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Quels ont été les essais nucléaires les plus dévas­ta­teurs de l’his­toire ?

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 29 août 2016

Les consé­quences des essais nucléaires sur les sites natu­rels sur lesquels ils ont pris place sont souvent des secrets bien gardés. Pendant la guerre froide, Améri­cains et Euro­péens ont conduit une série de tests nucléaires à la puis­sance plus dévas­ta­trice encore qu’Hi­ro­shima et Naga­saki, secouant déserts et atolls recu­lés.

L’atoll de Bikini

Entre 1946 et 1958, 23 essais nucléaires ont été conduits par les États-Unis dans les îles Paci­fique de Bikini. En 1954, « Castle Bravo » consti­tuait la bombe H la plus puis­sante jamais testée. Après celle-ci, les habi­tants des atolls voisins, Ronge­rik et Ronge­lap, n’ont eu d’autre choix que de déser­ter la zone. Une incroyable augmen­ta­tion du nombre de cancers et de défor­ma­tions a été obser­vée durant les années qui ont suivi ces essais. Ils ont conta­miné les eaux et les terres de l’atoll, les rendant tout simple­ment inha­bi­tables.

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Les sites d’es­sais du Nevada

En 1950, le président Truman a décidé de dédier le comté de Nye, dans le Nevada, à des essais nucléaires. 928 bombes ont été testées en un temps record, créant la plupart du temps d’énormes cham­pi­gnons radio­ac­tifs s’éle­vant dans le ciel. Une bombe parti­cu­liè­re­ment dévas­ta­trice surnom­mée « Dirty Harry » a créé un cham­pi­gnon si grand et si toxique qu’il aurait rendu le ciel rouge et empli l’air d’un insup­por­table goût métal­lique. Une autre explo­sion, celle de « Sedan », aurait créé un cratère de 400 mètres de diamètre et de plus de 100 mètres de profon­deur. Alors que le site est aujourd’­hui ouvert aux touristes, de nombreux secrets planent encore sur la zone, par ailleurs toujours soumise à de nombreux essais chimiques offi­cieux. nevada-test-site-1sedan-crater

Sukhoy Nos

En octobre 1961, l’Union sovié­tique a provoqué la plus impor­tante explo­sion jamais obser­vée par l’homme : « la bombe du Tsar ». Un cham­pi­gnon de 64 kilo­mètres de hauteur et d’une centaine de kilo­mètres de diamètre s’est élevé dans le ciel de Severny Island, située tout près des côtes nord-ouest de la Russie. Trois fois plus puis­sante que « Castle Bravo », « la bombe du Tsar » possé­dait 1 570 fois la puis­sance toxique des bombes d’Hi­ro­shima et de Naga­saki. tsara-bomb-fireball-1tsar-bomba-blast

Les atolls de Muru­roa et Fanga­taufa

Entre 1966 et 1996, la Poly­né­sie française a été le théâtre d’es­sais nucléaires qui ont dévasté sa faune, sa flore et ses fonds marins. D’après Green­peace, les bombes en ques­tion auraient égale­ment conta­miné le Pérou et les côtes néo-zélan­daises. En 1974, face à la pres­sion inter­na­tio­nale, la France décide d’aban­don­ner offi­ciel­le­ment ses tests nucléaires en Poly­né­sie française. Ils se pour­sui­vront pour­tant offi­cieu­se­ment jusqu’en 1994. Sous la surface, les consé­quences de ces tests sont encore aujourd’­hui très impor­tantes. L’île de Muru­roa se serait abais­sée d’1,5 mètres dans l’océan. Un an tout juste avant que le traité d’in­ter­dic­tion complète des essais nucléaires soit signé, Jacques Chirac a mené une nouvelle série d’es­sais nucléaires dans la zone. La dernière déto­na­tion dans cet atoll date du 17 janvier 1996. Pour cet énorme préju­dice écolo­gique, les demandes de répa­ra­tion par la Poly­né­sie française sont de plus en plus impor­tantes et trop peu enten­dues. french-blastabandoned-french-siteCrédits : AFP/DR Un témoi­gnage impres­sion­nant. ↓ losal