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Comment décou­vrir des exopla­nètes de chez soi ?

par   Pablo Oger   | 27 mars 2020

Vous avez l’es­prit scien­ti­fique et le goût de la décou­verte mais vous ne savez pas comment le mettre à profit ? Si l’es­pace vous fascine, sachez qu’il est possible de contri­buer à la recherche à votre échelle. En effet, la NASA a lancé un appel aux citoyens qui souhai­te­raient aider à décou­vrir de nouvelles planètes hors de notre système solaire. Plusieurs programmes ou méthodes existent ainsi pour tenter de les repé­rer sans forcé­ment néces­si­ter un bac +11 en physique quan­tique ou du maté­riel de profes­sion­nel.

En effet, la NASA met à dispo­si­tion du grand public les données recueillies lors de la mission Kepler ache­vée en 2018. Ces données sont une mine d’or pour tout aspi­rant astro­nome et ont pu être utili­sées notam­ment par Michelle Kuni­moto, une étudiante Cana­dienne, qui a ainsi dévoilé début mars 17 poten­tielles exopla­nètes. Sur son site dédié, la NASA recense 5 moyens de déni­cher de nouvelles planètes.

Crédits : Exopla­ne­te­du95

La plus acces­sible et effi­cace est la méthode dite du tran­sit. Ainsi, lorsqu’une planète passe direc­te­ment entre un obser­va­teur et l’étoile autour de laquelle elle orbite, elle bloque une partie de la lumière de cette étoile. Pendant une brève période, l’étoile devient alors plus sombre. C’est un petit chan­ge­ment mais il est possible de le remarquer à l’aide d’un téles­cope. Cette diffé­rence de lumi­no­sité indique aux astro­nomes la présence possible d’une exopla­nète autour d’une étoile éloi­gnée. 

Cette méthode peut égale­ment donner des infor­ma­tions sur la compo­si­tion de l’at­mo­sphère d’une planète ou sa tempé­ra­ture. Mais éplu­cher les comptes rendus de l’agence spatiale améri­caine peut s’avé­rer fasti­dieux et diffi­cile d’ac­cès pour un profane, c’est la raison pour laquelle des programmes ont été mis en place pour permettre à n’im­porte qui de contri­buer à la recherche spatiale.

Ainsi, le programme Backyard World : Planet 9 vous permet via des images de téles­copes de loca­li­ser les points d’in­té­rêt où pour­raient se situer un tran­sit, et donc poten­tiel­le­ment une exopla­nète. Propo­sant un tuto­riel facile à comprendre, la prise en main se fait rapi­de­ment et permet à plus de 57 000 volon­taires actuel­le­ment de se pencher sur la recherche de ces tran­sits. 

Le programme Planet Hunters TESS permet lui aussi de détec­ter des tran­sits, cette fois à l’aide de courbes enre­gis­trées qui repré­sentent la lumi­no­sité d’une étoile. Sur un tableau, on peut ainsi consta­ter les varia­tions de lumi­no­sité qu’a subi l’étoile durant le mois. Si la courbe descend de manière inat­ten­due, il est probable qu’une exopla­nète soit actuel­le­ment en orbite autour de l’astre en ques­tion. Vous pouvez alors enre­gis­trer vos résul­tats et en parler avec d’autres utili­sa­teurs connec­tés pour recou­per les infor­ma­tions.

Google offre égale­ment en open source son code de recherche d’exo­pla­nètes via le deep lear­ning. Il permet le télé­char­ge­ment et le prétrai­te­ment des données de Kepler pour géné­rer des prédic­tions sur la loca­li­sa­tion de nouvelles exopla­nètes. Cepen­dant, ce programme est bien moins user friendly que les précé­dents. Vous aurez proba­ble­ment besoin d’une certaine expé­rience et compré­hen­sion du logi­ciel de machine lear­ning de Google.

Une fois une exopla­nète décou­verte, il est même possible de compa­rer ses carac­té­ris­tiques avec celles de la Terre. Le labo­ra­toire d’ha­bi­ta­bi­lité des planètes de l’uni­ver­sité de Puerto Rico offre ainsi des méthodes pour esti­mer l’ha­bi­ta­bi­lité d’une exopla­nète par rapport à la Terre. Néces­si­tant tout de même de solides connais­sances en mathé­ma­tiques, on lais­sera cela aux plus motivé.e.s d’entre vous. 

En asso­ciant ces diffé­rents programmes et méthodes, il est donc possible de loca­li­ser préci­sé­ment la posi­tion d’exo­pla­nètes à condi­tion de four­nir les efforts et le temps. Pour les plus rêveurs,s le site de la NASA propose une carte des étoiles inter­ac­tives qui vous propose de navi­guer dans la Voie lactée à travers les étoiles et les planètes connues. On peut ainsi explo­rer notre galaxie sans téles­cope.

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