Chel­sea Manning dénonce les dérives sécu­ri­taires de l’au­to­ma­ti­sa­tion de la société

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 15 septembre 2017

Crédits : Michael Kamper/NYT En mai 2010, Chel­sea Manning – alors Brad­ley Manning – est empri­son­née pour avoir révélé à Wiki­leaks, alors qu’elle était analyste mili­taire pour l’ar­mée améri­caine, des actions illé­gales commises en Irak et en Afgha­nis­tan par les États-Unis. Condam­née en 2013 pour trahi­son, elle est déte­nue jusqu’à sa libé­ra­tion par l’ad­mi­nis­tra­tion Obama en mai dernier. Dans un article publié dans le New York Times le 13 septembre, la donneuse d’alerte à présent libre dénonce le système de contrôle dans lequel nous vivons, tout en poin­tant les para­doxes tirés de sa propre expé­rience. Au début des années 2010, Chel­sea Manning était une des person­na­li­tés les plus célèbres et les plus surveillées aux États-Unis. Effa­cée des systèmes de surveillance pendant ses sept années d’em­pri­son­ne­ment, au cours desquels elle a changé de genre et d’iden­tité, elle témoigne aujourd’­hui des diffi­cul­tés qu’elle a pu rencon­trer à sa libé­ra­tion, sa tran­si­tion n’ayant abso­lu­ment pas été prise en compte : « Pendant que j’étais incar­cé­rée, je n’avais ni rele­vés bancaires, ni factures, ni histo­rique de crédit. Dans notre monde de big data inter­con­necté, je n’étais pas diffé­rente d’une personne décé­dée », écrit-elle dans le New York Times. À sa libé­ra­tion, ce trou noir de sept ans lui a valu d’es­suyer de nombreux refus, que ce soit pour accé­der à ses comptes, obte­nir un permis de conduire ou louer un appar­te­ment. Ce qui l’amène dans son texte à poin­ter du doigt les para­doxes de la dysto­pie dans laquelle nous vivons d’après elle. Extrait : « Dans la litté­ra­ture et la pop culture, des concepts comme le concept orwel­lien de “délit d’opi­nion” et le “precrime” sont issus de la fiction dysto­pique. On les utilise pour entra­ver et punir quiconque est cata­lo­gué par des systèmes auto­ma­ti­sés comme un crimi­nel ou une menace poten­tielle, même si le crime n’a pas encore été commis. Mais ces inven­tions de la science-fiction deviennent rapi­de­ment réalité. » Et plus loin : « Main­te­nant que nous vivons dans un tel monde, il nous faut comprendre comment rester connec­tés à la société sans pour autant nous en remettre entiè­re­ment à des proces­sus auto­ma­ti­sés que nous ne pouvons ni voir, ni contrô­ler. » Pas facile. Source : New York Times

Download WordPress Themes
Download Best WordPress Themes Free Download
Free Download WordPress Themes
Download Premium WordPress Themes Free
download udemy paid course for free