Les plantes ont une arme chimique qui rend les chenilles cannibales

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Quand les chenilles sortent de l’œuf, elles ont faim, très faim. Alors naturellement, elle se mettent sous la dent la première chose qu’elles trouvent à portée. Ce qui signifie la plupart du temps des feuilles, des pommes, des tomates ou… d’autres chenilles. Des chercheurs de l’université du Wisconsin à Madison révèlent dans une étude parue le 10 juillet que les plantes attaquées par les chenilles libèrent un produit chimique susceptible de pousser ces dernières au cannibalisme. Cet agent chimique, le jasmonate de méthyle, est sécrété lorsque la plante est soumise au stress intense de se faire boulotter. Les autres plantes des environs le sentent et sécrètent à leur tour ce composé chimique qui leur sert de camouflage en leur donnant très mauvais goût. Comme l’explique John Orrock, l’auteur principal de l’étude, les chenilles n’ont alors d’autre choix que de s’entre-dévorer pour survivre.

« Ça commence souvent par une chenille qui mord le derrière d’une autre chenille, et les choses dégénèrent à partir de là », dit-il. « À la fin, l’une des deux se fait manger. »Pour les besoins de cette étude, Orrock et son équipe ont étudié des chenilles présentes sur des plantes relativement isolées, tempère Popular Science. Cela signifie peut-être que les chenilles ne cèdent peut-être pas si promptement à l’appel de la chair de leurs camarades si elles ont la possibilité de se déplacer d’une plante à l’autre plus aisément. Les chercheurs ont pour projet de placer les choses dans un autre contexte pour une prochaine étude.

Cependant, le cannibalisme n’est pas si rare chez les insectes. Il y a le cannibalisme sexuel qu’on connaît bien, mais en 2008, une étude a par exemple démontré que la première cause des invasions de criquets est que les criquets de devant ont peur d’être dévorés par ceux qui les poursuivent. Aussi, il ne serait pas étonnant que les chenilles ne réfléchissent pas à deux fois avant de croquer leurs congénères, pour éviter d’avoir faire un mauvais repas.

Source : Popular Science