Dans les années 90, il avait inventé une arme terrifiante pour lutter contre le car-jacking

par   Élisa Thévenet   | 02/06/2016

Un avocat sud-africain a inventé en 1998 un système d’autodéfense radical contre le car-jacking : un lance-flammes intégré à sa voiture. Fort heureusement, son invention a vite été interdite.

Dans les années 1990, l’Afrique du Sud enregistre un des taux de criminalité les plus élevés au monde. Avec plus de 24 500 meurtres par an en 1997 et 16 000 cas de car-jacking en 1998, la violence connait un véritable pic.

La situation s’aggravant d’année en année, certains citoyens ont décidé de prendre les choses en mains, de façon extrême comme on s’en doute. Leur premier chantier : la lutte contre le car-jacking, cette pratique qui consiste à voler une voiture lorsque le conducteur est au volant. C’est ainsi que plusieurs inventeurs amateurs ont commencé à chercher de nouvelles solutions. Et par nouvelles, comprenez drastiques. Le Blaster, l’invention de Charlie Fourie, un avocat alors âgé de 33 ans, est sans doute la plus emblématique de cette période troublée.

L’idée est simple : lorsque vous êtes sur le point de vous faire voler votre voiture, vous actionnez un petit bouton rouge à droite du volant, enclenchant un dispositif logé près de l’accélérateur. Deux immenses flammes apparaissent alors de chaque côté du véhicule pour neutraliser le voleur. Charlie Fourie a toujours affirmé que ce système d’autodéfense n’était pas létal. Mais si le dispositif a bénéficié pendant un temps d’un vide juridique rendant son utilisation légale (en cas de légitime défense), il a rapidement été décrié et interdit. Coûtant à l’époque 3 900 rands (l’équivalent de 233 euros aujourd’hui), il a beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie en 1998. De nombreux automobilistes y voyaient une manière de se protéger à moindre frais. Lors de son lancement, le Blaster équipait 26 voitures et en quelques semaines, le nombre de commandes dépassait les 760.

Pour la petite histoire, Charlie Furrie n’a jamais été victime de car-jacking, mais en constatant la recrudescence du phénomène, il s’est dit qu’il fallait : « combattre le feu par le feu », comme il l’a expliqué en 1999 au Wall Street journal. Heureusement, les citoyens du Cap mettent aujourd’hui à l’œuvre des mesures raisonnables et pacifiques pour endiguer le crime, qui fonctionnent beaucoup mieux que les dérives comme celle de Charlie Fourie.

Source : The Wall Street Journal

Leur initiative pacifique fonctionne, elle. ↓

capviolence