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Au Chili, une mère de famille perd 3 sens après un tir de lacrymo au visage

par   Sarah Ben Bouzid   | 18 septembre 2020

Fabiola Campillay, une mère de famille chilienne de 36 ans, atten­dait son bus pour aller au travail quand une cartouche de gaz lacry­mo­gène tirée par des poli­ciers l’a atteinte en plein visage. Vice rappor­tait jeudi 17 septembre que Fabiola a perdu trois de ses sens suite à l’in­ci­dent. Son cas a déclen­ché une vague de protes­ta­tions au Chili.

La mère de famille a certes survécu, mais elle a perdu la vision, l’odo­rat et le goût. Au cours des dix derniers mois, elle a subi plusieurs inter­ven­tions chirur­gi­cales, notam­ment la pose d’im­plants dans ses orbites oculaires. En septembre, elle a été contrainte de retour­ner à l’hô­pi­tal pour insé­rer une plaque dans son crâne afin de stop­per une fuite de liquide céré­bral.

Depuis le début des mani­fes­ta­tions au Chili, la police aurait fait plus de 460 victimes à cause de tirs de gaz lacry­mo­gène et de balles en caou­tchouc. Il s’agit du plus grand nombre de trau­ma­tismes oculaires au monde. La gravité des bles­sures de Fabiola Campillay a fait de son cas un exemple emblé­ma­tique de la répres­sion poli­cière au Chili, déclen­chant un mouve­ment contre les armes dites « non-létales ».

« Le gaz lacry­mo­gène a proba­ble­ment été tiré direc­te­ment sur Fabiola, violant ainsi le proto­cole requis pour utili­ser l’arme », explique Roberto Morales, d’Am­nesty Inter­na­tio­nal Chili, qui a lancé une campagne de soutien à Fabiola Campillay et sa famille. L’Ins­ti­tu­tion natio­nale des droits de l’homme (INDH) a enre­gis­tré quelque 2 000 plaintes contre des poli­ciers au cours des neuf derniers mois pour des crimes tels que coups et bles­sures, des violences sexuelles et même des homi­cides.

Source : Vice

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