Ces scien­ti­fiques ont détecté un sixième sens sur la langue

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 2 juin 2017

Crédits : Terry Richard­son L’eau a-t-elle une saveur ou est-elle dépour­vue de goût, se deman­dait Aris­tote ? Depuis des millé­naires, nous nous deman­dons si la langue des mammi­fères est en mesure de goûter l’eau ou si notre cerveau répond aux effets d’un aliment qu’on a goûté plus tôt. Dans une étude publiée le 29 mai dans Nature, des cher­cheurs de Caltech disent avoir trouvé ce qui semble être un sixième sens sur la langue ayant évolué pour perce­voir l’eau. Les cartes sont rebat­tues. « La langue peut détec­ter diffé­rents facteurs nutri­tifs clés, appe­lés “savou­reux”, tels que le sodium, le sucre et les acides aminés, grâce au goût », explique le cher­cheur prin­ci­pal Yuki Oka, de l’Ins­ti­tut de tech­no­lo­gie de Cali­for­nie. Lui et et son équipe ont trouvé des signes de récep­teurs de goût sur la langue des mammi­fères qui semblent répondre spéci­fique­ment à l’eau potable ordi­naire. Ils ont mesuré les réponses élec­triques des récep­teurs gusta­tifs sur la langue à l’eau pure ainsi qu’à un certain nombre de saveurs communes. Comme prévu, les nerfs ont répondu aux cinq goûts basiques – à savoir sucré, salé, amer, acide et umami –, mais ils ont égale­ment détecté un signal spéci­fique­ment produit en réponse à l’eau. Les scien­ti­fiques ont ensuite décidé de désac­ti­ver les diffé­rents récep­teurs gusta­tifs afin de voir si les souris réagis­saient toujours aux arômes, même si leurs nerfs corres­pon­dant étaient bloqués. Lorsqu’ils ont essayé de bloquer chacun des cinq types de récep­teurs gusta­tifs en réponse à l’eau, ils ont observé que la percep­tion de l’eau et les cellules acides étaient insé­pa­rables. Afin de confir­mer ces résul­tats, ils ont mis en place des signaux lumi­neux stimu­lant les cellules au goût acide au lieu de l’eau. Les souris ayant soif ont « bu » la lumière, trom­pées en pensant qu’il s’agis­sait d’eau. « Certaines des souris ont léché l’objet lumi­neux jusqu’à 2 000 fois en dix minutes afin d’as­sou­vir leur soif. Bien que les récep­teurs gusta­tifs dans la langue peuvent encou­ra­ger le fait de boire, ils ne disent pas au cerveau quand il faut s’ar­rê­ter », signale Emily Under­wood de l’uni­ver­sité Johns-Hopkins. Il est diffi­cile de dire avec certi­tude que les mêmes effets peuvent se produire sur la langue des êtres humains, mais la recherche suggère que nous avons été bien trop simplistes en ce qui concerne notre compré­hen­sion des goûts des mammi­fères. https://www.youtube.com/watch?v=AbOz860gRbw Crédits : Science Maga­zine/YoutubeSource : Nature Neuros­cience

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