Ancien journaliste d'investigation criminelle, Thomas Hargrove a mis au point un algorithme capable de détecter les meurtres en série.

par Laura Boudoux | 1 mars 2019

Ancien jour­­na­­liste d’in­­ves­­ti­­ga­­tion, Thomas Hargrove n’est pas connu pour ses scoops. En 2010, ce nerd passionné par l’ana­­lyse de données a inventé un algo­­rithme capable de mettre en évidence l’ac­­ti­­vité d’un tueur en série sur une zone bien précise. C’est en analy­­sant les méthodes des serial killers, et surtout leurs victimes, que Thomas Hargrove sait aujourd’­­hui où traquer les tueurs en série encore en liber­­té…

Les propos ayant servi à réali­­ser cette story ont été recueillis par Laura Boudoux au cours d’un entre­­tien avec Thomas Hargrove. Les mots qui suivent sont les siens.

Des liens trou­­blants

J’avais 23 ans quand j’ai décro­­ché mon premier boulot. J’ai commencé comme jour­­na­­liste spécia­­lisé dans les enquêtes poli­­cières pour le Birmin­­gham Post-Herald, dans l’Ala­­bama. J’y ai travaillé de 1977 à 1990. Et de 1979 à 1981, le Sud des États-Unis a été touché par des séries de meurtres d’en­­fants, notam­­ment à Atlanta.

Un nombre effroyable d’ado­­les­­cents et d’en­­fants – parti­­cu­­liè­­re­­ment des petits garçons afro-améri­­cains – étaient pris pour cible et tués à Atlanta. Les enquê­­teurs ont fini par arrê­­ter un certain Wayne Williams. Les meurtres ont cessé, mais la police a conti­­nué d’être critiquée, long­­temps après qu’il a été reconnu coupable. Les gens voulaient savoir comment il était possible qu’elle ait mis tant de temps à détec­­ter son mode opéra­­toire. J’ai alors commencé à me rendre à des confé­­rences de cher­­cheurs sur les meurtres d’en­­fants, et j’ai appris de la bouche des crimi­­no­­logues que ce qui s’était passé à Atlanta était en fait assez commun.

Thomas Hargrove
Crédits : Murder Accoun­­ta­­bi­­lity Project

C’est un phéno­­mène qu’on appelle « linkage blind­­ness », c’est-à-dire l’in­­ca­­pa­­cité à relier des assas­­si­­nats qui présentent pour­­tant des points communs entre eux. Et pour cause puisqu’ils sont commis par un seul et même tueur. C’est un vrai problème pour toutes les polices du monde, mais prin­­ci­­pa­­le­­ment pour celles qui opèrent aux États-Unis. Cela a trait à la nature de nos enquêtes et à la manière dont elles sont menées. Lorsqu’une personne est assas­­si­­née, un agent est assi­­gné à l’af­­faire. Quand un autre indi­­vidu est tué dans une ville diffé­­rente, un autre agent est assi­­gné à cet homi­­cide. S’il existe des points communs entre ces meurtres, ils passent souvent inaperçus, tout simple­­ment parce que deux enquê­­teurs diffé­­rents sont impliqués.

De temps à autre, ils ont des discus­­sions infor­­melles, autour de la machine à café, et c’est alors qu’ils réalisent qu’on dirait bien le même tueur. Mais si cette conver­­sa­­tion n’a jamais lieu et que les meurtres sont perpé­­trées dans diffé­­rentes juri­­dic­­tions, rien ne se passe. Dans les années 1980, les crimi­­no­­logues m’ex­­pliquaient déjà que les tueurs en série étaient diffi­­ciles à détec­­ter préci­­sé­­ment à cause de ce phéno­­mène. C’est exac­­te­­ment ce qu’il s’est passé avec Ted Bundy.

Plus tard, en 2002, je suis devenu corres­­pon­­dant à Washing­­ton D.C., et mon rédac­­teur en chef m’a assi­­gné à une enquête sur la pros­­ti­­tu­­tion. Pour étudier le sujet, j’ai consulté la base de données de la biblio­­thèque de l’uni­­ver­­sité du Missouri afin de me procu­­rer un exem­­plaire du Rapport uniforme de la crimi­­na­­lité, qui regroupe les données de toutes les arres­­ta­­tions effec­­tuées chaque année aux États-Unis. Un docu­­ment dont je n’avais jamais entendu parler était adjoint au dossier : le Rapport supplé­­men­­taire sur les homi­­cides.

En l’ou­­vrant, j’ai décou­­vert des lignes et des lignes qui décri­­vaient des meurtres indi­­vi­­duels, avec l’âge, le sexe, l’ori­­gine de la victime, ainsi que l’en­­droit et la façon dont elle avait été tuée. Il compre­­nait aussi les théo­­ries des poli­­ciers, des infor­­ma­­tions sur les suspects et coupables, etc. C’est alors qu’une ques­­tion a surgi dans ma tête : « Peut-on apprendre à un ordi­­na­­teur à relier les meurtres en série ? »

Je ne sais pas d’où m’est venue cette idée, je me suis proba­­ble­­ment rappelé de ce qui s’était passé à Atlanta quand j’étais plus jeune. Les six années suivantes, j’ai supplié mon rédac­­teur en chef de me lais­­ser essayer de le faire.

Excel

En 2010 fina­­le­­ment, j’avais fait suffi­­sam­­ment mes preuves au sein du jour­­nal pour que mon rédac­­teur en chef me laisse travailler sur le projet. Pendant un an, j’ai mené une enquête sur les meurtres non réso­­lus. Et c’est comme cela que je suis parvenu à déve­­lop­­per un algo­­rithme qui permet d’iden­­ti­­fier diffé­­rents types de meurtres en série. Son déve­­lop­­pe­­ment a pris plusieurs mois, nous avons classé des centaines de milliers d’ho­­mi­­cides en dizaines de milliers de sous-groupes – la loca­­li­­sa­­tion géogra­­phique de l’as­­sas­­si­­nat, l’arme utili­­sée, le sexe et l’âge de la victime par exemple.

Extrait du Rapport sur les homi­­cides

Nous avons ensuite créé une nouvelle variable, en regar­­dant au sein de ces regrou­­pe­­ments quel était le pour­­cen­­tage de meurtres réso­­lus. Puis nous nous sommes concen­­trés sur ceux qui mettaient en évidence des victimes et des méthodes simi­­laires, en nous foca­­li­­sant sur ceux qui présen­­taient les taux d’élu­­ci­­da­­tion les plus bas.

Au départ, on faisait cela simple­­ment sur Excel. Nous avons calcu­­ler les taux d’élu­­ci­­da­­tion des homi­­cides de chaque ville des États-Unis. Pendant quatre mois, l’uni­­ver­­sité de Missouri-Colum­­bia a mis à ma dispo­­si­­tion Liz Lucas, une brillante étudiante en analyse de données. Ensemble, nous avons travaillé au déve­­lop­­pe­­ment d’un algo­­rithme en utili­­sant le Rapport supplé­­men­­taire sur les homi­­cides.

Nous avons d’abord tenté de voir si la présence de tueurs en série dans une zone faisait bais­­ser les taux d’élu­­ci­­da­­tion, en prenant en exemple le cas de Gary Ridg­­way, connu sous le surnom de « tueur de la Green River ». En l’es­­pace de 20 ans dans la région de Seat­tle, Ridg­­way a tué 48 femmes. C’était à l’époque le pire serial killer connu de toute l’his­­toire des États-Unis.

Notre objec­­tif était donc de façon­­ner un algo­­rithme capable de nous dire : « Quelque chose d’hor­­rible est arrivé à Seat­tle dans les années 1980 et 1990. » Nous regar­­dions les chiffres concer­­nant les meurtres de femmes, mais aussi ceux des armes, car les tueurs en série utilisent très peu souvent des armes à feu. Ils préfèrent utili­­ser leurs mains, ou une arme blanche.

Gary Ridg­­way, le Green River Killer

Nous sommes bien­­tôt arri­­vés à la conclu­­sion que la présence d’un tueur en série ne faisait pas parti­­cu­­liè­­re­­ment  bais­­ser les taux d’élu­­ci­­da­­tion de meurtres. Nous nous sommes alors deman­­dés : « Puisque la plupart des victimes des tueurs en série sont des femmes, la présence d’un tueur en série cause-t-elle une baisse du taux d’élu­­ci­­da­­tion des meurtres de femmes ? » Cela semblait marcher un peu, Seat­tle se déta­­chait alors légè­­re­­ment du lot. Légè­­re­­ment !

Alors que je condui­­sais Liz Lucas à l’uni­­ver­­sité, où elle se rendait une dernière fois pour défendre sa thèse, nous avons parlé d’une méthode d’ana­­lyse appe­­lée « parti­­tion­­ne­­ment de données ». J’ai alors décidé de repar­­tir de zéro.

La traque commence

J’ai cessé d’uti­­li­­ser Excel et je suis passé au logi­­ciel Statis­­ti­­cal Package for the Social Sciences (SPSS). Il était alors utilisé par les sondeurs menant des enquêtes de satis­­fac­­tion. C’est grâce à un code SPSS que fonc­­tionne aujourd’­­hui l’al­­go­­rithme. Ce n’est pas très complexe, puisque la chose la plus compliquée qu’il fait, c’est d’agré­­ger des centaines de milliers de meurtres, avant de les répar­­tir dans des groupes.

Lorsque nous avons fait fonc­­tion­­ner la nouvelle mouture de l’al­­go­­rithme pour la première fois, en cher­­chant des meurtres avec de très faibles taux d’élu­­ci­­da­­tion, commis dans la même zone et avec le même type d’armes, l’or­­di­­na­­teur nous a donné une réponse on ne peut plus claire : quelque chose de terrible s’était passé à Seat­tle.

L’al­­go­­rithme avait iden­­ti­­fié 15 meurtres non éluci­­dés de femmes étran­­glées.

Il comp­­ta­­bi­­li­­sait trop d’as­­sas­­si­­nats de femmes aux simi­­la­­ri­­tés trou­­blantes. Il y en avait tout simple­­ment trop, et Seat­tle se déga­­geait clai­­re­­ment du lot grâce à cette tech­­nique. Cette année-là, j’ai contacté les dépar­­te­­ments de police de tout le pays, afin de voir ce que l’al­­go­­rithme essayait de nous dire. Nous nous sommes concen­­trés sur dix villes faisant état de meurtres simi­­laires. L’une d’elle se trou­­vait dans l’Ohio J’ai donc laissé un message sur le répon­­deur du commis­­saire local, en lui lais­­sant ce message :

« Mon nom est Thomas Hargrove, je suis jour­­na­­liste à Washing­­ton D.C. J’ai inventé une tech­­nique statis­­tique qui détecte les meurtres en série, et il nous alerte sur le fait qu’un nombre anor­­ma­­le­­ment élevé de femmes afro-améri­­caines ont été tuées chez vous, et que ces cas n’ont pas été réso­­lus. »

Un homme jeune et très affable m’a rappelé une demi-heure plus tard, en me disant : « M. Hargrove, c’était le message vocal le plus dingue que j’ai jamais reçu ! J’en ai parlé à mes enquê­­teurs et ils m’ont appris une chose que j’igno­­rais : dans les années 1990, ils ont pour­­suivi un tueur en série sans jamais l’at­­tra­­per. » Grâce à mon coup de fil, le commis­­sa­­riat a ouvert une nouvelle enquête en se concen­­trant sur les cas d’agres­­sions sexuelles, puisque les victimes avaient toutes été violées.

Nous étions en 2010 et les recherches ADN étaient alors courantes, et le commis­­saire voulait déce­­ler si ces victimes avaient un violeur commun. Malheu­­reu­­se­­ment, tous les dossiers concer­­nant les affaires de viols avaient été jetés. C’était malheu­­reux, mais aussi très inté­­res­­sant de voir que les enquê­­teurs n’avaient jamais dit à personne qu’ils avaient traqué un tueur en série dans les années 1990… Le commis­­saire lui-même n’était pas au courant, et il ne l’au­­rait jamais été si je n’avais pas appelé.

*

L’al­­go­­rithme envoyait égale­­ment un signal sur la ville de Gary, dans l’In­­diana. Mais le dépar­­te­­ment de police local ne voulait même pas envi­­sa­­ger qu’ils puissent avoir à faire à un serial killer, et ils ont refusé tous mes appels. J’ai néan­­moins réussi à convaincre une offi­­cière de la police judi­­ciaire, qui a reconnu qu’il y avait eu dans la région un nombre suspect d’étran­­gle­­ments de femmes. Elle a alors ouvert une enquête.

L’al­­go­­rithme avait iden­­ti­­fié 15 meurtres non éluci­­dés de femmes étran­­glées, la plupart ayant eu lieu à Gary. Il nous préve­­nait que quelque chose de très inha­­bi­­tuel et macabre s’y passait. La poli­­cière s’est replon­­gée dans les dossiers, et a iden­­ti­­fié trois cas d’étran­­gle­­ments supplé­­men­­taires. Elle enquê­­tait désor­­mais sur 18 assas­­si­­nats. Elle non plus n’a jamais réussi à avoir une conver­­sa­­tion avec la police de Gary.

Darren Vann

Puis en 2014, j’ai reçu le coup de fil d’un produc­­teur de télé, qui m’an­­nonçait qu’ils avaient arrêté un indi­­vidu à Gary. J’ai télé­­phoné à l’enquê­­teuse, qui m’a appris que la police avait été appe­­lée pour une histoire de tapage dans un motel à Hammond, une loca­­lité voisine. Lorsqu’ils sont arri­­vés sur place, les poli­­ciers ont décou­­vert le corps sans vie d’une jeune fille afro-améri­­caine de 19 ans dans la baignoire. Ils ont pu arrê­­ter le coupable : un homme du nom de Darren Vann. Face aux poli­­ciers, Vann a commencé à tout débal­­ler, en préci­­sant qu’il commet­­tait des meurtres depuis de nombreuses années, et qu’il avait commencé au milieu des années 1990.

Il a alors conduit les enquê­­teurs aux quatre coins de Gary, où ils ont décou­­vert les corps de six victimes dont personne ne savait rien, toutes étran­­glées. La conclu­­sion de tout ça ? Darren Vann a tué au moins sept femmes après que j’ai tenté d’avoir une conver­­sa­­tion télé­­pho­­nique avec la police de Gary, pour les préve­­nir de la possi­­bi­­lité qu’il y ait un tueur en série en acti­­vité dans leur ville. Ce constat a été profon­­dé­­ment amer et frus­­trant pour moi. Heureu­­se­­ment, je n’en ai jamais refait l’ex­­pé­­rience.

Geeks vs. Serial Killers

Je me suis retiré du jour­­na­­lisme en 2015 et pour monter la plate­­forme Murder Accoun­­ta­­bi­­lity Project. Nous avons commencé à échan­­ger avec les dépar­­te­­ments de police, et ils se sont tous montrés récep­­tifs, certai­­ne­­ment car ils ne voulaient pas être le prochain Gary ; ils ne voulaient pas avoir la répu­­ta­­tion d’être de ceux qui font la sourde oreille alors que tout pointe vers la présence d’un tueur en série dans leur ville.

Au sein du Murder Accoun­­ta­­bi­­lity Project, nous n’enquê­­tons pas direc­­te­­ment sur les meurtres. Nous sommes plutôt un groupe de geeks qui passons 80 % de notre temps à rassem­­bler des données et négo­­cier pour obte­­nir de meilleurs rapports sur chaque homi­­cide. Nous consa­­crons 10 % de notre temps à donner des confé­­rences, pour former les enquê­­teurs sur la manière dont ils peuvent se servir de notre plate­­forme au cours d’une enquête.

Nous ne nous arrê­­tons jamais. Nous négo­­cions actuel­­le­­ment avec le minis­­tère de l’In­­té­­rieur améri­­cain pour qu’il nous aide à mettre à jour notre fichier. On essaie de faire en sorte que tous les dépar­­te­­ments de police du pays parti­­cipent, en nous signa­­lant chaque homi­­cide. Et lorsqu’il existe un manque de trans­­pa­­rence, nous n’hé­­si­­tons pas à enga­­ger des actions en justice contre les États, comme dans le cas de l’Il­­li­­nois. En 1994, il a arrêté de rendre compte des homi­­cides dans le Rapport supplé­­men­­taire sur les homi­­cides. Notre affron­­te­­ment judi­­ciaire a couru jusqu’en 2015 et nous avons gagné. Nous avons aujourd’­­hui accès à des centaines de meurtres qui n’avaient jamais été rappor­­tés au FBI dans cet État.

Crédits : Murder Accoun­­ta­­bi­­lity Project

Enfin, le reste du temps, nous enquê­­tons sur les meurtres qui nous semblent suspects. Nous travaillons aux côtés de très bons profi­­lers, dont un ancien analyste du FBI. Nous sommes d’ailleurs abso­­lu­­ment convain­­cus qu’il existe des tueurs en série actifs à Cleve­­land, dans l’Ohio et un ou plusieurs serial killers parti­­cu­­liè­­re­­ment dange­­reux toujours en acti­­vité à Chicago, dans l’Il­­li­­nois.

Nous travaillons sur ces affaires avec la police, en dési­­gnant les victimes que nous pensons êtres liées entre elles… mais c’est là tout ce que nous pouvons faire. À Cleve­­land, sur nos recom­­man­­da­­tions, un groupe de travail a été créé pour enquê­­ter sur ces meurtres, mais ce n’est pas le cas à Chicago. Je pense que nous allons bien­­tôt entendre parler de nouveaux meurtres en série dans cette ville, car les assas­­si­­nats conti­­nuent.

Il est très fréquent que les auto­­ri­­tés refusent d’ad­­mettre publique­­ment qu’il existe des meurtres en série dans leur ville. Cela les met sous les feux des projec­­teurs et attire l’at­­ten­­tion de la presse. Le maire se fâche et réclame alors des comptes rendus quoti­­diens sur l’avan­­ce­­ment de l’enquê­­te… C’est beau­­coup de pres­­sion, dont la police se passe volon­­tiers. Lorsqu’un groupe précis d’in­­di­­vi­­dus est ciblé, la recom­­man­­da­­tion du dépar­­te­­ment de la Justice est pour­­tant de rendre l’af­­faire publique. Il faut préve­­nir les popu­­la­­tions que tel groupe de personnes risque d’être pris pour cible par un tueur. C’est un conseil que nous donnons, mais il est courant qu’il ne soit pas écouté.

De son côté, le FBI affirme que moins d’1 % des meurtres sont commis par des tueurs en série chaque année, mais cette esti­­ma­­tion est tota­­le­­ment fausse – le FBI possède des données internes qui le confirment. Je suis convaincu que les meurtres en série sont bien plus fréquents qu’on ne le pense. Bien sûr, si vous pensez aux serial killers à la Hanni­­bal Lecter, ils sont assez rares. Mais si l’on s’en tient à la défi­­ni­­tion d’un tueur en série, c’est-à-dire d’une personne qui a tué plus de deux personnes lors d’in­­ci­­dents diffé­­rents, ils sont en fait assez communs – notam­­ment au sein des gangs.

Préve­­nir plutôt que guérir

Aujourd’­­hui, envi­­ron 60 % des homi­­cides seule­­ment abou­­tissent à une arres­­ta­­tion aux États-Unis. Nous sommes de moins en moins capables de résoudre ces affaires, et ce prin­­ci­­pa­­le­­ment à cause d’un manque de ressources. Il n’y a pas assez de poli­­ciers, d’enquê­­teurs quali­­fiés, de labo­­ra­­toires. Les analyses ADN sont bloquées, partout dans le pays, et des centaines de meurtres attendent après ces résul­­tats pour être éluci­­dés. Les États-Unis font partie des plus mauvais élèves des pays indus­­tria­­li­­sés en matière d’élu­­ci­­da­­tion de meurtres, alors même que nous déve­­lop­­pons des tech­­no­­lo­­gies de pointe pour épau­­ler les enquê­­teurs.

Certains crimi­­no­­logues s’adonnent ainsi à la police prédic­­tive, et tentent d’ap­­pliquer des statis­­tiques pour aider à résoudre des affaires d’ho­­mi­­cides. Cela me semble être une bonne idée. Mais pour le moment, aucune intel­­li­­gence arti­­fi­­cielle (IA) n’est parve­­nue ne serait-ce qu’à égaler les perfor­­mances de notre algo­­rithme. Pour moi, l’IA est loin d’être une baguette magique, elle ne nous aide pas. Elle sera peut-être un jour la solu­­tion au manque de moyens, mais nous sommes loin d’y être. Quant à imagi­­ner que les poli­­ciers pour­­ront un jour arrê­­ter les gens avant même qu’ils ne commettent un crime, comme dans Mino­­rity Report, j’es­­père que cela n’ar­­ri­­vera jamais.

La bonne nouvelle, c’est que les tueurs en série sont beau­­coup moins nombreux que dans les années 1980–1990. Pourquoi ? Sûre­­ment parce que le FBI a fait du bon boulot dans les années 1980, après qu’un de ses agents a inventé le terme « tueur en série », qui a immé­­dia­­te­­ment fasciné le monde entier. En donnant à ce phéno­­mène un nom facile à utili­­ser et comprendre, les enquê­­teurs ont mis en lumière ce type de crimes. Regar­­dez les centaines de films et séries qui parlent de tueurs en série… et il ne leur arrive jamais rien de bon.

Il est égale­­ment possible que ce soit dû à la mise en place d’une meilleure prise en charge des enfants montrant des tendances au meurtre en série. Si un enfant a été vu en train de tortu­­rer le chat du voisin, il devra certai­­ne­­ment passer un bout de temps auprès d’un pédo­p­sy­­chiatre, car il s’agit d’un des signes de désordres mentaux qui peuvent mener à commettre un meurtre. Les tribu­­naux aussi sont deve­­nus plus proac­­tifs dans les cas de crimes commis par de jeunes accu­­sés qui ont le profil pour deve­­nir des personnes très dange­­reuses.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a encore de nombreux tueurs en série en liberté. Hélas, nous n’en manquons pas.


Couver­­ture : Ari Spada/Ulyces.


 

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