L’Homme a créé le robot à son image. Chaque année, les nouveaux prototypes présentés au public singent la vie avec davantage de précision. Ils ne se contentent plus de nous aider mais sont désormais capables d’interactions. Devenus êtres de langage, ils disposent d’une sociabilité propre. Même pour les machines, cette course à la ressemblance a un côté effrayant. La plus peureuse d’entre-elles, Shybot, prend donc le contre-pied : elle fait tout pour échapper à son géniteur. Début mars, ce vadrouilleur à six roues a sillonné la vallée désertique de Coachella, en Californie, rapporte Motherboard. Équipé d’une caméra, il transmettait ses images débarrassée de toute présence humaine en temps réel à la galerie d’art The Lab de San Francisco. Des drones inspectaient les environs depuis les airs pour lui éviter une rencontre. Shybot « réalise mon fantasme d’un désert sublime », explique l’artiste italien Norman Jean, qui lui a donné naissance avec l’aide d’ingénieurs de Codame. « Il a été lâché dans la nature, délesté du déterminisme humain qui a façonné son existence. À notre tour, nous pouvons imaginer un monde libéré de nos déterminismes. » Un fantasme qui doit sans doute quelque chose au déterminisme. SHYBOT from CODAME on Vimeo. Source : Motherboard