par airauxed | 0 min | 26 août 2016

Si Hillary Rodham Clin­­ton remporte l’élec­­tion prési­­den­­tielle améri­­caine, elle pren­­dra la tête en janvier 2017 de l’État le plus puis­­sant – écono­­mique­­ment et mili­­tai­­re­­ment – que le monde ait connu. Cette posi­­tion lui confé­­rera un arse­­nal impres­­sion­­nant de pouvoirs, parmi lesquels l’au­­to­­rité de vali­­der ou de s’op­­po­­ser à la légis­­la­­tion de son pays, d’en nommer les plus hauts fonc­­tion­­naires, d’am­­nis­­tier des crimi­­nels, de négo­­cier des trai­­tés, de comman­­der aux forces armées et – en raison de la puis­­sance nucléaire et des drones améri­­cains – de semer la mort et la destruc­­tion aux quatre coins du monde. Il ne fait aucun doute que son influence sera ressen­­tie par des millions de gens vivant à des milliers de kilo­­mètres des États-Unis. La prési­­dente Clin­­ton sera-t-elle alors la femme la plus puis­­sante de l’his­­toire de l’hu­­ma­­nité ? Et outre cette ques­­tion, à quand remonte la dernière fois où une femme fut la personne la plus puis­­sante de la planète ?

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Crédits : CNN

Au cours de l’his­­toire, il y eut plusieurs préten­­dantes sérieuses au titre de « personne la plus puis­­sante du monde », mais peut-être pas autant que nous pour­­rions l’es­­comp­­ter. Les hommes jouent bien souvent le rôle domi­­nant en poli­­tique. Et si les femmes furent toujours à même d’in­­fluen­­cer les actes de leurs fils, de leurs époux, de leurs frères et de leurs amants, il est diffi­­cile de prou­­ver l’exis­­tence d’une éminence grise et impos­­sible de les dénom­­brer. Beau­­coup de femmes se retrou­­vèrent en posi­­tion de gouver­­ner au nom de leurs jeunes enfants ou de leurs époux absents, mais leurs règnes offi­­cieux furent toujours éclip­­sés par le nom des souve­­rains offi­­ciels. Certaines d’entre elles, dont la Vierge Marie incarne l’exemple le plus probant, eurent un immense impact cultu­­rel mais exer­­cèrent peu de pouvoir durant leur vie. Celles dont il est ques­­tion ici furent en mesure d’agir sous leur seule auto­­rité. Elles exerçaient une profonde influence sur leurs pays et bien au-delà de leurs fron­­tières. Contrai­­re­­ment aux prési­­dents d’aujourd’­­hui, aucune d’entre elles n’avaient été élues démo­­cra­­tique­­ment et elles ne pouvaient pas être aisé­­ment déchues de leur pouvoir. Toutes, sauf une, l’exer­­cèrent jusqu’à leur mort.

La reine Victo­­ria (1837 – 1901)

Il y a à peine plus d’un siècle, Victo­­ria n’était pas seule­­ment la reine du Royaume-Uni, elle était aussi (entre autres titres) Impé­­ra­­trice des Indes. Ses neuf enfants se marièrent dans la royauté, liant Victo­­ria aux autres familles régnant sur l’Eu­­rope. Ses petits-enfants pour­­sui­­virent cette tradi­­tion. La reine Victo­­ria est souvent citée en exemple lorsqu’il est ques­­tion de femmes puis­­santes, mais au sein de sa monar­­chie consti­­tu­­tion­­nelle, elle avait en réalité peu d’oc­­ca­­sions d’exer­­cer le pouvoir. Elle pouvait conseiller son gouver­­ne­­ment mais pas agir de son propre chef. C’était de plus une souve­­raine intro­­ver­­tie qui n’avait que peu d’in­­fluence sur ses sujets. Son rôle s’ap­­pa­­ren­­tait plus à celui d’une figure natio­­nale que d’une femme de pouvoir.

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Par Alexan­­der Bassano (1882)

Cathe­­rine II (1762 – 1796)

L’im­­pé­­ra­­trice Cathe­­rine – qu’on appelle aujourd’­­hui la Grande Cathe­­rine – régna sur la Russie de 1762 à 1796. Fille d’un prince prus­­sien de moindre impor­­tance, elle se maria au sein de la famille royale russe et accéda au pouvoir après un coup d’État et l’as­­sas­­si­­nat de son époux, l’em­­pe­­reur Pierre III. Sous le règne de Cathe­­rine, les fron­­tières de l’Em­­pire russe s’éten­­dirent au sud et à l’ouest, jusqu’à couvrir envi­­ron 322 000 km² de nouveaux terri­­toires dont la Biélo­­rus­­sie, la Litua­­nie et la Crimée. À l’in­­té­­rieur des fron­­tières de l’Em­­pire, elle pour­­sui­­vit l’en­­tre­­prise d’oc­­ci­­den­­ta­­li­­sa­­tion débu­­tée par le grand-père de son défunt mari, Pierre le Grand. Son règne resta dans l’his­­toire comme un âge d’or : une époque floris­­sante pour les arts et l’ar­­chi­­tec­­ture, durant laquelle de nouvelles villes furent fondées ou réédi­­fiées – 254 au total.

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Par Fedor Roko­­tov (1763)

Marie-Thérèse d’Au­­triche (1740 – 1780)

Marie-Thérèse d’Au­­triche devint l’ul­­time souve­­raine des Habs­­bourg en 1740, après la mort de son père Charles VI. La guerre de Succes­­sion d’Au­­triche qui s’en­­sui­­vit impliquait la plupart des puis­­sances euro­­péennes. Marie-Thérèse en sortit victo­­rieuse et régna sur la majeure partie de l’Eu­­rope centrale, des Balkans et sur l’Ita­­lie du Nord. En tant que femme, elle ne pouvait pas deve­­nir empe­­reur des Romains, mais elle veilla à ce que fût sacré son époux François Ier. Elle réor­­ga­­nisa et moder­­nisa l’ar­­mée autri­­chienne pour être parée au combat au cas où il lui faudrait défendre ses terres. Et bien qu’elle décla­­rât avoir été enceinte presque sans inter­­­rup­­tion pendant 20 ans (elle donna nais­­sance à 16 enfants, dont 13 vécurent), elle était prête à se jeter elle-même dans la bataille. Parmi ses nombreux accom­­plis­­se­­ments, Marie-Thérèse intro­­dui­­sit la scola­­ri­­sa­­tion obli­­ga­­toire pour les garçons et les filles et mit au point un système admi­­nis­­tra­­tif effi­­cace qui permit à l’em­­pire des Habs­­bourg, aupa­­ra­­vant mal en point, de retrou­­ver sa superbe.

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Par Charles et Henri Beau­­brun

Élisa­­beth Ire (1558 – 1603)

La reine Élisa­­beth hérita des trônes d’An­­gle­­terre et d’Ir­­lande en 1558, après la mort de sa demi-sœur catho­­lique fervente Marie Tudor. Elle établit l’église protes­­tante anglaise, dont elle devint le gouver­­neur suprême. L’église devien­­drait bien­­tôt une auto­­rité reli­­gieuse extrê­­me­­ment influente. Connue sous le nom de « reine Vierge », elle devint une icône cultu­­relle, célé­­brée dans l’art et les écrits floris­­sant sous son règne. Sa poli­­tique exté­­rieure était essen­­tiel­­le­­ment défen­­sive, mais il en allait autre­­ment à l’in­­té­­rieur de ses fron­­tières. Confron­­tée à la rébel­­lion de l’Ir­­lande catho­­lique, elle appliqua la poli­­tique de la terre brûlée et laissa des dizaines de milliers de ses sujets mourir de faim. Elle était indé­­nia­­ble­­ment omni­­po­­tente sur son terri­­toire. Mais hors de cette sphère rela­­ti­­ve­­ment limi­­tée, son pouvoir sur le conti­nent euro­­péen était moindre.

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Le « Portrait Darn­­ley », vers 1575

Wu Zetian (624 – 705)

A_Tang_Dynasty_Empress_Wu_ZetianWu Zetian fut la seule femme à la tête de la Chine impé­­riale. Elle régna durant la brève période de la dynas­­tie Zhou, deuxième du nom, qu’elle avait elle-même fondée (690 – 705). Wu était la fille magni­­fique et fine­­ment éduquée du chan­­ce­­lier Wu Shihuo. Son ascen­­sion vers les hautes sphères du pouvoir débuta lorsqu’elle fut choi­­sie comme concu­­bine de l’empe­­reur Tang Taizong. Après la mort de Taizong, elle se débar­­rassa impi­­toya­­ble­­ment de ses rivales pour deve­­nir l’im­­pé­­ra­­trice consort de son succes­­seur, Tang Gaozong. Lorsque son mari mourut, Wu, dès lors impé­­ra­­trice-mère, demeura la souve­­raine offi­­cieuse de la Chine durant le règne de ses deux fils. En 690, elle ordonna fina­­le­­ment à son second fils d’ab­­diquer et prit sa place sur le trône. Elle régna seule en tant qu’im­­pé­­ra­­trice jusqu’à l’an­­née de sa mort, durant laquelle elle fut elle-même contrainte d’aban­­don­­ner le pouvoir à son troi­­sième fils.

Cléo­­pâtre VII (51 av. J.-C. – 30 av. J.-C.)

Cléo­­pâtre VII hérita du trône d’Égypte de son père, Ptolé­­mée XII, en 51 avant notre ère. Son règne avait débuté sous des auspices peu favo­­rables : l’Égypte était au bord de la guerre civile. Mais elle fut capable de réta­­blir l’ordre dans le pays et forma une alliance avec Jules César pour assu­­rer la sécu­­rité de son peuple. Après l’assas­­si­­nat de César, sa nouvelle alliance avec Marc Antoine condui­­sit fina­­le­­ment à la restau­­ra­­tion de l’Empire ptolé­­maïque. Cléo­­pâtre régnait alors sur une large part de l’est du monde médi­­ter­­ra­­néen. Hélas, son triomphe fut de courte durée. Cléo­­pâtre et Marc Antoine furent défaits par le Romain Octave (qui devien­­drait plus tard l’em­­pe­­reur Auguste) lors de la bataille d’Ac­­tium, et Cléo­­pâtre se suicida 30 ans avant notre ère. 01-portrait-de-cleopatre-vii

Hatchep­­sout (v. 1479 – v. 1457 avant notre ère)

Mais Cléo­­pâtre ne fut pas la seule souve­­raine de l’Égypte ancienne. Près de 1 500 ans plus tôt, la XVIIIe dynas­­tie égyp­­tienne vit régner Hatchep­­sout. Tech­­nique­­ment, la souve­­raine diri­­geait le pays avec son jeune co-régent Thout­­mô­­sis III. Dans les faits cepen­­dant, elle agis­­sait seule et prit la tête de l’ar­­mée, du service civil et de la prêtrise. Son apti­­tude suppo­­sée à commu­­niquer avec les dieux permit à Hatchep­­sout de répandre une nouvelle fabu­­leuse : elle disait être la fille d’Amon, dieu de Thèbes. Comme le voulait une ancienne tradi­­tion artis­­tique égyp­­tienne, le roi d’Égypte devait être repré­­senté sous les traits d’un jeune homme en parfaite santé. C’est pourquoi l’art offi­­ciel du règne d’Hat­­chep­­sout la peint dans un corps d’homme, parée de vête­­ments et d’ac­­ces­­soires mascu­­lins, ainsi que d’une fausse barbe. Les textes écrits à son époque sont pour leur part très clairs sur le fait que le pharaon d’Égypte était une femme. Du moins pour ceux de ses sujets qui savaient lire… Le règne d’Hat­­chep­­sout fut placé sous le signe de la paix, carac­­té­­risé par une archi­­tec­­ture monu­­men­­tale et par l’es­­sor du commerce exté­­rieur. L’écri­­vain et histo­­rien Tom Holland estime que le règne d’Hat­­chep­­sout – en tant que souve­­raine de la nation la plus puis­­sante du monde – est la dernière fois qu’une femme fut la personne la plus puis­­sante de la planète. WLANL_-_koopmanrob_-_Maat-ka-Re_Hatsjepsoet_(RMO_Leiden)

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En étudiant leur destin, il appa­­raît que chacune de ces femmes de pouvoir influença l’his­­toire durant sa vie, sur son terri­­toire et au-delà. Certaines contrô­­laient de vastes royaumes, d’autres étaient assises sur des richesses colos­­sales. Cepen­­dant, aucune d’entre elles n’avaient accès aux tech­­no­­lo­­gies modernes qui permettent à l’image, aux pensées et aux actes de la prési­­dence d’être parta­­gés et vécus par le monde entier. Elles ne dispo­­saient pas non plus de l’ar­­me­­ment et des ressources finan­­cières auxquels aurait accès une prési­­dente améri­­caine. Si elle accé­­dait à la prési­­dence des États-Unis, Hillary Clin­­ton devien­­drait-elle la femme la plus puis­­sante que le monde ait jamais connu ? Il semble­­rait que oui.


Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « Madam President: Is Hillary Clin­­ton About to Become the Most Power­­ful Woman Ever? », paru dans Heats­­treet. Couver­­ture : Hillary Clin­­ton durant les primaires. (Gage Skid­­worth/Flickr)

COMMENT MICHELLE OBAMA A GAGNÉ SA GUERRE CONTRE LA MALBOUFFE

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Depuis les premières heures de la prési­­dence de son mari, Michelle Obama prend à bras le corps le problème que pose l’ali­­men­­ta­­tion des Améri­­cains.

I. #thanksMi­­chel­­leO­­bama

Miriam Nelson a reçu l’ap­­pel alors qu’elle faisait de l’es­­ca­­lade au Canada : l’adjoint du chef cuisi­­nier de la Maison-Blanche la convoquait à une réunion en privé avec la Première dame des États-Unis. C’était en 2009, Nelson était alors l’une des plus grandes expertes du pays en nutri­­tion et en sport, ensei­­gnante à l’uni­­ver­­sité Tufts, et elle n’était pas la seule : six autres avaient reçu la même invi­­ta­­tion.

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L’aile Est de la Maison-Blanche, QG de la Première dame et de son équipe
Crédits : The2Sea­­sons

Les Obama étaient à la Maison-Blanche depuis six mois, et Michelle avait commencé à lais­­ser entendre qu’elle allait utili­­ser son statut de Première dame pour encou­­ra­­ger une alimen­­ta­­tion saine. Elle avait déjà parti­­cipé à des spots télé­­vi­­sés clas­­siques pour une femme de président chezOprah et dans Sesame Street. Mais lorsque Nelson est arri­­vée à la Maison-Blanche, elle ne s’est pas retrou­­vée face à une équipe construite pour faire bonne figure devant les médias. La pièce était pleine de gens de pouvoir à Washing­­ton : l’équipe de la Première dame de l’aile Est, des repré­­sen­­tants du président venus de l’aile Ouest, et des membres haut placés des Centers for Disease Control (Centre de contrôle des mala­­dies) et des minis­­tères de l’Agri­­cul­­ture, de la Santé et des Ressources humaines. La direc­­trice du conseil pour la poli­­tique inté­­rieure d’Obama, Melody Barnes, était là aussi, ainsi que la conseillère poli­­tique la plus impor­­tante de la Première dame, Joce­­lyn Frye. Michelle Obama elle-même prési­­dait la réunion, vêtue d’une robe de marque sans manche et tenant un carnet de notes entre ses doigts. Nelson et les autres ont réalisé qu’a­­vec les Démo­­crates au pouvoir au Congrès, l’aile Est allait tenter une grosse pous­­sée qui allait requé­­rir tous les leviers possibles du gouver­­ne­­ment fédé­­ral pour amélio­­rer la façon dont les Améri­­cains s’ali­­mentent. Ils voulaient faire passer une nouvelle loi pour rendre les repas de cantine scolaires plus sains, et ils avaient trouvé des façons d’uti­­li­­ser de l’argent fédé­­ral pour renou­­ve­­ler l’équi­­pe­­ment des cuisines dans les écoles publiques, ainsi que des finan­­ce­­ments gouver­­ne­­men­­taux pour appro­­vi­­sion­­ner les épice­­ries des quar­­tiers pauvres où les produits frais ne sont pas aisé­­ment dispo­­nibles. Ils voulaient revoir les labels fédé­­raux de nutri­­tion pour que les ache­­teurs soient plus direc­­te­­ment confron­­tés au nombre de calo­­ries conte­­nues dans les produits. Même l’as­­pect le plus symbo­­lique de la poli­­tique nutri­­tive améri­­caine était passé au crible : une révi­­sion de la « pyra­­mide alimen­­taire » vieille de plusieurs décen­­nies qui ensei­­gnait aux familles à équi­­li­­brer un repas. « On sentait vrai­­ment que c’était quelque chose qu’elle allait prendre en main », se souvient Nelson, à qui on a demandé des conseils en nutri­­tion et en exer­­cice physique. « C’était très exci­­tant. » Six ans après cette réunion, la campagne stra­­té­­gique et élabo­­rée de Michelle Obama a trans­­formé le paysage alimen­­taire améri­­cain de façon bien plus profonde qu’on pour­­rait le croire à première vue. Si les Améri­­cains moyens ont surtout regardé Michelle faire une compé­­ti­­tion de pompes contre Ellen DeGe­­neres ou sa mom dancing (« danse de maman ») avec Jimmy Fallon, ou encore son post viral sur Vine Turnip for what (« des navets, pour quoi faire ? »), la première dame et son équipe ont opéré une série d’énormes chan­­ge­­ments dans la poli­­tique améri­­caine de nutri­­tion.

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