Ce scientifique va-t-il dévoiler l’origine de la vie ?
Jeremy England a 33 ans. Chercheur et professeur adjoint au MIT, il travaille à l’élaboration d’une théorie qui pourrait radicalement changer notre perception de la vie et repousser les limites de la théorie de l’évolution darwinienne. Après une centaine de tentatives pour la formuler correctement, la cent-unième version de son idée maîtresse est la suivante : lorsque les conditions nécessaires sont réunies, un groupe aléatoire d’atomes se réorganisera spontanément pour utiliser l’énergie plus efficacement. Avec le temps, et juste ce qu’il faut de lumière du soleil par exemple, un groupe d’atomes peut s’approcher tout près de ce que nous appelons communément la vie. England est même d’avis que certaines choses que nous considérons comme inanimées pourraient être en réalité déjà « vivantes ». Tout dépend de la façon dont nous définissons la vie, ce que le travail d’England pourrait nous inviter à reconsidérer. « Les gens voient l’origine de la vie comme un processus rare », explique Vijay Pande, professeur de chimie à l’université de Stanford. « L’hypothèse de Jeremy fait de la vie une conséquence des lois de la physique et non un processus hasardeux. » Pendant que Darwin s’est évertué à élaborer une théorie de l’évolution des espèces vivantes confrontées à leur environnement, England focalise son attention sur le passage de la non-vie à la vie – que son aîné a laissé de côté. Il estime que notre perception de ce qui est vivant et de ce qui ne l’est pas est pour une large part arbitraire. Ses recherches post-doctorales sur le développement embryonnaire l’ont conduit à supposer que des groupes d’atomes peuvent se réorganiser jusqu’à générer la vie, afin d’utiliser l’énergie qui les environne plus efficacement ; tout comme un animal évolue pour s’adapter à l’environnement particulier qui l’entoure. Si les recherches d’England sont prometteuses, il n’a pour le moment pas réussi à répondre de manière définitive aux questions qu’il se pose et son deuxième article sur le sujet est toujours en cours de validation collégiale. L’Américain est néanmoins une personnalité du monde scientifique à suivre de près, sans aucun doute. Lisez notre story sur Jeremy England. ↓