Allan Pinker­­ton charge un nouvel employé, James McPar­­land, d’enquê­­ter sur les Molly Maguires en 1873. Cette société secrète, indique le rapport de sept pages rendu le 10 octobre, est née en Irlande. Quand la famine dévas­­tait le pays, ses membres « prenaient à ceux qui avaient en abon­­dance pour donner aux pauvres qui mouraient de faim par centaines ». Cette posture de Robin des Bois a toute­­fois vite pris une tour­­nure violente, les Molly Maguires n’hé­­si­­tant pas à tuer les proprié­­taires ou les oppo­­sants poli­­tiques. Pour fuir la répres­­sion du gouver­­ne­­ment, ils ont alors mis les voiles. Désor­­mais, McPar­­land doit aller sur le terrain pour véri­­fier leurs méfaits aux États-Unis.

Sous le nom de James McKenna, le détec­­tive se présente aux Molly Maguires comme un travailleur itiné­­rant au passé crimi­­nel. Alors qu’il infiltre la société secrète, une tragé­­die s’abat sur la Pinker­­ton. L’agent Joseph Whicher est décou­­vert et abattu dans le Michi­­gan, après avoir été torturé par la bande de Jesse James qu’il devait déman­­te­­ler. Excédé, Pinker­­ton aurait déclaré que le jour où il croi­­se­­rait le crimi­­nel, braqueur de train depuis 1866 et parti­­san des Confé­­dé­­rés, l’un des deux au moins devrait mourir. Une nuit de janvier 1875, des membres de l’agence rendent visite en repré­­sailles à la mère de Jesse James, Zerelda Samuel, dans sa ferme du Missouri.

La mort de Jesse James

La vieille femme résiste. Dans la bataille, une lanterne tombe au sol, qui provoque une explo­­sion. Zerelda Samuel perd son bras droit et son fils de huit ans, Archie. Non seule­­ment la Pinker­­ton n’ar­­rive pas à mettre la main sur Jesse James, mais le décès de l’en­­fant écorne son image. Un an plus tard, le travail de McPar­­land paye : plusieurs dizaines de Molly Maguires sont arrê­­tés. Tandis que certains saluent l’agence, d’autres jugent qu’elle prend le parti des barons aisés contre les pauvres travailleurs immi­­grés. « Vous aimez être le jouet d’un homme riche », aurait dit Arthur Morgan s’il avait existé.

Derrière la légende

En 1882, malgré la rançon de 5 000 dollars promise pour sa capture, Jesse James court toujours. Après le petit-déjeu­­ner, ce fils de pasteur reçoit un jeune homme nommé Robert Ford et son frère Char­­ley dans la maison qu’il loue à St. Joseph, dans le Missouri. Une fois les chevaux nour­­ris, Jesse James et Char­­ley Ford reviennent sur le perron. Crai­­gnant d’être vu par les voisins, le premier se déleste de ses revol­­vers. Robert et Char­­ley atten­­daient ce moment depuis long­­temps : ils en profitent pour mettre une balle dans la tête du célèbre gang­s­ter. Lequel tombe sous le canon d’autres hors-la-loi. Allan Pinker­­ton meurt deux ans plus tard de la gangrène.

Ses fils Robert et William prennent alors les commandes de l’agence. En 1899, ils sont rejoints par E.H. Harri­­man, le président de la compa­­gnie de chemin de fer Union Paci­­fic, dont un train vient d’être attaqué à Wilcox, dans le Wyoming. Le respon­­sable est un certain Butch Cassidy, que le Washing­­ton Post décrit alors comme « le patron des bandits de l’Ouest ». Doré­­na­­vant, les agents gênent constam­­ment la Horde sauvage. « Ils sont toujours à mes trousses ; c’est pourquoi je dois toujours bouger », souffle Cassidy, dont les paroles trouvent écho dans la bouche du person­­nage de Dutch van der Linde. Le 20 février 1901, avec quelques acolytes, il prend donc un train pour l’Ar­­gen­­tine, où le détec­­tive Frank Dimaio suit sa trace.

Butch Cassidy

Quatre ans plus tard, le petit groupe améri­­cain braque une banque dans la province de Santa Cruz. Il réci­­dive en 1907. Son ranch vendu, Cassidy passe en Boli­­vie, où des soldats l’au­­raient abattu alors qu’il tentait d’ex­­torquer une mine. Selon certaines rumeurs, l’homme aurait survécu. Quoi qu’il en soit, lui aussi a échappé à la Pinker­­ton.

L’agence, qui se targue d’avoir traqué les frères Dalton, n’a de fait joué aucun rôle dans la mort de ces anciens membres des forces de l’ordre recon­­ver­­tis dans le crime. Mais elle en récu­­père oppor­­tu­­né­­ment les lauriers. « Il ne fait aucun doute », confesse le détec­­tive C.H. Eppel­­shei­­mer, « que les Dalton sont inno­­cents de beau­­coup de crimes qui leurs ont été attri­­bués. Comme pour la bande de Jesse James. Chaque vol ou crime commis à l’en­­droit où ils se trou­­vaient leur était imputé sans que soit ques­­tion­­née leur connais­­sance de l’évé­­ne­­ment. » De la même manière, le flou béné­­fi­­cie à la Pinker­­ton.

Au cours du XXe siècle, ses affaires pros­­pèrent sur cette légende. En 1960, la Pinker­­ton, dont la siège est doré­­na­­vant à New York, compte 60 agences. Ses employés sont au nombre de 37 000 en 1975. Cela dit, « la plupart portent l’uni­­forme et opèrent dans la surveillance des bâti­­ments ou la gestion de foules », note le New York Times. « Ils sont peu à être détec­­tives. » En 1999, l’agence est rache­­tée par le géant de la sécu­­rité Secu­­ri­­tas AB. Elle démé­­nage en 2014 à Ann Arbor, dans le Michi­­gan, où sa mission prin­­ci­­pale est « la gestion de risque pour les entre­­prises ».

Quoique les agents de la Pinker­­ton trouvent encore le temps de traquer la bande de Rocks­­tar.

Le nouveau logo de la Pinker­­ton

Couver­­ture : Allan Pinker­­ton sur son cheval.


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