par Brian Castner | 16 mars 2015

Le dernier rempart

En décembre 2014, un imam du comté libé­­rien de Grand Cape Mount a décrété qu’il pouvait guérir Ebola par la prière ou l’im­­po­­si­­tion des mains. Il a voyagé de village en village à travers la jungle en longeant la fron­­tière de la Sierra Leone, prêchant et guéris­­sant au moyen de méthodes rituelles. Grand Cape Mount abrite une grande partie de la popu­­la­­tion musul­­mane du Libe­­ria et le guéris­­seur tradi­­tion­­nel isla­­mique a trouvé là un public récep­­tif. Dans le reste du pays, des campagnes de sensi­­bi­­li­­sa­­tion ont porté leur fruit et mis un terme aux rumeurs et pratiques de cette nature, mais avec un nombre restreint de stations de radio ou de panneaux d’af­­fi­­chage – la commu­­ni­­ca­­tion à Grand Cape Mount repo­­sant sur le bouche-à-oreille –, le comté est resté un bastion d’igno­­rance. À la fin du mois, l’imam et plusieurs membres de sa famille étaient morts, son village ainsi que trois autres étaient placés en quaran­­taine, et quarante-neuf nouveaux cas d’Ebola étaient enre­­gis­­trés, soit une recru­­des­­cence sans précé­dent au Libe­­ria depuis des mois. Au moins cinq des malades conta­­mi­­nés ont décédé par la suite.

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L’avant-poste médi­­cal de Sinje
Crédits : UNMEER/Martine Perret

La respon­­sa­­bi­­lité de sauver autant de vies que possible incombe à des travailleurs huma­­ni­­taires tels que John Nel, chef de projet sud-afri­­cain au service de l’Or­­ga­­ni­­sa­­tion inter­­­na­­tio­­nale pour les migra­­tions (OIM), agence inter­­­gou­­ver­­ne­­men­­tale recon­­nue par les Nations Unies qui gère le centre de trai­­te­­ment d’Ebola pour la région de Grand Cape Mount. Nel est arrivé au Libe­­ria en novembre, bien avant le déclen­­che­­ment local de l’épi­­dé­­mie. Il y a observé les forces mili­­taires améri­­caines déployer, en colla­­bo­­ra­­tion avec les Forces armées libé­­riennes, son unité d’iso­­le­­ment de cent lits dans les terres vallon­­nées de la campagne profonde : des coteaux faits d’ar­­gile rouge, de jungle brous­­sailleuse et de plan­­ta­­tions de palmiers à huile tirées au cordeau. Mais lorsque l’Ar­­mée améri­­caine lui a laissé les commandes des instal­­la­­tions, Nel a passé le mois suivant à effec­­tuer modi­­fi­­ca­­tions et répa­­ra­­tions en tous genres. Le plan­­cher des tentes, qui pour­­ris­­sait, a dû être enlevé et remplacé par du béton. Le puits n’a jamais été installé, obli­­geant à des livrai­­sons régu­­lières d’eau potable en prove­­nance de Monro­­via. Les tuyaux qui trans­­por­­taient la solu­­tion de chlore à l’in­­té­­rieur du camp n’étaient pas assez solides, n’ayant pas été instal­­lés selon le proces­­sus indiqué, et s’étaient fissu­­rés sous la pres­­sion des trop nombreux cailloux déver­­sés par-dessus. La baraque devant abri­­ter un petit labo­­ra­­toire qui devait réali­­ser des tests sur des échan­­tillons de sang était construite près de l’en­­trée du centre de trai­­te­­ment, mais l’équipe hollan­­daise censée gérer l’en­­droit n’était pas encore arri­­vée. À Noël, les instal­­la­­tions n’étaient toujours pas prêtes, et durant l’épi­­dé­­mie causée par l’imam, Nel a vu les cas d’Ebola être trans­­por­­tés les uns après les autres plus au sud, vers des unités d’iso­­le­­ment à Tubman­­burg et Monro­­via. Fina­­le­­ment, l’unité Ebola de Nel a ouvert ses portes à la toute fin de l’an­­née, et elle a immé­­dia­­te­­ment été enva­­hie de patients. Des dizaines de cas suspects se sont bous­­cu­­lés à sa porte, bien que la plupart d’entre eux étaient atteints de mala­­dies autres qu’E­­bola. Nel a briè­­ve­­ment géré le centre Ebola le plus encom­­bré du Libe­­ria, mais à la mi-janvier, il était déjà descendu à seule­­ment six cas avérés : six patients héber­­gés dans quatre pavillons isolés, et un rapport person­­nel/patient d’en­­vi­­ron trente pour un.

L’avo­­cat

L’his­­toire de Grand Cape Mount est celle, en minia­­ture, de la crise Ebola au Libe­­ria. Les rites tradi­­tion­­nels ont propagé la mala­­die, les centres de trai­­te­­ment n’ont pas été opéra­­tion­­nels au moment et à l’en­­droit voulus, et une fois l’in­­fra­s­truc­­ture enfin prête à fonc­­tion­­ner, il y avait trop de cas et il était trop tard.

Nel pensait qu’il était prêt à parer à toute éven­­tua­­lité. Il se trom­­pait.

Pour­­tant, alors que la crise Ebola perd de son ampleur, les unités d’iso­­le­­ment telles que celle de Grand Cape Mount vont servir de test au futur plan d’en­­di­­gue­­ment du virus au Libe­­ria. Le 24 janvier, l’Or­­ga­­ni­­sa­­tion mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu’il n’y avait plus que cinq cas avérés d’Ebola dans tout le Libe­­ria. Les centres de trai­­te­­ment construits par les États-Unis se retrouvent épar­­pillés dans tout le pays, presque vides, pous­­sant la critique à dénon­­cer le fait que la réponse inter­­­na­­tio­­nale a été trop lente pour lutter effi­­ca­­ce­­ment contre le virus. Les instal­­la­­tions pour­­raient pour­­tant bien être utiles, car elles augmentent la capa­­cité du gouver­­ne­­ment libé­­rien à gérer de futurs cas par eux-mêmes, et leur procurent l’op­­por­­tu­­nité d’éra­­diquer le virus loca­­le­­ment avant qu’il n’ait le temps de se propa­­ger.

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Depuis le premier cas d’Ebola recensé en 1976 dans l’ex-Zaïre (aujourd’­­hui le Congo), des débuts d’épi­­dé­­mie dans d’autres parties de l’Afrique s’étaient limi­­tés aux zones rurales dans lesquelles le virus avait commencé à sévir. Monro­­via fut la première capi­­tale et grande ville à subir une vaste épidé­­mie d’Ebola : la mala­­die arriva du comté de Lofa, à la fron­­tière nord avec la Sierra Leone. Dans la mesure où les rous­­settes des jungles de l’Afrique de l’Ouest seront toujours porteuses du virus, le risque poten­­tiel conti­­nuera de planer sur le Libe­­ria. Si les centres de trai­­te­­ment comme celui de Grand Cape Mount seront peut-être bien­­tôt vides, il n’en demeure pas moins qu’ils permet­­tront aux futures épidé­­mies d’Ebola d’être prises en charge dans les campagnes, et qu’au bout du compte, ils sauve­­ront peut-être des vies. John Nel n’ap­­par­­tient pas au monde médi­­cal. « En réalité, je suis avocat », déclare-t-il en rigo­­lant, en cette chaude jour­­née du mois de janvier. « Mais la loi se résume à s’en­­gueu­­ler pour de l’argent, alors je préfère être ici. »

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Des membres du centre de trai­­te­­ment
Crédits : UNMEER/Martine Perret

Après avoir passé l’exa­­men du barreau, Nel s’est rapi­­de­­ment orienté vers la gestion de projet, et il a passé ces dernières années à travailler pour une compa­­gnie privée qui remplis­­sait des missions excep­­tion­­nelles dans les zones de conflit à travers le monde. Il a tout derniè­­re­­ment œuvré comme sous-trai­­tant pour les Nations Unies en Afgha­­nis­­tan, en tant que forma­­teur de la police des fron­­tières et des repré­­sen­­tants locaux char­­gés de faire appliquer la loi. Nel orga­­nise et plani­­fie ; peu lui importe de coor­­don­­ner le trans­­port de preuves dans des affaires crimi­­nelles en Afgha­­nis­­tan ou des échan­­tillons sanguins infec­­tés par Ebola au Libe­­ria. Il n’est pas insen­­sible à la rému­­né­­ra­­tion offerte en contre­­par­­tie d’un travail dans un pays en voie de déve­­lop­­pe­­ment, mais il insiste sur le fait que sa moti­­va­­tion première était d’ai­­der ses pairs afri­­cains dans une période de crise. Ses collègues étran­­gers ont donné leur accord – la plupart viennent d’Ou­­ganda et du Kenya et ont déjà travaillé sur de précé­­dentes épidé­­mies d’Ebola.

L’en­­fant

Nel a la cinquan­­taine. De corpu­­lence moyenne, il porte d’épaisses lunettes, une barbe d’un roux taché de poivre et sel, et de fins cheveux courts. Sur sa tête, une casquette estam­­pillée du logo USAID (Agence des États-Unis pour le déve­­lop­­pe­­ment inter­­­na­­tio­­nal) protège sa calvi­­tie nais­­sante du soleil. On retrouve le logo partout : sur les Toyota Land Crui­­sers flam­­bant neufs comme sur les moindres petits morceaux écor­­nés des bâches blanches qui tapissent les murs des instal­­la­­tions. La popu­­la­­tion locale arrache régu­­liè­­re­­ment des morceaux de cette bâche pour les coudre et s’en faire des sacs pour stocker le char­­bon : le logo USAID se retrouve ainsi dans presque tous les foyers libé­­riens. Lors d’une visite mati­­nale récente à un centre de trai­­te­­ment, Nel a donné géné­­reu­­se­­ment de son temps, mais il n’a pas traîné. Un géné­­ral accom­­pa­­gné de forces de main­­tien de la paix des Nations Unies – il n’a pas précisé sa natio­­na­­lité – devait arri­­ver par héli­­co­­ptère avant midi. Dans le jardin situé de l’autre côté du grillage qui déli­­mite la zone où se trouve le pavillon Ebola, des soldats népa­­lais armés portant des bérets bleu clair poireau­­taient assis sans bouger dans des pick-ups blancs tout cabos­­sés des Nations Unies, prêts à assu­­rer la sécu­­rité du visi­­teur VIP. Voilà à quoi ressemble la réponse libé­­rienne au virus Ebola : tout y est inter­­­na­­tio­­nal, inter­­­gou­­ver­­ne­­men­­tal, non gouver­­ne­­men­­tal, mandaté, sous-traité.

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Siah Tamba, survi­­vante d’Ebola et infir­­mière volon­­taire
Crédits : UNMEER/Martine Perret

Le centre de trai­­te­­ment Ebola de Nel se trouve à Sinje, une poignée de maisons en ciment et d’abris faits de feuilles de palmiers le long de la route pavée de Grand Cape Mount. Sinje n’est pas la plus grande ville de Grand Cape Mount, loin s’en faut, mais elle se situe, géogra­­phique­­ment, à peu près au centre du large comté. Tandis que la répa­­ra­­tion du plan­­cher des tentes et des tuyaux d’eau ne cessait de retar­­der l’ou­­ver­­ture du centre Ebola, Nel en a profité pour peau­­fi­­ner les proto­­coles et l’ap­­pro­­vi­­sion­­ne­­ment de ses instal­­la­­tions, créant quatre pavillons Ebola : le pavillon des cas suspects, celui des cas probables, et deux tentes sépa­­rées pour les cas avérés, l’une sèche, l’autre humide. Ils ont installé un système élaboré de pulvé­­ri­­sa­­tion ainsi qu’une télé­­vi­­sion en circuit fermé, de sorte que les docteurs puissent, dans une pièce isolée (en dehors de la zone conta­­mi­­née où ils étaient obli­­gés de porter des combi­­nai­­sons de protec­­tion inté­­grale) utili­­ser des camé­­ras vidéo pour zoomer et exami­­ner les patients. Nel pensait qu’il était prêt à parer à toute éven­­tua­­lité. Il se trom­­pait. À peine quelques heures après l’ou­­ver­­ture du centre de Sinje, le 29 décembre, il a reçu son premier patient, une fillette de 18 mois. Une ambu­­lance l’a dépo­­sée avant de repar­­tir aussi­­tôt. Sur le moment, Nel et son équipe n’ont pas vrai­­ment su quoi faire. La petite fille était terri­­fiée, et l’ap­­pli­­ca­­tion du proto­­cole stan­­dard – le port de combi­­nai­­sons Tyvek, de gants en latex, de lunettes et de masques de protec­­tion – n’au­­rait fait qu’em­­pi­­rer la situa­­tion. Comment la conso­­ler ? La distraire, la main­­te­­nir dans la zone de quaran­­taine, toute seule ? Nel avait prévu beau­­coup de choses, mais pas de s’oc­­cu­­per d’un bébé livré à lui-même. « Nous ne savions pas quoi faire », me raconte-t-il, « et puis l’une de nos béné­­voles libé­­riennes locales – elle-même survi­­vante d’Ebola – nous a dit : “Je vais m’oc­­cu­­per d’elle.” Elle a enlevé sa combi­­nai­­son, gardé seule­­ment ses gants fins, et elle a pris la fillette dans ses bras, l’a cajo­­lée, a joué avec elle et s’en est occu­­pée toute seule, là, à l’in­­té­­rieur même de ce pavillon… » À force, ils ont fini par apprendre son nom (Nel m’a demandé de ne pas le citer, par respect pour sa vie privée) et peu de temps après, ils ont retrouvé sa jeune mère, Isatu, dans la Clinique Island, un centre de trai­­te­­ment Ebola situé juste au nord de Monro­­via. Isatu a été trans­­fé­­rée à Sinje pour que mère et fille puissent être ensemble.

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Campagne de préven­­tion à Sinje
Crédits : UNMEER/Martine Perret

Danse de victoire

« Nous avons suffi­­sam­­ment de ressources », affirme Nel lorsque je le ques­­tionne au sujet des défis auxquels il doit faire face. « Notre plus gros souci, c’est la répé­­ti­­tion de l’ef­­fort. » Des campagnes d’édu­­ca­­tion sont en cours, prônant toujours et encore qu’ « Ebola est bien réel », mais si les villages les plus proches de la route prin­­ci­­pale sont visi­­tés rela­­ti­­ve­­ment souvent, les commu­­nau­­tés moins acces­­sibles vivant près de pistes acci­­den­­tées ne voient jamais passer aucun visi­­teur. La bataille consiste à convaincre les habi­­tants de ne pas tarder à venir dépo­­ser les malades. Si le person­­nel de santé de Nel peut exami­­ner les patients dans les deux ou trois jours après que la mala­­die a été contrac­­tée, les chances de survie sont consi­­dé­­ra­­ble­­ment plus impor­­tantes. La campagne de sensi­­bi­­li­­sa­­tion publique est peut-être en train de porter ses fruits : Nel reçoit toutes sortes de patients, y compris un homme dans le coma avec une ménin­­gite. Tel un château dressé sur une colline surplom­­bant quelques masures moyen­â­geuses agglu­­ti­­nées les unes aux autres, le centre de trai­­te­­ment Ebola domine le hameau de Sinje. Ici, Ebola, c’est du sérieux. Il y a autant de véhi­­cules à l’in­­té­­rieur du centre de trai­­te­­ment que dans tout le reste du village. La clinique de Nel emploie cent quatre-vingt personnes, dont cent cinquante-huit Libé­­riens qui gagnent 800 dollars par mois, une somme exor­­bi­­tante dans un pays où le PIB par habi­­tant est de 400 dollars. Un afflux de liqui­­di­­tés étran­­gères a permis la créa­­tion d’en­­tre­­prises à Sinje.

Les premiers patients de Nel sont aussi ses premiers survi­­vants.

Essence, bananes et pain de la veille sont dispo­­nibles chaque matin. La modeste maison d’hôtes dans laquelle je dors date seule­­ment de novembre dernier, pour pallier la demande des visi­­teurs que le centre de trai­­te­­ment allait géné­­rer. Pour avoir un aperçu d’une autre facette d’Ebola, déses­­pé­­rante celle-ci, il ne faut que quarante-cinq minutes en voiture pour atteindre la ville de Bo, à la fron­­tière avec la Sierra Leone. Ce poste-fron­­tière inter­­­na­­tio­­nal est fermé depuis sept mois, et les habi­­tants n’ont qu’un seul mot à la bouche : « ruinés », car leur écono­­mie, fondée sur le commerce, a été réduite à néant. Pendant ce temps-là, Nel est en pleine négo­­cia­­tion au sujet de la prise en charge de patients venus de la Sierra Leone. On trouve cinquante-quatre postes-fron­­tière à proxi­­mité, et seule­­ment cinq d’entre eux sont des postes offi­­ciels. Les familles vivent de chaque côté de la rivière Mano, savent où passer à gué, et font quoti­­dien­­ne­­ment la traver­­sée pour cher­­cher de la nour­­ri­­ture ou se rendre au travail. Proté­­ger la capi­­tale, Monro­­via, impliquait avant tout d’éta­­blir des centres Ebola aux quatre coins du Libe­­ria – même les plus recu­­lés. Cela pour­­rait signi­­fier à l’ave­­nir dépas­­ser le cadre strict des fron­­tières, pour stop­­per dès le départ l’af­­flux de patients. Ebola est arrivé de Guinée au Libe­­ria, et comme la prési­­dente Ellen John­­son Sirleaf l’a déclaré en décembre dernier : « Une éradi­­ca­­tion complète ne sera pas assu­­rée tant que la région tout entière ne vien­­dra pas à bout d’Ebola. » Au terme de mon entre­­tien avec Nel, je consulte ma montre. Son rendez-vous avec le géné­­ral de l’ONU n’a fina­­le­­ment pas eu lieu. C’est la deuxième fois qu’on lui pose un lapin. Il ne semble pour­­tant pas en prendre ombrage. Il est heureux, car un peu plus tard dans l’après-midi, on doit rendre à Isatu sa liberté – sa fille ne tarde­­rait pas à la rejoindre. Les premiers patients de Nel sont aussi ses premiers survi­­vants. Le person­­nel du centre de Sinje a fêté l’évé­­ne­­ment, impro­­vi­­sant une joyeuse parade tandis qu’I­­satu quit­­tait la zone « rouge » pour rece­­voir son certi­­fi­­cat offi­­ciel de survi­­vante. Elle a déposé de la paume de sa main couverte de pein­­ture son empreinte sur un mur.

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Isatu et John Nel
Crédits : UNMEER/Martine Perret

Traduit de l’an­­glais par Céline Laurent-Santran d’après l’ar­­ticle « An Empty, Unde­­ru­­sed Medi­­cal Outpost Could Be the Future of the Ebola Fight », paru sur Foreign Policy. Couver­­ture : Un avant-poste médi­­cal au Libe­­ria, par UN Photo/Evan Schnei­­der. Créa­­tion graphique par Ulyces.

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