par Matt Cetti-Roberts | 6 février 2015

Dans les 24 heures qui ont suivi la dernière offen­­sive des Kurdes au sud du barrage, il y a eu seize frappes aériennes de la coali­­tion. Les pesh­­mer­­gas, combat­­tants kurdes posi­­tion­­nés près du barrage de Mossoul, ont attaqué et pris l’État isla­­mique par surprise en coupant leurs lignes de ravi­­taille­­ment. À présent, les Kurdes sont proches du bastion des mili­­tants, qui se situe dans la ville de Mossoul. ulyces-mossoul-01 Mais pourquoi les pesh­­mer­­gas ont-ils lancé leur offen­­sive main­­te­­nant ? Les Forces armées irakiennes n’étaient pas prêtes à attaquer la ville. Les repré­­sen­­tants de l’ar­­mée améri­­caine ont déjà expliqué que les Forces armées irakiennes ne pour­­raient pas tenter de s’em­­pa­­rer de Mossoul avant le prin­­temps, au bas mot. En outre, le Gouver­­ne­­ment régio­­nal du Kurdis­­tan a déclaré qu’il n’était que peu inté­­ressé par Mossoul. Je suis allé enquê­­ter sur le front, accom­­pa­­gné d’un collègue jour­­na­­liste français.

La capi­­tale de la terreur

Nous nous sommes rendus à Nawa­­ran, près de Shekhan. Les posi­­tions du front sont creu­­sées dans le flanc d’une colline. La veille de notre visite du 26 janvier, la jour­­née a été ponc­­tuée d’in­­tenses combats : les mili­­ciens de l’EI ont attaqué les lignes kurdes. Bien que l’État isla­­mique ait subi de nombreux déboires à l’ouest du barrage de Mossoul, la contre-offen­­sive de Shekhan compte plusieurs victoires, dont Makh­­mour et Gwer. Deux pesh­­mer­­gas sont morts pendant les affron­­te­­ments – l’un d’eux était le géné­­ral Harbo Ahmed. Les Kurdes possèdent quelques armes lourdes dans cette région : de l’ar­­tille­­rie, un char d’as­­saut ou deux et quelques véhi­­cules blin­­dés.


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La ligne de front, à Nawa­­ran
Crédits : Matt Cetti-Roberts

Je converse avec un capi­­taine kurde. Il m’ap­­prend qu’ils ont tué quatorze combat­­tants de l’État isla­­mique la veille. Il porte un Colt M4, une cara­­bine mili­­taire améri­­caine, et la tient comme un profes­­sion­­nel – son doigt est posé sur le pontet quand il n’est pas au combat. Il m’ex­­plique qu’ils ne visent pas les chars de combat, et veulent juste tuer des mili­­ciens. J’ap­­pren­­drai plus tard que le capi­­taine est le fils du géné­­ral Serbest. Quand nous rencon­­trons le géné­­ral, il est escorté par sa garde rappro­­chée. Même si la plupart de ses hommes arborent des cara­­bines si ruti­­lantes qu’elles ont l’air d’être neuves, il assure n’avoir reçu aucune arme de la coali­­tion. Serbest décrit la bataille qui s’est dérou­­lée la veille. « Il fallait qu’on se défende avec nos vieilles armes – et les voici », me dit-il. Les combat­­tants de l’État isla­­mique possèdent cinq Humvees et un char d’as­­saut. Selon les dires du géné­­ral, ses hommes ont tué cinquante combat­­tants enne­­mis et récu­­péré quatorze des corps. Les Kurdes ont égale­­ment touché leurs véhi­­cules et détruit le char. Il ajoute que trois des morts étaient des émirs – ils étaient en charge de certains terri­­toires dans l’État isla­­mique. « On a su qu’ils étaient émirs car on a retrouvé leurs papiers d’iden­­tité », raconte-t-il.

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Des combat­­tants pesh­­mer­­gas
Crédits : Matt Cetti-Roberts

Serbest et ses troupes sont tout proches de Mossoul, au cœur de l’État isla­­mique en Irak. « On sait dans tous les pays de la coali­­tion comme en Irak que Mossoul est la capi­­tale de la terreur », dit le géné­­ral. « Ma ligne de front est la plus proche de cette capi­­tale. » « Ce n’est pas aux Kurdes de libé­­rer Mossoul », pour­­suit-il. « Cela dit, l’EI pense que les Kurdes sont plus dange­­reux que le gouver­­ne­­ment central – où sont-ils, ceux-là, d’ailleurs ? » Alors, pourquoi cette offen­­sive sur Mossoul ? « Nous devons proté­­ger notre gouver­­no­­rat et empê­­cher l’EI de s’en appro­­cher », répond-il. « Sans comp­­ter que nous avons deux millions de réfu­­giés à proté­­ger contre une force qui s’at­­taque à l’Irak toute entière. »

Autop­­sie d’un char d’as­­saut

Dans les posi­­tions de combat kurdes, on trouve plusieurs abris. À travers de petites fenêtres, on peut regar­­der dans la direc­­tion des posi­­tions de l’État isla­­mique. Un char T-54/55, de fabri­­ca­­tion sovié­­tique et piloté par les Kurdes, est en posi­­tion basse au sommet de la colline. Lors de notre visite, nous avons pu entendre au moins un des avions de la coali­­tion durant près de vingt minutes. Celui-ci volait à très haute alti­­tude, hors de notre champ de vision. Nous avons plus tard examiné le char endom­­magé par le feu, que les Kurdes avaient détruit la veille. Les pesh­­mer­­gas nous ont confié qu’ils l’avaient traîné jusqu’au camp. Ils posent à côté de leur trophée et se prennent en photo. L’un d’eux est occupé à fouiller le véhi­­cule en piteux état – il récu­­père des muni­­tions et de la ferraille de l’épave. En exami­­nant l’en­­gin de plus près, nous remarquons qu’il s’agit d’un BREM-1, un véhi­­cule de dépan­­nage ayant été modi­­fié. Au sommet du véhi­­cule a été greffé un dôme blindé. Le travail de pein­­ture suggère que les Forces armées irakiennes ont procédé à cette modi­­fi­­ca­­tion avant que les mili­­ciens ne s’en emparent.

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Un soldat récu­­père des muni­­tions et de la ferraille
Crédits : Matt Cetti-Roberts

Un bouclier servait à proté­­ger les mitrailleurs à l’avant du compar­­ti­­ment de combat. Les précé­­dents proprié­­taires du BREM-1 ont ajouté des supports pour d’autres armes, au-dessus du blin­­dage. Celui qui a modi­­fié le char a égale­­ment ajouté des branches et rameaux à l’avant et sur les côtés du véhi­­cule. C’était peut-être une tenta­­tive ratée pour instal­­ler un toit. La plate­­forme de combat a été ouverte à l’ar­­rière pour pouvoir se rendre à l’étage. Sur le sol de la plate­­forme de combat, une bosse indique que quelque chose a percuté le char par le dessus. Les pesh­­mer­­gas n’au­­raient pas vu cette partie du véhi­­cule, même s’il se trou­­vait juste en-dessous d’eux dans les plaines. Les dégâts peuvent lais­­ser penser qu’il a été frappé par un tir de mortier. La trappe du conduc­­teur se situe à l’avant de la plate­­forme de combat. On l’ouvre au sol, juste en face de la posi­­tion de l’énorme mitrailleuse. Le compar­­ti­­ment du conduc­­teur n’a pas été abimé par le feu et ne contient pas de restes ou le moindre signe du conduc­­teur. Des muni­­tions jonchent le sol, en haut de la plate­­forme de combat – qu’elles aient été utili­­sées ou non.

La guerre a renforcé les divi­­sions ethniques, sectaires et tribales de la région.

À l’in­­té­­rieur du char, nous trou­­vons un assor­­ti­­ment de cartouches de 12,7 mm pour la mitrailleuse DShK, des cartouches de 5,56 mm OTAN – accom­­pa­­gnées de char­­geurs à moitié fondus – ainsi qu’une abon­­dance de cartouches sovié­­tiques 7,62 mm, utili­­sées dans les Kala­ch­­ni­­kovs AK-47. Nous avons demandé l’avis de soldats pesh­­mer­­gas. D’après eux, c’est une roquette qui a frappé le véhi­­cule. D’autres n’ont pas d’avis sur la ques­­tion. Le véhi­­cule ne montre aucun signe de dégâts causés par une arme anti­­char. Plusieurs cartouches 7,62 mm sont coin­­cées dans les protec­­tions en caou­t­chouc, sur les flancs du char.

Une région divi­­sée

Après quoi nous avons rencon­­tré Kak Ali, qui est à la tête du bureau du Parti Démo­­cra­­tique du Kurdis­­tan (PDK) à Shekhan. Il nous a lui aussi parlé de la bataille de la veille. « Hier, les pesh­­mer­­gas se sont battus avec bravoure », affirme-t-il. « Tous les habi­­tants de la région ont apporté leur aide et combattu. » Ali dit qu’il fait partie des volon­­taires locaux à s’être battu lors du combat de la veille. Il nous raconte qu’il a tué un jeune combat­­tant de l’État isla­­mique déjà blessé, parce qu’il avait peur qu’il dissi­­mule une arme. « Le mili­­cien a conti­­nué à marcher vers nous tandis que nous lui tirions dessus, comme s’il était ivre », se souvient-il.

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Un Pesh­­merga observe les posi­­tions de l’en­­nemi
Crédits : Matt Cetti-Roberts

Ali a remarqué qu’un avion français avait mené de nombreuses frappes aériennes, mais ce n’est pas assez. Il explique qu’ils néces­­sitent beau­­coup plus d’aide de la coali­­tion. « Nous avons reçu quelques armes dans la région, mais il nous en faut plus », dit-il. « La coali­­tion est moins présente, ici. » Pendant la bataille, les pesh­­mer­­gas ont lutté contre plusieurs combat­­tants venus de l’étran­­ger. L’ar­­mée isla­­miste, qui cherche depuis des mois à péné­­trer en terri­­toires kurdes, est une armée inter­­­na­­tio­­nale. Mais pour Ali, avoir autant de djiha­­distes réunis en un seul et même endroit peut avoir un bon côté. La région de Shekhan est une histo­­rique­­ment complexe, et la guerre a malheu­­reu­­se­­ment renforcé les divi­­sions ethniques, sectaires et tribales au sein de la commu­­nauté. « Les tribus arabes, les Yézi­­dis et les Kurdes sont divi­­sés », soupire Ali. « Cela va être long avant qu’on puisse réta­­blir de bonnes rela­­tions. Il faut lais­­ser faire le temps. » Il explique que ces divi­­sions compliquent la guerre. Certaines tribus arabes ont rejoint de bon gré les mili­­ciens. Mais en même temps, ils savent qu’à l’ar­­ri­­vée de l’État isla­­mique dans leurs villages, les jeunes hommes seront enrô­­lés dans leurs armées – souvent contre la volonté des familles. C’est pour cette raison que les soldats kurdes doivent rester méfiants envers les habi­­tants des terri­­toires libé­­rés. « Ils ont le droit d’ache­­ter de la nour­­ri­­ture dans les villes, mais ils doivent requé­­rir une permis­­sion avant d’y péné­­trer », précise-t-il. « Nous limi­­tons aussi la quan­­tité de nour­­ri­­ture qu’ils peuvent ache­­ter en une fois – on sait qu’ils risquent d’en­­voyer du ravi­­taille­­ment à l’EI s’ils en achètent en trop grande quan­­tité. »

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Des soldats kurdes font route vers la ligne de front
Crédits : Matt Cetti-Roberts

La situa­­tion est compliquée car les Arabes de la région vivent ici depuis long­­temps, bien avant que le programme d’ara­­bi­­sa­­tion de Saddam Hussein ne chasse de nombreux Kurdes du terri­­toire. Et ces Arabes vivent aux côtés des Kurdes depuis des géné­­ra­­tions. « Nous les connais­­sons bien », souligne Ali. Pour­­tant, il dit qu’il est primor­­dial de soute­­nir les groupes sunnites pour parve­­nir à battre les mili­­ciens. « Nous devons aider les groupes sunnites qui ne font pas partie de l’État isla­­mique pour enfin nous en débar­­ras­­ser », dit-il. Sans ces groupes, libé­­rer les terri­­toires comme Mossoul se révé­­lera incroya­­ble­­ment diffi­­cile. Les troupes irakiennes n’ont pour l’ins­­tant donné aucune raison aux habi­­tants de la région de leur faire confiance, alors qu’elles sont suppo­­sées les libé­­rer. « Les Forces armées irakiennes n’en sont pas vrai­­ment – l’ar­­mée était fidèle à Maliki, pas au pays », dit Ali. Il soutient que c’est pour cette raison que l’État isla­­mique s’est emparé si faci­­le­­ment de Mossoul. « Les habi­­tants ont souf­­fert sous la direc­­tion de Maliki, ils ont accueilli les premiers à bien vouloir leur venir en aide. » Mais il ne croit pas que cette offen­­sive kurde ait pour objec­­tif de délo­­ger les mili­­ciens du bastion qu’ils ont dans la ville. Pour lui, ils ont agi pour leur propre inté­­rêt. « Ils ne visaient pas Mossoul. Ils essayaient de défendre le front et la région », dit-il. « Il fallait qu’on coupe les lignes de ravi­­taille­­ment de l’EI. Les vivres et les muni­­tions viennent de Syrie. »

Le barrage

Plus tard, nous nous sommes rendus au barrage de Mossoul, où nous avons parlé un pesh­­merga de l’agence de rensei­­gne­­ments Zera­­vani. « Depuis la dernière offen­­sive, il y a eu quelques attaques, mais elles sont spora­­diques », nous raconte-t-il. « Parfois, ils bombardent nos posi­­tions et la route. La situa­­tion est tendue car l’EI peut attaquer et venir combattre sur place à tout moment. »

« La dernière offen­­sive nous a permis d’af­­fai­­blir une zone stra­­té­­gique pour l’EI, près de Mossoul. »

L’agent se plaint de la pénu­­rie d’armes et de muni­­tions, mais il admet que les missiles anti­­chars MILAN four­­nis par les Alle­­mands ont été d’une grande utilité lors de leur dernière croi­­sade. « Sans le soutien de la coali­­tion, lancer l’of­­fen­­sive aurait été impos­­sible », déclare-t-il. Il dit qu’é­­loi­­gner les commu­­nau­­tés mixtes et arabes repré­­sente un défi supplé­­men­­taire, mais ne change fina­­le­­ment rien à leur mission. « En tant que pesh­­merga – et donc en tant que combat­­tant –, la reli­­gion ou l’eth­­ni­­cité des habi­­tants des régions que nous contrô­­lons importe peu », ajoute-t-il. Il insiste sur le fait qu’il arrive aisé­­ment à diffé­­ren­­cier un terro­­riste d’une personne normale. « Il y a envi­­ron six cents fonc­­tion­­naires, majo­­ri­­tai­­re­­ment des arabes sunnites, qui travaillent sur le barrage. Ils sont tous sous notre protec­­tion », révèle l’agent. « Nous les proté­­geons, sauf si nous appre­­nons qu’ils travaillent pour l’EI. Cela vaut aussi pour ceux qui habitent au sud du barrage. » Il fait ensuite allu­­sion aux autres Arabes, qui ont fui à l’ar­­ri­­vée des Kurdes car la propa­­gande menée par l’État isla­­mique leur lais­­sait croire qu’ils allaient être assas­­si­­nés. Mais l’agent raconte qu’à présent, nombre d’entre eux reviennent en enten­­dant leurs amis et voisins les assu­­rer que ces histoires étaient fausses. « La dernière offen­­sive nous a permis d’af­­fai­­blir une zone stra­­té­­gique pour l’EI, près de Mossoul », explique l’agent des rensei­­gne­­ments. « S’ils veulent se rendre de Mossoul à Tall Afar, le voyage prend main­­te­­nant trois fois plus de temps. » Nous lui deman­­dons s’il pense que les Kurdes vont prendre part à l’as­­saut contre Mossoul. « Nous ne voulons pas attaquer Mossoul seuls. Mais il y a des déci­­sions poli­­tiques que nous ne pouvons pas contrô­­ler. Nous ne sommes que pesh­­mer­­gas, nous devons y aller. Nous devons suivre les Forces armées irakiennes », dit-il. « Nous pouvons nous allier aux Forces armées irakiennes, mais il faut qu’ils se décident avant. »

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Une façade criblée de balles près du barrage
Crédits : Matt Cetti-Roberts

En suppo­­sant que l’ar­­mée natio­­nale puisse effec­­ti­­ve­­ment lancer une attaque, l’agent est préoc­­cupé par les forces quit­­tant Bagdad pour reve­­nir à Mossoul. Elles n’ont pas très bonne répu­­ta­­tion. Et la présence des milices chiites, renfor­­cées par les Iraniens, aux côtés des troupes irakiennes a de quoi inquié­­ter. « Les soldats des Forces armées irakiennes ne répon­­daient qu’à Maliki. Le peuple n’avait pas confiance dans cette armée. J’es­­père que tout se passera bien, mais je pense qu’un certain nombre de problèmes nous attendent », dit-il de façon inquié­­tante. « Et si les milices chiites s’en mêlent, cela serait désas­­treux. Elles expul­­se­­raient tout le monde. » L’agent me confie qu’il a entendu certaines rumeurs : des combat­­tants arabes sunnites seraient en train de s’en­­traî­­ner à lutter contre les mili­­ciens de Mossoul. Ces troupes pour­­raient créer un vent de révolte chez les popu­­la­­tions locales contre l’État isla­­mique. Mais pour le moment, il dit que les Arabes qu’il a rencon­­trés jusqu’à présent restent majo­­ri­­tai­­re­­ment « passifs ». Ils ne sont pas hostiles, mais n’ap­­portent pas parti­­cu­­liè­­re­­ment leur soutien non plus.


Traduit de l’an­­glais par Estelle Sohier d’après l’ar­­ticle « The Kurds Are Close to Mosul—And in No Hurry to Get There », paru dans War is Boring. Couver­­ture : Un Humvee détruit près du barrage de Mossoul, par Matt Cetti-Roberts.

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