par David Harris | 5 avril 2016

Victime circons­­tan­­cielle

Vivre à Alca­­traz, c’était comme vivre dans un gigan­­tesque fût indus­­triel. Il s’en échap­­pait peu de choses, et il y réson­­nait l’écho des vies s’en­­tre­­choquant derrière ses murs, année après année. Deux bâti­­ments péni­­ten­­tiaires émer­­geaient du brouillard mati­­nal, abri­­tant 200 hommes, un par cellule, qui se tenaient debout à côté de leur couchette, prêts à être comp­­tés comme c’était le cas toutes les deux heures. C’était la même rengaine, encore et encore. Tous les dix jours, il y avait des histoires de rasoirs qu’on avait trou­­vés. Tous les mercre­­dis et same­­dis, il y avait de l’eau chaude pour prendre un bain. Tous les cour­­riers adres­­sés aux prison­­niers étaient relus par la police et réécrits sur le papier à lettre d’Al­­ca­­traz avant d’être distri­­bués. Deux heures par jour, les occu­­pants des 200 cellules de la prison se bala­­daient dans la cour entre les deux bâti­­ments, cerclée de murs. Six fusils les avaient à l’œil tandis qu’ils déam­­bu­­laient dans un sens, puis dans l’autre. Quiconque vivait un certain temps à Alca­­traz finis­­sait par présen­­ter d’étranges symp­­tômes.

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Un plan de l’île

L’évé­­ne­­ment le plus étrange auquel Earl John­­son eût jamais assisté se produi­­sit tout juste après son incar­­cé­­ra­­tion en 1939. Les personnes impliquées étaient Stan­­ley et Jimmy Dee, meilleurs amis et complices dans leurs acti­­vi­­tés crimi­­nelles. Ils étaient tout jeunes lorsqu’ils écopèrent de 50 ans de prison chacun, après que Jimmy Dee eût ordonné au cais­­sier de dépo­­ser l’argent sur le comp­­toir. Ils vivaient tous les deux au rez de chaus­­sée. Jimmy Dee avait attrapé une souris qu’il dres­­sait comme animal de compa­­gnie. Il l’avait prêtée à Stan­­ley le temps d’un après-midi, lequel noya acci­­den­­tel­­le­­ment l’ani­­mal en tirant la chasse d’eau sans voir qu’il était dans la cuvette. Les deux comparses ne s’adres­­sèrent plus un mot du reste de la jour­­née. Lorsque le garde vint éteindre les lumières, Stan­­ley s’ex­­cusa auprès de Jimmy Dee et lui souhaita bonne nuit. « J’es­­père que tu vas passer une bonne nuit », répon­­dit Jimmy Dee. « Parce qu’à comp­­ter de demain matin, tu ne dormi­­ras plus jamais, Stan­­ley. » Stan­­ley pensait que Jimmy disait cela pour le taqui­­ner – il aurait dû être plus méfiant. Lorsque le garde ouvrit les portes à l’heure d’al­­ler au turbin, le braqueur de banque vengea la mort de sa souris. Les deux acolytes se retrou­­vèrent dans le hall au même moment, et Jimmy Dee en profita pour plan­­ter une arme qu’il avait confec­­tion­­née dans le ventre de Stan­­ley, qui le traversa de part en part. Le couteau était composé d’un morceau de métal d’une tren­­taine de centi­­mètres dont un des bouts avait été affûté. Lorsque Stan­­ley arriva à l’hô­­pi­­tal, ses boyaux débor­­daient de son panta­­lon. Ce jour-là, Earl John­­son travaillait de jour en tant qu’in­­fir­­mier et il vit dans quel état était le crimi­­nel quand les poli­­ciers l’ame­­nèrent. Ce dernier mourut les genoux collés à sa poitrine, essayant d’em­­pê­­cher ce qui restait de son esto­­mac de tomber par terre. La vision de ce cadavre donna à Earl John­­son une puis­­sante envie de démé­­na­­ger. Le visage bleu et glacé de Stan­­ley l’avait convaincu du fait que la vie à Alca­­traz était trop souvent un aller sans retour. Mais ce n’était pas comme si Earl John­­son n’y était pas habi­­tué. Pendant long­­temps, sa vie avait été ponc­­tuée de ce genre de choses. Il avait commencé si bas qu’il n’avait pas eu à tomber de bien haut pour toucher le fond. Ses premiers souve­­nirs remon­­taient à l’or­­phe­­li­­nat St Peter de Memphis, dans le Tennes­­see. Les orphe­­lins dormaient à dix dans des lits doubles, à cent dans une même chambre. Ils chiaient dans des seaux que les gamins plus âgés devaient nettoyer. L’éta­­blis­­se­­ment subsis­­tait grâce à ce que les sœurs parve­­naient à mendier dans les usines du centre-ville. Les 10–11 ans passaient leurs jour­­nées à couper les morceaux pour­­ris des légumes. Les 6–7 ans surveillaient les petits de 2–3 ans. Après 12 ans dans ce merdier, Earl décida d’al­­ler voir du pays et passa par-dessus la clôture.

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Les cellules d’Al­­ca­­traz

Il s’en­­fuit à Memphis pour se rendre à Lascas­­sus, un autre pate­­lin du Tennes­­see, où il vécut dans la famille d’un docteur pendant sept ans. Il trayait les vaches du méde­­cin en échange d’une chambre. En 1929, ce docteur signa un papier attes­­tant du fait que Earl avait l’âge requis, et celui-ci inté­­gra l’ar­­mée. Pour Earl, l’ar­­mée était un moyen de combattre la Grande Dépres­­sion… mais le soldat de deuxième classe John­­son ne devint jamais un grand combat­­tant. Il fut renvoyé de la 28e compa­­gnie d’in­­fan­­te­­rie sans les honneurs, avec le rang de simple soldat, en 1936. Après la fin préma­­tu­­rée de sa carrière mili­­taire, le destin de Earl était tout tracé. Il monta un petit commerce. Il ache­­tait des mitraillettes à des sergents ravi­­tailleurs dans le besoin, traver­­sant le pays depuis l’Il­­li­­nois jusqu’à la fron­­tière sud de la Géor­­gie. Il amas­­sait les armes dans une ruelle de Chicago, derrière la boutique d’un fleu­­riste, et les déchar­­geait de leurs muni­­tions dans des boîtes à roses. Son affaire pros­­péra jusqu’en 1937, où tout s’écroula. Au mois d’août, Earl John­­son fut accusé d’avoir à deux reprises volé des proprié­­tés du gouver­­ne­­ment. Il fut reconnu coupable et condamné à trois ans de déten­­tion provi­­soire sous la coupe du ministre de la Justice. C’est à ce moment de l’his­­toire, sans qu’il le sache ou n’y consente, la vie de Earl John­­son commença pour de bon. Entre 1937 et 1973, Earl John­­son fut reconnu coupable de neuf crimes et condamné à 30 ans de réclu­­sion crimi­­nelle. Certaines condam­­na­­tions venaient prolon­­ger les précé­­dentes, quand il en purgea d’autres telles quelles dans leur inté­­gra­­lité. En tout, Earl passa plus de 21 ans (dans la fleur de l’âge) derrière les barreaux. Pendant ces deux décen­­nies, Earl John­­son fut connu sous 12 noms diffé­­rents. Les cinq premiers étaient 4724, 6393, 56139, 58972 et 62268. Pour chacun de ces 21 Noëls, un garde lui donnait un sac de papier rempli de berlin­­gots, comme le faisaient les sœurs lorsqu’il était à St Peter. Earl reçut sa première lettre fin 1949 dans la prison de Leaven­­worth, et sa première visite en 1962, laquelle dura une demi-heure. ulyces-alcatrazjohnson-03Ces années eurent une influence profonde sur la personne d’Earl John­­son. À sa sortie de prison en 1973, il était âgé 63 ans. Il se traî­­nait une vilaine une bron­­chite asth­­ma­­ti­­forme, de l’em­­phy­­sème, une fibrose pulmo­­naire et du diabète. Il s’at­­ten­­dait à mourir peu de temps après. Earl se souve­­nait de beau­­coup de choses, toutes situées dans un cadre composé de quatre murs de béton avec une tourelle à chaque coin. La descrip­­tion du lieu peut sembler sommaire compte tenu du temps qu’il y a passé, mais il était le premier à dire que c’était tout ce qu’il en rete­­nait. « J’ai perdu », disait-il. « C’est comme si c’était écrit dès le début. Je suis né au mauvais endroit, au mauvais moment et je n’ai pas cher­­ché à chan­­ger. Je suis ce qu’on peut appe­­ler une victime circons­­tan­­cielle. »

Le train de Capone

Tout au long de ces années, Earl ne fit jamais quoi que ce soit pour servir sa propre cause. Du jour où il péné­­tra les murs de la prison, son jeune esprit se trou­­blait alors que des croûtes, stig­­mates d’af­­fron­­te­­ments à coups de poing, appa­­rais­­saient sur ses phalanges. Ces remparts faisaient tres­­saillir ses muscles et fris­­son­­ner sa peau. C’était au péni­­ten­­cier fédé­­ral de Lewis­­burg, entouré par 12 mètres de briques, de pierres et de fusils à gros calibre. À cette époque, Lewis­­burg était connu pour être un lieu impi­­toyable, parti­­cu­­liè­­re­­ment en hiver. Lorsque la neige recou­­vrait les cours béton­­nées, personne n’était auto­­risé à sortir dehors. Pour passer d’un bâti­­ment à l’autre, il fallait traver­­ser des tunnels souter­­rains. Dans ces tunnels s’ap­­pliquait une étiquette qui n’était valable nulle part ailleurs : si vous rencon­­triez un garde isolé, vous pouviez le tabas­­ser en toute impu­­nité sans qu’il dise un mot, et les gardes pouvaient faire de même avec vous. Earl ajusta très vite son compor­­te­­ment en consé­quence. Le mois de mars n’était pas encore arrivé qu’il avait assisté à un premier meurtre. Au cœur du drame, il y avait Sam Dorsey, un ami irlan­­dais de Earl qui venait de Chicago. Un matin, Dorsey se fit tabas­­ser et violer par un vieux détenu. Assoiffé de vengeance, il rassem­­bla un groupe d’amis pour se faire justice. Après le déjeu­­ner, ils coin­­cèrent le coupable de l’agres­­sion dans le tunnel pour l’y battre à mort à coups de poings. Earl et cinq autres prison­­niers furent suspec­­tés, mais aucune charge ne fut rete­­nue contre eux. Pendant la durée de l’enquête, ils avaient tous été enfer­­més dans le Trou.

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Une des cellules du trou

Le Trou était composé de douze cellules d’1,50 m sur 2,10 m, les toilettes à même le sol. Il n’y avait pas de chauf­­fage, pas de lit, juste une couver­­ture pour passer les nuits. Il faisait –15°C dehors, si bien que du givre se formait sur les murs. Les rési­­dents du Trou étaient nour­­ris chaque jour d’un bol de chou et d’éplu­­chures de carottes, accom­­pa­­gné de deux litres d’eau. Tous les trois jours, ils avaient le droit au même repas que les autres prison­­niers. Après 42 jours de déten­­tion dans le Trou, c’est un Earl rendu encore plus amer par ce séjour qui rega­­gna la couchette de sa cellule habi­­tuelle. Cette amer­­tume scella le futur du prison­­nier. L’hi­­ver suivant, il était de retour dans le Trou. Cette fois-ci, c’était à cause d’une bagarre dans le réfec­­toire. Personne n’avait été blessé, mais un prison­­nier mourut d’une crise cardiaque pendant la rixe. 18 personnes ayant été prises dans le feu de l’ac­­tion furent enfer­­mées, accu­­sées d’as­­sas­­si­­nat et de complo­­ter en vue de créer des émeutes. Joe Lynch fut le seul à être condamné à 20 années de réclu­­sion supplé­­men­­taires. Le reste des hommes furent envoyés dans les péni­­ten­­ciers les plus isolés, leur dossier marqué de la mention « dange­­reux », avec l’obli­­ga­­tion d’être sépa­­rés les uns des autres. Earl et six autres déte­­nus furent envoyés à Alca­­traz. Dans la cour de Lewis­­burg, cette prison qu’on appe­­lait The Rock faisait office de légende pour un voleur de bas étage comme Earl. Elle fut pour lui ce qui se rappro­­cha le plus de la célé­­brité. À comp­­ter du jour où il mit les pieds à Alca­­traz, Earl rencon­­tra de nombreuses  personnes dont on parlait dans les jour­­naux. Si lui-même ne goûta jamais vrai­­ment à la noto­­riété, il côtoya néan­­moins quelques personnes célèbres au cours de sa vie. Tandis qu’Al Capone était en train d’être trans­­féré d’Al­­ca­­traz vers Termi­­nal Island, Earl faisait route vers l’ouest dans un véhi­­cule péni­­ten­­tiaire. Les derniers grands noms restés sur The Rock étaient Alvin Karpis et Machine Gun Kelly, lesquels avaient tout un coin de la cour rien qu’à eux. Earl enten­­dit des gens chucho­­ter leurs noms à son arri­­vée, et il ne mit pas long­­temps à les connaître en personne. C’est de Karpis qu’il fut le plus proche. Ils marchaient ensemble dans la cour. Le prin­­ci­­pal sujet de discus­­sion de Karpis était sa grande peur de mourir en prison. Quand cette pensée lui traver­­sait l’es­­prit, il semblait que sa tête était sur le point d’ex­­plo­­ser. Plus que tout au monde, il voulait mourir libre. Et il avait de bonnes raisons de s’inquié­­ter : son dossier indiquait « 30 ans », et le gouver­­ne­­ment semblait bien déter­­miné à appliquer cette peine jusqu’au bout.

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Alvin « Creepy » Karpis

Quand il braquait des banques avec Ma Barker, le maga­­zine Time avait quali­­fié Alvin Karpis de creepy (« flip­­pant »), et le surnom lui était resté. Creepy Karpis était devenu l’en­­nemi public numéro un après avoir été mêlé au kidnap­­ping d’un banquier de Minnea­­po­­lis. Le FBI pour­­chassa Karpis pendant trois ans. Ils avaient bien failli le coin­­cer à Atlan­­tic City, mais il s’en était sorti en jouant de son flingue. Sept mois plus tard, il écri­­vit une lettre adres­­sée person­­nel­­le­­ment à J. Edgar Hoover, menaçant de lui faire explo­­ser le cul s’il en avait l’oc­­ca­­sion. Cette menace ne fut jamais mise à exécu­­tion. En mai 1936, Karpis fut arrêté alors qu’il sortait d’un immeuble de la Nouvelle-Orléans, sans aucun coup de feu tiré. Hoover affréta un avion pour coffrer lui-même Creepy à New York. « Karpis préten­­dait qu’on ne l’au­­rait jamais vivant », déclara Hoover à la presse, « et pour­­tant on l’a chopé sans un coup de feu. Le voilà cata­­lo­­gué comme un sale rat frous­­sard. Il était mort de trouille. » Dans ce temps-là, les joues de J. Egdar ne trem­­blaient pas quand il parlait. Derrière les flashs des photo­­graphes, il ressem­­blait à un piège à ours. La même semaine, Karpis était foutu, condamné. Hoover, quant à lui, obtint sa première promo­­tion de la part du Congrès. Parfois, Karpis levait le visage vers le ciel, humant l’air marin, et parlait de J. Egdar. Il prononçait son nom comme s’il le crachait. « Ce fils de pute est un trouillard », disait-il. « Un trouillard fini. Et c’est un porc, un pervers sexuel. Regarde-le. Il s’est jamais marié et il vit entouré de jeunes agents du FBI. Pas besoin d’être un génie pour devi­­ner ce qui se passe. Oh non, monsieur, j’ai pas besoin d’être un génie. » Earl John­­son ne resta pas long­­temps à Alca­­traz. Le direc­­teur asso­­cié de la prison décréta que sa peine était trop courte pour la purger dans une cage si étroite, et il promit de l’en­­voyer à l’est dans le train à partir en automne. Inutile de préci­­ser que Earl n’al­­lait pas faire le voyage dans le Santa Fe Chief, ce train aux wagons luxueux, connu pour effec­­tuer des trajets entre Chicago et Los Angeles avec à son bord des célé­­bri­­tés de l’époque. Si de nos jours les prison­­niers sont dépla­­cés en bus, à l’époque ils étaient trans­­fé­­rés dans de vieux wagons, dans lesquels ils étaient ballot­­tés à travers l’Amé­­rique, sans savoir ce qui les atten­­dait alors qu’ils passaient un embran­­che­­ment pour prendre la direc­­tion du trou du cul du Kansas. Ce type de wagons compor­­tait une sorte de cage entou­­rant chaque porte, pour proté­­ger les gardes, et des bancs sur lesquels les prison­­niers s’as­­seyaient par deux. Ils étaient enchaî­­nés l’un à l’autre par le poignet et la jambe, chacun retenu en plus par une chaîne atta­­chée à un anneau de métal fixé dans le sol. Seule une de leur main était lais­­sée libre pour qu’ils puissent manger. Ils étaient assis au meilleur endroit pour profi­­ter des gron­­de­­ments des rails. Quand le convoi prit le départ, Earl était la brebis galeuse du voyage, enchaîné à lui-même. Il circu­­lait une rumeur selon laquelle ils devaient prendre un prison­­nier supplé­­men­­taire en chemin. Et en effet, le train fit une halte lorsqu’il croisa une Oldsmo­­bile, une demi-jour­­née après leur départ d’Al­­ca­­traz. Le flic libéra Earl des menottes et des chaînes qu’il avait en trop, et lui demanda de lais­­ser de la place sur son banc. Au son du claque­­ment des portes, des murmures réson­­nèrent d’un bout à l’autre du train. Le gars derrière Earl, un latino origi­­naire de Chicago, l’in­­ter­­pella d’un coup de coude. « Hey, John­­son », chuchota-t-il. « Ils vont t’at­­ta­­cher à Al Capone. » Earl se tourna pour voir, c’était vrai. Le Big Man en personne traver­­sait le couloir. Ses mouve­­ments étaient lents, et ses larges épaules lui donnaient l’al­­lure d’un cornet de glace deux boules. Il s’as­­sit côté fenêtre.

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Al Capone à son arri­­vée à Termi­­nal Island

La scène se déroula fin 1939, à une époque où la syphi­­lis avait plus ou moins grillé le cerveau d’Al Capone. Il sursau­­tait au moindre bruit et bavait dans son sommeil. Ses conver­­sa­­tions étaient toujours intel­­li­­gibles, mais il n’adressa presque pas la parole à Earl. Les seuls mots qu’il lui adressa furent pour lui deman­­der, à trois reprises, s’il avait l’in­­ten­­tion d’es­­sayer de s’en­­fuir. Capone était persuadé que les flics cher­­chaient une excuse pour l’abattre pendant qu’il n’était pas en cellule. Il ne voulait pas que Earl entraîne Capone dans un cercueil. Cette ques­­tion mise à part, il discu­­tait avec le latino assis derrière Earl. « Hey, M’sieur Capone », dit le latino. « Sur le Rock, on dit que vous avez planqué un gros paquet d’argent avant qu’ils vous sortent de là. » « Ouais », répon­­dit Capone, « pas loin de 100 000 dollars. Sans doute empor­­tés par les vagues à l’heure qu’il est. » Il se tut pour réflé­­chir un instant. « P’t’être ben », finit-il par ajou­­ter avant de se taire à nouveau, et d’ex­­pul­­ser de son nez un jet de morve vers le coin du wagon. « Ça vous aurait servi à quoi tout ce magot en prison ? » demanda le latino. Pour toute réponse, Capone éclata d’un rire rauque en agitant les mains. Un jour et demi plus tard, à un embran­­che­­ment, le Big Man descen­­dit du train pour être conduit jusqu’à Lewis­­burg dans une Ford, en pleine nuit. Deux heures après le départ de Capone, tous les autres furent embarqués dans un fret direc­­tion l’est. « Prochain arrêt, Leaven­­worth, Kansas », ricana le garde.

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COMMENT JOHNSON EST DEVENU L’AMI D’UN ESPION RUSSE ET L’ENNEMI DE LA MAFIA

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Traduit de l’an­­glais par Marie Le Breton d’après l’ar­­ticle « Tales From the Big House: Al Capone and Other Alca­­traz Cons », paru dans Rolling Stone. Couver­­ture : Alca­­traz. Créa­­tion graphique par Ulyces.


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