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par Vegas Tenold | 11 avril 2016

Les lanceurs d’alerte

En ce début de soirée de novembre 2015, dans la suite d’un hôtel de Manhat­­tan, Bran­­don Bryant, ancien offi­­cier de l’US Air Force et proba­­ble­­ment le plus célèbre lanceur d’alerte des « Drone Papers », est assis dans un canapé. Il écrit une lettre au président Obama. Il a jeté un sweat-shirt gris sur ses épaules, dont les manches couvrent à moitié le dragon rouge et les tatouages tribaux qui couvrent ses bras et ses mains. Depuis trois ans, il parle en des termes peu élogieux du temps où il pilo­­tait des drones en Irak, en Afgha­­nis­­tan, au Pakis­­tan, au Yémen et en Soma­­lie – où il a aidé à tuer 1 626 personnes, d’après ses esti­­ma­­tions –, mais à présent les mots semblent lui manquer. Bryant rature furieu­­se­­ment les lignes qu’il a tracées dans le carnet qu’il utilise habi­­tuel­­le­­ment pour écrire de la poésie. « Je ne veux pas que ça sonne trop formel », dit-il. « Il faut qu’on sente que ça vient de nous et pas de nos avocats. »

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Les lanceurs d’alerte
Crédits : Demo­­cracy Now!

Son ancien collègue, Michael Haas, est assis sur le sol. Il tripote distrai­­te­­ment la repro­­duc­­tion d’un crâne qu’un autre ex-opéra­­teur de drones, Stephen Lewis, songe à trans­­forme en bang. Près du comp­­toir de la cuisine améri­­caine se tient le vété­­ran Cian West­­mo­­re­­land, un grand type à l’air morose, et leur avocate, Jesse­­lyn Radack, qui s’est spécia­­li­­sée dans la défense des lanceurs d’alerte – notam­­ment Edward Snow­­den. Ils sont en ville pour l’avant-première d’un docu­­men­­taire norvé­­gien sur la guerre des drones menée par les États-Unis, dans lequel sont inter­­­viewés Bryant et Haas. Leur lettre à Obama, qu’ils prévoient de dépo­­ser aux bureaux améri­­cains du Guar­­dian le lende­­main, explique comment ils en sont venus tous les quatre à consi­­dé­­rer le programme des drones comme un abus de pouvoir inutile, fondé sur des mensonges, et qui a engen­­dré une proli­­fé­­ra­­tion de combat­­tants enne­­mis auxquels ils ne peuvent pas faire face. Bryant finit par faire passer son carnet au reste du groupe. « J’ai l’im­­pres­­sion que ça dit bien ce qu’on veut expri­­mer, non ? » demande-t-il. « En gros, qu’on a été trai­­tés comme de la merde et que le programme des drones a besoin de plus de trans­­pa­­rence. » Haas s’em­­presse d’ac­quies­­cer. « Ouais, c’est tout à fait ça », dit-il.

Haas et Bryant sont restés en contact depuis qu’ils ont quitté l’Air Force, s’échan­­geant régu­­liè­­re­­ment des emails à propos de choses triviales comme leur amour commun pour la série animée Meta­­lo­­po­­ca­­lypse, mais aussi parfois pour parta­­ger des réflexions sur l’époque où ils étaient enga­­gés. West­­mo­­re­­land, qui assu­­rait la main­­te­­nance des commu­­ni­­ca­­tions des drones, a rejoint la croi­­sade après avoir vu une inter­­­view de Bryant dans l’émis­­sion Demo­­cracy Now!. Il voyage avec toute une réserve de pilules, parmi lesquelles du lithium, qui lui permettent de se sentir à peu près bien et tiennent à distance les cauche­­mars et autres symp­­tômes du stress mental qu’il subit. « J’ai du sang sur les mains », dit-il, « et je veux savoir pourquoi c’est arrivé. »

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Bryant vit aujourd’­­hui en Norvège
Crédits : Die Linke

Le dernier lanceur d’alerte du groupe, Stephen Lewis, travaillait sur les « frappes signa­­tures », lors desquelles on choi­­sit une cible en fonc­­tion de son compor­­te­­ment plutôt que de son iden­­tité. Grosso modo, si l’in­­di­­vidu se conduit comme un combat­­tant et qu’il agit comme tel, la CIA lui envoie un missile Hell­­fire. « Ce n’était pas très précis », me dit Lewis. Lewis est plus nerveux que les autres à propos des événe­­ments de cette semaine. En plus de parti­­ci­­per à des missions régu­­lières avec Haas et Bryant dans des zones de guerre bien établies, il a égale­­ment travaillé en tant que contrac­­tant privé pour la CIA, les aidant à choi­­sir leurs cibles lors d’as­­sas­­si­­nats ciblés au Pakis­­tan – des frappes top secrètes et léga­­le­­ment discu­­tables. « Lewis doit faire atten­­tion », m’a confié Haas un peu plus tôt. « La CIA n’aime pas que d’an­­ciens employés parlent de leur ancien boulot. » La semaine entière a été placée sous le sceau de la para­­noïa. Les quatre lanceurs d’alerte – tous démis de leurs fonc­­tions au sein de l’Air Force – ont reçu des menaces de la part d’in­­con­­nus, et ils ont été quali­­fiés de traîtres par d’an­­ciens amis et collègues. Ils sont tous convain­­cus d’être surveillés par la NSA. Haas et Bryant ont même élaboré un code connu d’eux seuls pour leurs commu­­ni­­ca­­tions virtuelles.

Il y a un an, dit Bryant, le FBI l’a contacté pour lui dire qu’il était sur la liste des cibles de l’État isla­­mique – se glori­­fier de ses actes sur les réseaux sociaux, lui ont-ils dit, ne faisait que le mettre davan­­tage en danger. « Mon ordi­­na­­teur n’est pas clean du tout », dit Bryant, qui croit dur comme fer que tout les appa­­reils connec­­tés sur lesquels il met la main sont poten­­tiel­­le­­ment infec­­tés. Une étude de 2013, en partie menée par le Centre de surveillance de la santé des forces armées, a révélé que les offi­­ciers en charge d’aé­­ro­­nefs sans pilote souf­­fraient de problèmes de santé mentale, dont des troubles de stress post-trau­­ma­­tique (TSPT) – à peu de choses près comme les pilotes de combat tradi­­tion­­nels. Mais alors que les drones Preda­­tor et Reaper ont été les armes favo­­rites de deux admi­­nis­­tra­­tions succes­­sives, il est éton­­nant de consta­­ter que peu de pilotes ont fait part de leur expé­­rience au sein du programme. Demain, les quatre anciens offi­­ciers rassem­­blés dans cette pièce devien­­dront les visages les plus repré­­sen­­ta­­tifs du mouve­­ment anti-drone améri­­cain. Ils espèrent que les chiffres auront de l’im­­pact, et qu’en parlant ouver­­te­­ment des problèmes du programme, en plus de leur lettre ouverte au président améri­­cain, ils seront capables de faire chan­­ger les choses au sein d’une stra­­té­­gie mili­­taire centrale pour les géné­­ra­­tions à venir. « Qu’est-ce que vous pensez de ce para­­graphe ? » demande Bryant avant de lire : « Nous avons progres­­si­­ve­­ment réalisé que d’avoir tué des civils inno­­cents n’a fait qu’a­­li­­men­­ter les senti­­ments de haine. Cela a nourri le terro­­risme et les groupes comme Daech, à qui les drones servent d’ou­­til de recru­­te­­ment idéal, comme Guantá­­namo. Le programme des drones conçu par cette admi­­nis­­tra­­tion et les précé­­dentes est un moteur pour le terro­­risme autour du monde. »

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Un drone Preda­­tor améri­­cain
Crédits : US Air Force

Mort rampante

Comme partout ailleurs, la guerre contre le terro­­risme aux États-Unis est menée depuis un agen­­ce­­ment tenta­­cu­­laire de petits bâti­­ments sur la base de l’US Air Force de Creech, dans le Nevada. Située à 65 kilo­­mètres au nord de Las Vegas – après de vastes éten­­dues d’ar­­moises et de grès, la réserve païute et la prison de haute sécu­­rité High Desert –, la ville se résume à deux douzaines de cara­­vanes entas­­sées d’un côté de la route, une station service Shell et un bouge ouvert 24 heures sur 24, où l’on sert de la bière et de la nour­­ri­­ture grasse à côté des machines à sous. Il y avait aupa­­ra­­vant une autre station service ainsi qu’un casino de l’autre côté de l’au­­to­­route, mais l’Air Force a pris posses­­sion de la zone en 2014 et a tout barri­­cadé derrière des barbe­­lés et d’énormes palis­­sades.

La plupart du temps, rien ne bouge autour de la base, sinon un 4×4 de sécu­­rité de l’Air Force en patrouille, ou un drone gris qui s’en­­traîne à décol­­ler et à atter­­rir. Les trois pistes de Creech ont la forme d’une croix sur le sol. D’un côté des pistes se trouvent le parc de véhi­­cules, les dortoirs, la salle de gym, le réfec­­toire, le casino fermé, ainsi que les postes de comman­­de­­ment des 17e et 11e esca­­drons de recon­­nais­­sance. Le 11e esca­­dron super­­­vise les exer­­cices d’en­­traî­­ne­­ment, tandis que le 17e accom­­plit des missions top-secrètes, chargé d’exé­­cu­­ter la campagne d’as­­sas­­si­­nats ciblés de la CIA. « Les bâti­­ments du 17e esca­­dron sont entou­­rés de murs d’en­­ceinte pour que personne ne sache ce qu’il s’y passe », m’ex­­plique Michael Haas alors qu’il revient pour la première fois à la base depuis des années. « Mais bien sûr on savait tous, car les opéra­­teurs du 17e étaient des cons qui se vantaient constam­­ment du bordel qu’ils foutaient au Pakis­­tan et des gens qu’ils y tuaient. Mais en théo­­rie, on n’était pas suppo­­sés savoir. » Haas, un homme grand et costaud dont les longs cheveux roux encadre son visage juvé­­nile, moucheté de taches de rous­­seur, a travaillé à Creech par inter­­­mit­­tence entre 2006 et 2011. Lorsqu’il est arrivé là-bas la première fois, tous les nouveaux offi­­ciers ont été conduits dans une grande salle de réunion. Haas avait été envoyé ici depuis San Angelo au Texas, où il avait été entraîné au rensei­­gne­­ment par l’ima­­ge­­rie, exami­­nant des photos satel­­lite pour repé­­rer les mouve­­ments enne­­mis au sol. Il ne savait pas encore en quoi consis­­te­­rait son job sur la nouvelle base. « J’avais entendu des rumeurs disant que ça aurait avoir avec les drones, mais rien de plus », raconte Haas. « Ils m’avaient dit que j’au­­rais besoin de passer un examen de vol, du coup je me suis dit que j’al­­lais pilo­­ter des avions. »

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Vue aérienne de la base de Creech
Crédits : Doc Searls

Haas s’était engagé dans l’Air Force deux ans plus tôt durant sa dernière année au secon­­daire. L’opéra­­tion Liberté Immuable était alors bien enta­­mée, et en dépit du fait que le président Bush avait déclaré « mission accom­­plie », l’in­­va­­sion améri­­caine en Irak s’était chan­­gée en une occu­­pa­­tion sanglante. Haas n’était pas animé d’une ferveur patrio­­tique. « Je me suis engagé pour le G.I. Bill », avoue-t-il. « Je ne voulais pas que mes parents s’en­­dettent pour que j’aille à l’uni­­ver­­sité, et le recru­­teur m’avait promis un travail de bureau où je n’au­­rais pas à combattre. » À côté de lui dans la salle de réunion se trou­­vait Bran­­don Bryant, avec qui Haas avait sympa­­thisé à San Angelo – lui non plus n’avait aucune idée de ce qu’ils feraient à Creech. Les lumières se sont éteintes et les enceintes ont hurlé les cinq premiers accords de « Cree­­ping Death », de Metal­­lica. Le grand écran face à eux s’est animé, diffu­­sant des images d’ex­­plo­­sions massives. Des voitures, des bâti­­ments et des gens étaient avalés par un viseur avant d’être balayés, tandis que des cris de joie et des applau­­dis­­se­­ments parcou­­raient l’au­­di­­to­­rium. Haas et Bryant se sont regar­­dés avec effa­­re­­ment. Puis un grand offi­­cier baraqué, la mâchoire carrée, a éteint l’écran et pris la parole. « Messieurs ! » a-t-il dit. « Bien­­ve­­nue à Creech. Pendant toute la durée de votre séjour, votre boulot sera de faire explo­­ser des trucs et de tuer des gens ! » Haas et Bryant ont demandé à voir leurs comman­­dants. « Je suis allé le voir tout de suite après la présen­­ta­­tion », raconte Haas. « Je lui ai dit : “Monsieur, je ne pense pas être capable de faire ça. Je ne pense pas que je serai capable de tuer des gens.” J’avais signé pour du rensei­­gne­­ment par l’ima­­ge­­rie, par pour des opéra­­tions de combat. En gros, il m’a dit que c’était tant pis pour moi, de fermer ma gueule et de faire mon travail. » Bryant, que tout le monde appe­­lait « Church » parce qu’il était chré­­tien et très pieux (il a depuis perdu la foi), a fait part de ses réti­­cences à un aumô­­nier mili­­taire, en lui disant qu’il ne trou­­vait pas juste de tuer des gens. L’au­­mô­­nier lui a dit que si jamais il tuait des gens avec un drone, c’était proba­­ble­­ment que Dieu voulait qu’ils meurent. À Creech, la jour­­née commençait à 7 h 30. Après un brie­­fing mati­­nal et un court ques­­tion­­naire de sécu­­rité – que faites-vous si le moteur lâche ? –, les pilotes et les opéra­­teurs de capteurs se diri­­geaient vers leur poste de contrôle au sol, qui n’était rien d’autre qu’une cabane avec deux sièges et quelques écrans. L’air condi­­tionné tombait régu­­liè­­re­­ment en panne, lais­­sant les opéra­­teurs cuire dans la chaleur du désert. Tous les opéra­­teurs avaient des indi­­ca­­tifs d’ap­­pel, comme les pilotes de chasse. Haas a reçu le sien après une jour­­née parti­­cu­­liè­­re­­ment torride : SMOB, comme dans : « Il fait si chaud ici que je peux Sentir Mes Propres (Own) Boules. »

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Un poste de contrôle au sol
Crédits : US Air Force

La plupart du temps, il ne se passait rien et les opéra­­teurs regar­­daient le drone tour­­ner en rond dans un paysage sans relief. « On savait qu’on allait avoir une ronde merdique quand on trou­­vait les chaises en posi­­tion incli­­née », dit Haas. « Ça voulait dire qu’on allait proba­­ble­­ment passer la jour­­née à regar­­der du vide sur l’écran. Ou quand on arri­­vait et que c’était le matin en Afgha­­nis­­tan, en gros on voyait juste des mecs sortir dans leur jardin pour aller chier. J’ai dû mater 400 types poser des pêches. »

Retour de bâton

Dans la guerre conti­­nue contre le terro­­risme, les drones armés procurent la paix d’es­­prit qui résulte de la convic­­tion qu’on peut faire pleu­­voir la mort sur n’im­­porte qui, n’im­­porte où, sans avoir à se soucier de mettre des hommes en danger. Ces derniers années, pour­­tant, l’ef­­fi­­ca­­cité des drones pour saper le terro­­risme est remise en ques­­tion dans les hautes sphères de l’ar­­mée améri­­caine. Dans un discours prononcé devant le Conseil de Chicago sur les affaires mondiales en 2013, le géné­­ral en retraite James E. Cart­­wright, ancien vice-président du Comité des chefs d’état-major et conseiller d’Obama, a déclaré : « On subit un retour de bâton. Si on assas­­sine des gens pour parve­­nir à notre but, peu importe combien on sera précis, ça provoquera la colère des gens même s’ils ne sont pas visés. » Les chiffres exacts des attaques de drones en Afgha­­nis­­tan sont gardés secrets pour une bonne part, mais d’après les chiffres les plus récents du Centre de comman­­de­­ment des États-Unis (CENTCOM), 245 frappes ont été réali­­sées en 2012.

Entre 2004 et 2016, le programme des drones de la CIA a tué entre 2 000 et 4 000 personnes au Pakis­­tan, dont le Bureau of Inves­­ti­­ga­­tive Jour­­na­­lism de Londres estime que 965 d’entre elles étaient des civils. Les États-Unis ont égale­­ment tué plusieurs de leurs propres citoyens avec les drones, et notam­­ment l’imam améri­­cain Anwar al-Awlaqi, tué au Yémen en 2011, et son fils de 16 ans, qui est mort dans un tir de drone deux semaines plus tard. L’an­­née dernière, une « frappe signa­­ture » de la CIA au Pakis­­tan a tué acci­­den­­tel­­le­­ment Warren Wein­­stein, un travailleur huma­­ni­­taire améri­­cain retenu captif par Al-Qaïda.

« Les drones nour­­rissent le recru­­te­­ment terro­­riste. »

Selon le colo­­nel en retraite Lawrence Wilker­­son, un vété­­ran du Viet­­nam qui a été chef de l’état-major sous le secré­­ta­­riat de Colin Powell, la guerre des drones améri­­caine est un appel aux armes pour ses enne­­mis. « Étant donné la façon dont nous opérons aujourd’­­hui, il est diffi­­cile de ne pas arri­­ver à la conclu­­sion que les drones nour­­rissent le recru­­te­­ment terro­­riste », dit-il. « Nous sommes cet empire qui les tue lâche­­ment depuis le ciel, la seule façon pour eux de se battre est asymé­­trique. Ce qu’ils font nous appa­­raît comme des actes de terro­­risme odieux, mais c’est en réalité la seule option que nous leur avons laissé. » De nombreux faits viennent corro­­bo­­rer ses dires. Durant le procès de Faisal Shah­­zad, l’homme pakis­­tano-améri­­cain jugé coupable d’avoir tenté de déclen­­cher une bombe à Times Square en 2010, le juge lui a demandé comment il pouvait proje­­ter de tuer tant de civils inno­­cents. Shah­­zad a répondu : « C’est simple, en Afgha­­nis­­tan et en Irak, vos drones tuent des femmes et des enfants, ils tuent tout le monde. »

En juin 2013, après que des tireurs tali­­bans ont tué neuf esca­­la­­deurs et leur guide dans les montagnes au nord du Pakis­­tan, un porte-parole tali­­ban a dit à un jour­­na­­liste français que le groupe avait déployé un esca­­dron « pour attaquer les étran­­gers et faire passer un message au monde contre les frappes de drones ». D’après Shah­­zad Akbar, avocat des droits de l’homme au Pakis­­tan, « les leaders tali­­bans affirment que chaque frappe de drone leur apporte plus de kami­­ka­­zes… Tandis que nous parlons, une opéra­­tion a lieu dans le Nord-Wazi­­ris­­tan, où les tali­­bans distri­­buent gratui­­te­­ment des DVD conte­­nant des images de victimes de frappes de drones. »


Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « The Untold Casual­­ties of the Drone War », paru dans Rolling Stone. Couver­­ture : Un poste de contrôle au sol (US Air Force).


LISEZ LA SUITE DE L’HISTOIRE ICI

PLONGÉE DANS L’HORREUR DU PROGRAMME DES DRONES

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