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Gran­dir dans la pauvreté peut modi­fier l’ADN de façon irré­ver­sible, selon cette étude

par   Laura Boudoux   | 15 avril 2019
Crédits : Hermes Rivera

Des cher­cheurs nord-améri­cains de la North­wes­tern Univer­sity ont décou­vert qu’en plus d’avoir une inci­dence sur la santé et l’équi­libre mental, la pauvreté peut modi­fier dura­ble­ment le patri­moine géné­tique des indi­vi­dus affec­tés. Près de 10 % de l’ADN d’une personne peut être affecté par des modi­fi­ca­tions chimiques qui pour­raient durer à vie, assure l’étude rappor­tée le 4 avril 2019 par Eure­ka­lert.

Aux Philip­pines, l’équipe de cher­cheurs améri­cains et cana­diens a ainsi trouvé des éléments prou­vant que la pauvreté peut s’en­ra­ci­ner dans de larges pans du génome humain, avec un impact sur l’ex­pres­sion des gènes durant la crois­sance d’un indi­vidu. « Nous savons depuis long­temps que le statut socio-écono­mique est un déter­mi­nant puis­sant pour la santé, mais les méca­nismes sous-jacents par lesquels notre corps se souvient des expé­riences de la pauvreté ne sont pas connus », explique Thomas McDade, profes­seur d’an­thro­po­lo­gie et auteur prin­ci­pal de l’étude.

« Nos résul­tats suggèrent que la méthy­la­tion de l’ADN [le proces­sus par lequel des groupes méthyle sont ajou­tés à la molé­cule d’ADN, ndlr] pour­rait jouer un rôle impor­tant », assure le cher­cheur. Cette méthy­la­tion diffé­ren­tielle pour­rait avoir un impact à long terme sur la santé, de nombreux gènes touchés étant asso­ciés aux réponses immu­ni­taires face à une infec­tion, au déve­lop­pe­ment du sque­lette, ou encore au système nerveux.

D’après le scien­ti­fique, les expé­riences acquises au cours du déve­lop­pe­ment sont petit à petit incar­nées dans le génome, pour en façon­ner la struc­ture et la fonc­tion. « Cette tendance met en évidence un méca­nisme poten­tiel par lequel la pauvreté peut avoir un impact durable sur un large éven­tail de systèmes et de proces­sus physio­lo­giques », estime Thomas McDade.

« Il reste main­te­nant déter­mi­ner si la méthy­la­tion de l’ADN est effec­ti­ve­ment un méca­nisme impor­tant par lequel le statut socio-écono­mique peut lais­ser une empreinte molé­cu­laire durable sur le corps, avec des impli­ca­tions sur la santé plus tard dans la vie », conclut le scien­ti­fique.

Source : Eure­ka­lert

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