par Ken Otterbourg | 21 juillet 2015

La rivière Ohio prend sa source à Pitts­­burgh, puis se dirige vers le nord avant de virer subi­­te­­ment au sud, comme si elle prenait conscience qu’elle allait dans la mauvaise direc­­tion. Voilà un lieu fait pour s’y perdre ou s’y retrou­­ver. Ici, la rivière creuse ses méandres avec ardeur, comme un serpent qu’on aurait attrapé par la queue. Il y a une sorte d’op­­ti­­misme dans cette course, qui épouse les courbes du monde bâti par la main de l’homme aussi bien que celles de ceux qui l’ont précédé, qui se dressent le long des berges. Parfois, à la faveur de l’aube, on pour­­rait presque croire ces struc­­tures faites de chair et de sang. Mais l’im­­pres­­sion s’es­­tompe aussi­­tôt que le soleil appa­­raît au-dessus de la colline, par-delà les érables et les marron­­niers. Le temps et la gravité attendent leur heure.

Le mont Mammouth

Diffi­­cile, dans un pareil décor, de ne pas songer à la mort des cultures, à l’ex­­tinc­­tion des espèces, à la fin des us et coutumes. C’est peut-être dû à l’époque, aux ours polaires pris au piège sur leurs îlots de glace qui fondent au soleil, à la forêt amazo­­nienne qui agonise sous les assauts des tronçon­­neuses du progrès. Mais pas seule­­ment. L’ex­­tinc­­tion – la fin –, l’in­­cer­­ti­­tude et le mystère qui l’ac­­com­­pagnent, font beau­­coup parler. On sait ce qui nous attend mais on ne peut être certain du chemin qu’il nous reste à parcou­­rir.

La Virginie-Occidentale, un Etat montagneux parsemé de rivièresCrédits
Paysage de Virgi­­nie-Occi­­den­­tale
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C’est la meilleure façon d’ap­­pro­­cher Grave Creek Mound, situé au cœur de Mound­s­ville, dans la partie nord de l’État de Virgi­­nie-Occi­­den­­tale, sur la rive oppo­­sée à celle de l’État de l’Ohio. Surnommé parfois le « mont Mammouth », d’une hauteur de 21 mètres et d’une circon­­fé­­rence d’en­­vi­­ron 274 mètres, il s’agit du plus grand tumu­­lus des États-Unis.

Les tumu­­lus sont des reliques d’un genre inha­­bi­­tuel, dont la beauté singu­­lière est du goût des ingé­­nieurs. Grave Creek contien­­drait, selon une évalua­­tion, 55 000 mètres cubes de terre. Sachant qu’une brouette ordi­­naire peut conte­­nir, disons, le quart d’un mètre cube, imagi­­nez la quan­­tité énorme de terre qu’il a fallu d’abord creu­­ser avant de la trans­­por­­ter jusqu’ici et de la dépo­­ser, non pas en la jetant pêle-mêle sur le sol, mais à un endroit bien précis, de plus en plus haut et de plus en plus diffi­­cile à atteindre.

Ces tumu­­lus parsèment la vallée de la rivière Ohio et comptent parmi les premières étran­­ge­­tés que les explo­­ra­­teurs décou­­vrirent lors de leur passage dans la région vers la fin du XVIIIe siècle. On dit que le premier colon qui tomba par hasard sur le tumu­­lus de Grave Creek était un certain Joseph Tomlin­­son. En 1770, il était venu du Mary­­land pour s’ins­­tal­­ler dans la région qui, à l’époque, se situait à l’ex­­trême ouest de l’État de Virgi­­nie. Il choi­­sit un lopin de terre promet­­teur, à quelques kilo­­mètres au sud de Whee­­ling et y bâtit une petite cabane. Un jour, il abat­­tit un cerf à la chasse. Son chien le pista et Tomlin­­son dépeça l’ani­­mal. Comme il rentrait chez lui, il arriva au pied d’une côte. Il gravit le monti­­cule boisé, et, arrivé en haut, se rendit compte qu’il se trou­­vait au sommet d’un tertre conique. Il ne se trou­­vait qu’à une cinquan­­taine de mètres seule­­ment de sa cabane, mais il était resté caché là pendant tout ce temps.

Photo du tumulus de Grave Creek Mound datant de 1919Crédits
Le tumu­­lus de Grave Creek en 1919
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Le tertre devint rapi­­de­­ment un lieu prisé par les touristes. Il devait en partie sa popu­­la­­rité au fait qu’on le mention­­nât fréquem­­ment dans les atlas de la rivière de l’époque, qui détaillaient l’en­­semble des sites se trou­­vant sur la route des voya­­geurs qui partaient du sud de Pitts­­burgh. Beau­­coup descen­­daient la rivière et y venaient en excur­­sion pour la jour­­née. De nombreuses spécu­­la­­tions exis­­taient sur ce qu’il renfer­­mait. De plus petits tumu­­lus avaient déjà été exca­­vés : on y avait trouvé quelques sque­­lettes et des babioles. Mais au vu de sa taille, on imagi­­nait que Grave Creek devait conte­­nir des choses de plus grande ampleur, des milliers de sque­­lettes, peut-être, ou des trésors insoupçon­­nés.

Les Tomlin­­son ne voulaient rien entendre. La propriété du tumu­­lus passait d’une géné­­ra­­tion à l’autre, et chacune tenait bon, veillant à ce que les pelles et les pioches restent à bonne distance de leur colline. Mais leur résis­­tance ne pouvait pas durer indé­­fi­­ni­­ment. Cette lutte est en grande partie rela­­tée dans Mound­s­vil­­le’s Mammoth Mound, écrit en 1962 par Delf Norona, un des membres fonda­­teurs de la West Virgi­­nia Histo­­ri­­cal Society. En 1838, un jour­­nal local publia un article anonyme qui prenait les habi­­tants de Mound­s­ville à partie, coupables, selon l’au­­teur, de ne pas pour­­suivre les exca­­va­­tions. « Des hommes, répu­­tés pour leurs recherches scien­­ti­­fiques et philo­­so­­phiques », peut-on lire dans l’ar­­ticle, « entre­­tiennent la croyance que nous avons là le récep­­tacle de quelque grande civi­­li­­sa­­tion qui précéda les abori­­gènes de ce pays, une sépul­­ture où reposent certains des grands maîtres de la Terre. »

Un schéma de l'intérieur de Frave Creek Mound fait après les fouillesCrédits
Un schéma dessiné après les fouilles
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L’idée que les tumu­­lus de Mound­s­ville et d’ailleurs étaient l’œuvre d’une civi­­li­­sa­­tion perdue circula pendant des années. Les scien­­ti­­fiques de cette période les ont attri­­bués à des Chinois errants, des Égyp­­tiens, des Vikings ou des Phéni­­ciens. Une théo­­rie attri­­buait même les tumu­­lus à une tribu perdue d’Is­­raël, résol­­vant ainsi deux mystères au moyen d’une seule colline.

En mars 1838, les habi­­tants de Mound­s­ville avaient collecté plus de 2 500 dollars afin de débu­­ter les travaux d’ex­­ca­­va­­tion. Le projet des Tomlin­­son consis­­tait à creu­­ser un tunnel jusqu’au centre à envi­­ron 1,20 mètre du sol, puis de creu­­ser un enton­­noir en partant du sommet qui rejoin­­drait le tunnel. Enfin, il s’agi­­rait de faire payer au curieux « un léger tribut » pour s’aven­­tu­­rer à l’in­­té­­rieur. Mais alors qu’ils conti­­nuaient à creu­­ser, les hommes décou­­vrirent qu’il y avait à l’in­­té­­rieur du grand tumu­­lus un plus petit tumu­­lus, doté d’un passage en bois qui menait à un tombeau. Ils creu­­sèrent le tombeau et y trou­­vèrent deux sque­­lettes, un homme et une femme. On creusa ensuite un second tunnel, à mi-hauteur du tumu­­lus, et un troi­­sième sque­­lette fut décou­­vert, ainsi que des brace­­lets de cuivre, des perles et quelques morceaux de mica.

La tablette de Grave Creek

Au cours des fouilles, on exhuma un autre objet : un morceau de grès ovale de la taille d’un gros galet, recou­­vert de carac­­tères runiques. Il fut bien­­tôt connu sous le nom de « tablette de Grave Creek ».

Les carac­­tères formaient trois rangées, sépa­­rées par des lignes droites. En bas (ou bien était-ce en haut ?) se trou­­vait un dessin qui ressem­­blait quelque peu à une épée. Plus ou moins. On suggéra aussi que cela ressem­­blait à une tête plan­­tée au bout d’une pique – ce qui, à sa manière, recouvre un charme effrayant. Dès le départ, des scien­­ti­­fiques remirent en cause l’au­­then­­ti­­cité de la plaque. Mais beau­­coup d’autres en acce­­ptèrent la prove­­nance et entre­­prirent de déchif­­frer le sens de ces carac­­tères.

La tablette de Grave Creek, retrouvée lors des fouillesCrédits
La tablette de Grave Creek, retrou­­vée lors des fouilles

Henry School­­craft était l’un d’eux. Cet homme était le grand spécia­­liste de l’étude des Amérin­­diens au début du XIXe siècle. C’était aussi un natu­­ra­­liste ayant beau­­coup voyagé, et dont l’épouse était à moitié ojibwé. L’une de ses spécia­­li­­tés était de nommer les lieux. Selon lui, la coutume de donner aux villes améri­­caines des noms qui s’ins­­pi­­raient de l’Eu­­rope, contrée remplie de « Manches­­ter » et de « Spring­­field », était trop facile et peu clair. Au lieu de cela, il créa des mots à conso­­nance indienne, dont Alcoma, Tuscola et Oscoda, qui devinrent tous des comtés du Michi­­gan. Il a inventé le nom du lac Itasca, où le Missis­­sipi prend sa source, à partir de la termi­­nai­­son du mot latin veri­­tas et de la première syllabe de caput. C’est dans les récits de ses voyages parmi les Indiens que Long­­fel­­low puisa son inspi­­ra­­tion pour son poème épique, « Hiawa­­tha ».

School­­craft se consi­­dé­­rait l’ami et l’al­­lié des Indiens, mais il croyait aussi ferme­­ment à l’au­­then­­ti­­cité de la tablette de Grave Creek. Il visita alors Mound­s­ville pour en apprendre plus.

« Tout autre inté­­rêt devient secon­­daire, puisqu’il s’agit du premier monu­­ment, à notre connais­­sance, qui semble conte­­nir un message alpha­­bé­­tique prove­­nant du grand vide inconnu de l’his­­toire abori­­gène », écrit School­­craft.

henry Schoolcraft, grand spécialiste de l’étude des Amérindiens au début du XIXème siècleCrédits
Henry School­­craft, spécia­­liste des Amérin­­diens au début du XIXe
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Malgré sa ferveur, School­­craft ne parvint pas à déchif­­frer le code. Cepen­­dant, certains se propo­­sèrent de le faire. La première traduc­­tion appa­­rut en 1857. Un Français nommé Maurice Schwab révéla que les entailles et autres marques étranges disaient : « Le chef de l’émi­­gra­­tion qui a atteint ces lieux en a fixé les lois pour toujours. » Puis il y eut d’autres traduc­­tions, parmi lesquelles :

« Vos comman­­de­­ments font loi, Vous le plus resplen­­dis­­sant dans votre élan impé­­tueux, Vous, aussi vif que le chamois. »

« Je prie du Christ sa très sainte mère, fils, Saint-Esprit Jésus-Christ Dieu. »

« Les États-Unis d’Égypte, bâtis par les États de la Western Union. »

En 1928, un colpor­­teur du nom d’Andy Price s’ins­­pira du roman de Dickens, Les Papiers post­­humes du Pick­­wick Club. Dans le roman, M. Pick­­wick fait la décou­­verte d’une pierre étrange sur laquelle on peut lire un message codé qui s’avère être l’œuvre d’un certain Stump. Selon Price, il s’agis­­sait seule­­ment d’un anglais déformé, et voici ce qu’on pouvait lire : « Bil Stumps Stone Oct. 14, 1838 » (« Pierre de Stump, 14 octobre 1838 »).

Une telle satire aurait dû mettre un terme au débat, mais il n’en fut rien. Les plus ardents défen­­seurs de la tablette contes­­taient que l’ab­­sence d’une traduc­­tion cohé­­rente n’était pas la preuve d’une fraude mais bien plutôt d’une inap­­ti­­tude à comprendre les inscrip­­tions de la tablette. Il fallut attendre 2008 pour que la vérité sur l’ori­­gine de la tablette fût révé­­lée. Le faus­­saire était James Clemens, un méde­­cin de Whee­­ling qui avait aidé à finan­­cer l’ex­­ca­­va­­tion du tumu­­lus. Déçu par les résul­­tats des fouilles, il enterra la petite pierre afin de main­­te­­nir intact l’in­­té­­rêt de chacun. Les symboles prove­­naient d’un livre ancien sur les pièces de monnaie espa­­gnoles. La tablette, certes un canu­­lar, a bel et bien existé. Mais elle a disparu. Tout ce qu’il en reste, c’est une photo­­gra­­phie et quelques moulages expo­­sés à la Smith­­so­­nian Insti­­tu­­tion.

Même si l’im­­pos­­ture de Clemens a donné lieu à un débat scien­­ti­­fique houleux, elle n’a pas réussi à relan­­cer l’in­­té­­rêt pour le site, qui en avait pour­­tant bien besoin. Il y avait peu de visi­­teurs et ceux qui payaient leur ticket d’en­­trée à 25 cents trou­­vaient l’en­­droit exigu et malodo­­rant. Le tumu­­lus ferma ses portes en 1846. En 1860, un saloon fit son appa­­ri­­tion au sommet. Au cours de la guerre de Séces­­sion, les troupes de l’ar­­tille­­rie y établirent leur campe­­ment. Cette partie de la Virgi­­nie se sépara du reste de l’État et devint la Virgi­­nie-Occi­­den­­tale en 1863. Et de nombreuses années après la guerre, des vété­­rans de l’ar­­mée nordiste venaient hisser un canon jusqu’au sommet du tumu­­lus pour y faire feu. Mais le patrio­­tisme a ses limites et le sauveur du tertre vint d’où on ne l’at­­ten­­dait pas : de la prison fédé­­rale située juste en face.

Carte de la région de MoundsvilleCrédits
Carte de la région de Mound­s­ville
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Le nouveau souffle de Mound­s­ville

Impo­­sante bâtisse gothique entou­­rée de murs de neuf mètres de haut, le péni­­ten­­cier d’État de Virgi­­nie-Occi­­den­­tale ouvrit ses portes en 1866. Sur son fron­­ton, on peut lire la devise de la Virgi­­nie-Occi­­den­­tale, Montani Semper Liberi, « les monta­­gnards seront libres toujours », qui, entre les murs d’une prison, peut être une inspi­­ra­­tion pour certains comme une plai­­san­­te­­rie cruelle pour d’autres. En 1874, George McFad­­den, un ex-gardien, acheta le tumu­­lus et les proprié­­tés adja­­centes pour la somme de 1 760 dollars. Son projet initial était de construire un réser­­voir d’eau sur le tumu­­lus afin d’ap­­pro­­vi­­sion­­ner la prison et les entre­­prises alen­­tours. Mais ce projet ne vit jamais le jour, et McFad­­den passa les trente années qui suivirent à tenter de trou­­ver un ache­­teur.

McFad­­den mourut en 1906 et son fils redou­­bla d’ef­­forts pour se débar­­ras­­ser de la propriété. Il fixa une date limite, le 1er juin 1908, pour rece­­voir des offres. Les Filles de la Révo­­lu­­tion améri­­caine, cher­­chant à gagner du temps, prirent une option sur le tumu­­lus, et l’État inter­­­vint pour se l’ap­­pro­­prier en 1909.

À ce moment-ci, le site était en piteux état. Le tumu­­lus avait été laissé à l’aban­­don, tout juste bon pour les vandales et les rendez-vous secrets. Le contrat d’achat ne prévoyait aucune subven­­tion pour l’en­­tre­­tien du lieu mais un accord fut trouvé qui stipu­­lait que les prison­­niers se char­­ge­­raient des répa­­ra­­tions gratui­­te­­ment. Ils bouchèrent le puits et les rigoles en haut et hissèrent des tonnes de terre jusqu’au tumu­­lus, pour le recons­­ti­­tuer et lui redon­­ner une forme plus homo­­gène et attrayante.

Le pénitencier d'Etat de Virginie-Occidentale, vu depuis Grave Creek MoundCrédits
Le péni­­ten­­cier d’État de Virgi­­nie-Occi­­den­­tale
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Fina­­le­­ment, la prison dépé­­rit à son tour. À ses débuts, elle était consi­­dé­­rée comme une insti­­tu­­tion modèle où les déte­­nus fabriquaient leurs propres vête­­ments et publiaient un maga­­zine mensuel inti­­tulé Work and Hope (« Travail et Espoir »). Ils orga­­ni­­saient des combats de boxe et montaient des mins­­trel shows. Mais le temps qui passe et la surpo­­pu­­la­­tion carcé­­rale eurent raison de la prison et les condi­­tions de déten­­tion se dégra­­dèrent sévè­­re­­ment.

Un prison­­nier pour­­sui­­vit l’État en justice, au prétexte que purger sa peine dans cette prison était une sentence inhu­­maine. Le procès eut lieu et abou­­tit à un juge­­ment. L’État fit, par décret, le serment d’amé­­lio­­rer les choses. Il ne tint pas parole. Les spécia­­listes qui inspec­­tèrent la prison des années plus tard la trou­­vèrent dans un état épou­­van­­table. Les égouts étaient hors d’usage. Elle était infes­­tée de rats, et on y trou­­vait peu de sani­­taires. Un détenu déclara qu’il faisait la cuisine et le ménage dans la même tenue. La Cour suprême de Virgi­­nie-Occi­­den­­tale tenta de mettre le décret en appli­­ca­­tion mais, elle dut après quelques temps se rési­­gner à fermer la prison.

Les théo­­ries sur une civi­­li­­sa­­tion perdue ont été écar­­tées tout comme le canu­­lar de la tablette.

C’était en 1995. On pour­­rait penser qu’une prison fermée est un fardeau bien encom­­brant, mais ce n’est pas toujours le cas. Aujourd’­­hui, le péni­­ten­­cier d’État de Virgi­­nie-Occi­­den­­tale est une attrac­­tion touris­­tique à lui seul, offrant aux visi­­teurs un aperçu de la vie derrière les barreaux avant que les prisons ne deviennent des centres de redres­­se­­ment. C’est aussi un centre de forma­­tion, qui orga­­nise de temps à autre la mise en scène de fausses émeutes de prison­­niers, dans lesquelles des citoyens ordi­­naires peuvent jouer le rôle de déte­­nus indis­­ci­­pli­­nés… Toutes ces acti­­vi­­tés sont orga­­ni­­sées par le Conseil du déve­­lop­­pe­­ment écono­­mique de Mound­s­ville. Un moyen comme un autre d’ap­­por­­ter de l’argent et de l’at­­ten­­tion à une commu­­nauté en diffi­­culté. Depuis 1960, Mound­s­ville a perdu 40 % de sa popu­­la­­tion, soit envi­­ron 6 000 personnes.

Cela dit, il n’y a rien de mal à vouloir se réin­­ven­­ter. La tran­­si­­tion de prison à parc à thème et centre de forma­­tion est remarquable. Une insti­­tu­­tion est morte, une autre a pris sa place, libé­­rée de son lourd passé.

Pour Grave Creek, c’est presque l’in­­verse. Le tumu­­lus est quasi­­ment le même qu’a­­vant les fouilles. Les tunnels ont été rebou­­chés. Il reste une curio­­sité, rien de plus. Mais certaines ques­­tions demeurent sans réponse. Les théo­­ries d’une civi­­li­­sa­­tion perdue ont été écar­­tées, tout comme le canu­­lar de la tablette. Il y a un trou dans les archives histo­­riques. Comme on ne connaît pas l’his­­toire origi­­nelle, il est impos­­sible d’en créer une nouvelle.

Grave Creek Mound aujourd'huiCrédits
Grave Creek aujourd’­­hui
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C’est comme ce vieux dicton qui dit qu’à la base de tout mensonge il y a une vérité, où la fiction et la réalité se rencontrent. La vérité sur le passé de Grave Creek reste encore incon­­nue, et nos efforts ne nous aide­­ront pas à connaître le fin mot de l’his­­toire.

Il reste l’ima­­gi­­na­­tion, mais aussi quelque chose de plus impor­­tant. Le rappel que nous ne savons pas tout, et qu’il est parfois préfé­­rable de poser des ques­­tions que d’ob­­te­­nir des réponses.

Bien sûr, je m’in­­ter­­roge sur ceux qui ont bâti le tumu­­lus et sur la raison de leur dispa­­ri­­tion. Mais il y a dans cette histoire quelque chose de plus primi­­tif et de plus basique que la curio­­sité histo­­rique et archéo­­lo­­gique. Alors que je contemple la colline devant moi, tour­­nant le dos à la rivière, je me demande comment ils ont su que le tumu­­lus était fini et qu’il ne restait plus de terre à trans­­por­­ter.


Traduit de l’an­­glais par Yann Faijean d’après l’ar­­ticle « Graves of the Dead: The story of a myste­­rious mound, and what was inside », paru dans The New New South.

Couver­­ture : Vue du Grave Creek Mound.

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