Entre­vue : Latterly Maga­zine

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 5 février 2015

Comment vous est venue l’idée de Latterly et quel est votre modèle écono­mique ? Latterly est l’abou­tis­se­ment de plusieurs idées. Fonda­men­ta­le­ment, nous propo­sons une meilleure expé­rience de lecture. Nous ne sommes pas condes­cen­dants envers nos utili­sa­teurs, nous ne les bombar­dons pas de publi­cité. Nous racon­tons des histoires qui mettent en lumière des régions ou des commu­nau­tés sous-repré­sen­tées dans les médias, ou qui amènent une compré­hen­sion plus profonde de faits d’ac­tua­lité impor­tants en se foca­li­sant sur un petit nombre de personnes. Nous amenons égale­ment nos lecteurs à discu­ter de jour­na­lisme, de l’ac­tua­lité et de la façon de la racon­ter sur notre page commu­nau­taire. Pour tout cela, nous deman­dons une petite contri­bu­tion mensuelle de 3 dollars. Pour le moment, cet abon­ne­ment est notre seule source de reve­nus. Qui sont vos auteurs ? La plupart de nos auteurs sont des jour­na­listes qui nous ont envoyé des pitchs. J’ai parfois commandé des histoires, mais je reçois entre 15 et 25 propo­si­tions par mois, venant du monde entier. Certains de nos auteurs sont indé­pen­dants, d’autres sont rédac­teurs au sein d’autres publi­ca­tions. Et pour une poignée d’entre eux, écrire pour Latterly était leur première expé­rience de repor­tage en profon­deur, écrit dans une forme narra­tive. Je pense qu’ils ont beau­coup appris. Comment choi­sis­sez-vous vos sujets ? Notre objec­tif est de rendre des sujets inter­na­tio­naux plus attrac­tifs auprès des lecteurs à travers la forme narra­tive. Les gens ont tendance à ne pas se préoc­cu­per ou à ne pas comprendre la façon dont vivent ceux qui sont loin d’eux ou qui ont adopté des modes de vie diffé­rents du leur. Latterly est l’une des premières publi­ca­tions à se consa­crer de cette manière à la mise en lumière de certains aspects de la vie de ces personnes, à travers des repor­tages en profon­deur. La forme narra­tive – avec construc­tion de person­nages et déve­lop­pe­ment d’une intrigue – plonge le lecteur dans ces histoires de façon natu­relle. Par exemple, nous avons publié un article trai­tant d’un crash d’avion au Laos, dans lequel on suit  les méca­ni­ciens et les élec­tri­ciens qui ont été appe­lés pour procé­der au sauve­tage de l’épave, qui repose au fond d’un fleuve boueux. C’est une histoire capti­vante à propos d’un événe­ment drama­tique. Mais elle parlait égale­ment d’un pays qui trouve rare­ment sa place dans les jour­naux, aux prises avec de nombreux problèmes tels que la pauvreté ou les muni­tions non explo­sées. Vous vivez à Bang­kok et vous avez créé le maga­zine là-bas. La ville a-t-elle eu une quel­conque influence sur Latterly ? Bang­kok n’a pas d’in­fluence sur le maga­zine à propre­ment parler, mais elle a très certai­ne­ment permis sa créa­tion. Nous y avons emmé­nagé en juin dernier avec ma femme. Aupa­ra­vant, nous vivions à New York, où j’étais jour­na­liste indé­pen­dant. Nous travail­lions sans répit pour payer notre loyer et notre train de vie à Brook­lyn. Aussi, nous avons décidé de nous échap­per et d’es­sayer quelque chose de nouveau : nous sommes partis en Thaï­lande sans job en poche. Tout d’un coup, je respi­rais finan­ciè­re­ment et sur le plan créa­tif, j’ai pu prendre du recul et réflé­chir à l’écri­ture et à l’in­dus­trie média­tique. J’ai réalisé que je pouvais créer une struc­ture qui produi­rait du meilleur jour­na­lisme et donne­rait aux lecteurs quelque chose qu’ils ne retrouvent pas dans les médias auxquels ils sont habi­tués. C’est-à-dire des récits véri­diques, purs et sans inter­rup­tions, qui ne poussent pas au clic intem­pes­tif. Nous ne pensons pas rester vivre ici pour toujours, et le maga­zine nous suivra où que nous allions. — Ben Wolford, fonda­teur et rédac­teur en chef de Latterly Maga­zine. Entre­vue réali­sée par Arthur Scheuer. latterly

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