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par Caleb Garling | 14 janvier 2016

Igni­tion

En novembre 2015, tout près des plages de Hawaï, la dernière version d’une fusée mili­taire datant du début des années 1960, bapti­sée Super Strypi, effec­tue son vol inau­gu­ral. Dans un premier temps, les opéra­tions se déroulent norma­le­ment. La fusée décolle, et tout en s’éloi­gnant des bancs de sable blanc se met à tour­noyer, assu­rant sa stabi­lité. Super Strypi semble promise à sa mise en orbite, plani­fiée à 420 kilo­mètres au-dessus de la planète. Mais voilà qu’une minute après le décol­lage survient un problème – le dépar­te­ment de la Défense n’a pas souhaité en commu­niquer les détails – et Super Strypi revient se crasher sur Terre, s’abî­mant dans le Paci­fique. Un lance­ment de fusée avorté n’est pas en soi quelque chose de rare. Mais ce vais­seau-là trans­por­tait une curieuse cargai­son : des restes humains, empaque­tés dans des cubes métal­liques. L’es­poir placé dans la fusée était la mise en orbite d’urnes spatiales, auto­ri­sant les familles endeuillées à obser­ver leurs proches dans le ciel nocturne, à la manière d’une pratique rituelle futu­riste. En oui, on peut désor­mais payer pour envoyer en orbite autour de la Terre les reliques d’un être cher. Ou sur la Lune. Voire même au fin fond de la galaxie.

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Une urne funé­raire orbi­tale
Crédits : Elysium Space

Des entre­prises comme SpaceX (fondée par Elon Musk), Virgin Galac­tic (Richard Bran­son) ou Blue Origin (Jeff Bezos) font les gros titres en promet­tant de rendre l’es­pace acces­sible à tous via des vols commer­ciaux, ouvrant la voie aux expé­ri­men­ta­tions inter­stel­laires pour non-profes­sion­nels, mais aussi à de nouveaux systèmes de commu­ni­ca­tion et au voyage sur Mars. Si n’im­porte qui pouvait déjà suivre les dépla­ce­ments d’un satel­lite à partir d’un simple ordi­na­teur portable, la nouvelle ère spatiale a fait émer­ger un nouveau marché de niche : celui des produits « spatio-portés » pour l’in­di­vidu lambda, comme le whisky spatio-vieilli… et l’en­ter­re­ment spatial. Les restes humains de quelques illu­mi­nés, comme ceux du prêcheur psyché­dé­lique Timo­thy Leary ou de Gene Rodden­berry, le créa­teur de Star Trek, ont déjà été expé­diés au firma­ment. Force est de consta­ter que le prix d’un enter­re­ment tradi­tion­nel a telle­ment augmenté que sa version astrale est deve­nue compé­ti­tive. J’ai exploré ce qu’il en coûte d’or­ga­ni­ser le retour d’un proche à son état de pous­sière d’étoile, ainsi que le réseau des acteurs impliqués dans ce busi­ness et ses prin­ci­pales tendances. « Réunir deux des indus­tries les plus conser­va­trices de la planète est un véri­table défi », assure Charles Chafer, direc­teur de la société d’en­ter­re­ments spatiaux Celes­tis. « L’aé­ro­spa­tiale et les pompes funèbres. »

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Prêts à embarquer
Crédits : Celes­tis, Inc.

Si l’idée d’ex­pé­dier les restes d’un être cher dans l’es­pace peut sembler un brin déme­su­rée, elle n’est pour­tant pas neuve. Au cours de l’his­toire, les cultures humaines ont toujours eu une propen­sion à « accom­pa­gner » leurs morts d’une façon symbo­lique, que ce soit par de longues jour­nées de prières ou, selon la tradi­tion viking, en pous­sant vers le large des embar­ca­tions mortuaires embra­sées. Comme le ciel, l’es­pace a de tout temps fait l’objet d’une véné­ra­tion, où l’on se figu­rait les âmes défuntes, de héros et de dieux, errant tout là-haut dans le cosmos. Mais faire monter une dépouille au ciel a aujourd’­hui quelque peu perdu de sa charge mystique.

Pour commen­cer, la famille du disparu a recours à une société de pompes funèbres spatiales, comme Celes­tis ou Elysium qui, moyen­nant paie­ment, récep­tionne les cendres et leur four­nit un récep­tacle. Les cendres présentent l’avan­tage, d’après Chafer (Celes­tis), d’être neutres aussi bien d’un point de vue élec­trique que ther­mique, et elles ne sont pas nocives. Ce ne sont que de simples cendres. Les capsules doivent tout de même être opti­mi­sées en passant une batte­rie de tests ther­miques, vibra­toires et subir un trai­te­ment sous vide, pour éviter qu’elles n’ex­plosent. Tech­nique­ment, ce sont tout de même des navettes spatiales, souligne Chafer. De tels récep­tacles, à monter soi-même, sont déjà mis en vente par des entre­prises comme CubeSats – mais cette concur­rence n’alarme pas Chafer outre mesure. « Pourquoi pas s’en­ter­rer soi-même ? » lance-t-il. L’urne spatiale doit ensuite être convoyée. La société de services funé­raires s’adresse alors à des entre­prises dispo­sant d’en­gins plus impo­sants appe­lés à gravi­ter autour de la Terre, et négo­cie un espace de stockage à bord. En août dernier, Elysium a ainsi annoncé la signa­ture d’un contrat avec Astro­bo­tic Tech­no­logy, l’un des parti­ci­pants au concours Google Lunar Xprize. L’en­tre­prise est spécia­li­sée dans la construc­tion de modules lunaires et la loca­tion d’es­pace de fret aux orga­nismes de recherche et aux socié­tés privées dési­rant envoyer du maté­riel sur la Lune. Alors même qu’elle n’a jusqu’à aujourd’­hui encore jamais lancé de vol commer­cial. Son PDG, John Thorn­ton, assure malgré tout que sa société pour­rait bien deve­nir « l’UPS qui livre sur la Lune ».

« Il ne reste plus qu’à s’ins­tal­ler confor­ta­ble­ment et à les regar­der s’en­vo­ler. »

Urne et vais­seau doivent fina­le­ment trou­ver un moteur assez puis­sant pour s’af­fran­chir de la gravité terrestre. C’est à ce stade que le lance­ment à propre­ment parler – qu’il soit mili­taire comme celui raté de Super Strypi ou opéré par de grandes compa­gnies comme SpaceX – entre en jeu : char­gée de satel­lites, d’équi­pe­ment scien­ti­fique, d’ins­tru­ments de mesure clima­to­lo­gique et de fret varié, la fusée s’en­vole vers sa desti­na­tion. Les entre­prises doivent négo­cier l’ob­ten­tion d’un espace de char­ge­ment des années, parfois plus, avant le décol­lage. C’est qu’il n’y pas tant de place que cela à bord d’une fusée. Pour faire court, il n’existe aucun vol exclu­si­ve­ment consa­cré aux enter­re­ments spatiaux. On s’ar­range pour obte­nir une place dédiée aux cendres funé­raires sur un vol déjà programmé. Voilà tout. On ne brûle pas une telle quan­tité de carbu­rant pour un simple enter­re­ment. Mais dès lors qu’une place à bord leur est garan­tie, « il ne reste plus qu’à s’ins­tal­ler confor­ta­ble­ment et à les regar­der s’en­vo­ler », rassure Chafer. Évidem­ment, le décol­lage d’une fusée ne réus­sit pas à tous les coups. Qu’ar­rive-t-il si le lance­ment rate, ou n’est même jamais entre­pris ? Que deviennent les cendres inter­dites de voyage ? Elysium, déten­teur d’une part du char­ge­ment sur le vol avorté de Super Strypi, n’a pas voulu me répondre, même si bien entendu leur seule erreur est d’avoir choisi un artilleur malchan­ceux. Chafer affirme néan­moins que si une telle situa­tion devait adve­nir, Celes­tis offri­rait un nouveau vol aux restes du défunt (si la famille en a toujours en sa posses­sion), bien que parfois, les proches trouvent leur compte dans une sortie de scène aussi explo­sive pour papa ou maman.

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Le lanceur Super Strypi avant le drame
Crédits : US Air Force

Rejoindre la lumière

Chafer rapporte une anec­dote : alors que l’am­bas­sa­deur du LSD Timo­thy Leary appro­chait de la fin de sa vie, il tomba sur une vidéo expo­sant l’idée d’être enterré dans l’es­pace. Il se leva, pointa le télé­vi­seur du doigt et déclara quelque chose du genre : « C’est pour moi. Je vais rejoindre la lumière. » Et c’est ce qu’il fit. En avril 1997, sur les îles espa­gnoles des Cana­ries, les cendres de Leary, de Rodden­berry et de 22 autres furent affré­tées pour le premier vol spatial commé­mo­ra­tif privé de Celes­tis. L’évé­ne­ment eut un reten­tis­se­ment plané­taire. Le New York Times écri­vait à l’époque :

L’objec­tif offi­ciel de la fusée, tirée depuis un avion Lock­heed L-1011, était d’en­voyer le premier satel­lite espa­gnol dans l’es­pace. Mais on avait égale­ment fixé au moteur du troi­sième étage une caisse supplé­men­taire. Celle-ci conte­nait des capsules d’alu­mi­nium pleines des cendres de 24 personnes, chacune gravée du nom d’un défunt et d’une épitaphe.

« Elles rappellent des petits flacons de cocaïne, ce qui a quelque chose d’as­sez tordant dans le cas de Timo­thy », a déclaré Carol Rosin, une amie de Leary.

Leurs cendres ont dès lors gravité à quelques 560 kilo­mètres au-dessus de la Terre, effec­tuant 15 révo­lu­tions quoti­diennes, avant d’en­trer en combus­tion dans l’at­mo­sphère cinq ans plus tard, en mai 2002. ulyces-spacefunerals-06 Certains vols opérés par Celes­tis n’at­teignent pas une hauteur suffi­sante pour permettre une combus­tion des cendres lors de leur péné­tra­tion dans l’at­mo­sphère. Elles retombent alors sur Terre, sont extraites de leur capsule et les proches peuvent s’apai­ser : maman a fina­le­ment eu droit à son voyage spatial. Quant aux services funé­raires orbi­taux de Celes­tis (quatre fois plus coûteux), l’idée est, à terme, de détruire les urnes spatiales par le feu. Il y a déjà bien assez de débris spatiaux qui nous flottent au-dessus de la tête. Impos­sible d’af­fir­mer avec certi­tude quel fut le premier homme à avoir été enterré dans l’es­pace. En 1994, la NASA confirma que Gene Rodden­berry avait bel et bien fait le voyage, avant même son vol avec Celes­tis : un astro­naute de l’agence spatiale aurait discrè­te­ment embarqué les cendres de l’homme en tant qu’ « effet person­nel », à bord d’une navette anonyme.

À l’époque, le porte-parole de la NASA estima que l’acte était sans précé­dent. Mais qui peut réel­le­ment savoir ce qu’un astro­naute enfouit dans sa combi­nai­son ? Jusqu’à présent, aucun corps dans son inté­gra­lité n’a été offi­ciel­le­ment enterré dans l’es­pace. Volume est chose précieuse à bord d’une navette. Par consé­quent, les pompes funèbres n’ex­pé­dient qu’un « échan­tillon symbo­lique » du défunt. Le procédé épouse d’ailleurs assez bien les tendances funé­raires actuelles : selon la Crema­tion Asso­cia­tion, le taux d’in­ci­né­ra­tion au Canada et aux États-Unis a presque doublé depuis 1999, et d’ici 2018, il devrait repré­sen­ter la moitié des enter­re­ments améri­cains. Chaque jour en France, ce sont 458 personnes qui choi­sissent l’in­ci­né­ra­tion pour leurs obsèques ou celles de leurs proches, soit 167 000 créma­tions par an. Autre­ment dit, pour 32 % des décès, c’est l’in­ci­né­ra­tion qui est choi­sie plutôt que l’in­hu­ma­tion.

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Vous valez bien un mémo­rial lunaire
Crédits : Elysium Space

Le succès de la créma­tion semble étroi­te­ment lié à l’évo­lu­tion des tradi­tions et des croyances : la Crema­tion Asso­cia­tion révèle que les États améri­cains enre­gis­trant le pour­cen­tage d’in­ci­né­ra­tion le plus élevé sont égale­ment ceux où le taux d’af­fi­lia­tion à une reli­gion est le plus bas. Certes, la corré­la­tion est mani­feste. En même temps, on saisit plus spon­ta­né­ment le carac­tère sacré d’une disper­sion des cendres de l’être cher dans son coin de montagne favori – ou dans le ciel – que celui d’une conces­sion funé­raire à l’église de mémé. « L’en­droit et la façon dont nous enter­rons nos morts est depuis long­temps condi­tionné par l’in­dus­trie funé­raire améri­caine », souligne l’ur­ba­niste Ruth Miller, dans un papier défen­dant une approche plus éco-respon­sable de l’en­ter­re­ment.

Le Far West

Il y a de nombreuses façons d’es­ti­mer le budget d’un enter­re­ment spatial. Si les contraintes de vol conti­nuent à n’au­to­ri­ser l’en­voi que d’un « échan­tillon symbo­lique » du défunt, le volume admis a pour sa part évolué au fil du temps. À l’époque du voyage de Leary et de Rodden­berry, Celes­tis factu­rait 4 800 $ par réser­va­tion. La masse symbo­lique s’éle­vait alors à 7 grammes. Qu’en est-il aujourd’­hui ? Qu’on opte pour une mise en orbite avec Celes­tis ou Elysium, la valeur marchande abso­lue se situe dans la même four­chette. En revanche, le prix au poids a augmenté : le tarif de Celes­tis annoncé plus haut vaut désor­mais pour un seul gramme. Dès lors, à moins d’être prêt à débour­ser une somme astro­no­mique, reste à régler le problème des cendres non-astro­nautes : c’est que, selon le carac­tère morpho­lo­gique du défunt, une créma­tion produit entre 2,3 et 3,6 kilo­grammes de résidu.

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Suivez l’urne de votre défunt en temps réel !
Crédits : Elysium Space

Pour la famille, plus atta­chée à la céré­mo­nie elle-même qu’au fait de réunir tous les restes du défunt en un même endroit, quel va être le coût supplé­men­taire pour les obsèques tradi­tion­nelles ? D’après la Natio­nal Fune­ral Direc­tor’s Asso­cia­tion (l’As­so­cia­tion natio­nale des pompes funèbres améri­caines), le prix moyen d’un enter­re­ment clas­sique – cercueil, présen­ta­tion du corps, inhu­ma­tion et services complé­men­taires comme l’em­bau­me­ment et la loca­tion d’un corbillard – attei­gnait 7 181 $ en 2014, soit 28,6 % de plus qu’en 2004. Une inci­né­ra­tion tradi­tion­nelle coûte envi­ron 1 000 $ de moins – soit le prix du cercueil et de l’in­hu­ma­tion. Donc, si on tient compte dans le calcul du seul coût de la créma­tion (autour de 2 000 $), qu’on choi­sisse d’en­voyer notre cher disparu six pieds sous terre ou en orbite, la diffé­rence de prix n’a plus rien de cosmique. Diffi­cile de prédire l’évo­lu­tion de ces tarifs. La demande en lance­ment d’en­gins dans l’es­pace va-t-elle s’ac­croître ? Le marché de la fusée va-t-il se déve­lop­per ? La présence sur le créneau spatial d’autres secteurs aux budgets impor­tants – et donc suscep­tibles de satu­rer les espaces de stockage – comme la recherche, la tech­no­lo­gie et la clima­to­lo­gie, va-t-elle faire explo­ser le prix d’un enter­re­ment spatial ?

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Il arrive que le défunt ait, avant sa mort, mani­festé un inté­rêt plus prononcé pour la Lune, ou que ses proches souhaitent, en levant les yeux au ciel le soir venu, sentir la présence bien­veillante de leur défunt. Si Celes­tis a déjà envoyé en 1999 ce qu’il restait du docteur Eugene Shoe­ma­ker au fond d’un cratère situé à l’ex­trême sud du satel­lite terrestre – impos­sible donc de décro­cher le titre de premier homme trépassé sur la Lune –, ce voyage mortuaire n’a jamais été retenté depuis. Le secteur est toute­fois en pleine évolu­tion : des concours comme le Google’s Lunar Xprize dyna­misent le créneau du voyage lunaire. Celes­tis et Elysium projettent ainsi d’en­voyer des lots de cendres via une navette d’As­tro­bo­tic. Thorn­ton table d’ailleurs sur un lance­ment d’ici fin 2017, cares­sant l’es­poir que le voyage se fera à bord de l’une de neuf fusées Falcon de SpaceX. Les modules d’As­tro­bo­tic sont conçus pour alunir en douceur (contrai­re­ment à la majo­rité des vais­seaux qui se « crashent » à la surface), avant de dépo­ser leur cargai­son. La société propose égale­ment un service postal lunaire, MoonMail, permet­tant à qui veut de faire s’en­vo­ler un souve­nir – bague de mariage, photo, échan­tillon d’ADN – vers l’astre de nuit. Aucune de leur navette, hélas, n’est à ce jour apte à faire le voyage retour. Il faudra se conten­ter d’une photo de l’objet encap­sulé, posé sur la Lune, en guise d’ac­cusé de récep­tion.

Chafer projette d’en­voyer des cendres humaines dans les profon­deurs galac­tiques.

Juri­dique­ment, l’alu­nis­sage est une pratique encore peu enca­drée. Assu­ré­ment, la Lune n’ap­par­tient à personne, et la seule tenta­tive de régle­men­ta­tion du voyage lunaire est un traité manqué, vague­ment inspiré du droit mari­time. Ni les États-Unis ni aucun autre pays impliqué dans l’ex­plo­ra­tion de l’es­pace ne l’ont jamais rati­fié. « C’est un peu le Far West, là-haut », dit Thorn­ton. Pas au sens où les États-nations y auraient la gâchette facile, encore que… Mais disons que ce n’est pas l’es­pace qui manque. « Aussi long­temps qu’on ne se marchera pas dessus, il n’y aura pas de problème. » Mais certains de nos chers dispa­rus s’ima­gi­naient déjà bien au-delà de la Lune, aux confins de l’es­pace. À cet égard, Chafer (Celes­tis) proje­tait d’en­voyer des cendres humaines dans les profon­deurs galac­tiques via la fusée Sunjam­mer, à bord de laquelle il avait des places réser­vées. Le lance­ment, prévu pour juillet 2015, a fina­le­ment été annulé par la NASA. Chafer assure cepen­dant avoir déjà plani­fié de nouvelles funé­railles sidé­rales, sans pouvoir en dire plus pour le moment. En atten­dant, l’hu­ma­nité a déjà éter­nisé l’un des siens dans les confins de la galaxie : au moment où la navette spatiale de la NASA New Hori­zon frôlait Pluton en juillet 2015, les cendres de l’ex­plo­ra­teur de planètes Clyde Tombaugh se trou­vaient à bord. Certes, il n’en a pas foulé la surface, mais un affleu­re­ment de Pluton à moins de 13 000 kilo­mètres consti­tue tout de même une belle céré­mo­nie. « À mesure que nous emme­nons des humains vers d’autres régions du système solaire », déclare Chafer, « nous empor­tons nos rituels avec eux. »

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« Vous faites des tarifs de groupe ? »
Crédits : Elysium Space

Traduit de l’an­glais par Martin Fouquet d’après l’ar­ticle « The Busi­ness of Space Fune­rals », paru dans Priceo­no­mics. Couver­ture : Une pierre tombale sur la Lune. Créa­tion graphique par Ulyces.

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