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Une étude anglaise inva­lide les théo­ries du complot par la statis­tique

par   Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer   | 27 janvier 2016

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Neil Armstrong fait ses premiers pas sur la Lune
D’après une étude anglaise parue récem­ment dans le jour­nal PLOS ONE, on peut évaluer  les proba­bi­li­tés pour qu’une théo­rie du complot soit vraie en calcu­lant le nombre de conspi­ra­teurs impliqués et la période de temps durant laquelle ils doivent garder le secret. Plus le nombre de gens impliqués est impor­tant, plus la mèche sera vendue rapi­de­ment. Ainsi, il appa­raît que si les premiers pas sur la Lune avaient été un mensonge, les 411 000 personnes impliquées dans l’opé­ra­tion n’au­raient pas toutes pu tenir leur langue depuis le 21 juillet 1969. « Une conspi­ra­tion impliquant seule­ment quelques milliers de personnes sera immanqua­ble­ment révé­lée en l’es­pace de plusieurs décen­nies », assure David Robert Grimes, physi­cien à l’uni­ver­sité d’Ox­ford et auteur de l’étude. « Un complot qui en implique des centaines de milliers sera mis au jour en moins de cinq ans. » Ce sont là des consi­dé­ra­tions géné­rales, c’est pourquoi Grimes a voulu mettre sa théo­rie en équa­tion. Ça donne ça : conspiracy_theory_equation Sans rentrer dans des détails trop complexes, elle signi­fie que la proba­bi­lité de fuites impor­tantes (L, pour « leak ») augmente avec le nombre de gens impliqués (N) et la période de temps durant laquelle ils doivent tenter de garder le secret (t). Le physi­cien examine pour les besoins de son étude trois conspi­ra­tions avérées, parmi lesquelles le scan­dale des écoutes de la NSA révélé par Edward Snow­den en 2013. 30 000 personnes savaient que la NSA espion­naient les citoyens améri­cains depuis six ans. En se basant sur ces données, Grimes a établi son équa­tion et l’a appliquée à des théo­ries du complot célèbres, pour esti­mer le temps au bout duquel elles auraient dû être avérées. Pour ce qui est de l’alu­nis­sage, l’étude émet l’hy­po­thèse qu’é­tant donné que 411 000 personnes étaient impliquées, le secret aurait dû être éventé en 3,68 ans. Qui plus est, s’agis­sant de conspi­ra­tions scien­ti­fiques comme celle-ci, un mensonge implique­rait le concours de toute la profes­sion, car « l’exa­men des données par d’autres scien­ti­fiques fini­raient immanqua­ble­ment par mettre à mal la conspi­ra­tion ». Ce qui paraît logique.
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David Robert Grimes
Source : PLOS ONE Nico­las Prouillac et Arthur Scheuer Parce qu’on aime les bizar­re­ries. ↓ articleswtf