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Un bouclier géné­tique immu­nise ces créa­tures contre le cancer

par   Denis Hadzovic   | 4 juillet 2020

Les fasci­nants rats-taupes nus ont déjà fait l’objet de plusieurs études mais aujourd’­hui, une équipe de scien­ti­fiques aurait réussi à expliquer pourquoi ces rongeurs sont immu­ni­sés contre le cancer, rappor­tait le Guar­dian mercredi 1er juillet. Une capa­cité incroyable qui pour­rait, espère-t-on, être synthé­ti­sée.

Ces rongeurs sans poils origi­naires d’Afrique de l’Est peuvent vivre une tren­taine d’an­nées en capti­vité. S’ils fascinent tant les scien­ti­fiques, c’est qu’ils sont dotés de véri­tables super-pouvoirs : ils ne ressentent pas certaines douleurs et peuvent survivre durant un long moment sans oxygène. Ah, et ils sont « immu­ni­sés » contre le cancer.

C’est la rareté des cancers chez les popu­la­tions de rats-taupes nus qui inté­resse avant tout les cher­cheurs. À l’ori­gine de ces recherches, une étude parue en 2013 et publiée par des cher­cheurs améri­cains qui affir­maient que lorsque des cellules cancé­reuses sont injec­tées dans ces rongeurs, ils ne déve­loppent pas de cancer.

Les scien­ti­fiques de l’uni­ver­sité de Cambridge ont alors tenté de véri­fier cette étude en la repro­dui­sant. Publiées dans Nature le 1er juillet, leurs expé­riences établissent un constat surpre­nant qui vient appuyer les résul­tats obte­nus il y a sept ans. Les cellules géné­tique­ment alté­rées des rats-taupes nus se trans­forment ainsi en gélose, une substance inhi­bant le déve­lop­pe­ment de bacté­ries et de cancers.

Mais pour être certains que ces rongeurs présentent une certaine immu­nité contre les cancers, les cher­cheurs de Cambridge leur ont injecté, en plus des cellules cancé­reuses, des sections d’ADN modi­fié qui ont eu pour effet de favo­ri­ser l’ap­pa­ri­tion de cancers chez ces créa­tures.

Les cher­cheurs pensent ainsi que les rats-taupes nus ne sont pas intrin­sèque­ment plus résis­tants au cancer que les autres rongeurs, mais que d’autres facteurs doivent exis­ter pour expliquer leur rareté chez leur espèce. Le jour où l’on mettra le doigt dessus, il sera peut-être possible de synthé­ti­ser ce facteur d’im­mu­nité contre le cancer pour en prému­nir les êtres humains.

Source : The Guar­dian

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