Les humains sont en train d’éra­diquer les compor­te­ments cultu­rels des chim­pan­zés

par   Laura Boudoux   | 8 mars 2019
Crédits : Anna Preis/Taï Chim­pan­zee Project

La présence d’hu­mains près des popu­la­tions de chim­pan­zés tend à faire dispa­raître leurs compor­te­ments cultu­rels natu­rels. Alors que chaque popu­la­tion a norma­le­ment des habi­tudes propres, comme utili­ser des outils pour casser les noix ou pêcher des termites, une nouvelle étude montre que ces compor­te­ments appris dispa­raissent lorsqu’ils vivent près d’hu­mains, rapporte le maga­zine Science. Hjal­mar Kühl, prima­to­logue à l’ins­ti­tut d’an­thro­po­lo­gie évolu­tive Max Planck, assure ainsi qu’il est urgent de proté­ger les « sites du patri­moine cultu­rel des chim­pan­zés ».

« Une grand partie du travail de conser­va­tion est concen­tré sur la diver­sité géné­tique des espèces, mais nous devons aussi nous préoc­cu­per de leur diver­sité cultu­relle », explique-t-il. En étudiant une quaran­taine de commu­nau­tés de chim­pan­zés, les cher­cheurs ont observé que les groupes éloi­gnés de tout impact humain pouvaient présen­ter 15 à 20 compor­te­ments cultu­rels, alors que les groupes forte­ment affec­tés par l’homme n’en présen­taient que deux ou trois.

Les consé­quences d’une présence humaine peuvent se maté­ria­li­ser de plusieurs manières. La dimi­nu­tion du nombre d’ani­maux ou leur isole­ment peuvent ainsi conduire à une baisse de leurs contacts sociaux. Le partage des compé­tences se fait alors beau­coup plus diffi­ci­le­ment. L’im­pact peut égale­ment être constaté à travers des facteurs exté­rieurs. Par exemple, si la produc­tion de noix sur un site dimi­nue du fait de la présence humaine, les jeunes chim­pan­zés ne pour­ront pas apprendre à les casser et les manger. Si les singes les plus vieux du groupe meurent, ce compor­te­ment cultu­rel sera alors perdu.

Ainsi, lorsqu’on tente de les proté­ger, « nous devons faire atten­tion au savoir cultu­rel et social que ces espèces utilisent pour survivre », ajoute le prima­to­logue Carel van Schaik. Car pour les chim­pan­zés, « la culture n’est pas un luxe mais une part essen­tielle et intrin­sèque de leur adap­ta­tion à l’en­vi­ron­ne­ment. Pour les espèces cultu­relles, le vortex de l’ex­tinc­tion semble tour­billon­ner de plus en plus vite. »

Source : Science Maga­zine

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