par Jake Simkin | 31 août 2015

Alors que l’em­­bar­­ca­­tion de bois surchar­­gée accos­­tait au quai de Makha, une ville portuaire du Yémen, deux pick-ups ont surgi, surmon­­tés de grosses mitrailleuses russes appe­­lées Douchka, poin­­tées droit sur nous. Ce n’était pas tout à fait l’ac­­cueil que j’avais espéré. Je pensais, et c’était aussi l’avis de l’ONU, que les rebelles houtis ne se trou­­vaient pas à Makha. J’ai juré entre mes dents – et merde ! – alors que je ramas­­sais mon maté­­riel photo­­gra­­phique, me prépa­­rant à débarquer. Bien­­ve­­nue au Yémen.

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Une maison détruite par un bombar­­de­­ment saou­­dien
Crédits : Ibra­­hem Qasim

16 heures

En janvier, le gouver­­ne­­ment du Yémen est tombé aux mains des Houthis, un groupe musul­­man à prédo­­mi­­nance chiite, soutenu, dit-on, par l’Iran. Le groupe nie, pour sa part, rece­­voir ses ordres de Téhé­­ran. L’évé­­ne­­ment a été perçu comme une menace par l’Ara­­bie Saou­­dite et les pays sunnites voisins, qui ont formé une coali­­tion et entamé une campagne de bombar­­de­­ment sur la capi­­tale, Sana’a, et sur Aden, un port où les Houthis ont été confron­­tés à une résis­­tance armée. Peu de temps après, j’ai cher­­ché le moyen de péné­­trer au Yémen : je voulais comp­­ter parmi les premiers jour­­na­­listes à couvrir le conflit. Ma collègue Lind­­sey Snell, qui travaille pour Voca­­tiv, s’est occu­­pée des visas. Elle était en contact avec un fixeur présent sur le terrain qui récla­­mait des sommes exor­­bi­­tantes pour orga­­ni­­ser notre voyage dans le pays. Je me trou­­vais à Istan­­bul, mettant à profit mes rela­­tions avec les asso­­cia­­tions huma­­ni­­taires et les repré­­sen­­tants des Nations Unies pour entrer au Yémen. Cela faisait plus d’une semaine que nous nous déme­­nions pour y parve­­nir. Les mails se succé­­daient. La seule solu­­tion, semblait-il, était de nous rendre à Djibouti, d’où partaient les bateaux des orga­­ni­­sa­­tions huma­­ni­­taires vers le Yémen. Malheu­­reu­­se­­ment, je n’ai jamais pu obte­­nir d’in­­for­­ma­­tions fiables sur leur départ avant de lire des commu­­niqués de presse sur le sujet – bien après. Nous avons discuté de la loca­­tion d’un bateau, mais cela aurait été coûteux et diffi­­cile à justi­­fier sur ma note de frais de jour­­na­­liste free­­lan­­ce… Les conflits, ces temps-ci, sont de plus en plus couverts par des jour­­na­­listes indé­­pen­­dants comme moi, car les grands médias rechignent devant les coûts et les dangers que repré­­sente l’en­­voi de leur propre staff.

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Un passeur yémé­­nite sur le bateau
Crédits : Jake Simkin

Par la suite, nous avons appris que le Programme alimen­­taire mondial des Nations Unies (PAM) orga­­ni­­se­­rait des vols entre Djibouti et Sana’a. Nous avons pris un vol de nuit d’Is­­tan­­bul à Djibouti, en voya­­geant léger. Djibouti est un petit État afri­­cain, ancienne colo­­nie française du temps où les puis­­sances étran­­gères affir­­maient des droits sur la corne de l’Afrique. Il revient cher d’y séjour­­ner, prin­­ci­­pa­­le­­ment car beau­­coup de pays étran­­gers, notam­­ment les États-Unis, y ont des bases mili­­taires. À mon arri­­vée, après l’at­­ter­­ris­­sage, j’ai pu voir des drones entre­­po­­sés dans des hangars bordant la piste. La BBC, Sky News, le Los Angeles Times et le New York Times étaient déjà là. Nous avons attendu à l’aé­­ro­­port le vol pour Sana’a, en somno­­lant sur des chaises. Plus de quatre heures sont passées, et toujours aucun signe de notre avion. Nous avions le moral en berne, et Candy Crush ne nous était plus d’au­­cun secours pour tuer le temps. Fina­­le­­ment, George, le coor­­don­­na­­teur du PAM, a annoncé qu’ils ne pouvaient plus nous emme­­ner. Je me suis rensei­­gné auprès de Méde­­cins sans fron­­tières et de la Croix-Rouge afin de trou­­ver une nouvelle solu­­tion. Fina­­le­­ment, un membre de l’équipe de Méde­­cins sans fron­­tière m’a confié que les auto­­ri­­tés saou­­diennes surveillaient les passa­­gers des avions et bateaux. Si un jour­­na­­liste les accom­­pa­­gnait, l’en­­trée du pays serait refu­­sée aux ONG.

La traver­­sée dure­­rait envi­­ron 16 heures – 16 heures éprou­­vantes sous le soleil équa­­to­­rial.

L’Ara­­bie Saou­­dite coupait au Yémen l’ac­­cès à l’eau, à l’élec­­tri­­cité, à la nour­­ri­­ture, au gaz et au maté­­riel médi­­cal. Appa­­rem­­ment, leur stra­­té­­gie consis­­tait à affa­­mer une popu­­la­­tion de 26 millions de personnes afin qu’elle se retourne contre le nouveau gouver­­ne­­ment houthi. Nous étions alors à la mi-mai. Nous avons réalisé quelques repor­­tages sur la crise des réfu­­giés, tout en cher­­chant d’autres moyens de nous rendre au Yémen. Des centaines de Yémé­­nites déten­­teurs de la citoyen­­neté améri­­caine tentant de fuir vers les États-Unis s’en­­tas­­saient dans un vaste entre­­pôt situé sur les quais, en atten­­dant un moyen de trans­­port pour quit­­ter Djibouti. C’est là qu’ils nous ont dit qu’ils étaient parve­­nus à prendre un bateau au Yémen, un grand boutre qui les avait trans­­por­­tés jusqu’à Djibouti. La traver­­sée dure­­rait envi­­ron 16 heures – 16 heures éprou­­vantes sous le soleil équa­­to­­rial.

La douane

Nous nous sommes mis en quête d’un bateau et nous en avons trouvé un qui trans­­por­­tait du bétail vers le Yémen. Dans un piteux arabe, j’ai demandé s’il pouvait nous prendre, et le capi­­taine a acquiescé. Malheu­­reu­­se­­ment, Voca­­tiv désap­­prou­­vait le voyage, à cause des risques encou­­rus. Mais si Lind­­sey s ‘expo­­sait à perdre son travail, je n’étais pour ma part qu’un pigiste free­­lance travaillant pour eux. « Vas-y », m’a dit Lind­­say. « Il faut que quelqu’un y aille. » Elle m’a donné de l’argent pour m’ai­­der à payer le voyage et j’ai arrangé le passage. C’est là que les choses se sont compliquées. J’avais promis à une ONG d’ap­­por­­ter du maté­­riel de commu­­ni­­ca­­tion et des panneaux solaires à Aden pour les aider à monter un centre où ensei­­gner les médias. Il pouvait paraître quelque peu suspect de trans­­por­­ter un émet­­teur radio dans une zone de guerre, mais j’étais sûr de pouvoir réus­­sir. En atten­­dant le bateau, j’ai observé toute la nuit les vaches hissées sur le boutre au moyen d’une grue. Les auto­­ri­­tés de Djibouti ne voulaient pas que j’em­­barque et refu­­saient de tampon­­ner mon passe­­port à la sortie. Heureu­­se­­ment, elles ont fini par céder.

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Un homme yémé­­nite et son fils dans le camp de réfu­­giés d’Obock
Crédits : Jake Simkin

Plusieurs Yémé­­nites avaient pris ce même bateau. Certains avaient séjourné à Obock, un camp de réfu­­giés établi par les auto­­ri­­tés de Djibouti et le Haut-Commis­­sa­­riat des Nations Unies pour les réfu­­giés. Le camp n’avait pas d’élec­­tri­­cité, il y régnait une chaleur insup­­por­­table sous des nuages de pous­­sière brûlants, et les équi­­pe­­ments de toutes sortes faisaient défaut. Les réfu­­giés yémé­­nites m’ont dit qu’ils préfé­­raient rentrer chez eux et risquer la mort dans leur pays plutôt que de rester dans le camp de réfu­­giés. Quand le bateau surchargé a levé les voiles, les Yémé­­nites m’ont donné du khat à mâcher, en me disant que cela aide­­rait à suppor­­ter le long voyage. Le khat est une plante très addic­­tive qui pousse dans la corne de l’Afrique et qui, quand on la mâche, stimule comme une amphé­­ta­­mine. Les hommes s’as­­semblent et mâchent pendant des heures. Appa­­rem­­ment, il faut trois heures avant que les effets se fassent sentir, et une accou­­tu­­mance est néces­­saire pour en tirer les béné­­fices. J’ai mâché, mâché, et j’ai fini par éprou­­ver une certaine exci­­ta­­tion, comme lorsqu’on boit beau­­coup de café. Les hommes yémé­­nites ne taris­­saient plus sur les multiples effets béné­­fiques de la drogue : suppres­­sion de l’ap­­pé­­tit, perte de poids, meilleure concen­­tra­­tion et plus grande vita­­lité sexuelle. Nous mâchions sans cesse. Au bout de seize heures, nous avons atteint le port, où nous avons été accueillis par les Houthis qui condui­­saient les deux pick-ups surmon­­tés de Douch­­kas. J’ai été saisi d’une légère crainte, mais j’étais habi­­tué à ce genre de choses. J’ai couvert des conflits en Soma­­lie, au Soudan, en Afgha­­nis­­tan, au Pakis­­tan et en Syrie. J’ai rencon­­tré des rebelles, des chefs de guerre, des trafiquants et des voleurs. Je peux faire face à la situa­­tion, ai-je pensé. Les Houthis ont fouillé tous mes bagages ; les panneaux solaires et l’émet­­teur leur posaient problème. Je les enten­­dais marmon­­ner. J’ai souri et adopté un air stupide. La meilleure chose à faire dans une telle situa­­tion, c’est de faire l’idiot et d’être sincè­­re­­ment amical, même si les agres­­seurs se montrent irri­­tés, de leur serrer la main et de les saluer. Personne n’aime les petits malins. Nous nous sommes rendus au bureau de douane. Le gouver­­neur de Makha allait arri­­ver ; les gens s’in­­ter­­ro­­geaient en murmu­­rant sur la façon dont un étran­­ger avait pu traver­­ser la mer. Je maîtrise mal l’arabe, mais j’avais des contacts à Aden et Sana’a. Les rebelles étaient abso­­lu­­ment sûrs que l’émet­­teur radio était destiné à la résis­­tance d’Aden, et non à une station de radio néces­­saire aux habi­­tants.

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Une enfant atten­­dant d’em­­barquer, sur le port de Djibouti
Crédits : Jake Simkin

J’ai entendu le clique­­tis d’une arme qu’on charge. Certains Houthis armés de Kala­ch­­ni­­kov m’ont accusé de soute­­nir Abd Rabo Mansour Hadi, le président déchu, en exil en Arabie Saou­­dite depuis janvier. « Pourquoi est-ce que je ferais une chose pareille ? » ai-je répondu. « Ce n’est pas mon pays. Je suis venu pour racon­­ter votre histoire. » Les Houthis ont fini par me lais­­ser partir, mais seule­­ment après que je leur ai montré les papiers prou­­vant que j’avais la permis­­sion de me trou­­ver au Yémen. Notre fixeur à Sana’a avait préparé des papiers pour Lind­­sey et moi, mais ils indiquaient de manière erro­­née que j’étais autri­­chien, et non austra­­lien. Ils ont demandé où était Lind­­sey, et pourquoi il y avait une faute d’or­­tho­­graphe sur la lettre. Elle était adres­­sée au consu­­lat du Yémen en Turquie. Ils auraient voulu qu’elle leur soit adres­­sée, à eux. Ques­­tions et réponses se succé­­daient. Ils deman­­daient une sorte de sauf-conduit, et je n’avais aucune idée de l’en­­droit où j’étais censé le trou­­ver. Les gardes m’ont envoyé au bureau d’un agent des douanes portuaires appelé Nasser. Je devais rester en déten­­tion dans son bureau jusqu’à ce que l’af­­faire soit réglée. Les Houthis ont confisqué mes appa­­reils photo et mes ordi­­na­­teurs, mais m’ont laissé mon iPhone. Nasser n’était pas un Houthi, c’était un civil qui avait réussi, d’une manière ou d’une autre, à conser­­ver son emploi quand les Houthis s’étaient empa­­rés de Makha. Il était amical et parlait un anglais correct. Il m’a offert du khat. J’avais faim, aussi ai-je décidé de me montrer amical envers Nasser. Après tout, il pouvait s’avé­­rer une bonne source d’in­­for­­ma­­tions et m’ai­­der à me sortir de cette épreuve. Et, surtout, c’était lui qui avait le mot de passe pour le Wi-Fi.

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Des rebelles houthis mâchant le khat
Crédits : Jake Simkin

Sharaff al-Mahdi

Une fois en ligne, j’ai contacté tous ceux qui pouvaient m’ai­­der à me sortir de cette situa­­tion. Ce ne serait pas facile, en parti­­cu­­lier parce que j’étais dans une zone de guerre et que les règles et les exigences pouvaient chan­­ger d’une minute à l’autre. J’ai fait ce que j’ai pu, puis je me suis assis pour mâcher du khat avec Nasser et ses amis. Ils ont affecté un Houthi à ma surveillance au cas où je cher­­che­­rais à m’échap­­per. Mon garde mâchait son khat et restais assis dans un coin, indif­­fé­rent, même quand je me suis levé pour sortir et faire quelques pas dans le port. Il savait que même si je voulais m’en­­fuir, il me serait diffi­­cile de négo­­cier une place sur un bateau ou un bus. Nasser a été remplacé par un homme nommé Abdul Rahim, qui m’a parlé du temps d’avant la guerre civile et du fameux café de Makha. J’au­­rais tué pour obte­­nir une tasse de ce café. Il n’y avait pas de nour­­ri­­ture dans le port, et il me faudrait attendre qu’on m’en apporte. Plus tard, les Houthis m’ont donné un gâteau éponge iranien au choco­­lat, rassis, et encore davan­­tage de khat. Il remplaçait le dîner. Mâcher commençait à me faire mal, et je ne sentais plus rien. Fina­­le­­ment, je me suis allongé sur un mate­­las sale et je me suis endormi profon­­dé­­ment.

Mon fixeur récla­­mait une somme extra­­­va­­gante pour venir me cher­­cher au port, et il la voulait d’avance.

Le lende­­main matin, j’es­­pé­­rais que mes contacts aient réussi à arran­­ger les choses. Nasser est revenu avec du café de Makha. Les prix avaient triplé, mais il voulait que je goûte le café qui faisait la renom­­mée de la ville. Il me l’a servi dans un bocal de verre. J’ai déjeuné (et mâché encore du khat) avec les Houthis. Il me fallait les convaincre de me lais­­ser partir, même si je devais aban­­don­­ner mon équi­­pe­­ment. Les Houthis pensaient que je voulais l’ap­­por­­ter au port d’Aden contrôlé par la résis­­tance loyale à Hadi, le président déchu. J’ai contacté mon fixeur ; il récla­­mait une somme extra­­­va­­gante pour venir me cher­­cher au port, et il la voulait d’avance. Quand nous lui avions remis de l’argent d’avance la dernière fois, il ne l’avait pas rendu. J’avais de l’argent sur moi, mais je n’avais aucune envie de m’en sépa­­rer. Je lui ai dit qu’il devrait d’abord passer me prendre, que je lui donne­­rais la moitié à son arri­­vée, et l’autre quand j’at­­tein­­drais Sana’a. Les Houthis permet­­taient que mon fixeur vienne me cher­­cher. Ils m’ont donné un jour de plus, sans quoi je devrais reprendre le bateau pour Djibouti. De nouveau du khat. À ce moment, je n’avais plus envie d’en mâcher, mais c’était l’oc­­ca­­sion de bavar­­der pour en apprendre davan­­tage sur les Houthis. Tous les combat­­tants qui gardaient le port étaient jeunes, entre 16 et 24 ans, la plupart étaient céli­­ba­­taires et peu instruits. J’ai répondu à leurs ques­­tions sur la vie en Occi­dent dans un arabe qui manquait de pratique. Bizar­­re­­ment, les Houthis qui montraient le plus d’in­­té­­rêt pour l’Amé­­rique portaient un T-shirt où était inscrit le slogan offi­­ciel du mouve­­ment : « Dieu est grand, mort à l’Amé­­rique, mort aux juifs, maudits soient les juifs, victoire pour l’Is­­lam. » Il m’a dit qu’il aime­­rait voya­­ger aux États-Unis. Peut-être pas habillé comme ça… Comme souve­­nir de ma visite, il m’a donné vingt auto­­col­­lants portant ce même slogan.

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Le cadeau des Houthis
Crédits : Jake Simkin

Au bout de trois jour, il était clair que mon fixeur m’avait aban­­donné parce que je ne lui avais pas donné l’argent d ‘avance. Le comman­­dant houthi a haussé les épaules et dit que mon fixeur était un « homme mauvais ». Les hommes ont briè­­ve­­ment discuté entre eux et peu après, je me suis retrouvé sur un bateau en direc­­tion de Djibouti. C’est le gouver­­neur qui a payé le passage. Le bateau trans­­por­­tait envi­­ron 200 réfu­­giés. On m’a rendu mes appa­­reils photo et j’ai embarqué sur le bateau bondé. La plupart des réfu­­giés étaient des citoyens améri­­cains, comme Sharaff al-Mahdi, un jeune Yéméno-Améri­­cain qui avait grandi à Cincin­­nati. Tous les réfu­­giés étaient accueillants et m’ont offert des bouteilles d’eau et de soda pour la longue traver­­sée. Ainsi que du khat, que j’ai accepté : le voyage serait long. Nous avons parlé de la vie au Yémen : les temps étaient diffi­­ciles. Il y avait peu d’élec­­tri­­cité, parfois seule­­ment une ou deux heures tous les trois jours, les réserves d’es­­sence étaient au plus bas. Les files d’at­­tente n’en finis­­saient plus de s’al­­lon­­ger. Les Houthis se méfiaient des sunnites et beau­­coup de ces derniers avaient émigré par peur des violences. L’État isla­­mique et Al-Qaïda bloquaient la plupart des routes entre Sana’a et Aden. Mais la plupart fuyaient à cause des bombar­­de­­ments aveugles de l’Ara­­bie saou­­dite. Sharaff tradui­­sait. C’était un gamin super, et sa famille l’en­­voyait aux États-Unis dans l’es­­poir qu’il trouve du travail et puisse faire venir le reste de la famille. Cela faisait des semaines qu’il n’avait pas pris de douche, mais il était gai malgré tout ; tous les réfu­­giés se servaient de l’hu­­mour pour se remon­­ter le moral. Après une traver­­sée agitée de 17 heures, j’ai enfin aperçu les côtes de Djibouti. J’étais trempé de sueur et heureux d’être de retour. J’ai souhaité bonne chance à Sharaff aux États-Unis, en espé­­rant qu’il parvien­­drait à rejoindre ses côtes.

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Un homme et son fils, en partance pour Djibouti depuis le Yémen
Crédits : Jake Simkin

Traduit de l’an­­glais par Karine Laguerre d’après l’ar­­ticle « Down and Out in Djibouti and Yemen », paru dans Roads and King­­doms. Couver­­ture : Sana’a, par Ferdi­­nand Reus.

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