par Jon Mooallem | 16 juillet 2014

Durant l’été 1941, les délé­­gués de la conven­­tion de la Fédé­­ra­­tion Améri­­caine des Astro­­logues Scien­­ti­­fiques, qui se dérou­­lait à Cleve­­land dans l’Ohio, assis­­tèrent à une confé­­rence donnée par un astro­­logue du nom de Louis de Wohl. Cet homme à lunettes d’ori­­gine germano-hongroise, la tren­­taine finis­­sante et plutôt corpu­lent, faisait impres­­sion grâce à un goût vesti­­men­­taire flam­­boyant et des manières assu­­rées. Il captiva l’au­­di­­toire en racon­­tant qu’Hit­­ler opérait sur les conseils « des meilleurs astro­­logues alle­­mands ». Ces derniers avaient fomenté une attaque de l’Al­­le­­magne contre les États-Unis. L’in­­va­­sion, semble-t-il, devait avoir lieu peu après le prin­­temps suivant, une fois que Saturne et Uranus, les deux planètes « malé­­fiques », seraient en Gémeaux, le signe domi­­nant de l’Amé­­rique : « L’Amé­­rique », mit-il en garde, « a toujours subi de graves événe­­ments lorsqu’U­­ra­­nus est en Gémeaux. » De Wohl esti­­mait néan­­moins, en sa qualité de profes­­sion­­nel, que les étoiles lais­­saient présa­­ger pour Hitler un désastre éven­­tuel. « Nous ne pouvons prédire la date de sa défaite », dit-il, « mais si les États-Unis entrent en guerre avant le prin­­temps prochain, il est condamné. » Ce que personne ne réalisa, c’est que le discours de de Wohl était de la propa­­gande pure, en prove­­nance directe du gouver­­ne­­ment britan­­nique qui tentait de faire entrer de force l’ad­­mi­­nis­­tra­­tion Roose­­velt dans la Seconde Guerre mondiale, et ce par tous les moyens possibles. De Wohl était employé par le SOE (Special Opera­­tions Execu­­tive, l’unité de sabo­­tage en temps de guerre), et il avait été envoyé aux États-Unis avec pour instruc­­tions de se présen­­ter en tant qu’as­­tro­­logue de renom, n’ayant aucune connexion avec la Grande-Bretagne, afin de saper la croyance améri­­caine selon laquelle Hitler serait invin­­cible. Comme le roman­­cier d’es­­pion­­nage William Boyd le disait lors d’une inter­­­view à la radio en 2008 : « À l’époque, le Service de sécu­­rité britan­­nique consi­­dé­­rait le peuple améri­­cain bien plus crédule que nous autres Anglais. »

La corro­­bo­­ra­­tion surna­­tu­­relle des prédic­­tions de de Wohl fit le tour du monde.

La visite de de Wohl à Cleve­­land faisait partie d’une tour­­née natio­­nale de confé­­rences et de débats média­­ti­­sés. Il fut inter­­­viewé par le New York Sun, qui écri­­vit un article inti­­tulé « Un voyant prédit un complot visant à tuer Hitler ». On y détaillait les prédic­­tions de de Wohl selon lesquelles Hitler serait « tué dans l’an­­née ». Dans une inter­­­view avec le New York Sunday News, titrée « L’as­­tro­­nome d’Hit­­ler prédit la fin de son rayon­­ne­­ment céleste », de Wohl révéla qu’il avait mis la main sur une lettre écrite par l’as­­tro­­logue le plus respecté par Hitler, Karl Ernst Krafft, dans laquelle celui-ci confes­­sait que d’après lui, Hitler ne gagne­­rait pas la guerre et que, de fait, il « dispa­­raî­­trait soudai­­ne­­ment ». Le Los Angeles Times publia en première page un rapport sur les prévi­­sions de de Wohl, dont la plus impor­­tante était qu’à moins que l’Amé­­rique ne joigne l’ef­­fort de guerre contre les Nazis, l’Al­­le­­magne enva­­hi­­rait le pays en passant par le Brésil. De Wohl ne se garda pas de faire d’autres prédic­­tions à court terme. Il annonça qu’un allié impor­­tant d’Hit­­ler, qui n’était ni un Alle­­mand ni un Nazi, allait deve­­nir fou sous dix jours. Et voilà que la presse rappor­­tait que l’Ami­­ral Georges Robert, un haut commis­­saire de Vichy qui offi­­ciait dans les Antilles françaises, avait perdu l’es­­prit et qu’on l’en­­ten­­dait crier et hurler toutes les nuits. La corro­­bo­­ra­­tion surna­­tu­­relle des prédic­­tions de de Wohl fit le tour du monde : un jour­­nal cairote publia même plusieurs prophé­­ties d’un astro­­logue égyp­­tien qui – étran­­ge­­ment – corres­­pon­­daient à la descrip­­tion de la chute d’Hit­­ler faite par de Wohl. D’autres visions, celles d’un prêtre nigé­­rien et d’un astro­­nome sierra-léonais, prévoyaient le même cours des événe­­ments. Sans surprise, le public commença à croire de Wohl ; ils ne pouvaient savoir que les rapports de presse avaient été volon­­tai­­re­­ment semés par les Anglais et que la lettre de Kraft était un faux. Les Améri­­cains étaient moins scep­­tiques qu’aujourd’­­hui au sujet de l’as­­tro­­lo­­gie, comme le laisse penser la faci­­lité avec laquelle les prédic­­tions de de Wohl furent reprises avec crédu­­lité par les médias. Et ce dernier fit tout pour : la mort d’Hit­­ler était assu­­rée, affirma-t-il lors d’une confé­­rence de presse à New York. Elle se produi­­rait lorsque Neptune entre­­rait dans sa maison de mort, au moment même où la progres­­sion de son Ascen­­dant rejoin­­drait sa Neptune natale, ce qui serait provoqué par la tran­­si­­tion d’Ura­­nus. Il ajouta que le fait qu’Hit­­ler fût alarmé par une prédic­­tion aussi certaine de sa mort – puisqu’il était supposé croire en l’as­­tro­­lo­­gie – consti­­tuait un avan­­tage non-négli­­geable.


Au service de sa majesté

De Wohl était véri­­ta­­ble­­ment un astro­­logue prati­­cien : dans ses mémoires parues en 1937, I Follow My Stars, il décrit un point déter­­mi­­nant de sa vie lorsque, jeune roman­­cier à Berlin, il rencon­­tra un homme dont l’ha­­bi­­leté à produire des horo­­scopes exacts était si confon­­dante que de Wohl se plon­­gea lui aussi dans l’étude de l’as­­tro­­lo­­gie. Le ton conti­­nuel­­le­­ment joyeux et confiant du texte, lequel dépeint de Wohl comme un coura­­geux aven­­tu­­rier débor­­dant d’éner­­gie – il affirme avoir écrit son premier roman à l’âge de 21 ans en seule­­ment quelques semaines, alors qu’il se remet­­tait d’une mala­­die – laisse planer le doute quant à sa « conver­­sion » à l’as­­tro­­lo­­gie : était-elle sincère ou ne s’agis­­sait-il que d’une oppor­­tu­­nité finan­­cière, de la pers­­pec­­tive d’une promo­­tion sociale ? Quoi qu’il en soit, après avoir quitté l’Al­­le­­magne en 1935 – une néces­­sité compte tenu de ses origines juives –, de Wohl s’ins­­talla à Londres et se forgea une solide répu­­ta­­tion de voyant au sein de cercles puis­­sants. Il put bien­­tôt vendre ses horo­­scopes 30 guinées pièce (plus de 1000$ actuels).

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L’es­­pion
Crédits : StudioCa­­nal

La nature de sa clien­­tèle, parmi laquelle des diplo­­mates étran­­gers et du person­­nel mili­­taire, attira bien­­tôt l’at­­ten­­tion du MI5. Des offi­­ciers supé­­rieurs des services de rensei­­gne­­ment déci­­dèrent qu’il pour­­rait être utile de le recru­­ter. « Comme il est souvent d’un inté­­rêt consi­­dé­­rable de connaître la clien­­tèle d’un astro­­logue, ainsi que les motifs de ces consul­­ta­­tions », écri­­vit le Major Gilbert Lennox dans une lettre adres­­sée au bureau mili­­taire du MI5, « et qu’il est parfois plus inté­­res­­sant encore d’en­­tendre les conseils donnés par les étoiles, j’ai conclu un arran­­ge­­ment privé grâce auquel j’ai été person­­nel­­le­­ment informé du nom et d’autres détails concer­­nant les clients de Louis. » Pendant ce temps, de Wohl tentait de persua­­der le pouvoir en place de la dimen­­sion vitale que sa contri­­bu­­tion pour­­rait revê­­tir dans l’ef­­fort de guerre : il affir­­mait que l’en­­semble des dates corres­­pon­­dant aux mouve­­ments mili­­taires d’Hit­­ler étaient liées à des acti­­vi­­tés astro­­lo­­giques. Il proposa de lire les horo­­scopes du Führer et de ses sbires, affir­­mant qu’il pouvait repro­­duire n’im­­porte quel avis astro­­lo­­gique que le Troi­­sième Reich rece­­vait. Ainsi, il pour­­rait obte­­nir un aperçu fort utile de leur stra­­té­­gie mili­­taire, haute­­ment impré­­vi­­sible. Chargé de cette tâche douteuse, de Wohl s’ins­­talla seul en tant que dépar­­te­­ment : le « Bureau de Recherche Psycho­­lo­­gique » occu­­pait plusieurs chambres à l’Hô­­tel Gros­­ve­­nor House, sur Park Lane, où de Wohl prépa­­rait des rapports astro­­lo­­giques sur des hauts-fonc­­tion­­naires mili­­taires alle­­mands.

À son zénith

Selon Ellic Howe, qui à l’époque était employé par le PWE (Poli­­ti­­cal Warfare Execu­­tive, une unité de propa­­gande clan­­des­­tine ratta­­chée au Bureau des Affaires étran­­gères), personne ne prit les rapports de de Wohl au sérieux. Cepen­­dant, ils réali­­sèrent que ses connais­­sances astro­­lo­­giques pour­­raient être un instru­­ment de propa­­gande tout à fait viable. L’un de leurs projets était la « résur­­rec­­tion » d’un maga­­zine astro­­lo­­gique alle­­mand disparu, Zenit, qui devait être édité par de Wohl et distri­­bué en Alle­­magne « de façon subtile ». Sous la super­­­vi­­sion du chef du PWE, Sefton Delmer, le maga­­zine professa des prédic­­tions sur-mesure afin d’ef­­frayer les forces alle­­mandes. À titre d’exemple, un glorieux comman­­dant naval alle­­mand, Rein­­hard Suhren, était présenté comme ayant un horo­­scope si chan­­ceux que ses subor­­don­­nés n’au­­raient pas à faire face au danger tant qu’ils se trou­­ve­­raient « person­­nel­­le­­ment proches de sa personne ». Cepen­­dant, Suhren fut vite promu et muté hors de son navire – un détail duquel les services de rensei­­gne­­ment anglais avaient sans doute été aver­­tis. Le sixième et dernier article de Zenit révéla égale­­ment que des leaders SS trahi­­raient bien­­tôt Hitler. Lee Richards, dans son livre Black Art : British Clan­­des­­tine Psycho­­lo­­gi­­cal Warfare Against the Third Reich, cite Delmer qui évoque ici son expé­­rience de travail avec de Wohl : « Alors que j’avançais nerveu­­se­­ment mon inter­­­pré­­ta­­tion de ce que j’es­­pé­­rais que les étoiles disaient, il me regarda en fronçant les sour­­cils avec une terri­­fiante féro­­cité, comme s’il me repro­­chait mon cynisme héré­­tique. Puis il attrapa une poignée de cartes astro­­lo­­giques de son secré­­taire Chip­­pen­­dale et effec­­tua de rapides calculs astraux. Cela fait, il se tourna à nouveau vers moi. Son fron­­ce­­ment de sour­­cils s’était entre-temps changé en un sourire condes­­cen­­dant. Adop­­tant l’at­­ti­­tude d’un maître s’adres­­sant à un néophyte promet­­teur, il dit dans un anglais teinté d’ac­cent berli­­nois guttu­­ral : « Comment fais-tu cela mon ami ? C’est tout à fait extra­­or­­di­­naire. Il y a quelque chose de très juste dans ce que tu dis… » Alors s’en­­sui­­vait un jargon qui me parais­­sait abso­­lu­­ment incom­­pré­­hen­­sible, à propos des constel­­la­­tions, de leurs aspects, de leurs signes et ainsi de suite. Mais je devais conser­­ver la plus neutre des expres­­sions lorsque j’adres­­sais mes sugges­­tions. Mon astro­­logue insis­­tait toujours sur le fait qu’en aucun cas il ne pros­­ti­­tue­­rait son savoir sacré à des fins de subver­­sion, malgré son dégoût pour Hitler et tout ce en quoi il croyait. C’était simple­­ment le fruit d’une coïn­­ci­­dence heureuse si ce que je suggé­­rais coïn­­ci­­dait si souvent avec ce que les étoiles disaient en effet. »

De Wohl, qui n’était pas le plus modeste des hommes, pouvait se vanter du fait que ses prédic­­tions permet­­taient de vaincre l’en­­nemi.

Le juste dénom­­bre­­ment par Zenit du succès récent des forces navales alliées, qui avaient tendu une embus­­cade à des sous-marins alle­­mands U-boat – ce qui avait été rendu possible, en réalité, par le décryp­­tage du code mili­­taire « Enigma » par le MI5 –, fut parti­­cu­­liè­­re­­ment utile. Cela permit de mettre l’ac­cent sur l’im­­por­­tance de la prise en compte des facteurs astro­­lo­­giques si l’on voulait éviter de donner l’im­­pres­­sion d’une « attrac­­tion presque magique pour les cuiras­­sés et les destroyers enne­­mis ». En effet, un des rôles les plus valo­­ri­­sants de de Wohl pour l’es­­pion­­nage britan­­nique fut de consti­­tuer une couver­­ture quant aux infor­­ma­­tions obte­­nues par l’in­­ter­­cep­­tion de trans­­mis­­sions Enigma, qui étaient utili­­sées par le haut comman­­de­­ment alle­­mand pour trans­­mettre des ordres. Une fois que les cryp­­ta­­na­­lystes du fameux Blet­­chley Park HQ (Head Quar­­ters – Haut Comman­­de­­ment) avaient décrypté le code, il était vital que personne ne soit au courant de l’ou­­til extrê­­me­­ment puis­­sant qu’ils avaient à leur dispo­­si­­tion. Ainsi, lorsque l’in­­for­­ma­­tion passait des services de rensei­­gne­­ment jusqu’aux quar­­tiers de comman­­de­­ment, la source nommée était le Bureau de Recherche Psycho­­lo­­gique de de Wohl – et de Wohl, qui n’était pas le plus modeste des hommes, pouvait se vanter du fait que ses prédic­­tions permet­­taient de vaincre l’en­­nemi.

Recon­­ver­­sion

Ce fut l’odieuse person­­na­­lité de de Wohl qui, fina­­le­­ment, provoqua son évic­­tion des sphères d’in­­fluence dont le pres­­tige le ravis­­sait tant. Il avait même réussi à persua­­der le colo­­nel d’un dépar­­te­­ment des services de rensei­­gne­­ment mili­­taires de lui accor­­der le rang de Capi­­taine d’ar­­mée ; et malgré une promesse de discré­­tion totale à ce sujet, il se « pava­­nait » à Londres, arbo­­rant fière­­ment sa tenue mili­­taire. Une de ses connais­­sances raconta avoir vu de Wohl revê­­tir son « splen­­dide uniforme d’of­­fi­­cier » pour la première fois : « Louis était comme un gosse qui venait de rece­­voir ses cadeaux de Noël. Il se leva, s’as­­sit, se releva, déam­­bula dans la pièce et s’ad­­mira silen­­cieu­­se­­ment dans un large miroir. » (L’amour de de Wohl envers les costumes s’éten­­dait à un penchant pour le traves­­tis­­se­­ment, ainsi que le nota soigneu­­se­­ment son acolyte.) Visi­­ble­­ment inca­­pable d’ob­­ser­­ver la discré­­tion que sa posture requer­­rait, de Wohl fut rapi­­de­­ment consi­­déré comme un boulet – une note dans son dossier au MI5, qui fut déclas­­si­­fié en 2008, stipule : « Il est très doué pour se vanter, tout parti­­cu­­liè­­re­­ment lorsqu’il s’agit de ses connexions avec le Bureau Mili­­taire, le Minis­­tère de la Marine, etc. Il pour­­rait s’agir d’un indi­­vidu dont la nature le rend inapte à être employé à une quel­­conque acti­­vité secrète. »

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Gary Oldman dans La Taupe, de Tomas Alfred­­son, 2012
Crédits : StudioCa­­nal

Une autre lettre le concer­­nant, datée de mai 1943, dit: « J’ai l’im­­pres­­sion que nous dispo­­sons aujourd’­­hui de suffi­­sam­­ment de faits permet­­tant d’af­­fir­­mer que de Wohl est indis­­cret, préten­­tieux et dans une quête constante de noto­­riété. Il serait donc certai­­ne­­ment insuf­­fi­­sant de le placer sur la liste des chômeurs de l’ar­­mée. Il devrait plutôt être mis à la retraite. » Un seul problème se posait en ces termes : comment pouvaient-ils remer­­cier l’homme qui s’était lui-même taillé la répu­­ta­­tion d’être le devin de l’État britan­­nique ? Un de Wohl blessé n’était certai­­ne­­ment pas une pers­­pec­­tive rassu­­rante, la chose était claire depuis long­­temps. Lorsqu’il rentra des États-Unis peu après le bombar­­de­­ment de Pearl Harbor – un événe­­ment qui, bien évidem­­ment, rendit sa mission super­­­flue – un offi­­cier du MI5 écri­­vit que de Wohl pouvait faci­­le­­ment « deve­­nir un ennemi très dange­­reux compte tenu de la consi­­dé­­rable influence que son char­­la­­ta­­nisme lui permet­­tait d’exer­­cer sur les super­­s­ti­­tieux haut placés. » Trois options furent consi­­dé­­rées pour se « débar­­ras­­ser de lui », parmi lesquelles l’idée de l’en­­voyer vivre dans un coin éloi­­gné du pays et de restreindre ses mouve­­ments. Les deux autres options furent expur­­gées. Dans I Follow my Stars, de Wohl raconte son voyage en Inde, à l’aube de ses trente ans. Il relate sa rencontre avec un yogi psychique qui lui prédit l’âge de sa mort : 61 ans. Dans les faits, il ne vécut pas aussi long­­temps, mais il ne fut pas non plus viré du MI5. Au lieu de cela, il a graduel­­le­­ment perdu de l’im­­por­­tance, il s’est converti au catho­­li­­cisme et fut récom­­pensé pour ses services rendus à la cause Alliée : la citoyen­­neté britan­­nique, qu’il convoi­­tait tant, lui fut accor­­dée. Néan­­moins, il resta sous surveillance du MI5 jusqu’à la fin de l’an­­née 1945. Après la guerre, de Wohl devint un auteur popu­­laire et proli­­fique de romans contant la vie des saints. Parmi ceux-là, Jeanne d’Arc, Sainte Béné­­dicte et Saint François d’As­­sise. Son obses­­sion pour l’as­­tro­­lo­­gie, qui perdura une décen­­nie, fut oubliée. Il s’avéra que sa carrière dans le monde de l’es­­pion­­nage était une impos­­ture totale. Malgré le fait que certains hommes de main d’Hit­­ler croyaient en l’as­­tro­­lo­­gie, comme Himm­­ler, la disci­­pline fut offi­­ciel­­le­­ment bannie de l’Al­­le­­magne nazie et l’homme iden­­ti­­fié par de Wohl comme étant l’as­­tro­­logue person­­nel d’Hit­­ler, Karl E. Krafft, serait mort dans un camp de concen­­tra­­tion. « Hitler consi­­dé­­rait l’as­­tro­­lo­­gie comme une absur­­dité », confirme Chris­­to­­pher Andrew, histo­­rien offi­­ciel du MI5, « mais la croyance selon laquelle il accor­­dait de l’at­­ten­­tion aux horo­­scopes a péné­­tré White­­hall. » C’est une percep­­tion histo­­rique erro­­née qui perdure encore aujourd’­­hui, avant tout grâce à l’étrange, le peu scru­­pu­­leux, mais néan­­moins fulgu­­rant Louis de Wohl.


Traduit de l’an­­glais par Jules Michel-Rodrigues. Couver­­ture : Gary Oldman dans La Taupe, de Tomas Alfred­­son, 2012.
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