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par Wyatt Orme | 10 juin 2015

Sur le parking de l’uni­ver­sité Kepler, à Kigali, la capi­tale rwan­daise, un large groupe de futurs étudiants attend sous le soleil écla­tant de midi. Les résul­tats des examens d’ad­mis­sion du matin seront bien­tôt affi­chés dans une grande vitrine près de l’en­trée du bâti­ment. Pour bon nombre de ceux qui attendent, entrer à Kepler pour­rait mettre fin à leur pauvreté. Un jeune homme qui fait la plonge dans un hôtel pour subve­nir aux besoins de sa famille assure qu’ob­te­nir une place dans cette univer­sité serait le premier événe­ment heureux de sa vie. Pleins d’es­poir, les étudiants se lèvent et se rassoient en petits groupes, et parlent douce­ment entre eux. Leurs conver­sa­tions sont quasi­ment noyées par le bruit émanant des sites de construc­tion alen­tours. Tout le monde semble calme, même si seule­ment un tiers de ceux qui ont passé l’exa­men de ce matin accé­dera à l’étape de l’en­tre­tien cet après-midi. Une fois les résul­tats affi­chés, le jeune homme apprend qu’il n’en fera pas partie.

L'université Kepler se situe à Kigali, la capitale du paysCrédits : Juan Herrero
L’uni­ver­sité Kepler se situe à Kigali, la capi­tale du pays
Crédits : Juan Herrero

Une nouvelle insti­tu­tion

Cela fait un mois que Kepler fait passer des examens à des groupes de candi­dats comme celui-là dans tout le pays. Cette année, ils ont reçu autour de 6 700 candi­da­tures pour 150 places, ce qui équi­vaut à un taux d’ac­cep­ta­tion d’en­vi­ron 2 %. En compa­rai­son, l’an­née dernière, le taux d’ac­cep­ta­tion d’étu­diants au premier cycle de Harvard était de 6 %, trois fois plus donc. L’uni­ver­sité, ouverte depuis 2013, porte le nom de Johannes Kepler, un impor­tant astro­nome du XVIIe siècle qui a surmonté une grave mala­die infan­tile pour décou­vrir ensuite les lois du mouve­ment des planètes. L’objec­tif ambi­tieux de l’uni­ver­sité Kepler est de four­nir « un diplôme reconnu par les États-Unis, une éduca­tion d’ex­cel­lence inter­na­tio­nale et une voie vers des emplois de qualité » aux Rwan­dais les plus dému­nis, pour 1 000 dollars l’an­née (envi­ron 920 euros), quasi­ment le prix des univer­si­tés locales. Un tel inves­tis­se­ment demande de sacrées écono­mies. Le campus, par exemple, est un immeuble de bureaux de trois étages fraî­che­ment rénové, situé dans un quar­tier bruyant en péri­phé­rie de Kigali. « Quand les camions passent, les fenêtres tremblent », avoue Chris Hedrick, le PDG, « mais cela fait partie de notre struc­ture de coûts. »

Un groupe de futurs étudiants attend les résultats des examens d'admission à l'université KeplerCrédits : Juan Herrero
Un groupe de futurs étudiants attend les résul­tats des examens d’ad­mis­sion à l’uni­ver­sité Kepler
Crédits : Juan Herrero

L’uni­ver­sité reprend l’idée d’une asso­cia­tion appe­lée Gene­ra­tion Rwanda qui, dix ans plus tôt, fut à l’ori­gine d’un programme de bourses pour les orphe­lins du géno­cide rwan­dais de 1994. Chaque année, elle envoyait des douzaines d’étu­diants parti­cu­liè­re­ment désa­van­ta­gés dans des univer­si­tés du coin, tout en leur offrant une forma­tion profes­sion­nelle. Cepen­dant, lorsqu’elle a voulu s’étendre, les coûts se sont révé­lés trop impor­tants. Kepler est ainsi né de la recherche d’un modèle d’en­sei­gne­ment supé­rieur plus abor­dable et plus évolu­tif. Pour faire décol­ler son projet, l’ins­ti­tu­tion s’est tour­née vers la Fonda­tion IKEA. La branche philan­thro­pique du géant suédois de l’ameu­ble­ment a accordé une première subven­tion d’un an à l’uni­ver­sité, qui a depuis été rallon­gée à quatre ans, avec un enga­ge­ment à huit millions de dollars. Cette aide a notam­ment permis aux deux premières promo­tions de Kepler d’as­sis­ter aux cours grâce à une bourse complète. D’après le porte-parole de la fonda­tion, Jona­than Spam­pi­nato, Kepler et IKEA cherchent tous deux des moyens d’ « amélio­rer la vie de tous les jours pour de nombreuses personnes, en offrant la qualité à moindre coût ».

La liste des étudiants sélectionnés pour la prochaine étape d'admission Crédits : Juan Herrero
La liste des étudiants sélec­tion­nés pour la prochaine étape d’ad­mis­sion
Crédits : Juan Herrero

Assu­rer une éduca­tion de qualité à un prix abor­dable requiert un équi­libre que Kepler doit encore perfec­tion­ner. Les cours donnés en classe par un profes­seur sont la base de l’édu­ca­tion supé­rieure tradi­tion­nelle, mais ils coûtent cher. Les cours en ligne, en revanche, sont peu onéreux, gratuits même, mais ils conduisent à des taux de réus­site plutôt faibles, souvent moins de 7 %. Le défi de l’uni­ver­sité est de faire fusion­ner effi­ca­ce­ment ces deux modèles, fusion appe­lée commu­né­ment « ensei­gne­ment hybride ». Kepler est l’une des quelques univer­si­tés à appliquer cette méthode dans les pays en voie de déve­lop­pe­ment. L’uni­ver­sité utilise ce qu’elle appelle des « classes inver­sées ». Le soir, les étudiants regardent souvent des vidéos en ligne – connues sous le nom de FLOT, l’acro­nyme de « Forma­tion en Ligne Ouverte à Tous » – piochées dans des univer­si­tés pour la plupart améri­caines, euro­péennes et austra­liennes. Le jour suivant, à l’uni­ver­sité, ils ont cours avec un ensei­gnant accom­pa­gna­teur qui les aide à travailler la compré­hen­sion du contenu.

Un modèle d’es­pé­rance

Les vendre­dis, un groupe d’une douzaine d’étu­diants en deuxième année se réunit pour parler de stra­té­gies commer­ciales. Un de ces fameux vendre­dis, ils se retrouvent après avoir visionné des vidéos sur « l’ana­lyse d’ap­ti­tudes ». L’en­sei­gnant accom­pa­gna­teur rassemble alors les étudiants pour expliquer briè­ve­ment comment le contenu du cours de ce jour-là s’ins­crit dans leur étude plus globale de l’avan­tage concur­ren­tiel, ou comment des entre­prises en surpassent d’autres. Une fois le cours terminé, les étudiants se divisent en groupes de discus­sion. Dans l’un des groupes, Joyeuse Muvan­dimwe confie à deux cama­rades qu’elle pense que l’ana­lyse d’ap­ti­tudes se rapporte aux moyens déve­lop­pés par une entre­prise pour atti­rer et fidé­li­ser ses clients. Ses parte­naires acquiescent. « C’est ta singu­la­rité au sein d’une entre­prise », propose une autre jeune femme. « Mais comment créer la singu­la­rité ? » Un jeune homme se joint à la discus­sion en disant que selon lui, les entre­prises doivent simple­ment faire ce que les autres ne font pas. Perplexes, les deux femmes le regardent, puis la conver­sa­tion reprend. Pendant ce temps, l’en­sei­gnant se déplace dans la salle, tendant l’oreille par-ci, commen­tant par-là. Une demi-heure plus tard, il demande à un groupe de faire le résumé de sa discus­sion. Ici, bon nombre d’étu­diants vous diront que c’est la première fois que la discus­sion fait offi­ciel­le­ment partie de leur éduca­tion. Les autres univer­si­tés rwan­daises, disent-ils, se concentrent sur des cours magis­traux, avec des classes à gros effec­tif. Et les étudiants de Kepler préfèrent de loin cette nouvelle approche péda­go­gique qui, à leurs yeux, améliore leur pensée critique.

Les cours se font en classe, et non en amphithéâtre comme dans les autres facultésCrédits : Juan Herrero
Les cours se font en classe, et non en amphi­théâtre comme dans les autres facul­tés du pays
Crédits : Juan Herrero

Toute­fois, ce ne sont pas ces groupes du vendredi qui permettent aux étudiants d’ob­te­nir leur diplôme. Ce ne sont pas non plus les ateliers de rédac­tion prépa­rés par Kepler, les cours sur la finance, les clubs de lecture, où les étudiants viennent tout juste de termi­ner Hunger Games. Si ces cours permettent d’ac­qué­rir des connais­sances de base et de déve­lop­per des apti­tudes, au final, c’est à l’uni­ver­sité du sud du New Hamp­shire (SNHU) que les étudiants obtiennent leur diplôme, en remplis­sant un certain nombre de critères, ou de « compé­tences ». Ces dernières sont défi­nies par College for America (CfA), une asso­cia­tion à but non-lucra­tif affi­liée au SNHU qui pratique l’en­sei­gne­ment hybride afin de permettre aux travailleurs améri­cains de suivre des études supé­rieures. Les compé­tences de la CfA impliquent notam­ment de savoir allouer et gérer un budget, et rédi­ger une note interne. Si l’étu­diant maîtrise une compé­tence, d’après les juges de la CfA instal­lés aux États-Unis, il passe à la prochaine. Sinon, il rées­saye. 120 compé­tences sont ainsi néces­saires pour l’ob­ten­tion d’un « diplôme d’as­so­cié », et 120 autres pour une licence. Chaque étudiant progresse à son rythme, mais si l’un d’eux prend plus de temps que la moyenne, le person­nel de Kepler se réserve le droit d’in­ter­ve­nir et de lui prêter main forte.

Quarante-neuf des cinquante étudiants de la première promo sont en passe de décro­cher leur diplôme des Beaux-Arts en juin.

Néan­moins, la rapi­dité n’est pas un problème pour ces étudiants. D’après Hedrick : « Ils apprennent le néces­saire pour décro­cher leur diplôme plus vite que dans n’im­porte quel autre établis­se­ment d’en­sei­gne­ment supé­rieur aux États-Unis. » Les étudiants sont extrê­me­ment moti­vés – parfois même un peu trop, selon Hedrick, puisqu’ils se mettent la pres­sion. La réalité finan­cière est qu’ils ne peuvent pas « toujours étudier pour le plai­sir d’étu­dier », confie Chrys­tina Russell, direc­trice des études à Kepler. Des choses plus urgentes les inquiètent. « Ils veulent un emploi. Ils nous disent très fran­che­ment qu’ils veulent sortir de la pauvreté. » La première promo­tion de Kepler n’a pas encore terminé son cursus. Il est donc trop tôt pour dire si cet ensei­gne­ment débou­chera sur des emplois stables. Mais dans l’en­semble, l’ins­ti­tu­tion a fait d’énormes progrès durant ses deux premières années. Quarante-neuf des cinquante étudiants de la première promo­tion sont en passe de décro­cher leur diplôme des Beaux-Arts en juin ; la seule excep­tion est une étudiante dont l’ob­ten­tion du diplôme a été retar­dée par sa gros­sesse. Kepler a engagé une société spécia­li­sée dans l’ana­lyse de données afin de suivre les progrès des étudiants, afin que le modèle puisse être modi­fié en fonc­tion des besoins de ces derniers. Ceci étant dit, à Kepler, on ne se fait pas d’illu­sions sur l’im­per­fec­tion du système. « Nous construi­sons cet avion en plein vol », explique Hedrick. La maîtrise de l’an­glais a néan­moins toujours posé problème. C’est dû, au moins en partie, à la déci­sion du gouver­ne­ment, de faire passer la langue offi­cielle de l’en­sei­gne­ment du français à l’an­glais en 2008, une mesure qui a laissé beau­coup de gens dans un flou linguis­tique. On espère ainsi que le niveau d’an­glais des nouveaux étudiants finira par s’amé­lio­rer. Le person­nel de Kepler estime qu’ac­tuel­le­ment, il passe faci­le­ment un quart de son temps à trai­ter les problèmes linguis­tiques.

La méthode Kepler se base sur une combinaison de cours en classe et de cours en ligneCrédits : Juan Herrero
La méthode Kepler se base sur une combi­nai­son de cours en classe et de cours en ligne
Crédits : Juan Herrero

Des doutes

Une ques­tion plus impor­tante encore se pose quant à l’ef­fi­ca­cité des ensei­gnants accom­pa­gna­teurs dénués d’une réelle exper­tise dans les domaines concer­nés. « Je n’ai pas étudié l’éco­no­mie », avoue Aurore Umutesi, l’en­sei­gnante prin­ci­pale, « mais j’ai ensei­gné la macroé­co­no­mie et la microé­co­no­mie ». Employer des ensei­gnants géné­ra­listes qui agissent plus comme des guides que des profes­seurs permet d’éco­no­mi­ser de l’argent. Cepen­dant, des étudiants comme Sere­ve­rien Ngaru­kiye trouvent cela frus­trant : « C’est diffi­cile quand ils ne sont pas capables d’ex­pliquer l’en­semble du contenu. » Diffi­cile aussi de savoir quelles sont les condi­tions d’em­bauche des ensei­gnants de Kepler. La maîtrise de l’an­glais et une bonne connais­sance du Rwanda (presque tous les ensei­gnants sont origi­naires du pays) sont obli­ga­toires, d’après Russell, mais pour le reste, c’est moins évident. « Ce qui compte, ce n’est pas tant les compé­tences que possèdent les ensei­gnants, mais surtout un goût pour l’in­no­va­tion », assure-t-elle. Kepler essaye de rassem­bler un person­nel venant de milieux divers. L’ins­ti­tu­tion a même commencé à embau­cher des étudiants pour des postes d’as­sis­tants péda­go­giques, qui devien­dront ensuite ensei­gnants accom­pa­gna­teurs. « Nous sommes persua­dés que les étudiants de Kepler consti­tue­ront notre plus grand choix de talents à l’em­bauche une fois leurs études termi­nées. »

Des étudiants assistent à un cours d'algèbreCrédits : Juan Herrero
Des étudiants assistent à un cours d’al­gèbre
Crédits : Juan Herrero

Bien que trou­ver de bons ensei­gnants à bas prix soit un défi perpé­tuel pour des modèles hybrides comme celui de Kepler, le docteur Mark Brown, qui dirige le Natio­nal Insti­tute for Digi­tal Lear­ning (Insti­tut natio­nal pour l’édu­ca­tion en ligne) à l’univer­sité de Dublin, prévient qu’il ne faut pas sous-esti­mer l’im­por­tance des profes­seurs. « De nos jours, ce n’est pas forcé­ment un point de vue répandu », dit-il, mais en parti­cu­lier pour l’en­sei­gne­ment supé­rieur, « l’édu­ca­tion requiert du savoir ». Au-delà de la ques­tion des ensei­gnants compé­tents, ce que Brown critique plus large­ment dans l’en­sei­gne­ment hybride, c’est qu’il ne trans­forme pas assez. Brown soutient que la tech­no­lo­gie est utili­sée seule­ment pour « viser l’uto­pie en bidouillant » plutôt que pour chan­ger fonda­men­ta­le­ment les méthodes d’ap­pren­tis­sage des étudiants. Les FLOT, par exemple, arrivent encore pour beau­coup sous forme de cours théo­riques venant majo­ri­tai­re­ment de sources occi­den­tales qui, comme il le dit, risquent de « déverser un programme de type occi­den­tal dans des régions du monde qui pour­raient très large­ment s’en passer ». Cepen­dant, si l’ins­ti­tu­tion Kepler apporte vrai­ment aux jeunes Rwan­dais un meilleur accès à l’édu­ca­tion et à l’em­ploi, il voit leur approche comme un pas créa­tif pour répondre aux besoins locaux. « Si quelqu’un vous apprend à nager avec un bouquin, vous allez vous noyer », affirme Shan­ton Ngabire, un étudiant de Kepler qui décrit en quoi l’ap­proche de l’ins­ti­tu­tion est unique en son genre au Rwanda. « Ils vous apprennent à nager dans l’eau. » Cela dit, l’adap­ta­tion de Kepler à l’en­vi­ron­ne­ment local est loin d’être termi­née. Son équipe de direc­tion basée à Kigali, compo­sée entiè­re­ment d’Amé­ri­cains, voudrait d’ailleurs voir les Rwan­dais prendre les rênes dans quelques années. Et si Kepler conti­nue sur le chemin de la réus­site, l’ins­ti­tu­tion pour­rait deve­nir l’am­bas­sa­drice d’un nouveau modèle d’édu­ca­tion supé­rieure dans les pays en voie de déve­lop­pe­ment.

Sere­ve­rien Ngaru­kiye vit avec 15 de ses cama­rades, et cette orga­ni­sa­tion pose des problèmes.

Avec l’aide d’IKEA, l’ins­ti­tu­tion Kepler envi­sage déjà d’ap­pliquer ailleurs son approche, qu’elle décrit comme une « univer­sité prête à l’em­ploi ». Un campus satel­lite poten­tiel dans un camp de réfu­giés à Kigali, par exemple, pour­rait servir de trem­plin pour d’autres parties de l’Afrique de l’Est et au-delà. Mais sa tâche actuelle, c’est de s’as­su­rer que le programme déjà exis­tant au Rwanda soit viable sur le long terme. Cela signi­fie qu’il faudra réduire les coûts engen­drés pour chaque étudiant, qui sont encore rela­ti­ve­ment élevés, afin que l’ins­ti­tu­tion puisse joindre les deux bouts lorsque tout l’argent d’IKEA sera dépensé. Une baisse qui deman­dera de passer par des étapes risquées, comme chan­ger les frais de scola­rité, réduire le nombre d’étran­gers au sein du person­nel – un inves­tis­se­ment qui coûte cher, et augmen­ter le nombre des inscrip­tions. Un mercredi, à la tombée du jour, les étudiants regagnent leurs maisons de groupe, situées à 10–20 minutes de marche du campus. Certains prennent leur temps pour sortir de classe, sac à dos sur les épaules. Ceux qui, dehors, courent avec le club de mara­thon, vont reve­nir d’une minute à l’autre. D’autres encore profitent des dernières lueurs du jour pour nettoyer leurs affaires derrière les maisons. Sere­ve­rien Ngaru­kiye vit avec 15 de ses cama­rades, et cette orga­ni­sa­tion pose des problèmes : aujourd’­hui, il n’y a plus d’élec­tri­cité, d’autres fois, c’est Inter­net qui ne fonc­tionne pas, mais il se dit néan­moins plus qu’heu­reux ici.

Hubert Euyishine, 20 ans, découvre qu'il a reçu une bourse pour étudier aux Etats-UnisCrédits : Juan Herrero
Hubert Euyi­shine, 20 ans, découvre qu’il a reçu une bourse pour étudier aux États-Unis
Crédits : Juan Herrero

« Il y a deux ans, je n’ima­gi­nais pas me retrou­ver dans une si bonne posi­tion », confie-t-il. Main­te­nant, il peut taper cinquante mots à la minute, utili­ser Micro­soft Excel, navi­guer dans Google Drive, faire des cita­tions de manière adéquate dans ses travaux, et bien plus. D’après Ngaru­kiye, toutes ces compé­tences lui donnent un avan­tage sur ses cama­rades du lycée qui ont inté­gré d’autres univer­si­tés du coin. De plus, ces mêmes amis hors de Kepler jalousent ses condi­tions de vie. Après avoir passé la salle à manger et être monté à l’étage, Ngaru­kiye rejoint la petite chambre qu’il partage avec trois autres étudiants. Vête­ments et livres sont épar­pillés sur les lits super­po­sés et le seul échap­pa­toire à cette pagaille est un petit balcon. En juin, Ngaru­kiye sera parvenu à la moitié de sa licence. Au crépus­cule, il s’ar­rête pour réflé­chir. « Je suis très fier d’en être arrivé là. »


Traduit de l’an­glais par Anas­ta­siya Reznik d’après l’ar­ticle « In Rwanda, Buil­ding a “Univer­sity in a Box” », paru dans Bright. Couver­ture : Des étudiants assistent à un cours à l’uni­ver­sité de Kepler, par Juan Herrero.

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