« Lève-toi et marche, Mickey ! » C’est probablement ce qu’ont dit les scientifiques à leurs cobayes à moustaches après l’injection d’un nouveau traitement dans leurs ganglions lymphatiques. Des chercheurs de l’université du Maryland ont réussi pour la première fois à traiter la paralysie liée à la sclérose en plaque sans atteindre l’ensemble du système nerveux. L’étude dirigée par Christopher Jewell et présentée le 4 avril dernier aux rencontres du la Société américaine de chimie à San Francisco, permet d’entrevoir des améliorations considérables des soins apportés à cette maladie auto-immune et possiblement toutes les autres. La sclérose en plaque correspond à une attaque du système nerveux provoquant des troubles moteurs allant jusqu’à une paralysie totale du corps. Jusqu’ici, si les médicaments utilisés pour la traiter permettent d’empêcher sa progression, elles le font au prix d’une fragilisation de l’ensemble du système immunitaire. Pertes de cheveux, infections, nausées… la liste des effets secondaires est longue et tragique. Testée sur des souris, la nouvelle approche thérapeutique cible directement les ganglions lymphatiques responsables des cellules destinées à nous protéger des attaques de corps étrangers. Le but de l’opération est d’injecter dans ces ganglions des particules libérant des molécules de « signalisation immunitaire ». Celles-ci sont programmées pour commander au cerveau d’atténuer les attaques de cellules agissant contre nos propres moyens de défense. Avec cette solution thérapeutique, les souris quadriplégiques peuvent à nouveau se dresser sur leurs pattes au bout d’une ou deux semaines. Mais avant d’expérimenter ce traitement sur l’homme, l’équipe de Jewell doit d’abord prouver que les globules blancs des rongeurs traités n’ont pas perdu en route leur capacité à se défendre. De bonne augure, les premiers résultats sanguins montrent que les souris réagissent parfaitement aux antigènes inoculés. Il reste toutefois à démontrer qu’elles sont capables de résister aux mêmes pathogènes que des individus sains. Cette méthode à fort potentiel thérapeutique promet d’être étendue aux traitements de plusieurs autres maladies auto-immunes. Des souris diabétiques parvenant dores et déjà à maintenir leurs taux de glucose dans le sang, il n’est pas exclut qu’elle aboutisse à de nombreuses découvertes scientifiques. Source : Cell Reports