par Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer | 0 min | 3 septembre 2015

Luck­­now, en Inde. Au sein d’une commu­­nauté chré­­tienne dans la capi­­tale d’Ut­­tar Pradesh, un État du nord de l’Inde, un halté­­ro­­phile est assis au milieu d’une foule de croyants. Il porte un panta­­lon de jogging brillant noir, une chemise noire à manches courtes recou­­verte d’une veste rouge sans manches, le tout dans le but de dissi­­mu­­ler ses gros bras avant de monter sur scène. La démons­­tra­­tion des tours de force de cet homme est un des événe­­ments les plus marquants du rassem­­ble­­ment chré­­tien suivant Pâques à l’uni­­ver­­sité chré­­tienne de Luck­­now. L’As­­so­­cia­­tion Masihi d’Ut­­tar Pradesh (un masihi est un fidèle de Jésus) appelle cet événe­­ment le Milan de Pâques. Un milan, en hindi, est une réunion, un rassem­­ble­­ment, mais à un niveau plus profond cela signi­­fie égale­­ment « union des âmes ». Quelques milliers de personnes ont répondu présent pour l’évé­­ne­­ment. L’hal­­té­­ro­­phile a 45 ans, mesure 1,98 m et pèse 170 kg, et il porte une mous­­tache tombante sur un menton rond à fossette. Dans la marée de suppor­­ters, il ressemble à un géant.

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Le public attend Manoj Chopra
Crédits : Sonia Paul

Après quelques prières et chants, le maître de céré­­mo­­nie de la soirée, l’évêque Anthony, prononce un discours de remer­­cie­­ments à l’égard du gouver­­ne­­ment d’État pour son soutien à la commu­­nauté chré­­tienne, lors d’une campagne de conver­­sion reli­­gieuse qui a traversé l’Inde l’hi­­ver dernier. « Ghar Wapsi », ou « retour au bercail » fut une tenta­­tive de la part des leaders reli­­gieux hindous de « recon­­ver­­tir » des mino­­ri­­tés reli­­gieuses d’Inde à l’hin­­douisme. C’est encore un sujet de contro­­verse, bien qu’il ait en grande partie quitté la sphère publique. Il est alors temps de témoi­­gner de la puis­­sance de Manoj Chopra.

Chopra

Un géné­­rique musi­­cal digne d’une super­­s­tar de catch hurle dans les haut-parleurs. L’évêque Anthony commence à mettre l’am­­biance dans la foule pour accla­­mer l’homme le plus fort d’Inde. Chopra retire son atti­­rail de dissi­­mu­­la­­tion et marche d’un pas décidé sur la pelouse où quelques marches l’at­­tendent afin de rejoindre la scène. « Je suis très heureux d’être ici », dit-il en anglais dans le micro, le souffle coupé, avant de reve­­nir à l’hin­­dou et de se présen­­ter.

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Chopra déchire un annuaire à mains nues
Crédits : Sonia Paul

Tandis qu’un jeune homme lui tend un annuaire épais comme les Pages Jaunes, Chopra explique comment il a gagné les titres d’Homme Le Plus Fort d’Inde il y a neuf ans et d’Asie il y a six ans. En 2004, lors de la Coupe du monde d’hal­­té­­ro­­phi­­lie au Canada, il s’est placé 14e mondial. À présent, il est égale­­ment confé­­ren­­cier dans les églises, les écoles, les prisons, les entre­­prises, et partout où on le lui demande. Chopra garde l’an­­nuaire à la main et marche vers Abhi­­shek Mishra, invité d’hon­­neur de la soirée et ministre du gouver­­ne­­ment d’État, assis à une longue table près de la scène. Il sourit, se lève et, devant l’in­­sis­­tance de Chopra, confirme l’épais­­seur du registre. Il essaie, en vain, de déchi­­rer les pages d’un coup et secoue la tête après son échec. Une nouvelle mélo­­die est jouée, entraî­­nante et semblable à celle d’un spec­­tacle de magie. Chopra s’ap­­proche du devant de la scène, jette un coup d’œil au public et commence à déchi­­rer le registre, centi­­mètre par centi­­mètre. Il s’age­­nouille, puis se relève en tenant l’an­­nuaire sur sa poitrine saillante. Sa respi­­ra­­tion devient courte et sacca­­dée. La sueur perle sur ses tempes tandis que ses yeux se gonflent. Le public rugit lorsqu’il lève chacun de ses bras sur le côté, exhi­­bant les pages de l’an­­nuaire déchi­­rées entre ses doigts. Il a accom­­pli la prouesse en moins de trente secondes.

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C’est en rencon­­trant un obstacle majeur que Chopra s’est un jour fixé l’objec­­tif de deve­­nir un homme fort. En 1996, chez lui à Benga­­luru (ancien­­ne­­ment appe­­lée Banga­­lore), six voitures appar­­te­­nant à son agence de voyages ont eu un acci­dent le même jour. Chopra était désem­­paré. En 1991, il avait quitté Raipur, sa ville natale, capi­­tale de Chhat­­tis­­garh, un État spécia­­lisé dans la sidé­­rur­­gie en Inde centrale, pour s’ins­­tal­­ler à Benga­­luru, car il souhai­­tait se lancer dans l’in­­dus­­trie du tourisme. Sans voitures, il n’avait aucun moyen de gagner de l’argent et il n’avait pas un sou pour couvrir les frais de répa­­ra­­tion astro­­no­­miques qu’elles deman­­daient. Chopra ne pouvait suppor­­ter tant de stress, et entrait parfois dans de terribles états de colère. Il se retrou­­vait souvent dans des bagarres, et tabassa un jour un de ses adver­­saires à tel point qu’il atter­­rit en prison. « Mon nom était dans les jour­­naux, et personne ne m’aima plus après ça », dit-il. Il se sentit rejeté et seul. Sa mère lui dit qu’il avait terni son nom et que sa famille comme ses amis le reje­­taient.

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Chopra gonfle une bouillotte jusqu’à ce qu’elle éclate
Crédits : Sonia Paul

Une nuit, Chopra alluma la télé­­vi­­sion. En zappant, il tomba sur la compé­­ti­­tion de l’Homme le Plus Fort du Monde. Les parti­­ci­­pants aux cham­­pion­­nats d’hal­­té­­ro­­phi­­lie passent des épreuves qui semblent deman­­der des forces dépas­­sant celles du commun des mortels : retour­­ner des voitures, soule­­ver d’énormes rochers, arrê­­ter des véhi­­cules en mouve­­ment, tirer une voiture avec les dents. Le contre-la-montre étant un aspect déter­­mi­­nant de la bataille. Des varia­­tions de ce cham­­pion­­nat se concentrent sur de l’hal­­té­­ro­­phi­­lie olym­­pique. Chopra avait toujours su qu’il était fort, mais proba­­ble­­ment pas à ce point. Quelque chose le frappa alors qu’il regar­­dait l’émis­­sion. « Lorsque j’ai vu le cham­­pion­­nat, j’ai eu une révé­­la­­tion », dit-il. « J’ai vu des athlètes venant des quatre coins du monde. Mais aucun n’était là pour repré­­sen­­ter mon pays. J’ai alors décidé que j’al­­lais travailler très dur et porter les couleurs de mon pays pour être l’homme le plus fort du monde. »

Un art sécu­­laire

Pradeep Baba Madhok est l’an­­cien président de la Fédé­­ra­­tion indienne de cultu­­risme et actuel président de la Fédé­­ra­­tion mondiale d’hal­­té­­ro­­phi­­lie, une des nombreuses orga­­ni­­sa­­tions d’hal­­té­­ro­­phi­­lie dans le monde. Il dit qu’il est diffi­­cile de tenir une liste des diffé­­rents cham­­pion­­nats d’hal­­té­­ro­­phi­­lie qui se déroulent en Inde car, contrai­­re­­ment à d’autres pays, qui pour­­raient ne recon­­naître qu’une fédé­­ra­­tion, il y a un tas d’or­­ga­­ni­­sa­­tions et diffé­­rents spon­­sors.

Chopra a commencé sa carrière de cultu­­riste lors d’une compé­­ti­­tion halté­­ro­­phile à Raipur.

Mais seules les compé­­ti­­tions recon­­nues par la Fédé­­ra­­tion inter­­­na­­tio­­nale de cultu­­risme et de fitness sont, selon lui, légi­­times. La FICF a été fondée en 1946 et a aidé à régle­­men­­ter le cultu­­risme et les autres compé­­ti­­tions physiques et de force pour en faire ce qu’ils sont de nos jours. Tous les diffé­­rents comi­­tés de cultu­­risme et d’hal­­té­­ro­­phi­­lie, et même le cham­­pion­­nat de la WWE ainsi que d’autres compé­­ti­­tions de catch profes­­sion­­nel sont tous, selon Madhok, des déri­­vés de la FICF. Cepen­­dant, si l’on met les débuts de l’in­­dus­­trie de côté, « dans le monde, l’hal­­té­­ro­­phi­­lie est le sport le plus ancien de tous », me dit Madhok de chez lui, à Vara­­nasi, au nord, au cours d’une conver­­sa­­tion télé­­pho­­nique. « La culture physique fait partie de la culture de ces pays depuis des siècles », dit-il. Tel l’Em­­pire romain avec ses courses de chars et ses combats de gladia­­teurs, la Mahabha­­ra­­taand Râmâyana, l’épo­­pée sans­­krite de l’Inde antique, a aussi ses histoires de guer­­riers et de batailles. « Même le Seigneur Rama a dû trou­­ver un arc et des flèches pour épou­­ser sa femme site », dit Madhok, faisant réfé­­rence à une histoire du dieu hindou dans le Râmâyana. Madhok croit qu’une « culture physique » prévaut en Inde en partie grâce à la mytho­­lo­­gie hindoue. La culture physique ne consiste ni à faire preuve unique­­ment de force physique – objec­­tif prin­­ci­­pal des perfor­­mances halté­­ro­­philes –, ni à se concen­­trer exclu­­si­­ve­­ment sur l’as­­pect du corps, comme dans le cultu­­risme, où l’ath­­lète exhibe ses muscles à travers diffé­­rentes poses et est jugé sur sa présen­­ta­­tion. Au contraire, selon Madhok, la « culture physique est un mélange de tout ça ». Rajesh Kumar, un agent de la protec­­tion de l’en­­fance qui cherche à convaincre les poli­­ti­­ciens de recon­­naître le cultu­­risme comme un sport, dit que l’his­­toire de cette pratique remonte à l’Inde du XIe siècle. « En Inde, les hommes portaient des poids sous formes de pierres, appe­­lés nals, afin d’amé­­lio­­rer leur santé et d’ac­­croître leur endu­­rance. Il n’est aucu­­ne­­ment ques­­tion d’ex­­hi­­bi­­tion physique du corps », écrit-il en 2014 dans un article du Jour­­nal indien de la santé et du bien-être. On dit que l’en­­traî­­ne­­ment à l’aide de poids est devenu un passe-temps en Inde au cours du XVIe siècle.

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Un lit de clous sur lequel Chopra va s’al­­lon­­ger
Crédits : Sonia Paul

Un genre de catch indien appelé pehl­­wani relève lui aussi d’une tradi­­tion sécu­­laire. Il s’est déve­­loppé à partir de pratiques hindoues des XIIe et XIIIe siècles et d’une forme de catch perse que les Mughals ont appor­­tés avec eux sur le sous-conti­nent au XVIe siècle. On dit que Babur, le premier empe­­reur Mughal, était catcheur et a ordonné que les cham­­pion­­nats de catch aient lieu en guise de diver­­tis­­se­­ment. Plus récem­­ment, Gama le Magni­­fique, nom de scène du catcheur punjabi Ghulam Muham­­mad, a été cham­­pion du monde de 1910 à 1950. L’an­­thro­­po­­lo­­giste Joseph Alter écrit que Gama est devenu une allé­­go­­rie de l’au­­to­­no­­mie indienne et de la mascu­­li­­nité, ainsi que de la route du pays vers l’in­­dé­­pen­­dance. Le combat pour la liberté s’est déroulé dans son corps alors qu’il parcou­­rait la scène mondiale. La mytho­­lo­­gie a aidé à contre­­dire les stéréo­­types colo­­niaux dépei­­gnant la mollesse des Indiens et à établir que la culture physique en Inde était bien réelle. De son côté, Madhok attri­­bue l’at­­ti­­rance des Indiens pour la culture physique moderne à un homme en parti­­cu­­lier – Mano­­har Aich, un cente­­naire bengali mesu­­rant 1,25 m, devenu en 1952 le premier Mr Univers indien, le titre hono­­ri­­fique de cultu­­risme par excel­­lence. Cet « Hercule de poche », comme on l’ap­­pe­­lait, inspira des millions d’In­­diens.

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Le fakir
Crédits : Sonia Paul

WWE

Sa conver­­sion au cultu­­risme n’était pas la première tenta­­tive de Chopra d’ex­­hi­­ber son corps lors d’une compé­­ti­­tion. En 1986, à 16 ans, Manoj Chopra avait parti­­cipé et remporté un concours de beauté mascu­­lin à Raipur, sa ville natale. C’était la première et dernière fois que la ville accueillait un concours de beauté de ce genre, dit-il. Il consis­­tait en trois phases. Pour deux d’entre elles, il devait se montrer dans sa plus belle tenue – chemise blanche, cravate et veste qu’il portait ou tenait à la main. L’autre étape consis­­tait en une série d’in­­ter­­ro­­ga­­tions, au cours de laquelle il devait répondre à des ques­­tions comme « Que repré­­sente l’Inde pour vous ? » ou « Quelle impor­­tance ont vos amis et votre famille dans votre vie ? ». Après avoir remporté le titre de Mr. Madhya Pradesh (Chhat­­tis­­garh, l’État d’ori­­gine de Chopra, fut bâti à partir de Madhya Pradesh), Chopra a décidé de se consa­­crer à la salle de sport et à l’en­­traî­­ne­­ment. « Une fois devenu un Mr. M.P. », dit-il, « on a envie d’al­­ler à Mr. India. C’est pourquoi il faut une bonne forme physique, être mince et prendre soin de soi. » Il a commencé sa carrière de cultu­­riste lors d’une compé­­ti­­tion halté­­ro­­phile à Raipur. Avec l’aide d’un coach, il s’en­­traî­­nait quoti­­dien­­ne­­ment à la fois pour la partie halté­­ro­­phi­­lie de la compé­­ti­­tion –qui comporte le mouve­­ment « épaulé-jeté », consis­­tant à soule­­ver une barre du sol pour l’ame­­ner au dessus de sa tête – et pour la dyna­­mo­­phi­­lie, qui comprend le déve­­loppé-couché, la flexion de jambes et le soulevé de terre.

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Steve’s Gym à Benga­­luru, où s’en­­traîne Chopra
Crédits : Sonia Paul

Il a remporté le premier prix de la compé­­ti­­tion, et s’est pris d’in­­té­­rêt le sport. Il a mis de côté l’as­­pect esthé­­tique de la culture du sport pour se concen­­trer sur l’en­­traî­­ne­­ment de la force pure. L’an­­née suivante, il est devenu cham­­pion d’hal­­té­­ro­­phi­­lie et de dyna­­mo­­phi­­lie. En 1989, il a remporté un cham­­pion­­nat étatique de bras de fer. Lorsque Chopra a vu la compé­­ti­­tion d’Homme le Plus Fort du Monde à la télé­­vi­­sion cette nuit de 1996 et a envi­­sagé d’y parti­­ci­­per lui-même, il ne s’agis­­sait pas d’une idée en l’air. Il a commencé à s’en­­traî­­ner et à parti­­ci­­per à diffé­­rents chal­­lenges ouverts à Benga­­luru et partout où il a pu en trou­­ver, pour fina­­le­­ment deve­­nir l’Homme le Plus Fort d’Inde en 2000. Il a vécu à Los Angeles pendant un an et demi pour s’en­­traî­­ner pour la WWE. Il travaillait alors dans une station service, lavant des voitures et des toilettes pour vivre. Il n’avait pas beau­­coup d’argent et mangeait en plein après-midi dans des buffets minables. « Je croyais qu’en mangeant tôt, j’au­­rais très faim seule­­ment la nuit ! » dit-il en riant. Les diffi­­cul­­tés finan­­cières ont fina­­le­­ment forcé Chopra à aban­­don­­ner ses rêves de WWE.

Quelque chose de bien

De retour au Milan de Pâques à Luck­­now, Chopra a cessé d’ar­­rê­­ter des voitures à mains nues et de casser des pierres en morceaux, deux perfor­­mances qu’il réali­­sait aupa­­ra­­vant régu­­liè­­re­­ment.

La Fédé­­ra­­tion mondiale d’hal­­té­­ro­­phi­­lie a récem­­ment lancé la Fédé­­ra­­tion indienne d’hal­­té­­ro­­phi­­lie.

Au lieu de ça, Chopra diver­­tit la foule avec des cascades qui génèrent émer­­veille­­ment et rire. Il fait écla­­ter des bouteilles de bière en les frap­­pant du coude, plie des poêles en deux et gonfle une bouillote jusqu’à la faire écla­­ter. Plus loin dans le spec­­tacle, il fait tenir en équi­­libre deux jeunes garçons sur une tige de métal qu’il porte au-dessus de sa tête et tourne en cercle, faisant frémir la foule. La Fédé­­ra­­tion mondiale d’hal­­té­­ro­­phi­­lie a récem­­ment lancé la Fédé­­ra­­tion indienne d’hal­­té­­ro­­phi­­lie. Elle déve­­loppe égale­­ment une télé­­réa­­lité pour trou­­ver des parti­­ci­­pants à la Coupe du monde d’hal­­té­­ro­­phi­­lie 2016 et tien­­dra une compé­­ti­­tion d’Homme le Plus Fort d’Inde à Goa en octobre prochain. Mais en ce moment, Chopra se soucie de moins en moins de sa propre parti­­ci­­pa­­tion à des compé­­ti­­tions d’hal­­té­­ro­­phi­­lie. À Benga­­luru, où nous nous rencon­­trons dans la salle de sport de son ami, quelques mois après l’évé­­ne­­ment de Luck­­now, il explique qu’il se concentre à présent sur l’en­­traî­­ne­­ment de son fils qui veut aussi se mettre à la compé­­ti­­tion. Il veut égale­­ment utili­­ser sa force pour prêcher une morale et des valeurs, et c’est la raison pour laquelle il les intègre à ses discours d’en­­cou­­ra­­ge­­ment dans les églises, les écoles et les prisons. Cela fait partie de son système de croyance. « Je suis d’une famille hindoue », explique-t-il, « mais je crois en Jésus. »

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Une victime de Chopra
Crédits : Sonia Paul

Il explique qu’il ne s’agit pas telle­­ment d’une conver­­sion – cela pour­­rait bien agacer certains Indiens. Il s’agit d’une rela­­tion person­­nelle qu’il a fondée dans les années 1990 lorsqu’il a demandé à d’autres cultu­­ristes et halté­­ro­­philes qu’il a rencon­­trés comment ils avaient trouvé leur force. Cela l’a égale­­ment aidé à contrô­­ler son tempé­­ra­­ment et à recons­­truire des rela­­tions avec famille et amis. Steve Deva, l’ami de Chopra et ancien cultu­­riste, gérant de la salle de sport que fréquente Chopra, dit que l’on peut comprendre certaines valeurs de manière bien plus évidente lorsqu’on les voit expo­­sées lors d’une cascade, comme celles qui consistent à s’al­­lon­­ger sur un lit de clous pour démon­­trer sa tolé­­rance à la douleur (égale­­ment à la portée de Chopra) ou à briser des bouteilles de bière pour décou­­ra­­ger la consom­­ma­­tion exces­­sive d’al­­cool. « Ils aiment le “Pow !” » dit-il, en souriant et en contrac­­tant son poing. Ils encou­­ragent aussi les gens à main­­te­­nir une hygiène et une forme décente, selon la vieille idée qui veut que la force physique renforce la force mentale et vice-versa. « Je serais heureux de voir notre drapeau flot­­ter haut dans le ciel », dit Chopra, qui se souvient de l’ab­­sence de repré­­sen­­ta­­tion du drapeau indien lors de la compé­­ti­­tion d’hal­­té­­ro­­phi­­lie qu’il a regardé lors de cette fameuse nuit de 1996. « Mais au-delà de ça, je veux faire quelque chose pour la société et pour mon pays. Je veux aussi faire quelque chose de bien. »


Traduit de l’an­­glais par Caro­­line Bour­­ge­­ret et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « The Stron­­gest Man in India », paru dans Roads and King­­doms. Couver­­ture : Manoj Chopra, par Sonia Paul.
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