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Le fils de Pablo Esco­bar pointe les 28 erreurs de la saison 2 de Narcos [ATTENTION SPOILERS]

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 12 septembre 2016

08_mar_2014_13_45_01_escobar01Crédits : Sebas­tián Marroquín/Face­book Sebas­tián Marroquín, le fils de Pablo Esco­bar, a visi­ble­ment dévoré la saison 2 de Narcos. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas content. Il l’a fait savoir le 6 septembre dernier en postant un long message Face­book, dans lequel il liste les 28 erreurs que comptent le scéna­rio de la deuxième saison de la série Netflix. Elle retrace la traque de Pablo Esco­bar jusqu’à sa chute. On peut ainsi obser­ver les derniers jours de sa cavale, où il fuit la justice et les groupes para­mi­li­taires qui le pour­suivent. Son coup de gueule donnait ça : [ATTENTION SPOILERS] « Narcos 2 et ses 28 chimè­res… Chers amis, je partage ici mes réflexions person­nelles quant à la seconde saison de Narcos, afin que prenez avec des pincettes l’exac­ti­tude de son contenu. Passons sur l’en­nui mortel que repré­sentent les séries en géné­ral. Je vous invite plutôt à lire mon livre Pablo Esco­bar : Mon Père pour connaître la vérité sur sa vie. Au nom de mon pays et afin d’ho­no­rer la réalité des événe­ments qui ont eu lieu dans les années 1980 et 1990, je me sens obligé de poin­ter du doigt les sérieuses erreurs de cette série, qui s’auto-proclame « basée sur des faits réels » alors qu’elle est très loin de la réalité et qu’elle insulte l’his­toire de toute une nation, de nombreuses victimes et de leurs familles. 1. Carlos Henao était mon oncle côté mater­nel et non un dealer de drogue comme il est dépeint dans la série. C’était un homme bon, travailleur, honnête, noble ainsi qu’un bon père. Un ami très proche de ma mère. Il était archi­tecte et a aidé à construire des maisons, des routes et les ponts d’Ha­cienda Napoles, mais il n’a jamais été impliqué dans des acti­vi­tés illé­gales. Il n’a jamais été condamné en Colom­bie ou dans n’im­porte quel autre pays, pour quelque acte que ce soit. Il vendait des Bible. Il parlait toujours de paix, non de guerre. De pardon­ner et non d’at­taquer les gens. Il n’était pas trafiquant de drogues et Netflix l’a cari­ca­turé, lui et le reste de ma famille, en toute impu­nité et tranquillité. Carlos Henao n’a jamais vécu à Miami. Il a été kidnappé et torturé par Fran­cisco Toro. Quelle tris­tesse que Netflix montre des images de tous ces corps tortu­rés par Los Pepes, tandis qu’ils oublient de montrer le corps de mon oncle Carlos torturé de façon iden­tique et publique. Ils ont bafoué l’hon­neur d’un homme qui était respecté dans tout Medellín. Un homme irré­pro­chable du début à la fin. 2. Mon père n’était pas un fan de l’At­le­tico Natio­nal mais de l’In­de­pen­diente Medellín. Si les auteurs ne connaissent même pas le nom de l’équipe préfé­rée de Pablo, comment peuvent-ils racon­ter le reste d’une histoire qu’ils disent vraie ? 3. Quica a été arrêté à New York le 24 septembre 1991. Pendant la fuite de mon père de La Cate­dral en juillet 1992, il était déjà retenu aux États-Unis depuis un moment pour falsi­fi­ca­tion de docu­ments. Il a été accusé à tort d’avoir conçu la bombe qui a explosé du vol Avianca dans lequel plus de 100 passa­gers et membres d’équi­page ont trouvé la mort, qui visait le possible succes­seur de Luis Carlos Galan, César Gavi­ria. Jusqu’à ce que le ministre De Greiff envoie des lettres aux États-Unis en faveur d’un acquit­te­ment de cet homme qui, d’après ce que disait égale­ment mon père, n’avait rien à voir avec ça. 4. À propos de la fuite de La Cate­dral : il n’y a pas eu d’af­fron­te­ments aussi intenses, seul un garde a été tué. Ceux qui sont restés ne se sont pas battus. Mon père n’a pas eu besoin de contacts ni de la justice pour s’échap­per. La fuite était prépa­rée depuis la construc­tion même de la prison : mon père a demandé à ce qu’on laisse quelques briques amovibles. Il s’est échappé lorsque le gouver­ne­ment l’a informé que l’ac­cord de non-extra­di­tion serait abrogé. 5. Limon était un employé de Roberto, alias « Osito », le grand frère de mon père. Il a travaillé pour lui comme chauf­feur pendant 20 ans. Il n’a pas été recruté à ce moment de l’his­toire de la famille mais des années avant. Mais étant un employé de Roberto, qui était un colla­bo­ra­teur de la DEA, il a pu avoir accès à des infor­ma­tions à vendre à son frère sur le mode de vie et les errances de mon père. Limon était au volant du camion qui m’a emmené à La Cate­dral. Osito a donné des rensei­gne­ments à Los Pepes et à la DEA pour loca­li­ser son frère, son épouse et ses enfants. 6. Il n’est pas certain que les cartels de Medellín et de Cali ont négo­cié pour faire respec­ti­ve­ment de Miami et de New York des places fortes du narco-trafic. 7. La CIA n’a pas proposé aux frères Castaõ de créer Los Pepes. C’est Fidel Castaño qui en a décidé avec la compli­cité du Cartel de Cali et des auto­ri­tés locales et étran­gères, qui ont fermé les yeux sur des milliers de crimes et de dispa­ri­tions. 8. Ma mère n’a jamais acheté ni utilisé d’armes à feu. Ce sont des mensonges. Elle n’a jamais tué personne. 9. Mon père n’a pas person­nel­le­ment tué un certain colo­nel « Carrillo », comme ils appellent dans la série – le chef du Bloque de Busqueda. Les atten­tats y étaient pour beau­coup et ils ont fait plus de 500 victimes en un mois dans la ville de Medellín à la fin des années 1980. Je n’ex­cuse pas la violence de mon père et je recon­nais qu’il a fait beau­coup de tort à la police, au moins autant qu’il leur a donné d’argent. 10. Ceux qui connaissent le fond de l’his­toire savent que mon père s’est grave­ment trompé en ordon­nant la mort de ceux qui étaient ses proches alliés, Moncada et Galeano. Ces derniers ont été séques­trés par le cartel de Cali et afin d’être libé­rés vivants, ils ont promis de livrer Pablo. Des écoutes télé­pho­niques prouvent leur manque de loyauté. Mon père a décidé au dernier moment de lais­ser la vie à Moncada, mais la mort l’avait déjà emporté. Ce crime a été l’un des actes déter­mi­nants de la chute de mon père. 11. À la fin de ses jours, mon père était seul et non entouré de bandits comme on le montre. Mais quasi­ment tous les prin­ci­paux crimi­nels, à l’ex­cep­tion d’An­ge­lito et Poplar, s’étaient livrés ou étaient morts. 12. Il n’y avait pas tant de confort après la fuite de La Cate­dral. Nous vivions dans des taudis, pas des manoirs. 13. L’his­toire de « Leon » de Miami est un mensonge. Il ne vivait pas aux États-Unis. C’était un homme fidèle et brave, au service de mon père. Il est mort après avoir été séques­tré et torturé par les frères Castaño à Medellín. Il est tombé en luttant au nom de mon père. Il n’était pas comme la série le montre. 14. Mon père n’a jamais aménagé dans la ville de Cali. Un commu­niqué est sorti disant que son épouse et une partie de sa famille étaient origi­naires de cette région. Mais pour autant, le commu­niqué disait qu’il n’avait rien contre la popu­la­tion. 15. Ricardo Prisco avait un frère méde­cin, un homme bon que l’on stig­ma­ti­sait pour les agis­se­ments de son frère, mais ce n’était pas un bandit. Dans la vraie vie, Ricardo est mort bien plus tard. 16. Jamais mon père ne s’en est pris à la fille de Gilberto Rodri­guez, ni à son mariage, ni jamais. Ni à n’im­porte quel autre membre de sa famille. Cela faisait partie du pacte, ne jamais toucher à la famille. Mon père l’a respecté. Ce n’était pas leur cas le 13 janvier 1988, à Monaco, lorsqu’ils ont posé une bombe là où nous vivions, ma mère, ma sœur et moi. 17. Mon père ne nous a jamais obli­gés à rester avec lui dans la clan­des­ti­nité. Il pensait toujours, comme ma mère, qu’il fallait nous éduquer de façon à ce que nous prenions des direc­tions diffé­rentes des leurs. 18. Nous n’avons vécu qu’une seule fusillade avec mon père, qui n’avait d’ailleurs rien à voir avec ce que montre la série. Les faits sont racon­tés dans mon livre tels qu’ils se sont vrai­ment dérou­lés. 19. Ils ont situé les attaques à la bombe de mon père à Drogas La Rebaja en 1993, alors qu’en réalité, elles se sont dérou­lées entre 1988 et 1989. 20. Ma grand-mère pater­nelle a trahi mon père et s’est alliée à son fils aîné Roberto. Ils ont négo­cié avec Los Pepes et colla­boré si acti­ve­ment que cela leur a permis de vivre tranquille­ment en Colom­bie alors que nous, fidèles à l’amour de mon père, vivions en exil. J’au­rais préféré connaître la version tendre de la grand-mère qu’ils décrivent dans la série. 21. Le voyage jusqu’en Alle­magne ne s’est pas déroulé de cette façon. Ma grand-mère pater­nelle n’a pas voyagé avec nous. 22. Le minis­tère de l’In­té­rieur de Colom­bie n’a pas voulu nous aider, comme ils le montrent avec De Grieff qui en avait l’air mais n’était pas si bon. Son bureau était tota­le­ment infil­tré par le cartel de Cali. Nous étions comme des otages, séques­trés par notre propre État, accu­sés de délit de filia­tion. Deux mineurs et deux femmes enfer­més dans un petite chambre d’hô­tel. 23. Virgi­nia Valljo était si amou­reuse qu’elle refu­sait l’argent de mon père ? Voilà deux énormes mensonges en un ! Ma mère n’a jamais parlé avec elle de la fuite de La Cate­dral. Cela faisait quasi­ment une décen­nie que mon père n’avait pas eu de contact avec Virgi­nia, qui par la même occa­sion était aussi la maîtresse des chefs du cartel de Cali. 24. À l’hô­tel Tequen­dama, mon père ne nous a pas envoyé des télé­phones, nous avons utilisé ceux de l’hô­tel. Je raccro­chais dès qu’il m’ap­pe­lait pour le proté­ger, mais il était têtu et voulait quand même rester au télé­phone avec nous alors qu’il savait qu’il courait un risque. « Le télé­phone, c’est la mort », m’a t-il dit toute sa vie. Il deman­dait ensuite à parler à ma mère et à ma sœur et il s’iden­ti­fiait auprès de l’opé­ra­trice avec ses deux noms et prénoms. Ses appels étaient des adieux. Il les faisait durer le plus long­temps possible afin d’être loca­lisé. Mon père s’est suicidé comme il m’avait dit qu’il le ferait, des dizaines de fois. Le tir qui lui a ôté la vie venait de sa propre main et de son propre pisto­let, à deux milli­mètres de l’en­droit exact où il me disait que la balle se loge­rait. La police ne l’a pas tué. Carlos Castaño a dirigé l’opé­ra­tion finale, aucune auto­rité étran­gère n’y a parti­cipé, comme Castaño l’a raconté en personne à ma mère. 25. Aucun jour­na­liste n’a été assas­siné devant l’hô­tel Tequen­dama. 26. Mon père n’a jamais maltraité ses parents, encore moins Abel, son père. Jamais une conver­sa­tion à ce sujet n’a existé. 27. Après la mort de mon père, ma mère a été citée dans une réunion du Cartel de Cali. Il y avait plus de 40 grands chefs mafieux de Colom­bie. Celui qui lui a sauvé la vie s’ap­pe­lait Miguel Rodri­guez et non Gilberto. À cette occa­sion, ils nous ont dépouillés des biens dont nous avions héri­tés et les ont gardés pour eux, avant de se les répar­tir comme butin de guerre. 28. Dans la série, ma grand-mère dit à ma mère qu’elle trahit mon père. Dans la vraie vie, c’est ma grand-mère pater­nelle et ses fils et filles qui étaient en contact avec le cartel de Cali ! Je ne vous parle même pas de la saison 1 pour ne pas rendre la liste plus longue… Le monde tourne défi­ni­ti­ve­ment à l’en­vers. Chacun raconte les histoires à sa manière. Il en résulte des succès commer­ciaux sans que personne ne se préoc­cupe de la vérité. Jugez par vous-mêmes, Sebas­tián Marroquín, (ancien­ne­ment Juan Pablo Esco­bar). » Source : Face­book

Il blan­chis­sait l’argent du cartel tout en leur tendant un piège.

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