par Ulyces | 0 min | 16 mai 2015

À quelques excep­­tions près – tatouages, pier­­cings, chirur­­gie élec­­tive – la pratique du design concerne les objets et les espaces, pas les gens. On peut trans­­for­­mer et amélio­­rer son corps à coups de bonnes réso­­lu­­tions et de bonnes habi­­tudes, mais l’idée de mani­­pu­­ler et de recon­­fi­­gu­­rer le système humain dans une optique design relève encore globa­­le­­ment du fantasme. Au mieux, quand on parle de desi­­gner sa vie, ce n’est que méta­­pho­­rique­­ment. Mais pour les trans­­hu­­ma­­nistes, l’idée de se desi­­gner soi-même est une ques­­tion concrète – et immi­­nente. Pour Zoltan Istvan, fonda­­teur du Parti Tran­­shu­­ma­­niste et candi­­dat de ce dernier pour les élec­­tions prési­­den­­tielles améri­­caines de 2016, c’est aussi une ques­­tion poli­­tique.

Tran­­shu­­ma­­nisme

À première vue, Istvan ne semble pas radi­­ca­­le­­ment diffé­rent de la majo­­rité des candi­­dats. D’ori­­gine hongro-améri­­caine, il est issu de l’Ivy League et a suivi un cursus de philo­­so­­phie et d’études reli­­gieuses à l’uni­­ver­­sité de Colum­­bia. Ancien pratiquant de sports extrêmes (on lui attri­­bue l’in­­ven­­tion et la popu­­la­­ri­­sa­­tion du volcano boar­­ding, un sport aussi dange­­reux que son nom l’in­­dique), c’est égale­­ment un brillant homme d’af­­faires et un mari heureux, père de deux filles. À 41 ans, Istvan serait, s’il était élu, le plus jeune président de l’his­­toire. Mais s’il parvient à faire entrer le trans­­hu­­ma­­nisme dans le discours poli­­tique tradi­­tion­­nel, son âge sera l’as­­pect le moins remarquable de sa candi­­da­­ture. Si on pose la ques­­tion dans la rue, la plupart des gens ne savent pas ce qu’est le « trans­­hu­­ma­­nisme ». Mais tout le monde sait à quoi cela ressemble, car les rêves des trans­­hu­­ma­­nistes sortent tout droit de la science-fiction : prolon­­ger indé­­fi­­ni­­ment notre durée de vie, amélio­­rer nos sens et en ajou­­ter de nouveaux, voire télé­­char­­ger notre esprit dans un ordi­­na­­teur afin d’y vivre pour toujours. Bien sûr, en un sens, le trans­­hu­­ma­­nisme est déjà parmi nous en pratique. Qu’il s’agisse du rythme toujours plus rapide avec lequel la tech­­no­­lo­­gie gagne en vitesse et en puis­­sance, ou de la faci­­lité inquié­­tante avec laquelle ces nouveaux gadgets deviennent une partie intime de nous-mêmes, c’est même un phéno­­mène très réel. Suffi­­sam­­ment réel en tout cas pour avoir amené la Broo­­kings Insti­­tu­­tion à publier un rapport sur notre avenir en tant que cyborgs, et sur ce que cette connec­­ti­­vité intime et omni­­pré­­sente implique pour la loi et les poli­­tiques publiques. Pour certains, ce n’est même plus le futur : ceux qui ont un pace­­ma­­ker, par exemple, sont déjà à moitié machine (quoique de façon peut-être trop prosaïque pour rele­­ver de la science-fiction).

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Neil Harbis­­son

Il existe égale­­ment des exemples plus impres­­sion­­nants : l’ar­­tiste Neal Harbis­­son, né dalto­­nien, est connu pour s’être fait implan­­ter dans le crâne un appa­­reil qui trans­­forme la lumière visible en fréquences audibles, lui permet­­tant d’en­­tendre « une sympho­­nie de couleurs ». Aussi remarquable qu’elle soit, la prothèse de Harbis­­son peut égale­­ment faire de lui une cible. En 2012, l’ar­­tiste a été arrêté à Barce­­lone, et sa prothèse qui le fait ressem­­bler à un pois­­son-pêcheur a été endom­­ma­­gée lorsque la police a cru par erreur qu’il était en train de filmer les mani­­fes­­ta­­tions. Dans le monde d’aujourd’­­hui, Harbis­­son est une anoma­­lie. Mais dans le futur imaginé par les trans­­hu­­ma­­nistes, de telles augmen­­ta­­tions ne seraient abso­­lu­­ment pas inha­­bi­­tuelles. Elles ne seraient pas non plus réser­­vées aux personnes compen­­sant ce qui est perçu comme une limite, comme par exemple le dalto­­nisme. Pourquoi pas une prothèse qui permet­­trait de voir l’in­­fra­­rouge ou l’ul­­tra­­vio­­let ? Ou des mains arti­­fi­­cielles qui permet­­traient à quelqu’un d’es­­ca­­la­­der une surface à-pic aussi faci­­le­­ment qu’un gecko court sur un mur ? Dans la pensée trans­­hu­­ma­­niste, rien ne doit être écarté : la biolo­­gie humaine n’est qu’un point de départ, et les seules limites sont celles qu’im­­pose la tech­­no­­lo­­gie. Mais pour Istvan, toutes les préoc­­cu­­pa­­tions d’un programme poli­­tique trans­­hu­­ma­­niste peuvent se résu­­mer à trois prio­­ri­­tés prin­­ci­­pales. Comme il le dit lui-même :

Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour donner aux incroyables scien­­ti­­fiques et tech­­no­­logues améri­­cains les ressources néces­­saires pour vaincre la mort et le vieillis­­se­­ment humain dans les quinze ou vingt prochaines années – un objec­­tif attei­­gnable d’après un nombre crois­­sant de scien­­ti­­fiques renom­­més. 

Créer en Amérique une culture qui accepte que l’adop­­tion et la produc­­tion de science et de tech­­no­­lo­­gies radi­­ca­­le­­ment nouvelles sont dans l’in­­té­­rêt du pays et de l’es­­pèce. 

Créer des barrières et des programmes natio­­naux et mondiaux proté­­geant les gens face aux abus tech­­no­­lo­­giques et autres périls plané­­taires auxquels nous pour­­rions faire face durant la tran­­si­­tion vers l’ère trans­­hu­­ma­­niste.

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Zoltan Istvan, pion­­nier du volcano boar­­ding

Istvan a présenté ces objec­­tifs dans une chro­­nique d’oc­­tobre 2014 pour le Huffing­­ton Post, maga­­zine auquel il contri­­bue régu­­liè­­re­­ment, tout comme Psycho­­logy Today et le blog Mother­­board, de VICE. Il a égale­­ment été repor­­ter pour Natio­­nal Geogra­­phic, et a été publié dans un certain nombre d’autres médias dont Slate et le San Fran­­cisco Chro­­nicle. Istvan a été inter­­­viewé par John Stos­­sel et Joe Rogan, et ses idées ont été étudiées dans un épisode d’Inside Man, la série de Morgan Spur­­lock sur CNN. Compte tenu du CV d’Ist­­van, il est diffi­­cile de le consi­­dé­­rer comme un simple cinglé à igno­­rer. Bien qu’il ne s’at­­tende pas à être élu en 2016, ni même à obte­­nir un résul­­tat correct, il espère que sa campagne fera entrer dans la discus­­sion poli­­tique des idées trans­­hu­­ma­­nistes comme l’ex­­ten­­sion de la durée de vie humaine et l’éra­­di­­ca­­tion systé­­ma­­tique des mala­­dies. Récem­­ment, j’ai eu la chance de parler à Istvan sur Skype au sujet de ses ambi­­tions prési­­den­­tielles. Ce qui suit est un dialogue ayant été condensé et révisé par souci de conci­­sion et de clarté.

Premiers pas en poli­­tique

Pourquoi avez-vous décidé de vous présen­­ter main­­te­­nant aux élec­­tions prési­­den­­tielles, sur la liste du Parti Tran­­shu­­ma­­niste ?

Le mouve­­ment trans­­hu­­ma­­niste existe depuis trente ans, mais il n’a vrai­­ment commencé à susci­­ter l’in­­té­­rêt que ces dernières années. Et je ne veux pas me mettre en avant, mais je suis le premier membre du mouve­­ment à pouvoir tenir une chro­­nique de portée natio­­nale. J’ai trois chro­­niques natio­­nales et en consé­quence, le trans­­hu­­ma­­nisme a été plus présent que jamais dans nos médias. Et ce presque toujours dans des articles enthou­­siastes à ce sujet. Aupa­­ra­­vant, la plupart des articles étaient scep­­tiques. Ce qui est tout à fait normal – c’est le métier d’un jour­­na­­liste. Mais avoir quelqu’un qui fait la promo­­tion du trans­­hu­­ma­­nisme, c’est nouveau. Ce qui s’est passé ces dernières années, c’est que le mouve­­ment a changé. Le trans­­hu­­ma­­nisme n’a jamais eu de compo­­sante poli­­tique, prin­­ci­­pa­­le­­ment parce que beau­­coup des scien­­ti­­fiques et des ingé­­nieurs qui soutiennent le mouve­­ment ne sont pas amateurs de poli­­tique. Ce n’est tout simple­­ment pas leur truc. J’ai donc décidé de prendre la respon­­sa­­bi­­lité de former le Parti Tran­­shu­­ma­­niste. Au début de l’an­­née, il me semble que quinze autres partis trans­­hu­­ma­­nistes natio­­naux ont été créés. Le Royaume-Uni en a un, il y en a un qui se crée en Alle­­magne, et un autre en Inde. On en a déjà un en Slovaquie, et un autre se déve­­loppe en Austra­­lie. C’est incroyable. Tout le monde dit qu’il est temps de faire entrer le mouve­­ment en poli­­tique. Et les médias ont montré un énorme inté­­rêt pour ce qui diffé­­ren­­cie­­rait un président sensible à la ques­­tion du trans­­hu­­ma­­nisme d’un poli­­ti­­cien normal.

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Le sigle du trans­­hu­­ma­­nisme

À quoi ressemble le proces­­sus d’en­­re­­gis­­tre­­ment du parti ?

Créer un parti poli­­tique est rela­­ti­­ve­­ment facile en Amérique, créer le Parti Tran­­shu­­ma­­niste a donc été tech­­nique­­ment assez simple et rapide. Plusieurs membres ont parti­­cipé, nous avons eu une conver­­sa­­tion sur notre poli­­tique et nos objec­­tifs, puis nous les avons votés. Ce qui est diffi­­cile dans un parti poli­­tique, en revanche, c’est de lui donner un élan, et de faire en sorte que votre commu­­nauté et ceux qui vous soutiennent y adhèrent. Le Parti Tran­­shu­­ma­­niste semble gran­­dir de jour en jour et de plus en plus de gens lui montrent leur soutien. Ce qui nous a aidés, c’est que j’avais déjà mis en place la plupart de l’in­­fra­s­truc­­ture, les réseaux sociaux, ainsi qu’un site web désor­­mais remis à neuf. D’après moi, le plus diffi­­cile est de mettre sur pied une campagne prési­­den­­tielle qui puisse vrai­­ment marcher. Cela a demandé des centaines d’heures de recherche, de sensi­­bi­­li­­sa­­tion, d’or­­ga­­ni­­sa­­tion et de réflexion stra­­té­­gique. Orga­­ni­­ser des événe­­ments, cher­­cher des dons et impliquer les gens sur la base du volon­­ta­­riat, c’est un travail diffi­­cile.

Je dirais qu’il y a envi­­ron 150 000 en Amérique.

Gabriel Roth­­blatt vient juste d’ac­­cep­­ter d’être conseiller du parti et de ma campagne. Je trouve que c’est une excel­­lente nouvelle étant donné qu’il vient de se présen­­ter au Congrès sur la liste Démo­­crate, et qu’il connaît les tenants et les abou­­tis­­sants d’une campagne. C’est égale­­ment le fils de la légen­­daire entre­­pre­­neure trans­­hu­­ma­­niste Martine Roth­­blatt.

Comment comp­­tez-vous finan­­cer votre campagne ?

C’est une ques­­tion diffi­­cile. Pour le moment, je finance presque tous les aspects de ma campagne moi-même, et cela coûte à ma femme et à ma famille. Comme beau­­coup d’autres gens, nous avons un emprunt, des factures et des enfants à soute­­nir. Cepen­­dant, dans les prochains mois, je vais solli­­ci­­ter un soutien finan­­cier auprès de ma commu­­nauté, de mes amis et de ceux qui me soutiennent, et orga­­ni­­ser des événe­­ments pour obte­­nir des dons. Un certain nombre de personnes ont mani­­festé leur volonté de m’ai­­der. Le finan­­ce­­ment est un point essen­­tiel de ma campagne, si cette dernière doit être une partie impor­­tante du débat poli­­tique natio­­nal.

D’après vous, quel soutien une poli­­tique expli­­ci­­te­­ment trans­­hu­­ma­­niste serait-elle suscep­­tible d’ob­­te­­nir aux États-Unis ?

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Martine Roth­­blatt

Il est très diffi­­cile de dire combien de trans­­hu­­ma­­nistes il y a exac­­te­­ment, mais je dirais qu’ils sont envi­­ron 150 000 en Amérique. Mais il me semble que notre commu­­nauté pour­­rait rassem­­bler plusieurs millions de personnes. Je ne sais pas combien de gens diraient exac­­te­­ment « je suis trans­­hu­­ma­­niste », mais l’idée est là. Beau­­coup de gens diront : « J’ai­­me­­rais utili­­ser la science et la tech­­no­­lo­­gie pour trans­­for­­mer mon corps, trans­­for­­mer ma vie et trans­­for­­mer d’autres choses qui se passent ailleurs dans le monde. »

Quel est le but de votre campagne ?

Bien sûr, comme vous le savez si vous m’avez lu, il n’y a aucune chance que je gagne. Je ne vais même pas prétendre essayer d’ac­­cep­­ter les votes de qui que ce soit – il est assez complexe de parve­­nir à être sur les bulle­­tins de vote de tous les États et de faire tout ce qui est néces­­saire. Mais il est très probable que je sois impliqué dans des discus­­sions aux plus hauts éche­­lons de la poli­­tique pour… hé bien pour leur expliquer les drôles de ques­­tions que je soulève ! Faut-il réflé­­chir à l’in­­gé­­nie­­rie géné­­tique et en parler dans nos campagnes, par exemple ? Avec un peu de chance, je vais entrer en contact avec Hillary Clin­­ton. Quant à Al Gore, c’est un trans­­hu­­ma­­niste qui s’ignore depuis au moins dix ans. On a pu obser­­ver une certaine impli­­ca­­tion, en parti­­cu­­lier dans les partis libé­­raux, ainsi qu’un inté­­rêt pour ce que la tech­­no­­lo­­gie fait et pour la façon dont elle pour­­rait aider en poli­­tique. Qu’est-ce qu’Hillary Clin­­ton pense des utérus arti­­fi­­ciels, par exemple, ou des bébés sur mesure ? Et que dire du contrôle exercé par l’ar­­mée sur l’in­­tel­­li­­gence arti­­fi­­cielle, cette tech­­no­­lo­­gie suscep­­tible de créer une chose cent fois plus intel­­li­­gente que l’homme ? Ce ne sont pas des choses dont veulent parler Hillary ou n’im­­porte quel autre candi­­dat, mais il y a de bonnes chances pour que si la presse en parle suffi­­sam­­ment, ils soient forcés de s’y inté­­res­­ser. Notre idée, c’est que peut-être qu’en 2020, ou en 2024, le Parti Tran­­shu­­ma­­niste pour­­rait deve­­nir une entité plus impor­­tante qu’il ne l’est main­­te­­nant – une nouvelle start-up, d’une certaine façon.

Il s’agit donc de dépla­­cer la discus­­sion, et de faire passer certaines des idées et préoc­­cu­­pa­­tions trans­­hu­­ma­­nistes des marges vers le grand public, vers son écran de télé­­vi­­sion.

Abso­­lu­­ment. Et je ne veux pas déni­­grer ma propre campagne – on me dit toujours : « Ne dis pas que tu vas perdre » –, mais j’es­­saie d’être réaliste. Notre moment vien­­dra peut-être dans quatre ou dans huit ans. Mais ce qu’on peut concrè­­te­­ment faire ce coup-ci, c’est rendre la discus­­sion publique. Je crois que je peux faire partie de certains débats, en parti­­cu­­lier avec d’autres partis mineurs, et que notre parole soit suffi­­sam­­ment forte pour faire mouche et amener les gens à se dire : « On veut éviter ces sujets parce qu’ils sont très contro­­ver­­sés. Cepen­­dant, le moment est proba­­ble­­ment venu d’en parler puisque après tout, l’Amé­­rique arri­­vera rapi­­de­­ment à l’ère trans­­hu­­ma­­niste. » Vous le voyez bien, nous avons déjà des cœurs robo­­tiques, des yeux bioniques, des audio­­pro­­thèses, toutes ces inven­­tions. Cela existe déjà, il s’agit juste de savoir quand on va commen­­cer à mettre les choses en place, comment l’Agence améri­­caine des produits alimen­­taires et médi­­ca­­men­­teux va les gérer, et comment la culture améri­­caine va se déci­­der à se deman­­der : « Wow, si c’est effec­­ti­­ve­­ment mieux qu’un bras humain, est-ce que dans dix ans je vais avoir envie d’avoir un bras robo­­tique ? »

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Crédits : Face­­book

Et qu’est-ce que vous dites à quelqu’un qui n’a jamais été exposé à ces idées, à part peut-être dans Termi­­na­­tor ?

Hé bien en résumé, le pitch, même s’il est peut-être encore un peu fou, c’est que l’idée prin­­ci­­pale des trans­­hu­­ma­­nistes est d’es­­sayer de vaincre la mort. Ils essaient d’éli­­mi­­ner le cancer, ils essaient d’éli­­mi­­ner la mala­­die, et grosso modo d’éli­­mi­­ner les problèmes de santé qui nous touchent tous, et emportent nos proches. L’objec­­tif prin­­ci­­pal du Parti Tran­­shu­­ma­­niste est donc de redi­­ri­­ger l’argent alloué à la défense – vous savez, ces 20 % du budget natio­­nal qu’on dépense en guerres et en bombes – et d’en inves­­tir une grande partie, au moins un peu, dans la science qui s’oc­­cupe de prolon­­ger notre durée de vie. Pourquoi faire la guerre à l’Af­­gha­­nis­­tan quand on pour­­rait faire la guerre au cancer, ou aux mala­­dies cardio­­vas­­cu­­laires ? Envi­­ron un tiers des Améri­­cains meurent de mala­­dies cardio­­vas­­cu­­laires. Il faut éradiquer ça ! C’est là que la guerre devrait avoir lieu. Et c’est donc ça, mon idée : le Parti Tran­­shu­­ma­­niste va faire tout ce qui est en son pouvoir pour réin­­ves­­tir les ressources et l’in­­tel­­lect de ce pays dans un combat contre ce qui affecte notre santé, et pas dans des guerres loin­­taines. Les États-Unis peuvent deve­­nir le moteur de la biote­ch­­no­­lo­­gie dans le monde, et mettre un terme à beau­­coup de souf­­frances, et de souf­­frances inutiles dans le cas de la mala­­die, si seule­­ment on y alloue nos ressources. On ne va nulle part en dépen­­sant de l’argent dans des bombes à frag­­men­­ta­­tions dernier cri. Il faut dépen­­ser cet argent dans la science, le donner aux scien­­ti­­fiques.

Le pouvoir de la science

Cela rappelle ce que beau­­coup de vulga­­ri­­sa­­teurs scien­­ti­­fiques, comme Neil DeGrasse Tyson, disent au sujet de l’ex­­plo­­ra­­tion spatiale, etc. Mais l’es­­pace a fini par lasser : les objec­­tifs semblent telle­­ment loin­­tains… L’idée de vaincre la mort pour­­rait peut-être mieux capter l’ima­­gi­­na­­tion.

Oui, et nous sommes complè­­te­­ment pro-indus­­trie spatiale, nous l’ado­­rons, mais vous avez tout à fait raison : c’est hors de portée de la plupart des gens. Mais je la soutiens abso­­lu­­ment, en parti­­cu­­lier l’in­­dus­­trie spatiale privée, et j’ado­­re­­rais pouvoir leur donner plus de finan­­ce­­ments. Cepen­­dant, nos véri­­tables objec­­tifs sont de travailler sur le bien-être des citoyens améri­­cains et de réali­­ser qu’on a dépensé énor­­mé­­ment dans des choses si loin­­taines, alors qu’on devrait dépen­­ser pour la santé. Et encore une fois, il ne s’agit pas juste de vaincre la mort, il s’agit de stop­­per le vieillis­­se­­ment, et au final d’en inver­­ser le proces­­sus. Certains y sont arri­­vés en partie, et ont réussi à inver­­ser le vieillis­­se­­ment des organes en parti­­cu­­lier chez la souris et chez d’autres animaux. Il suffit simple­­ment d’ac­­cé­­lé­­rer tout ça, de mettre le turbo, de dépen­­ser bien plus d’argent – cent fois plus d’argent –, et on obtien­­dra poten­­tiel­­le­­ment au moins dix fois plus de résul­­tats. Je pense que, très clai­­re­­ment, comme je l’ai déjà dit, si l’on dépense mille milliards de dollars en recherches sur l’ex­­ten­­sion de la durée de vie, on triom­­phera de la morta­­lité humaine dans les dix ans. C’est une ques­­tion de chiffres, en fait. Il y a si peu d’argent alloué à ce domaine à l’heure actuel­­le… Le NIH ne donne que quelques milliards, qui sont essen­­tiel­­le­­ment desti­­nés à la mala­­die d’Alz­­hei­­mer et ce genre de choses. Mais si on leur donne vrai­­ment des sommes consi­­dé­­rables, même si on ne met qu’un cinquième de ce qu’on a mis dans la guerre en Irak, on pour­­rait proba­­ble­­ment vaincre la mort. Et ce n’est pas moi qui le dis. C’est ce qu’af­­firment des experts et des géron­­to­­logues. Ce sont eux qui pâtissent du manque de fonds – ils gèrent des budgets de plusieurs millions, au lieu de budgets de plusieurs milliards dont disposent la plupart des indus­­tries d’Amé­­rique.

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Zoltan Istvan inter­­­viewé sur Fox News
Crédits : Face­­book

L’autre aspect de notre programme est que le Parti Tran­­shu­­ma­­niste essaie de nous proté­­ger de risques exis­­ten­­tiels. Je pense qu’il y a beau­­coup de poli­­ti­­ciens qui ne veulent pas débattre du risque qu’un asté­­roïde frappe notre planète, qu’une intel­­li­­gence arti­­fi­­cielle échappe à notre contrôle ou qu’un virus comme Ebola prenne le dessus. Le Parti Tran­­shu­­ma­­niste veut exami­­ner les risques réels, et allouer les ressources néces­­saires pour faire en sorte que l’hu­­ma­­nité ne soit pas éradiquée par quelque chose d’idiot et de mineur dont on aurait pu s’oc­­cu­­per en amont. C’est assez triste de se dire qu’E­­bola existe encore, trente ou quarante ans après, alors que ça ne deman­­de­­rait proba­­ble­­ment que 100 millions de dollars pour éradiquer la mala­­die. Voilà une chose dont le Parti Tran­­shu­­ma­­niste s’oc­­cu­­pe­­rait acti­­ve­­ment, en prenant une mala­­die à la fois et en les neutra­­li­­sant conscien­­cieu­­se­­ment, une par an. J’aime beau­­coup l’ap­­proche de Bill Gates, la façon dont il s’at­­taque à la mala­­ria. Quand on regarde les chiffres, on se rend compte qu’un nombre incroyable de gens meurent de la mala­­ria chaque année dans le monde. Et c’est exac­­te­­ment ce que le Parti Tran­­shu­­ma­­niste voudrait faire. Prendre une mala­­die à la fois, s’y attaquer, et l’an­­ni­­hi­­ler.

Beau­­coup de gens craignent un risque exis­­ten­­tiel venant des trans­­hu­­ma­­nistes. Ces gens qui s’amé­­liorent et qui deviennent peut-être davan­­tage que des humains normaux, ou biolo­­gique­­ment normaux. Comment répon­­driez-vous à ces peurs ?

Je pense que ces peurs sont très natu­­relles, et qu’il est impé­­ra­­tif d’y prêter atten­­tion. On me pose constam­­ment deux ques­­tions. La première : « Vous voulez trou­­ver une solu­­tion à la morta­­lité humaine, mais cela rend le problème de la surpo­­pu­­la­­tion sur Terre encore plus grave, alors comment vous gérez ça ? » La seconde : « Comment éviter que l’élite, les gens les plus riches du monde, se saisissent de ces tech­­no­­lo­­gies et nous laissent sur le bas-côté ? » Et j’ai écrit des articles sur chacun de ces sujets parce qu’ils me semblent tous deux essen­­tiels.

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Le milliar­­daire Elon Musk pose devant une Tesla Model S
Crédits : Mauri­­zio Pesce

Je commen­­ce­­rai par l’élite. Vous savez, la nouvelle géné­­ra­­tion d’élites, les Elon Musk, les Mark Zucker­­berg, les Bill Gates – ce ne sont pas ces élites qui permet­­traient qu’un écart impor­­tant se creuse, que les plus riches aient accès à ces nouvelles tech­­no­­lo­­gies trans­­hu­­ma­­nistes et que les pauvres n’y aient pas accès. D’abord, ils ont tous une tendance assez libé­­rale – tout comme Google –, aussi je pense que leur poli­­tique sera de faire en sorte que tout soit aussi répandu et aussi effi­­cace que possible, et même aussi gratuit que possible à l’époque du numé­­rique. J’ai plus confiance en l’ave­­nir que d’autres qui se rappellent des grands barons du XXe siècle – les familles de l’acier et autres, qui avaient une vision très darwi­­nienne de l’exis­­tence. Je ne crois pas que l’ave­­nir sera darwi­­nien. Il me semble que cette nouvelle vague va faire en sorte que la situa­­tion reste stable, et essayer de tirer les plus dému­­nis de la pauvreté. Si on observe les rapports publiés par les Nations Unies en 2013 et en 2014, tous disent que la pauvreté recule, que la durée de vie augmente, que la santé et le bien-être progressent, et ce dans le monde entier. Pas juste dans les pays les plus riches, mais en parti­­cu­­lier dans le tiers-monde. C’est en gros ce qui se passe en Chine. Il y a une tonne de gens qui quittent leurs champs et vont à la ville. Et même si de notre point de vue ce n’est peut-être pas la vie idéale, ils passent des classes popu­­laires à une vie de classe moyenne, et ont main­­te­­nant accès à un luxe qui aurait semblé inac­­ces­­sible à leurs grands-parents. Ce genre de progrès a lieu dans le monde entier, et il a lieu grâce à la science et à la tech­­no­­lo­­gie. Je crois que, dans notre système capi­­ta­­liste, les gens vont proba­­ble­­ment conti­­nuer à deve­­nir plus géné­­reux. Ils voudront que les plus pauvres aient accès à ces tech­­no­­lo­­gies, plus que par le passé. C’est dans l’in­­té­­rêt d’une société capi­­ta­­liste que tout le monde achète ces choses et que tout le monde y ait accès. J’ai donc abso­­lu­­ment foi dans le fait que nous arri­­vons à une époque de plus grande égalité, rendue possible par la nature même de la tech­­no­­lo­­gie. La valeur d’une chose baisse inévi­­ta­­ble­­ment – c’est pour cela qu’on trouve des télé­­phones portables dans des huttes de terre en Afrique. Tout le monde a accès à cette tech­­no­­lo­­gie incroyable, et va conti­­nuer à y avoir accès.

Et au sujet de la surpo­­pu­­la­­tion et de l’en­­vi­­ron­­ne­­ment ?

Le Parti Tran­­shu­­ma­­niste est très pro-envi­­ron­­ne­­ment. Nous croyons au réchauf­­fe­­ment clima­­tique, en tout cas j’y crois, et en tant que chef du parti – je sais que certains trans­­hu­­ma­­nistes de droite n’y croient pas et voudraient nier son exis­­tence –, je crois complè­­te­­ment au chan­­ge­­ment clima­­tique et je pense que l’hu­­ma­­nité en est respon­­sable. Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que nous voulons empê­­cher le monde d’avan­­cer, cela signi­­fie seule­­ment que nous sommes conscients des problèmes exis­­tants. Mais ce sur quoi on voudrait se foca­­li­­ser, c’est dédier beau­­coup d’argent et beau­­coup de ressources – c’est encore une fois la poli­­tique du Parti Tran­­shu­­ma­­niste – à des solu­­tions tech­­no­­lo­­giques qui pour­­raient résoudre nos problèmes envi­­ron­­ne­­men­­taux. Adop­­ter cette approche, plutôt que d’im­­po­­ser des restric­­tions énormes aux entre­­prises ou aux personnes pour modi­­fier leur compor­­te­­ment. Malheu­­reu­­se­­ment, beau­­coup de ces restric­­tions sont déployées si lente­­ment qu’elles ne sont pas aussi effi­­caces qu’on le souhai­­te­­rait. Souvent, le plus effi­­cace est de mettre de l’argent dans des types de tech­­no­­lo­­gie qui pour­­raient régler le problème.

Il est possible que nous vivions virtuel­­le­­ment d’ici cinquante ans – voire peut-être d’ici dix ou quinze ans.

Et on le voit bien. Il y a quelques années on enten­­dait : « Ah, les panneaux solaires ne seront jamais assez effi­­caces. » Ces derniers mois, on lit partout dans les médias que les panneaux solaires deviennent plus effi­­caces et plus rentables. Et on voit égale­­ment que les compa­­gnies pétro­­lières sont très inquiètes à l’idée que les éner­­gies solaires et éoliennes puissent deve­­nir les sources d’éner­­gies prin­­ci­­pales d’ici vingt à vingt-cinq ans. C’est un problème énorme pour l’in­­dus­­trie du pétrole. L’idée, c’est que des solu­­tions tech­­no­­lo­­giques peuvent résoudre la ques­­tion envi­­ron­­ne­­men­­tale. Et il faut qu’on dépense davan­­tage dans la géo-ingé­­nie­­rie et dans des idées simi­­laires, qui nous permet­­traient de remo­­de­­ler la planète pour répa­­rer un peu des dommages que nous avons causés. C’est cela, la pers­­pec­­tive trans­­hu­­ma­­niste : essayer d’im­­pliquer les scien­­ti­­fiques et les ingé­­nieurs dans la réso­­lu­­tion de nos problèmes envi­­ron­­ne­­men­­taux, leur donner concrè­­te­­ment les fonds et les plate­­formes dont ils ont besoin, en faire une indus­­trie réel­­le­­ment impor­­tante avec l’es­­poir de faire reve­­nir l’at­­mo­­sphère et l’en­­vi­­ron­­ne­­ment de la Terre à leur état origi­­nel. Nous voulons d’une Terre en parfait état sur laquelle les trans­­hu­­ma­­nistes pour­­ront évoluer et conti­­nuer à vivre. Dans cinquante ans, on aura proba­­ble­­ment des intel­­li­­gences arti­­fi­­cielles et on pourra proba­­ble­­ment télé­­char­­ger son esprit. On a déjà prouvé que la télé­­pa­­thie était possible, l’an­­née dernière. Il est possible – c’est un peu opti­­miste, aussi n’en avons-nous pas fait un point stra­­té­­gique, mais cela vaut le coup d’en parler – que nous vivions virtuel­­le­­ment d’ici cinquante ans, voire peut-être d’ici dix ou quinze ans. C’est la raison pour laquelle Face­­book a racheté l’Ocu­­lus Rift. Qu’est-ce qui se passe si même un faible pour­­cen­­tage de la popu­­la­­tion dispa­­raît dans des serveurs ? Nous avons déjà la biostase, grâce à laquelle des personnes ayant été bles­­sées par balles peuvent subsis­­ter quatre heures, mortes. Ils font des essais là-dessus à l’hô­­pi­­tal de l’uni­­ver­­sité de Pitts­­burgh. Voilà ce qui se passe aujourd’­­hui ; qu’est-ce que ce sera dans dix ans ? On peut conser­­ver quelqu’un dans la glace pendant peut-être deux ou trois jours. D’ici vingt ou trente ans, on pourra conser­­ver quelqu’un indé­­fi­­ni­­ment. La tech­­no­­lo­­gie évolue si rapi­­de­­ment que certaines solu­­tions inat­­ten­­dues à nos problèmes envi­­ron­­ne­­men­­taux vien­­dront peut-être de la façon dont on adop­­tera la réalité virtuelle, le télé­­char­­ge­­ment de l’es­­prit ou le voyage spatial.

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Une démons­­tra­­tion de l’Ocu­­lus Rift
Crédits : US Navy

Mais je doute que même le voyage spatial puisse chan­­ger la dyna­­mique dans l’ave­­nir proche, parce qu’il ne concerne que très peu de gens. La réalité virtuelle et le télé­­char­­ge­­ment de l’es­­prit sont des cas diffé­­rents. J’ima­­gine très bien toute une jeune géné­­ra­­tion se disant : « Hey, je veux passer la plupart de ma vie dans une réalité virtuelle. » Cela veut dire que mon corps n’a pas vrai­­ment besoin d’être actif dans le monde. Encore une fois, on parle de tout cela avec cinquante ans d’avance, mais cela vaut le coup d’y réflé­­chir et on en parle parfois, car beau­­coup d’in­­gé­­nieurs trans­­hu­­ma­­nistes consi­­dèrent le télé­­char­­ge­­ment de l’es­­prit comme la clef qui leur permet­­tra de prolon­­ger indé­­fi­­ni­­ment leur durée de vie. Nous avons donc des gens comme Raymond Kurz­­weil qui passent litté­­ra­­le­­ment tout leur temps à travailler là-dessus.

Briser les fron­­tières

Une des choses dont je voulais vous parler et qu’on ne voit pas beau­­coup dans les articles sur le trans­­hu­­ma­­nisme, ce sont ces critiques qui existent et sous-entendent que le trans­­hu­­ma­­nisme serait raciste.

Comme dans tout mouve­­ment, il y a toujours des factions qui vont faire la une et, je dirais, donner mauvaise presse au mouve­­ment dans son ensemble. Mais rien qu’aujourd’­­hui, j’ai publié un article pro-LGBT, et le fait est que le trans­­hu­­ma­­nisme doit proba­­ble­­ment être le mouve­­ment le moins raciste et le moins into­­lé­­rant de la planète. Pas de couleur, pas de genre – on parle de gens qui pour­­raient tout à fait deve­­nir des pois­­sons, quand même ! Les gens de ma commu­­nauté disent ne pas avoir de genre, ou tant les mélan­­ger qu’il n’en reste rien, avec la pers­­pec­­tive d’al­­ler et venir d’un genre à l’autre, d’une ethnie ou d’une culture à l’autre grâce aux mani­­pu­­la­­tions géné­­tiques dans le futur. Je suis abso­­lu­­ment opposé à toute forme de racisme ou d’in­­to­­lé­­rance en ce qui concerne le trans­­hu­­ma­­nisme. Vous savez, la plus belle chose à propos du trans­­hu­­ma­­nisme, et ce qui m’y a amené comme des milliers d’autres personnes, c’est qu’il ne vous juge pas. Parce que rien n’y est perma­nent. Il n’y a pas de reli­­gion perma­­nente, il n’y a pas de corps perma­nent, il n’y a même pas de moi perma­nent. Nous sommes constam­­ment en train de chan­­ger, de nous modi­­fier, d’évo­­luer et de deve­­nir de nouveaux types d’êtres. Ou en tout cas nous espé­­rons le faire.

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Rob « Eyeborg » Spence

Malheu­­reu­­se­­ment, ce genre de personnes existe, et je ne leur permets certai­­ne­­ment pas de contri­­buer au parti ; et je refuse que ces idées figurent dans mes écrits et mes articles person­­nels, ou dans le parti lui-même, car le plus beau et le plus impor­­tant pour le Parti Tran­­shu­­ma­­niste, c’est que tout et tout le monde y a sa place. Personne ne dit non plus que nous allons tous abou­­tir à un même résul­­tat, un même idéal. Car notre idée est juste­­ment que nous pouvons tous deve­­nir des enti­­tés diffé­­rentes, plus tard dans notre vie. Il s’agit d’une idée qui dépasse la couleur de peau, la reli­­gion, l’eth­­ni­­cité, le genre, et tout ce qui a pu causer des problèmes liés aux droits civiques par le passé.

Vous avez mentionné plus tôt qu’un Parti Tran­­shu­­ma­­niste natio­­nal se déve­­loppe en Inde, cela indique peut-être que le mouve­­ment se diver­­si­­fie ?

Oui, je fais d’ailleurs aussi partie du conseil de l’In­­dia Future Society. Ils font du très bon travail, et j’en ai parlé dans certains de mes articles. Il n’y a pas de fron­­tières dans ce mouve­­ment. Je dirais que la seule fron­­tière, c’est celle qui fait que si vous êtes into­­lé­­rant, vous n’avez rien à faire ici, car le trans­­hu­­ma­­nisme est la philo­­so­­phie la plus ouverte que je puisse imagi­­ner, et c’est ce qui attire tant de gens.

Une autre critique que j’ai­­me­­rais émettre, c’est que votre roman The Tran­­shu­­ma­­nist Wager suit un prota­­go­­niste souvent impi­­toyable et dicta­­to­­rial dans sa pour­­suite des objec­­tifs trans­­hu­­ma­­nistes. Vous avez évoqué être inquiet à l’idée qu’on puisse asso­­cier ses actions et ses pers­­pec­­tives à vous et votre campagne.

Je suis clai­­re­­ment inquiet à l’idée que mon livre me pose des soucis en tant qu’homme poli­­tique, surtout parce qu’il défend un certain type de philo­­so­­phie derrière laquelle existe tout un système idéo­­lo­­gique. J’ai fait des efforts pour dire publique­­ment qu’il y avait de grandes diffé­­rences entre le prota­­go­­niste, Jethro Knights, et moi-même – à la fois philo­­so­­phique­­ment et dans la façon dont nous trai­­tons les gens. Je tiens beau­­coup plus que lui aux gens et à la démo­­cra­­tie ! D’un autre côté, j’es­­saie de rappe­­ler à mes lecteurs que les actions de Jethro Knights ont lieu en temps de guerre. La morale change au gré des circons­­tances. La cita­­tion la plus impor­­tante du livre est d’ailleurs peut-être : « La morale est défi­­nie et déci­­dée par le temps qu’il nous reste à vivre. » Les actions extrêmes de Jethro devraient être vues à la lumière de ces circons­­tances : on essaie constam­­ment de le tuer, et des extré­­mistes reli­­gieux rendent le progrès trans­­hu­­ma­­niste et les recherches sur l’al­­lon­­ge­­ment de la durée de vie impos­­sible en Amérique et par le monde.

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Crédits : Deviant Art

Aviez-vous des aspi­­ra­­tions poli­­tiques lorsque vous écri­­viez ce livre ?

J’avais en effet des ambi­­tions poli­­tiques en écri­­vant ce livre. Elles n’étaient pas défi­­nies au point de dire que j’étais sûr de me présen­­ter aux élec­­tions prési­­den­­tielles. Mais je pensais clai­­re­­ment que c’était une possi­­bi­­lité, puisque je crois poli­­tique­­ment possible de faire du monde un endroit meilleur, et de donner aux gens des vies meilleures, bien plus saines et bien plus longues.


Traduit par Clément Martin d’après l’ar­­ticle « The Tran­­shu­­ma­­nist Who Would Be President », paru dans re:form. Couver­­ture : Zoltan Istvan. Créa­­tion graphique par Ulyces.
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