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Une courte histoire des liens entre Donald Trump et la mafia

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 2 mai 2016

5440002785_f802ecea99_oCrédits : Gage Skid­more Les Améri­cains sont bien en peine de savoir quelles sont les posi­tions du candi­dat répu­bli­cain à l’élec­tion prési­den­tielle Donald Trump sur la justice pénale. Ils savent qu’il est « un grand fan » de la police et qu’il voudrait se débar­ras­ser de l’injec­tion létale – il la trouve « trop confor­table » –, mais à part cela il est resté évasif sur la ques­tion. Et malgré ces propos sans équi­voque, il a fait preuve d’une grande tolé­rance à l’égard du crime durant sa carrière. Ses rela­tions avec la mafia en attestent, et cela peut sans doute aider à déter­mi­ner ce qu’il pense réel­le­ment de la ques­tion, une fois les micros rangés et les camé­ras éteintes. C’est ce qu’on se dit à la lecture d’un article du jour­na­liste Tom Robbins qui retrace l’his­toire pour VICE. « J’ai côtoyé des types très coriaces avec les années », a confié Trump au jour­na­liste de la chaîne MSNBC Chris Matthews en février dernier. « J’ai connu des gens qui font passer les poli­ti­ciens auxquels vous et moi avons à faire tous les jours pour des petits bébés. » Trump ne peut pas s’em­pê­cher de s’en vanter. Les « types coriaces » en ques­tion, Trump disait ne pas les connaître en 1981, l’an­née où il a ouvert son casino Trump Plaza à Atlan­tic City, une ville répu­tée pour son acti­vité mafieuse. Elle est célèbre pour avoir accueilli en mai 1929 les membres les plus éminents de la mafia italienne du pays pour un sommet légen­daire : Al Capone, « Lucky » Luciano, Meyer Lansky, Frank Costello et Vito Geno­vese étaient notam­ment de la partie. Une histoire dont Trump préten­dait n’avoir qu’à peine entendu parler. « Trump a informé les agents qu’il a lu dans la presse et qu’il a entendu parler du fait que des éléments du crime orga­nisé opére­raient à Atlan­tic City », dit un mémo du FBI datant de 1981. Trump, alors âgé de 35 ans, avait rencon­tré des agents fédé­raux car il voulait bâtir un casino en ville mais tenait à les assu­rer qu’il ne sali­rait pas son nom en trem­pant dans des affaires louches. Les agents du FBI avaient quelques raisons d’en douter. Pour commen­cer, le mentor de Trump de l’époque concer­nant les ques­tions poli­tiques était son avocat, Roy Cohn, qui comp­tait parmi ses autres clients les boss de deux des cinq familles de la mafia new-yorkaise : les Geno­vese et les Gambino. Outre la protec­tion qu’il leur offrait, les gang­sters avaient pour habi­tude de parler affaires dans son bureau afin d’être sûrs qu’ils ne seraient pas écou­tés par le FBI. téléchargementRoy Cohn, le jour­na­liste Edward Kosner au centre, et Donald Trump Mais ce n’est pas tout. Pour aider à la construc­tion de son grand projet immo­bi­lier à Manhat­tan, l’hô­tel Grand Hyatt New York, Trump a tout d’abord fait appel à une entre­prise de démo­li­tion déte­nue en partie par un gros bonnet de Phila­del­phie qui avait égale­ment des attaches à Atlan­tic City. Et pour se char­ger du béton de l’im­meuble, il a engagé une société diri­gée par un certain Biff Hallo­ran, condamné quelques années plus tard pour son impli­ca­tion dans un réseau crimi­nel qui faisait grim­per les prix du secteur de la construc­tion à New York. Enfin, il y avait Daniel Sulli­van, l’un des conseillers de Trump à l’époque. Sulli­van était en affaires avec un gang­ster d’At­lan­tic City du nom de Kenneth Shapiro, qui avait la main sur le marché de la ferraille local. Il était égale­ment infor­ma­teur pour le FBI, auquel il trans­met­tait ce qu’il savait sur les diffé­rents mafieux dont il croi­sait la route. Entre les années 1970 et 1990, il était diffi­cile de se lancer dans le busi­ness de la construc­tion à New York et Atlan­tic City sans devoir trai­ter avec la mafia, et Trump n’a pas échappé à la règle. Mais il y a d’autres raisons de penser que Trump connaît mieux la mafia qu’il ne le prétend. La fois où il a prêté son nom à une ligne de limou­sines, par exemple. Ce n’est pas lui qui a eu l’idée mais John Staluppi, un entre­pre­neur de Long Island qui était égale­ment, d’après le FBI, un membre de la famille Colombo – l’or­ga­ni­sa­tion crimi­nelle. Les voitures ont été présen­tées en 1988 à Atlan­tic City, et après que Staluppi a été inter­rogé par le FBI sur ses rela­tions avec le boss de la famille Colombo Carmine Persico, dit Le Serpent, Trump a lour­de­ment insisté sur le fait qu’il n’était au courant de rien avant de comman­der une ving­taine de véhi­cules pour son casino. Les orga­nismes de régle­men­ta­tions des casi­nos ont égale­ment épin­glé Trump pour avoir accédé aux souhaits de Robert LiButti, mafieux infâme qui avait exigé de tenir éloi­gnés les crou­piers et les clients noirs de sa table lorsqu’il jouait au craps. Trump a dû payer une amende de 200 000 dollars pour avoir accepté. Néan­moins, quand on a demandé à ce dernier s’il connais­sait LiButti – le plus gros joueur de son casino –, Trump a répondu qu’il ne le recon­naî­trait pas même s’il l’avait en face de lui… Le candi­dat répu­bli­cain démontre qu’en s’as­trei­gnant à faire preuve d’une extra­or­di­naire mauvaise fois jour après jour, on peut réus­sir beau­coup de choses, y compris à s’in­ven­ter un person­nage de justi­cier incor­rup­tible. Et peu importe que personne n’y croie. Source : VICE Un portrait de Donald Trump dans les années 1990. ↓ divvorhqf

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