fbpx

par Michael Rubin | 13 novembre 2016

Barzani

« L’in­­dé­­pen­­dance et le droit de déci­­der par nous-mêmes est notre but suprême », décla­­rait Massoud Barzani en juin dernier. Le ton était inha­­bi­­tuel­­le­­ment brutal pour le président du Gouver­­ne­­ment régio­­nal du Kurdis­­tan (GRK) du nord de l’Irak, mais l’as­­pi­­ra­­tion des Kurdes n’a rien de nouveau. Ils veulent un État et font remarquer depuis long­­temps qu’ils sont le plus grand peuple à ne pas en avoir. Comme nombre de leurs compa­­triotes en Syrie et en Turquie, les Kurdes d’Irak ont passé la majeure partie du XXe siècle à lutter contre un gouver­­ne­­ment central hostile – dans leur cas celui de Bagdad – pour leur indé­­pen­­dance.

ulyces-iraqikurd-02
Le président Massoud Barzani
Crédits : GRK

Saddam Hussein a tenté plusieurs fois d’écra­­ser leur insur­­rec­­tion. En 1991, en pleine guerre du Golfe, il a retiré ses forces de la région et instauré un blocus, pariant que les Kurdes seraient inca­­pables de survivre seuls. Il avait tort. Depuis ce temps-là, ils se gouvernent seuls, en bonne partie. Lorsque les États-Unis ont renversé le régime de Saddam Hussein en 2003, la nouvelle consti­­tu­­tion irakienne a garanti son auto­­no­­mie à l’in­­té­­rieur des fron­­tières de l’Irak fédé­­ral. Mais aujourd’­­hui, ils n’ont jamais été aussi près d’ac­­cé­­der à l’in­­dé­­pen­­dance totale. Cela s’ex­­plique en partie par le chan­­ge­­ment géné­­ra­­tion­­nel. Les Kurdes irakiens qui sont entrés à l’uni­­ver­­sité cette année étaient à la mater­­nelle quand Saddam a été déchu du pouvoir. L’âge médian dans la région est de 20 ans, ce qui signi­­fie que plus de la moitié de la popu­­la­­tion n’a connu que le gouver­­ne­­ment auto­­nome kurde. La plupart parlent à peine arabe, et peu d’entre eux sont allés à Bagdad. Ils s’ins­­pirent aussi de leurs cama­­rades disper­­sés aux quatre coins de cette région aux fron­­tières poreuses : les Kurdes de Syrie disposent actuel­­le­­ment d’un gouver­­ne­­ment auto­­nome, les Kurdes de Turquie ont repris leur lutte contre le président Erdo­­gan, et ils sont au bord de l’in­­sur­­rec­­tion en Iran. Ils ont aussi la sympa­­thie de nombreuses nations étran­­gères.

Enfin, hommes d’af­­faires et pros­­pec­­teurs pétro­­liers ne cessent d’af­­fluer au Kurdis­­tan irakien : les hôtels de luxe et les restau­­rants chics se multi­­plient dans la région, pas les atten­­tats à la voiture piégée. Mais quel genre d’État sera le Kurdis­­tan irakien s’il devient indé­­pen­­dant ? Le GRK fait acti­­ve­­ment du lobbying aux États-Unis – en manda­­tant parfois ses alliés et ses parte­­naires d’af­­faires – pour promou­­voir sa répu­­ta­­tion d’oa­­sis de liberté et de sécu­­rité dans un terri­­toire hostile. « Le Kurdis­­tan est la région la plus stable et démo­­cra­­tique d’Irak », écri­­vait l’an­­cien diplo­­mate améri­­cain Peter Galbraith dans les pages du New York Times. Il oubliait de mention­­ner qu’il détient une créance d’une valeur de dix millions de dollars sur le pétrole kurde. Le GRK a dépensé six millions de dollars en lobbying depuis 2010 – plus que le Pakis­­tan. En réalité, le Kurdis­­tan n’a rien de démo­­cra­­tique.

ulyces-iraqikurd-01
Le tracé offi­­ciel du Kurdis­­tan irakien et les terri­­toires dispu­­tés
Crédits : Wiki/Ulyces

La terreur

Il suffit pour s’en rendre compte d’exa­­mi­­ner l’im­­mo­­bi­­lisme de son leader­­ship. À Bagdad, où l’au­­to­­rité repose avant tout sur le Premier ministre, quatre hommes se sont succédé au poste depuis 2004, quand l’Irak a rega­­gné sa souve­­rai­­neté après l’in­­va­­sion améri­­caine. Au Kurdis­­tan irakien, où le pouvoir est aux mains du président, il n’y en a jamais eu qu’un : Barzani. Ce dernier n’a pas seule­­ment refusé de se reti­­rer au terme de son mandat l’an­­née dernière, il a égale­­ment exclu certains diri­­geants d’un parti d’op­­po­­si­­tion réfor­­miste du gouver­­ne­­ment. Il a même empê­­ché l’ora­­teur du parle­­ment, qui est le président par inté­­rim aux yeux de la loi, d’en­­trer à Erbil, la capi­­tale de la région. Plutôt que de progres­­ser vers la démo­­cra­­tie, le Kurdis­­tan irakien a commencé à prendre le chemin inverse. La scène poli­­tique s’est rétré­­cie et elle devient de plus en plus violente. Des procès falla­­cieux et des menaces ont réduit au silence certains médias indé­­pen­­dants. Les tenta­­tives d’uni­­fi­­ca­­tion du gouver­­ne­­ment sont compliquées et les élec­­tions ont été repous­­sées. Le Parti démo­­cra­­tique du Kurdis­­tan (PDK) au pouvoir a toujours été une affaire de famille. Le neveu de Massoud Barzani, Nechir­­van, est Premier ministre ; son fils aîné Masrour dirige le conseil de sécu­­rité ainsi que les services de rensei­­gne­­ment (certains l’ac­­cusent d’en avoir fait usage contre des jour­­na­­listes) ; et son deuxième fils est géné­­ral dans l’ar­­mée. D’autres membres de la famille proche de Barzani détiennent l’opé­­ra­­teur de réseau mobile local (un orga­­nisme privé acheté avec de l’argent public), siègent au comité de direc­­tion du PDK ou repré­­sentent ses inté­­rêts à l’étran­­ger.

ulyces-iraqikurd-03
La cita­­delle d’Er­­bil
Crédits : David Stan­­ley

L’autre acteur poli­­tique majeur de la région, l’Union patrio­­tique du Kurdis­­tan (UPK) diri­­gée par Jalal Tala­­bani, se présente comme l’an­­ti­­dote au triba­­lisme du PDK et clai­­ronne son atta­­che­­ment à la méri­­to­­cra­­tie et au progres­­sisme. Ces dernières années, pour­­tant, ce parti aussi est devenu une affaire de famille. La femme de Tala­­bani, Hero Ibra­­him Ahmad, contrôle l’em­­pire média­­tique et commer­­cial de l’UPK. Son fils aîné, Bafil, est à la tête de l’unité anti-terro­­riste du parti, et son plus jeune fils, Qubad – un méca­­ni­­cien d’une tren­­taine d’an­­nées –, est récem­­ment devenu l’adjoint du Premier ministre. D’autres membres de la famille Tala­­bani dirigent l’unité anti-terro­­riste, qu’ils utilisent autant pour combattre le terro­­risme que pour inti­­mi­­der leurs oppo­­sants poli­­tiques, ainsi que la faction de l’UPK qui siège au parle­­ment.

Pendant ce temps, les réfor­­mistes comme l’an­­cien Premier ministre Barham Salih et les tech­­no­­crates comme le gouver­­neur de Kirkouk, Najmal­­din Karim, sont margi­­na­­li­­sés au sein du parti. Repré­­sen­­ter une véri­­table force d’op­­po­­si­­tion démo­­cra­­tique au Kurdis­­tan peut s’avé­­rer dange­­reux. En 2005, un groupe du PDK a mis le feu au bureau d’un parti d’op­­po­­si­­tion à Dahuk, tuant le direc­­teur de la struc­­ture. La méthode est régu­­liè­­re­­ment employée depuis. En 2011, de jeunes Kurdes irakiens ont commencé à protes­­ter contre la corrup­­tion et l’au­­to­­ri­­ta­­risme du gouver­­ne­­ment, comme leurs frères arabes en Tuni­­sie et en Égypte. Lorsqu’une chaîne de télé­­vi­­sion indé­­pen­­dante a diffusé des images des mani­­fes­­ta­­tions du « Prin­­temps kurde » à Soulei­­ma­­niye, des hommes du gouver­­ne­­ment ont incen­­dié leur studio. Les forces de sécu­­rité des deux partis auraient assas­­siné en toute impu­­nité des jour­­na­­listes ayant dénoncé la corrup­­tion et le népo­­tisme au sein du gouver­­ne­­ment. Dans certains cas, des véhi­­cules appar­­te­­nant aux forces de sécu­­rité ont été utili­­sés dans leurs kidnap­­pings ; d’autres fois, des poli­­ti­­ciens ont proféré des menaces à leur encontre avant qu’ils ne soient assas­­si­­nés.

Séces­­sion

Au sein du PDK, beau­­coup disent qu’é­­tant donné la menace que repré­­sente l’État isla­­mique, le temps n’est pas encore venu de discu­­ter des moda­­li­­tés de la démo­­cra­­tie. « Tant que le pays est en guerre et que des élec­­tions ne peuvent pas être orga­­ni­­sées, le président conti­­nuera d’exer­­cer son mandat avec les pleins pouvoirs qui lui sont confé­­rés », explique Vala Farid, un légis­­la­­teur du PDK. Masrour Barzani a déclaré pour sa part que le départ de son père durant le combat contre l’État isla­­mique pour­­rait être un facteur de désta­­bi­­li­­sa­­tion. « La dernière chose dont le Kurdis­­tan a besoin, c’est d’une autre crise », dit-il. L’en­­voyé spécial de la prési­­dence Brett McGurk, qui demeure l’homme du gouver­­ne­­ment améri­­cain sur la ques­­tion kurde irakienne, recon­­naît toujours Barzani comme président, bien qu’il soit à présent à son poste extra-léga­­le­­ment. C’est aussi le cas de la Maison-Blanche. Mais en voyant l’au­­to­­cra­­tie de Barzani comme un mal néces­­saire dans le combat contre Daech, ils ignorent le fait que ce dernier a commencé à conso­­li­­der son pouvoir bien avant la montée de l’État isla­­mique. Pour lui, gouver­­ner au-delà du terme de son mandat est une ques­­tion de sécu­­rité dans l’état d’ur­­gence actuel. Cepen­­dant, les lois rela­­tives à l’état d’ur­­gence peuvent être addic­­tives : les dicta­­teurs trouvent toujours une excuse pour les main­­te­­nir, mais elles n’ap­­portent jamais la stabi­­lité. Au contraire, elles conduisent à des régimes auto­­ri­­taires comme ceux d’As­­sad en Syrie et de Mouam­­mar Kadhafi en Libye.

ulyces-iraqikurd-04
La chan­­teuse kurde Helly Luv rend visite aux troupes pesh­­mer­­gas
Crédits : DR

D’autres sont d’avis que ces problèmes seraient vite réglés, si seule­­ment les Kurdes avaient leur indé­­pen­­dance. « L’in­­dé­­pen­­dance du Kurdis­­tan est plus impor­­tante que le parle­­ment et tous les partis poli­­tiques », a affirmé Massoud Barzani dans un entre­­tien en mars 2016. Ce n’est pas qu’une douce illu­­sion, elle est aussi dange­­reuse. Entre 1994 et 1997, les milices du PDK et de l’UPK ont déclen­­ché une guerre civile à cause de la divi­­sion des reve­­nus et des ressources. C’était avant la décou­­verte des réserves de pétrole de la région. Des milliers de personnes sont mortes dans le conflit, et des centaines d’autres ont disparu après avoir été arrê­­tées par les forces de sécu­­rité des deux partis. Barzani et Tala­­bani ont tous deux invité des forces exté­­rieures – la garde répu­­bli­­caine de Saddam Hussein et le corps des Gardiens de la révo­­lu­­tion isla­­mique d’Iran, respec­­ti­­ve­­ment – à leur venir en aide. Tant que les milices et les services de rensei­­gne­­ment kurdes reste­­ront subor­­don­­nés à des person­­na­­li­­tés et des partis poli­­tiques plutôt qu’à l’État, ils nuiront à la stabi­­lité de la région plutôt que de la renfor­­cer. Les Kurdes doivent encore résoudre des ques­­tions basiques concer­­nant les moda­­li­­tés de la citoyen­­neté d’un éven­­tuel nouvel État. La citoyen­­neté d’un Kurdis­­tan irakien indé­­pen­­dant serait-elle basée sur la géogra­­phie ou l’eth­­ni­­cité ? Dans le premier cas de figure, cela signi­­fie­­rait-il que les Kurdes nés à Bagdad ou à Diyar­­bakır n’y auraient pas droit ?

Dans le second, les Arabes et les Turk­­mènes seraient-ils consi­­dé­­rés comme des citoyens de seconde zone ? Le Kurdis­­tan recon­­naî­­trait-il la double-natio­­na­­lité ? Ces ques­­tions peuvent sembler tatillonnes, mais leurs réponses peuvent semer les graines de dépla­­ce­­ments de popu­­la­­tion, de puri­­fi­­ca­­tion ethnique ou de conflits qui risque­­raient de perdu­­rer sur des géné­­ra­­tions. Il n’est pas certain que le Kurdis­­tan indé­­pen­­dant tolé­­rera la véri­­table compé­­ti­­tion poli­­tique – une des fonda­­tions de la démo­­cra­­tie. La culture poli­­tique kurde irakienne tend plus vers des arran­­ge­­ments quant à la divi­­sion du pouvoir, dans lesquels les partis conservent des mono­­poles locaux, que vers une véri­­table compé­­ti­­tion. Si les Kurdes irakiens ont l’am­­bi­­tion de fonder un Kurdis­­tan qui accueille leurs frères de Turquie, de Syrie et d’Iran, leurs prin­­ci­­pales forces poli­­tiques feront-elles de la place à de nouveaux acteurs ?

ulyces-iraqikurd-05
Un puits de pétrole kurde
Crédits : DR

Vient ensuite la ques­­tion du pétrole. Plutôt que d’ali­­men­­ter la paix et la pros­­pé­­rité du pays, la répar­­ti­­tion des ressources pétro­­lières pour­­raient conduire à la discorde et risquent de mettre à mal l’unité kurde. Les Kurdes d’Irak et de Syrie accep­­te­­ront-ils de parta­­ger leurs réserves d’or noir avec les Kurdes de Turquie et d’Iran, qui vivent dans des régions pauvres en éner­­gie ? Si tel n’est pas le cas, cela signi­­fie-t-il que les Kurdes tendraient plutôt à établir quatre États au lieu d’un seul ? Ce ne serait pas la première fois que l’unité ethnique est désta­­bi­­li­­sée par la géopo­­li­­tique et les disputes poli­­tiques locales. Il y a aujourd’­­hui deux Rouma­­nie (l’autre s’ap­­pelle la Molda­­vie) et deux Alba­­nie (l’autre s’ap­­pelle le Kosovo), deux admi­­nis­­tra­­tions pales­­ti­­niennes et 22 États arabes. Dans tous les cas, le refus absolu de tran­­si­­ger sur les reven­­di­­ca­­tions terri­­to­­riales pour­­rait poser problème. En Irak et en Turquie, les diri­­geants kurdes ont recours à la rhéto­­rique natio­­na­­liste pour détour­­ner l’at­­ten­­tion de leurs échecs poli­­tiques person­­nels. Cela pour­­rait engen­­drer des décen­­nies de guerre avec les Turcs, les Irakiens, les Iraniens et les Syriens autour de terri­­toires contes­­tés. Les Kurdes voient des précé­­dents à leur histoire dans le divorce paci­­fique de la Tché­­co­s­lo­­vaquie ou le récent retrait de la Grande-Bretagne de l’Union euro­­péenne. Certains d’entre eux se comparent à l’Écosse ou à la Cata­­logne. En réalité, ils ont bien plus en commun avec les États séces­­sion­­nistes les plus récents : le Soudan du Sud, le Kosovo, le Timor orien­­tal et l’Éry­­thrée. Chacun d’eux a gagné son indé­­pen­­dance au prix d’an­­nées de lutte, mais ils ont fait feu de la liberté en bascu­­lant dans la dicta­­ture ou l’anar­­chie. Leurs leaders se sont dispu­­tés les ressources, opposé à la sépa­­ra­­tion des pouvoirs ou ont refusé de disso­­cier les forces de sécu­­rité des partis ou des person­­na­­li­­tés poli­­tiques. Cela fait près d’un siècle que les Kurdes demandent un État. Mais si ces ques­­tions ne sont pas réglées lorsqu’ils fini­­ront par l’ob­­te­­nir, ils pour­­raient apprendre à leurs dépens que l’in­­dé­­pen­­dance, la liberté et la démo­­cra­­tie ne sont pas syno­­nymes. iraqi-kurdistan-001


Traduit de l’an­­glais par Nico­­las Prouillac et Arthur Scheuer d’après l’ar­­ticle « The Battle for the Soul of Iraqi Kurdis­­tan », paru dans Foreign Policy. Couver­­ture : Une vallée du Kurdis­­tan irakien.


LE RÊVE D’INDÉPENDANCE DU PEUPLE KURDE

aaaaaaaaaaaaa oniyego

Erbil, Diyar­­ba­­kir, Souley­­ma­­nieh : repor­­tage dans trois villes emblé­­ma­­tiques du Kurdis­­tan, à la rencontre d’un peuple en quête d’in­­dé­­pen­­dance.

C’est un rêve ancien qui flotte comme un nuage au-dessus des cités et des vallées, des souks écrou­­lés et des champs de pétrole, à cheval sur quatre nations. Nichés entre les empires, entou­­rés de conqué­­rants, les habi­­tants du « grand Kurdis­­tan » partagent ce rêve depuis des siècles. C’est un rêve qui se nour­­rit des souve­­nirs d’un passé glorieux : les carre­­fours impo­­sants qui mènent à la cita­­delle d’Er­­bil et ses marchés opulents, les poètes de Souley­­ma­­nieh qui rêvent de leur nation cachée. Il glisse le long des rues de Maha­­bad, où les espoirs d’in­­dé­­pen­­dance kurde se sont, pour un bref instant, maté­­ria­­li­­sés. L’in­­va­­sion de l’Irak est célé­­brée dans les mémoires : pour beau­­coup, elle fut une libé­­ra­­tion après les injus­­tices du passé.

ulyces-kurdishdream-01-700x467
Vue de la cita­­delle d’Er­­bil
Crédits : Adam Jones

Certaines nuits, le rêve s’ap­­pa­­rente à une illu­­sion ; certaines autres, à un cauche­­mar. Ce cauche­­mar, c’est la colère d’une pierre lancée vers la police turque, par une adoles­­cente qui ne comprend même pas sa propre langue. C’est la trahi­­son des Occi­­den­­taux et le souve­­nir de la terrible vengeance de Saddam, des rues de Halabja jonchées de cadavres. C’est la mort feutrée de la Répu­­blique de Maha­­bad, trop petite pour peser dans le jeu des nations à l’is­­sue de la grande guerre. Ce cauche­­mar, enfin, c’est l’État isla­­mique qui, de l’autre côté des montagnes, se tient prêt à anéan­­tir tout ce que le peuple kurde a construit. Mais personne ne connaît l’is­­sue du rêve. Certains essaient déses­­pé­­ré­­ment de se réveiller pour le voir prendre forme, quand d’autres se plaisent à vivre dans le souve­­nir du passé et la réalité du jour. Et alors que les commu­­nau­­tés kurdes d’Irak, de Syrie, de Turquie et d’Iran sont tiraillées en tous sens dans un Moyen-Orient en ébul­­li­­tion, il est possible que le rêve kurde ne soit plus le même pour tous.

IL VOUS RESTE À LIRE 90 % DE CETTE HISTOIRE

Premium WordP­ress Themes Down­load
Down­load Premium WordP­ress Themes Free
Premium WordP­ress Themes Down­load
Down­load Premium WordP­ress Themes Free
free down­load udemy course
Download Best WordPress Themes Free Download
Download Best WordPress Themes Free Download
Download Best WordPress Themes Free Download
Download WordPress Themes Free
free download udemy paid course

Plus de monde