par laurentetceline | 15 mars 2016

Aller simple

Le village n’a pas de nom. Tous ceux qui ont un jour connu le nom du village sont morts ou bien ont fui. Quand les combat­­tants kurdes pesh­­mer­­gas l’ont repris à l’État isla­­mique au prin­­temps dernier, l’en­­droit était telle­­ment bourré de pièges qu’ils ont préféré y mettre le feu plutôt que de s’en occu­­per. À présent, le village est aban­­donné et les hommes en fouillent les décombres dans l’es­­poir d’y déni­­cher quelque chose d’utile.

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Un pesh­­merga a custo­­misé son AK-47 aux couleurs du drapeau kurde
Crédits : Matt Cetti-Roberts

« Celle-là c’est ma maison », ironise Chris­­to­­pher Smith. L’an­­cien capo­­ral des marines agite son AK-47 usé vers une villa aux murs vert jungle noir­­cis par les flammes. Tous les bâti­­ments sont comme ça, peints de vibrantes nuances de bleu, de jaune, de violet, sans raison appa­­rente. « On se croi­­rait dans Super Mario World », fait remarquer l’homme de 25 ans. Tandis que des milliers d’Eu­­ro­­péens et de Nord-Améri­­cains ont rejoint les rangs de l’État isla­­mique, une centaine d’Oc­­ci­­den­­taux se sont enrô­­lés pour combattre le groupe terro­­riste. Pous­­sés par les actes abomi­­nables perpé­­trés par l’État isla­­mique, les premiers volon­­taires sont arri­­vés à l’au­­tomne 2014. Ils ont grossi les rangs d’un certain nombre de forces armées de la région, parmi lesquelles les pesh­­mer­­gas – l’ar­­mée du Kurdis­­tan irakien dont Smith suit actuel­­le­­ment les ordres. Le village que nous traver­­sons laisse lente­­ment place au désert, dispa­­rais­­sant tandis que les camions emportent ses débris, desti­­nés à forti­­fier la ligne de front de Mullah Abdul­­lah, à deux kilo­­mètres d’ici. La fron­­tière du Kurdis­­tan est marquée par un rempart de terre sans éclat, qui sera renforcé par les frag­­ments colo­­rés du village sans nom. 700 mètres plus loin, au-delà d’un champ de mines, s’étend l’État isla­­mique. Deux mois avant ce jour de décembre, Smith était maçon et vivait dans le Vermont avec sa fian­­cée. C’est fini, à présent. « J’ai pris le mauvais bus pour Miami », plai­­sante-t-il. En réalité, l’Amé­­ri­­cain a pris un aller simple pour Soulei­­ma­­niye, au Kurdis­­tan. Ses docu­­ments mili­­taires en poche, la vété­­ran est entré au minis­­tère des Affaires pesh­­mer­­gas et s’est engagé.

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Soulei­­ma­­niye, capi­­tale cultu­­relle du Kurdis­­tan
Crédits : TravelWi­­thPe­­dro

Bien qu’au­­cune loi améri­­caine n’in­­ter­­dise de se battre aux côtés d’une force comme celle des pesh­­mer­­gas, le dépar­­te­­ment d’État améri­­cain l’a formel­­le­­ment décon­­seillé. Après son départ, Smith me confie qu’il a appelé le FBI, pour faire part à l’agence de sa loca­­li­­sa­­tion. « Ils savaient que j’étais ici », insiste-t-il, « mais ils ont quand même ressenti le besoin de réveiller ma mère au beau milieu de la nuit et de lui donner une crise cardiaque. » L’Amé­­ri­­cain parle des atro­­ci­­tés commises par l’EI, des histoires qui trou­­blaient son sommeil quand il était encore au pays : les déca­­pi­­ta­­tions et les cruci­­fixions, les marchés aux esclaves, les camps du viol – un mal qui l’a envahi jusque dans ses rêves. C’est la raison pour laquelle il est venu se battre, et comme beau­­coup d’autres volon­­taires que j’ai rencon­­trés, il n’est pas simple­­ment là pour tuer Daech : il est là pour l’en­­voyer rôtir en enfer.

L’en­­fer

Ici, l’en­­fer est bien réel. Un Enfer noir vibre de rage juste sous nos pieds, m’aver­­tit mon inter­­­prète. On le sait des Saintes Écri­­tures. Les flammes ont été mesu­­rées, insiste-t-il, et elles sont 69 fois plus doulou­­reuses que les flammes terrestres. Il y a toujours eu deux guerres à l’œuvre – celle que l’on peut voir, et celle qui nous est invi­­sible. Il y a plus de 1 300 ans, le prophète Maho­­met parlait de la dernière heure du monde. Les armées de Rome, prédi­­sait-Il, seront atti­­rées sur les plaines de Syrie et anni­­hi­­lées. C’est alors que le Mahdi, le messie, descen­­dra des cieux pour abattre l’an­­té­­christ cyclo­­péen, al-Dajjâl. Ici, chaque phéno­­mène est impré­­gné d’une signi­­fi­­ca­­tion mystique. L’État isla­­mique distri­­bue des photo­­gra­­phies de nouveaux-nés borgnes, et le comman­­dant pesh­­merga de Makh­­mour, à une centaine de kilo­­mètres d’ici, m’a confié qu’il faisait des cauche­­mars récur­­rents, dans lesquels la capi­­tale du Kurdis­­tan est englou­­tie par les eaux – une ville entière de corps char­­riés dans les profon­­deurs de la terre par un courant auquel il est impos­­sible d’échap­­per. Il y a toujours eu des vestiges de cette autre guerre éthé­­rée. Les murs de la mosquée chiite de la ville étaient jadis déco­­rés de fresques repré­­sen­­tant des hommes et des animaux, jusqu’à ce que les djiha­­distes viennent et ne peignent des cercles bleus par-dessus les visages. Les repré­­sen­­ta­­tions de choses vivantes sont consi­­dé­­rées comme de l’ido­­lâ­­trie par les sunnites radi­­caux. Sur ce mur, des hommes avec des orbes bleues en guise de têtes chevauchent vers la bataille, tandis qu’un rapace à tête bleue victo­­rieux est perché au-dessus de la tête bleue de sa proie morte.

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La pein­­ture murale censu­­rée par Daech
Crédits : Roc Morin

« Les anges n’entrent pas dans un endroit où il y a des images », nous explique mon inter­­­prète. Puis il commence à rapper : « I got my angels on my shoul­­ders and a quar­­ter of that angel dust. » Le tren­­te­­naire alterne conti­­nuel­­le­­ment entre les versets cora­­niques et les paroles de Lil Wayne. « Quand j’écoute Lil Wayne, je sens ma foi dimi­­nuer », se lamente le pieux musul­­man. « Parfois je lui tourne le dos pendant un temps, mais j’y reviens toujours. » Azad, un volon­­taire de 46 ans qui se présente sous son nom de guerre, a quitté le pays de Lil Wayne il y a huit mois. Il a aban­­donné sa famille, son travail et son nom de nais­­sance au Texas. Une nuit, il a dit une prière et Dieu lui a commandé de rejoindre les YPG – les Unités de protec­­tion du peuple, un groupe de guérille­­ros commu­­nistes du Kurdis­­tan syrien, distinct des pesh­­mer­­gas. « Tu te pointes en Irak à quatre heures du matin avec une prime de 150 000 dollars de l’EI sur ta tête », se souvient Azad. « T’es supposé rencon­­trer quelqu’un sur le parking d’un aéro­­port, mais tu ne sais pas qui. Tu te retrouves à l’ar­­rière d’une voiture, et chaque fois qu’elle s’ar­­rête, tu as peur de finir porté disparu. Quand tu arrives au refuge, tu te sens un peu mieux, mais il n’y a que quand ces mecs vont dormir, que quand tu peux les entendre ronfler que tu parviens à souf­­fler un peu. » Dans son esprit privé de sommeil, Azad a imaginé une série de scéna­­rios terri­­fiants. Peut-être que les terro­­ristes avaient tué ses hôtes et pris leur place. Ou peut-être que ses hôtes prévoyaient de le vendre eux-mêmes à l’État isla­­mique.

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Chris­­to­­pher Smith, Chris­­tian Öster­­man et Angelo Samman­­tano à Mullah Abdul­­lah
Crédits : Roc Morin

Après être entré clan­­des­­ti­­ne­­ment en Syrie, le Texan a direc­­te­­ment été envoyé sur le front. « Je n’avais jamais été entraîné au combat », me confie-t-il, « j’avais peur de ne pas être assez bon. Mais quand je suis arrivé là-bas, j’ai réalisé que rien qu’en étant un chas­­seur aguerri, j’en savais déjà plus que la plupart d’entre eux. La première chose que je me suis dit, c’est : “Génial, je ne suis pas le maillon faible.” Et tout de suite après j’ai pensé : “Putain, je ne suis pas le maillon faible !” » Azad se rappelle avoir combattu dans les YPG aux côtés d’an­­ciens membres de la Légion étran­­gère et de l’ar­­mée améri­­caine. Il y avait aussi un type, raconte le Texan, qui disait faire partie des Forces spéciales, mais qui était en réalité un agres­­seur d’en­­fants. Sans oublier le mannequin de linge­­rie cana­­dien, et un musul­­man converti qui aimait embras­­ser les combat­­tants de Daech morts sur la bouche. « C’est devenu un club de fous », grom­­melle Azad, expliquant pourquoi il est retourné en Irak pour se joindre aux pesh­­mer­­gas. « Beau­­coup de gens viennent ici en pensant qu’ils vont être des John Wayne ou des Rambo, à courir et tirer partout. Mais ce n’est pas la réalité. » Nicho­­las Barrett, un ancien aide-soignant mili­­taire qui se décrit fière­­ment comme un « infi­­dèle améri­­cain », fait le récit d’une jour­­née typique au Kurdis­­tan. « Il y a des comman­­dants issus de diffé­­rentes tribus qui se détestent entre eux, et ils sont à quelques kilo­­mètres les uns des autres à travers le no man’s land. Ils sont bran­­chés sur les mêmes radios qu’ils ont ache­­tées au même bazar à Dahuk. Ils font leurs prières du matin, ils boivent du thé chai, ils parlent de la mère de l’autre, et puis ils tirent des mortiers pendant quelques heures. »

Atlas

Les hommes se distraient comme ils peuvent. Le matin où je suis arrivé à Mullah Abdul­­lah, Chris­­tian Öster­­man était en train de jurer. Un soldat pesh­­merga adoles­cent avait volé l’une de ses bottes pour lui faire une farce. Comme il n’y a pratique­­ment pas d’in­­ter­­prètes à dispo­­si­­tion, la commu­­ni­­ca­­tion entre les volon­­taires et leurs hôtes se résume pour l’es­­sen­­tiel à des signes de la main et quelques mots de kurde sorani. « J’ai dit à ce gosse que “trou­­duc” est une marque de respect, comme “monsieur” », dit Smith en faisant signe au voleur de botte. « Salut trou­­duc ! »

Un drapeau noir flot­­tait sur un toit, mais il a disparu dans une tempête de frappes aériennes françaises.

Les hommes s’oc­­cupent en construi­­sant des redoutes, en allant cher­­cher du bois de chauf­­fage, en peignant à la bombe sur les murs des soldats de Daech copu­­lant avec des chèvres, et en s’oc­­cu­­pant genti­­ment de ce qu’il reste d’une portée de chiots mise bas par une chienne errante. Une chienne rivale s’est faufi­­lée dans la base une nuit pour tuer tous les chiots un par un, et main­­te­­nant il ne reste plus qu’une seule boule de poils. La nuit, on peut déter­­mi­­ner exac­­te­­ment la posi­­tion de l’EI d’après le rougeoie­­ment de leurs feux, dans la ville au loin. Les Occi­­den­­taux attendent que toutes les petites lumières soient allu­­mées avant d’éclai­­rer les posi­­tions avec un poin­­teur laser. Et ils rient aux éclats tandis que les djiha­­distes, crai­­gnant la présence de snipers, éteignent fréné­­tique­­ment les flammes. En plein jour, la ville a l’air fantôme. La semaine dernière, un drapeau noir flot­­tait sur un toit, mais il a disparu dans une tempête de frappes aériennes françaises. Aujourd’­­hui, l’unique signe de vie vient de mortiers hurlants, tirés à inter­­­valles irré­­gu­­liers. « Géné­­ra­­le­­ment, on peut devi­­ner où ils vont atter­­rir rien qu’au son », m’ex­­plique Öster­­man. Le Suédois est dans le pays depuis près de cinq mois. « Quand tu entends ce son grave, tu sais que ça ne va pas tomber loin. » Les hommes sont si habi­­tués à ce son carac­­té­­ris­­tique qu’ils le ressentent en toute situa­­tion – à travers le bruit d’une conver­­sa­­tion, d’un moteur ou même de coups de feu. Le temps que je l’en­­tende ce matin-là, ils sont déjà tous couchés au sol en atten­­dant l’ex­­plo­­sion. Mais il n’y a que le silence. Nous rele­­vons nos têtes et regar­­dons aux alen­­tours. Raté. Les mortiers sont souvent peu fiables et la terre est meuble dans le coin. Ce soir-là, Smith et moi nous hissons à 30 mètres en haut d’une tour radio pour obser­­ver les posi­­tions enne­­mies. La struc­­ture que nous esca­­la­­dons s’est vue complè­­te­­ment dépos­­sé­­dée de ses métaux précieux par les pesh­­mer­­gas, qui n’ont pas été payés depuis quatre ou cinq mois. Les hommes avaient aupa­­ra­­vant un téles­­cope, mais le volon­­taire qui l’avait amené avec lui l’a remporté en Amérique. À présent, nous obser­­vons à travers la lunette impré­­cise de l’AK de Smith la plaine d’inon­­da­­tion qui s’étend devant nous, un paysage de nature morte composé de fermes enva­­hies par les herbes et de villages détruits.

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Un avant-poste pesh­­merga près de Kirkouk
Crédits : Kurdishs­­truggle

« Si j’avais le comman­­de­­ment », dit l’Amé­­ri­­cain, « Je ferais venir une équipe de démi­­neurs pour déga­­ger un chemin et envoyer tout le monde en ligne droite aussi vite qu’on peut aller. On se posi­­tion­­ne­­rait là-bas, au-delà de la rivière, et de là on serait nickel. Malheu­­reu­­se­­ment, on doit pas avoir plus de 100 cartouches dans le camion. On n’a tout simple­­ment pas les ressources. » Alors que nous nous apprê­­tons à redes­­cendre, Smith se redresse, charge une balle et fait feu dans l’im­­men­­sité qui s’étend devant nous. Les Occi­­den­­taux ont tous dû ache­­ter leurs propres balles sur le marché aux armes local, et ce tir a coûté un dollar à l’Amé­­ri­­cain – le même prix qu’un paquet de ciga­­rettes kurdes. Quand nous attei­­gnons le sol, le Français Angelo Samman­­tano surgit devant nous à petites foulées. « Cette salope a bouffé le dernier chiot », nous prévient-il, en secouant la tête. De tous les hommes rassem­­blés ici, l’Amé­­ri­­cain est celui qui aimait plus les petits chiens. Il s’était même arrangé avec une ONG pour qu’ils vaccinent l’un d’eux afin qu’il puisse le rame­­ner aux États-Unis. « Désolé, vieux », ajoute Samman­­tano. Smith tapote son AK et suit du regard la tueuse satis­­faite qui s’éloigne en longeant la route. « On va régler ça ce soir », jure-t-il. Sur l’avant-bras du marine s’étale un tatouage d’At­­las, soute­­nant l’im­­pos­­sible fardeau d’un monde entouré de flammes. « C’est toi ? » lui demandé-je, montrant du doigt le titan. « Peut-être bien », répond-il.

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Des Occi­­den­­taux aux côtés des pesh­­mer­­gas
Crédits : Roc Morin

Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « The Western Volun­­teers Figh­­ting ISIS », paru dans The Atlan­­tic. Couver­­ture : Un combat­­tant pesh­­merga, par Matt Cetti-Roberts.

POURQUOI L’ASSAUT CONTRE MOSSOUL N’EST-IL TOUJOURS PAS LANCÉ ?

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Après la libé­­ra­­tion de Sinjar, les nombreuses factions kurdes et yézi­­dies doivent mettre un terme au désordre et s’en­­tendre pour mettre le cap sur Mossoul.

I. La prise

Il y a quelques mois, Massoud Barzani, le président du gouver­­ne­­ment régio­­nal du Kurdis­­tan, orga­­ni­­sait une confé­­rence de presse sur les hauteurs de Sinjar, une ville du nord-ouest de l’Irak. La veille, pour la première fois depuis août 2014, un bombar­­de­­ment de Sinjar par l’avia­­tion améri­­caine permet­­tait aux forces kurdes de reprendre le contrôle de la ville, jusqu’a­­lors aux mains de Daech. Alors que derrière lui, des panaches de fumées s’élèvent et des héli­­co­­ptères décollent, Barzani, perché sur une estrade faite de sacs de sable, déclare la ville « libé­­rée ».

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Le président Barzani donne une confé­­rence de presse
Crédits : Cengiz Yar

Un cortège de gardes du corps escorte le président jusqu’à un 4×4, puis corres­­pon­­dants étran­­gers et jour­­na­­listes locaux descendent la colline pour consta­­ter les dégâts. Autour de Sinjar, les routes – endom­­ma­­gées, encom­­brées de camions mili­­taires et couvertes de débris – sont deve­­nues impra­­ti­­cables. Avec mon inter­­­prète, nous déci­­dons de nous garer et de conti­­nuer à pied. La ville, qui comp­­tait autre­­fois 100 000 habi­­tants, est dévas­­tée. La quasi-tota­­lité de la popu­­la­­tion, dont une grande partie de Yézi­­dis – une mino­­rité reli­­gieuse irakienne – a été tuée par les djiha­­distes ou a dû fuir. Les occu­­pants ont brûlé leurs maisons, pillé les maga­­sins et saccagé leurs lieux saints. Puis les frappes aériennes améri­­caines se sont char­­gées de détruire tout le reste. Armé d’un fusil, un homme soli­­taire semble connaître les lieux. Nous hâtons le pas pour le rattra­­per. « Je vais jeter un œil sur la maison de mon oncle », nous dit-il. Il s’ap­­pelle Azad – il ne veut pas nous donner son nom de famille – et dit avoir grandi à Sinjar. L’été 2013, quand Daech a commencé à enva­­hir l’est de la Syrie puis le nord de l’Irak, des troupes de pesh­­mer­­gas – les forces armées kurdes irakiennes – ont été déployées dans sa ville. En juin, Daech a pris Mossoul, la deuxième plus grande ville du pays, à 130 kilo­­mètres à l’est de Sinjar, et malgré tout, la plupart des habi­­tants ne se sentaient pas encore en danger. Mais les pesh­­mer­­gas se sont reti­­rés lorsque Daech a atteint Sinjar. Des centaines de civils y ont été tués. Azid et sa famille font partie des 50 000 Yézi­­dis qui ont réussi à fuir dans les montagnes qui surplombent la ville. La plupart des réfu­­giés ont ensuite été évacués par héli­­co­­ptère ou relo­­gés dans des camps plus au nord, mais beau­­coup, dont la famille d’Azad, ont choisi de rester dans les montagnes glaciales et vivent dans des tentes, avec peu de nour­­ri­­ture et d’eau, en atten­­dant le jour où elles pour­­ront rentrer chez elles.

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