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Des scien­ti­fiques chinois sont parve­nus à « télé­por­ter » une image pour la toute première fois

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 16 mai 2017

L’étran­geté du monde quan­tique semble s’in­ten­si­fier à mesure que les physi­ciens en dévoilent les pans. Et dans cet univers où tout semble possible, la commu­ni­ca­tion contre-factuelle est un phéno­mène parti­cu­liè­re­ment désarçon­nant. Il s’agit d’une commu­ni­ca­tion quan­tique dans laquelle l’in­for­ma­tion est trans­mise sans qu’au­cune parti­cule ne se déplace entre les deux « inter­lo­cu­teurs ». Théo­ri­sée depuis long­temps par les cher­cheurs, elle n’avait jamais été expé­ri­men­tée jusqu’à aujourd’­hui. Dans une étude publiée en mars dernier, une équipe de cher­cheurs chinois a démon­tré pour la toute première fois que ce type de commu­ni­ca­tion était possible. Fasci­nant. D’au­tant plus lorsqu’on sait que cette commu­ni­ca­tion contre-factuelle ne s’ap­pa­rente pas à la commu­ni­ca­tion quan­tique dite « régu­lière », aussi appe­lée télé­por­ta­tion quan­tique. « La télé­por­ta­tion quan­tique régu­lière est basée sur le prin­cipe de l’en­che­vê­tre­ment : deux parti­cules qui sont indis­so­cia­ble­ment liées, de sorte que tout ce qui arrive à l’une affec­tera auto­ma­tique­ment l’autre, peu importe à quel point elles sont sépa­rées », explique Scien­cePost. Sa version contre-factuelle se passant de parti­cules, elle s’ap­pa­rente donc à une sorte de télé­por­ta­tion. Lors de leurs expé­ri­men­ta­tions, les scien­ti­fiques chinois ont été capables de trans­fé­rer une image bitmap mono­chrome d’un lieu vers un autre sans utili­ser de parti­cule physique pour réus­sir le trans­fert. Pour ce faire, ils ont appliqué l’ef­fet Zénon quan­tique, qui peut se produire lorsqu’un système quan­tique instable est mesuré de façon répé­tée. L’ef­fet Zénon quan­tique crée un système figé ou « gelé ». Les cher­cheurs chinois ont élaboré un système complexe dans lequel ils ont placé deux détec­teurs à photon unique dans les ports de sortie d’un ensemble de divi­seurs de fais­ceaux. Après la commu­ni­ca­tion de tous les bits de l’image, les cher­cheurs ont pu la ré-assem­bler pixel après pixel. Grâce à l’ef­fet Zénon quan­tique, le système est gelé, ce qui rend possible la prédic­tion par l’autre détec­teur de ce qu’af­fiche le premier. Ainsi, « c’est la phase de la lumière elle-même qui a trans­porté l’in­for­ma­tion » d’un détec­teur à l’autre, expliquent les cher­cheurs.   Les résul­tats de l’ex­pé­rience sont actuel­le­ment passés au crible par leurs pairs, mais elle repré­sente un pas en avant dans l’uni­vers étrange de la physique quan­tique. Et la promesse d’un futur fait d’al­té­ra­tions de la réalité façon Doctor Strange, le jour où la science aura compris comment maîtri­ser tout ça. Bon d’ac­cord, c’est pas pour demain. Source : PNAS