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En 1971, un boss de la mafia new-yorkaise a voulu réduire « Le Parrain » au silence

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 15 avril 2017

Crédits : Para­mount Les stéréo­types sur les Italo-Améri­cains ne sont guère appré­ciés par la mafia new-yorkaise. En parti­cu­lier ceux censés être véhi­cu­lés par le script du film qui a osé trai­ter des rouages de l’or­ga­ni­sa­tion : Le Parrain. En 1971, l’un des chefs de la Cosa Nostra locale décide de court-circui­ter le tour­nage dirigé par le réali­sa­teur Fran­cis Ford Coppola. Abattu en cours de route, il parvient tout de même à peser sur son scéna­rio. Joseph Colombo Sr, Joe — Crédits : NY Daily News Archive Si les mots « mafia » et « cosa nostra » ne sont jamais mention­nés dans Le Parrain, c’est grâce aux talents de persua­sion de Joe Colombo. Homme poli­tique­ment engagé, co-fonda­teur de la Ligue de défense des droits civiques des Italo-Améri­cains, Joe est en réalité un acti­viste de façade. Il est surtout connu comme une des figures de la pègre new-yorkaise, chef de l’une des cinq familles de la Grosse Pomme asso­ciée au crime orga­nisé. Cette qualité l’aide à faire pres­sion sur le produc­teur du Parrain, Al Ruddy. Suite à de multiples menaces télé­pho­niques, une fusillade et même une alerte à la bombe, ce dernier finit par lui accor­der un rendez-vous. En tête-à-tête avec son agres­seur supposé, Ruddy signe un contrat l’obli­geant à suppri­mer de son film toutes réfé­rences à l’Or­ga­ni­sa­tion. Motif de l’es­ca­lade : Joe s’inquié­tait que l’on puisse coller l’étiquette de malfrat à n’im­porte quel membre de sa commu­nauté. Mais l’in­ti­mi­da­tion ne va pas durer. En s’af­fi­chant osten­si­ble­ment dans les médias auprès de sa fonda­tion, Joe attire autant l’at­ten­tion du FBI que des autres parrains cher­chant à avoir sa peau. Le 28 juin 1971, alors qu’il s’ex­prime publique­ment à quelques enca­blures du lieu de tour­nage du Parrain, un homme muni d’une fausse carte de presse sort son calibre et lui tire dessus à trois reprises. Sept ans de coma plus tard, Joe Colombo meurt sur son lit d’hô­pi­tal, lais­sant derrière lui une trace ciné­ma­to­gra­phique indé­lé­bile. Source : Vanity Fair