En Finlande, les tests sur le revenu de base révèlent ses effets posi­tifs sur le bien-être des travailleurs

par   Malaurie Chokoualé Datou   | 19 février 2019
Crédits : Zac Ong

Après deux ans d’ex­pé­ri­men­ta­tion, l’heure est à présent aux résul­tats. Entre 2017 et 2018, une expé­rience sans précé­dent sur le revenu de base a eu lieu en Finlande, tentant d’en appré­hen­der les enjeux. D’après les résul­tats préli­mi­naires publiés par le Minis­tère des Affaires social et de la Santé le 8 février, le revenu univer­sel a amélioré le bien-être des béné­fi­ciaires, mais n’a eu aucun effet posi­tif sur le taux de chômage. Les travailleurs, en revanche, recon­naissent ses effets posi­tifs.

Le gouver­ne­ment finlan­dais voulait voir si les deman­deurs d’em­ploi se sentaient plus encou­ra­gés à cher­cher un travail s’ils touchaient un revenu univer­sel de base. 2 000 Finlan­dais chômeurs choi­sis au hasard ont ainsi reçu 560 euros pendant deux ans. Paral­lè­le­ment, évoluait un groupe témoin ne touchant aucun revenu de l’État. Le projet s’est achevé en décembre 2018.

Les résul­tats révèlent des diffé­rences entre les deux groupes. « Les membres du groupe test ont eu beau­coup moins de problèmes liés à la santé, au stress et à la capa­cité de concen­tra­tion que ceux du groupe témoin », peut-on lire dans le rapport. Et ils « étaient égale­ment beau­coup plus confiants en leur propre avenir et en leur capa­cité à influen­cer les ques­tions de société. » Mais l’im­pact sur l’em­ploi que le gouver­ne­ment voulait tester est resté faible. Pour Ohto Kanniai­nen, écono­miste en chef de l’es­sai, ce n’est pas une surprise car beau­coup de parti­ci­pants « avaient peu de compé­tences ou étaient confron­tées à des situa­tions de vie diffi­ciles ou à des problèmes de santé », rapporte le New York Times.

Ce projet pilote ne prévoyait aucune récu­pé­ra­tion fiscale une fois que les parti­ci­pants étaient lancés dans la vie active et avaient atteint un niveau plus élevé de revenu. En cela, les cher­cheurs recon­naissent les failles du test. Mais le bilan abonde en histoires et en commen­taires posi­tifs sur l’ex­pé­rience. À Reuters, le jour­na­liste et auteur de 45 ans Tuomas Muraja explique avoir pu enfin se concen­trer sur l’écri­ture. « Si les gens reçoivent de l’argent libre­ment, cela les rend créa­tifs, produc­tifs », explique-t-il. « Si vous vous sentez libre, vous vous sentez plus en sécu­rité et vous pouvez alors faire ce que vous voulez. C’est mon évalua­tion. »

Malgré les multiples témoi­gnages posi­tifs à l’is­sue de l’ex­pé­ri­men­ta­tion, le gouver­ne­ment libé­ral-conser­va­teur de Sauli Niinistö au pouvoir choi­sit d’y mettre défi­ni­ti­ve­ment un terme, en l’ab­sence d’ef­fets substan­tiels sur les chiffres du chômage.

Sources : Minis­tère des Affaires sociales finlan­dais/The New York Times

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