par Nicolas Prouillac | 22 février 2017

Une éclair­­cie illu­­mine Santa Monica Boule­­vard en cette fin de mati­­née de janvier. À Los Angeles, la nouvelle année a commencé sous des trombes d’eau. Mais dès que le Soleil perce à travers les nuages, les Cali­­for­­niens retrouvent le goût d’ar­­pen­­ter les rues du quar­­tier. À cinq minutes de la plage de Santa Monica se dresse un immeuble de bureaux au pied duquel un food truck vend des tacos aux prome­­neurs. À contre-cœur, je détache mon regard des tortillas remplies de carne mechada pour passer la porte. J’ai rendez-vous au sixième, chez Josh.ai. Aucun mal à trou­­ver : sur la porte d’en­­trée, les lignes blanche de leur logo en forme de tête de chien se détache sur un fond jaune chaleu­­reux. Nader Dajani, le direc­­teur des ventes de la jeune société, m’ac­­cueille avec un sourire et m’in­­vite à entrer. Derrière lui, les baies vitrées de l’open space donnent sur l’océan Paci­­fique d’un côté, et de l’autre sur les collines d’Hol­­ly­­wood, avalées par la grisaille. « C’est tragique », commente-t-il. « Josh, mets un peu de musique pour nous remon­­ter le moral. » Une voix mascu­­line tein­­tée d’un fort accent british sourd de l’Ama­­zon Echo posée sur le rebord de la fenêtre. « Avec plai­­sir ! » À côté de l’ap­­pa­­reil, une enceinte Sonos joue les premières notes d’un morceau des Red Hot. Nader nous sert des cafés et donne le ton de la conver­­sa­­tion. « Ce que Mark Zucker­­berg a mis un an à conce­­voir, on l’a fait en trois semaines. »

Nader Dajani
Crédits : Josh.ai

Les secrets de Jarvis

C’est vrai qu’il aura fallu près d’un an à Mark Zucker­­berg pour accom­­plir son grand défi de l’an­­née 2016. Après avoir lu 25 livres en 2015 (à raison de deux par mois) et avant de visi­­ter chacun des 50 États que comptent les USA (il s’est lancé ce nouveau défi le 3 janvier dernier), le fonda­­teur de Face­­book a construit son propre Jarvis. Enfin, « un peu comme Jarvis ». Jarvis, c’est l’as­­sis­­tant intel­­li­gent de Tony Stark dans Iron Man. Son prénom est l’acro­­nyme de Just A Rather Very Intel­­ligent System, « un système plutôt très intel­­li­gent, tout simple­­ment ». Une intel­­li­­gence arti­­fi­­cielle ultra-perfec­­tion­­née qui assiste Stark dans son travail et accom­­plit ses moindres tâches domes­­tiques. L’IA est multi­­fonc­­tion, infi­­ni­­ment intel­­li­­gente, dotée d’une person­­na­­lité unique et d’in­­ter­­faces à l’er­­go­­no­­mie inéga­­lable : un Graal tech­­no­­lo­­gique qui fait languir tous les pontes de la tech contem­­po­­rains. Le 20 décembre dernier, Zucker­­berg a annoncé sur Face­­book qu’il avait accom­­pli sa mission, celle de créer une IA simple pour rendre sa maison intel­­li­­gente. Et quoi de mieux pour le prou­­ver qu’une vidéo de démons­­tra­­tion tour­­née chez soi ? Plus de 25 millions de personnes l’ont vision­­née rien que sur sa page, elle ne vous aura sûre­­ment pas échappé. Peut-être n’avez-vous pas vu les deux autres démos qu’il a sorties plus tard le même jour pour présen­­ter Jarvis du point de vue de son épouse, Pris­­cilla Chan, et le lende­­main du point de vue de Jarvis lui-même. Le résul­­tat donne terri­­ble­­ment envie : une intel­­li­­gence arti­­fi­­cielle qui parle avec la voix de Morgan Free­­man (ou Arnold Schwar­­ze­­neg­­ger, au choix) et aide les Zucker­­berg dans toutes leurs tâches domes­­tiques au moyen de commandes vocales natu­­relles. Jarvis fait même des blagues.


Mark Zucker­­berg et Morgan Free­­man, la voix de Jarvis
Crédits : Mark Zucker­­berg/Face­­book

Natu­­rel­­le­­ment, nombreux sont ceux qui veulent leur propre Jarvis à la maison. Mais à ce propos, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. Commençons par la mauvaise : le Jarvis de Zucker­­berg n’existe pas vrai­­ment. En vérité, Mark Zucker­­berg n’a inventé que ce qu’il s’était promis d’in­­ven­­ter : un assis­­tant person­­nel grâce auquel il peut auto­­ma­­ti­­ser un certain nombre de tâches domes­­tiques via des commandes vocales. Par le biais d’une appli­­ca­­tion mobile, il peut faire une variété de choses, comme deman­­der à son assis­­tant d’al­­lu­­mer ou d’éteindre les lumières ; d’ou­­vrir ou fermer la porte de son garage ; de passer de la musique ; de lancer une machine ; ou de le préve­­nir quand quelqu’un est à la porte – Jarvis recon­­naît le visage de certaines personnes. Se lancer dans le déve­­lop­­pe­­ment d’un tel système était un moyen pour Mark Zucker­­berg de dres­­ser un état des lieux des possi­­bi­­li­­tés actuelles en matière d’in­­tel­­li­­gence arti­­fi­­cielle, comme il l’a révélé dans un post de blog inti­­tulé « Fabriquer Jarvis ». Il conclue qu’en matière d’IA, nous sommes « plus loin que les gens ne l’ima­­ginent, mais encore loin du but ». C’était aussi l’oc­­ca­­sion pour le milliar­­daire de faire le tour d’un domaine tech­­no­­lo­­gique à priori très peu sexy : la domo­­tique. Car l’équa­­tion se réduit à ça : une seule appli­­ca­­tion de commande vocale pour gouver­­ner tous les objets connec­­tés de votre maison. Tech­­no­­lo­­gie fort utile quand on fait partie des 1 % les plus riches de la planète, mais encore à des années-lumière du quoti­­dien pour le reste du monde. Pour conce­­voir Jarvis, Mark Zucker­­berg a utilisé le meilleur des systèmes d’in­­tel­­li­­gence arti­­fi­­cielle déve­­lop­­pés par les ingé­­nieurs de Face­­book : une IA dotée des dernières avan­­cées en matière de trai­­te­­ment du langage, de recon­­nais­­sance vocale et de recon­­nais­­sance faciale. Elle permet à l’uti­­li­­sa­­teur d’ac­­cé­­der sans effort à ses systèmes connec­­tés. Lorsque Zucker­­berg commande à Jarvis de passer « de la musique qui plaira à toute la famille », le serveur trans­­met l’in­­for­­ma­­tion à une enceinte sans fil Sonos, et passe en revue les play­­lists de son compte Spotify pour jouer un morceau adapté. Lorsqu’il lui demande de régler la tempé­­ra­­ture d’une pièce, de fermer la porte du garage ou d’af­­fi­­cher sur son écran les écrans de ses camé­­ras de surveillance, c’est encore moins magique : l’as­­sis­­tant trans­­met l’ordre à un système Cres­­tron, qui se charge du reste. Mark Zucker­­berg n’a pas eu à remuer ciel et terre pour dégo­­ter Cres­­tron Elec­­tro­­nics.

L’en­­tre­­prise du New Jersey est le leader mondial de la fabri­­ca­­tion de systèmes auto­­ma­­ti­­sés. Ils équipent déjà les bureaux de grandes entre­­prises de la Sili­­con Valley, comme Face­­book et Micro­­soft. « Les appa­­reils élec­­tro­­niques sont omni­­pré­­sents dans les maisons des super-riches », dit John Clancy, le vice-président de la branche rési­­den­­tielle de Cres­­tron Elec­­tro­­nics. « Nos systèmes équipent les maisons de plusieurs milliar­­daires, comme celle de Richard Bran­­son dans les Caraïbes ou certaines proprié­­tés de Donald Trump. » Ainsi que la maison des Zucker­­berg, donc. « Lui et sa femme voulaient pouvoir comp­­ter sur la fiabi­­lité d’un système qui a fait ses preuves, tout en ayant la capa­­cité de le person­­na­­li­­ser pour les besoins de Jarvis », pour­­suit John Clancy. Les systèmes de Cres­­tron sont faits sur mesure pour leurs clients les plus pres­­ti­­gieux. C’est le secret du pisto­­let lance t-shirts qu’on peut voir dans la vidéo virale du patron de Face­­book. Lorsque le milliar­­daire prononce les mots « fresh shirt », Jarvis déclenche auto­­ma­­tique­­ment le pisto­­let. L’ins­­tal­­la­­tion a été réali­­sée par Cres­­tron Elec­­tro­­nics et Morgan Free­­man a enre­­gis­­tré quatre mots pour l’oc­­ca­­sion : « Fire in the hole. » Mais natu­­rel­­le­­ment, le canon ne se recharge pas tout seul ; le système a été mis au point spécia­­le­­ment pour la vidéo, pas pour une utili­­sa­­tion quoti­­dienne. Dans son post de blog, Mark Zucker­­berg avoue aussi n’avoir pas encore équipé toutes les pièces de sa maison avec Jarvis. Et il a rapi­­de­­ment atteint les limites de ses capa­­ci­­tés. « J’ai passé envi­­ron 100 heures à fabriquer Jarvis cette année », écrit-il. « Mais même si je passais 1 000 heures de plus à travailler dessus, je ne serais proba­­ble­­ment pas capable de conce­­voir un système qui puisse apprendre de nouvelles compé­­tences par lui-même – à moins que je ne fasse une décou­­verte fonda­­men­­tale en matière d’IA en chemin. » John Clancy ajoute que les systèmes déve­­lop­­pés par Cres­­tron fonc­­tionnent aussi bien avec des assis­­tants person­­nels comme Alexa ou Siri. Mora­­lité ? À part un casting imbat­­table, Jarvis n’a rien de plus que ses cousins, si ce n’est qu’il diver­­tit la famille Zucker­­berg depuis plus d’un an. Et contrai­­re­­ment à eux, il ne semble pas devoir être commer­­cia­­lisé. Voilà pour la mauvaise nouvelle. La bonne, c’est qu’un autre petit génie a déjà inventé mieux : son Jarvis s’ap­­pelle Josh et c’est un chien.

En mouve­­ment

Le morceau parfait pour la lecture de ce chapitre ^^ Alex Cape­­ce­­la­­tro n’a pas de temps à perdre. Le jeune fonda­­teur de Josh.ai n’a jamais eu de goût pour ça. Origi­­naire de la banlieue de New York, il a commencé tôt, vite et fort. À 12 ans, il a deux passions : la créa­­tion de sites web et le BMX. Comme Alex est logique, il crée un site pour les amateurs de cyclisme extrême. L’au­­dience décolle, il inves­­tit dans la pub, fait des béné­­fices et lance une marque d’ac­­ces­­soires de BMX accom­­pa­­gnée d’un maga­­zine, Logic. Logique. Tout en conti­­nuant à rider et hacker tout ce qu’il peut, Alex s’adonne à une troi­­sième passion dans la cave de la maison de ses parents : la chimie. Mais n’al­­lez pas vous imagi­­ner qu’il utili­­sait des kits de chimistes pour enfants. Alex Cape­­ce­­la­­tro est encore au collège quand il publie ses premiers articles acadé­­miques. À 16 ans, il aban­­donne l’école pour aller travailler dans un labo­­ra­­toire de nano­­te­ch­­no­­lo­­gie du gouver­­ne­­ment à Washing­­ton. Il travaille pendant cinq ans comme cher­­cheur pour diffé­­rents clients, parmi lesquels la NASA et Harvard. « Travailler pour le gouver­­ne­­ment est exci­­tant, mais on ne peut pas en parler », dit-il en avalant une bouchée de son burger végé­­ta­­rien. On parle dans un restau­­rant bruyant de l’hô­­tel Vene­­tian, à Las Vegas. Dehors, les gale­­ries baroques grouillent de touristes venus dila­­pi­­der leurs écono­­mies dans les machines à sous ruti­­lantes du casino. Alex Cape­­ce­­la­­tro est ici pour affaires. Il a passé la jour­­née dans une suite de l’hô­­tel à présen­­ter son produit à de poten­­tiels inves­­tis­­seurs venus du monde entier. Son produit, c’est Josh, un agent intel­­li­gent qui équipe les maisons de clients friqués un peu partout aux États-Unis, de la baie de San Fran­­cisco aux quar­­tiers rési­­den­­tiels de Denver, où la société a son siège. Alex a la peau pâle, des cheveux courts en bataille, des lunettes de vue à montures noires et l’élo­­cu­­tion rapide. Il rappelle un peu Zucker­­berg. En plus costaud.

Alex Cape­­ce­­la­­tro
Crédits : Josh.ai

Il déglu­­tit avant de reprendre. « La vérité, c’est que je travaillais beau­­coup pour le dépar­­te­­ment de la Défense et que je n’avais pas envie de fabriquer des armes », dit-il. « Je voulais conce­­voir des tech­­no­­lo­­gies qui améliorent la vie des gens. » Alex démis­­sionne, s’ins­­talle en Cali­­for­­nie, reprend ses études et monte une entre­­prise de biote­ch­­no­­lo­­gie dans la foulée. Il a 21 ans. Le but ? Trou­­ver un remède au diabète – il est lui-même diabé­­tique depuis ses 12 ans. Sous sa chemise, il porte un minus­­cule patch qui lui admi­­nistre de l’in­­su­­line sans qu’il ait besoin d’y penser. « Il y a un demi-siècle, je serais mort depuis long­­temps », dit-il. « Cette conscience du fait que c’est la tech­­no­­lo­­gie qui me permet de mener une vie heureuse, je pense que c’est ce qui a fait naître ma voca­­tion. » Il se croit tout près de réus­­sir mais la start-up finit dans le mur. Il soupire, hausse les épaules et rejoint un construc­­teur de voitures élec­­triques, Fisker Auto­­mo­­tive. Voyant Tesla surgir à l’ho­­ri­­zon et la courbe de crois­­sance de la compa­­gnie ralen­­tir en plein vol, il plie bagages et lance une app à la croi­­sée de Face­­book et Tinder, At the Pool. Qu’il vend en 2015 parce qu’il s’en­­nuie : il a une nouvelle passion, l’in­­tel­­li­­gence arti­­fi­­cielle. Il lance alors JStar, la start-up qui conçoit Josh. Elle fêtera ses un an en mars. Alex Cape­­ce­­la­­tro aura 30 ans en décembre.

Josh, au pied !

Josh est une intel­­li­­gence arti­­fi­­cielle basée sur une tech­­no­­lo­­gie sophis­­tiquée de trai­­te­­ment du langage et d’ap­­pren­­tis­­sage par renfor­­ce­­ment – le niveau 2 du deep lear­­ning. Le deep lear­­ning, c’est la façon qu’on les IA modernes de s’amé­­lio­­rer : on les entraîne en les gavant de volumes massifs de données. Après avoir visionné des milliards de photos de chats, DeepMind, l’IA de Google, a progres­­si­­ve­­ment appris à diffé­­ren­­cier les images de chats des images de choses qui ne sont pas des chats. Dans le cas de Josh, cette forme d’ap­­pren­­tis­­sage lui permet d’ajou­­ter des degrés de complexité à ses déduc­­tions. « À force de ne voir personne au bureau le dimanche matin, Josh a compris qu’on était en week-end », s’en­­thou­­siasme Alex. Le système éteint désor­­mais auto­­ma­­tique­­ment toute lumière ou appa­­reil qui aurait été laissé allumé par mégarde. Une fonc­­tion qui s’ap­­plique aussi à son inter­­­face conver­­sa­­tion­­nelle. « Ses réponses sont de plus en plus fluides et diver­­si­­fiées », dit-il. « Elles tiennent compte de l’heure de la jour­­née et d’une certaine forme de hasard. » Contrai­­re­­ment à Alexa, dont les « OK » mono­­cordes peuvent vite taper sur le système, Josh ne répond pas la même chose si on lui dit bonjour cinq fois d’af­­fi­­lée. L’IA apprend aussi de nos goûts person­­nels. Lorsque je lui demande de jouer un morceau que j’aime, dans le bureau de Santa Monica, Josh choi­­sit parmi les morceaux les plus popu­­laires du moment. Lui dire que je déteste Ed Shee­­ran mais que j’adore Migos lui permet­­tra d’af­­fi­­ner peu à peu ses sélec­­tions. Ainsi, lorsque Nader lui demande de passer son album préféré, il revient à Cali­­for­­ni­­ca­­tion. À part ça, Josh est capable d’ac­­com­­plir tout ce qu’ac­­com­­plissent les autres assis­­tants intel­­li­­gents : allu­­mer et éteindre les lumières, ouvrir et fermer les portes, contrô­­ler les camé­­ras de surveillance, ainsi que tous les appa­­reils élec­­tro­­niques et élec­­tro­­mé­­na­­gers connec­­tés. Il peut être contrôlé à distance au moyen d’une appli­­ca­­tion conçue par JStar.

Dans le restau­­rant de Las Vegas, Alex me montre les images des camé­­ras du bureau de Denver sur l’écran de son smart­­phone : ses collègues sont assis à leurs bureaux. « On peut choi­­sir la voix de l’IA », m’ex­­plique-t-il. « À Denver, c’est une voix fémi­­nine. Elle s’ap­­pelle Saman­­tha, comme l’OS de Her. » Son avatar a le sourire de Scar­­lett Johans­­son. Alex lui commande d’éteindre les lumières et de rele­­ver les stores de la pièce. L’ordre est immé­­dia­­te­­ment exécuté. À Denver, personne ne redresse la tête alors que les systèmes se déclenchent comme par magie – ils sont habi­­tués. Ce n’est pas le cas de tout le monde. « Au début, notre femme de ménage pensait que les bureaux étaient hantés ! » m’a raconté Nader. Ils ont dû rassu­­rer la pauvre femme le lende­­main pour qu’elle accepte de reve­­nir travailler chez eux. Après cette démons­­tra­­tion, je pose à Alex Cape­­ce­­la­­tro la ques­­tion qui me taraude depuis la décou­­verte du service : pourquoi un chien ? La raison est plus élabo­­rée que je l’ima­­gi­­nais. « Que vous viviez seul-e ou en couple, l’idée d’ac­­cueillir une “personne” invi­­sible dans votre maison m’a toujours dérangé. Et je pense que c’est incons­­ciem­­ment le cas de beau­­coup de gens », explique-t-il. « Imagi­­ner que l’IA est un chien est plus amusant. » Tout un symbole : les chiens sont des animaux chaleu­­reux et loyaux, des gardiens dignes de confiance. L’image est aussi d’après lui plus fidèle au poten­­tiel de l’IA. « On nous présente souvent l’IA comme une forme d’in­­tel­­li­­gence supé­­rieure, à la Jarvis. Mais ce n’est pas réaliste », affirme Alex Cape­­ce­­la­­tro. « Les intel­­li­­gences arti­­fi­­cielles actuelles sont toutes un peu débiles. » C’est pourquoi l’image du chien s’est impo­­sée à lui : Josh connaît des tours et peut en apprendre de nouveau, mais il ne faut pas s’at­­tendre à ce qu’il réalise des choses incroyables. « Et du coup, dès qu’il accom­­plit plusieurs tâches simul­­ta­­né­­ment, c’est d’au­­tant plus cool. » Même son nom, Josh, ne sort pas de nulle part. En cher­­chant sur Google, l’équipe a trouvé que la person­­na­­lité qui se rappor­­tait au prénom collait parfai­­te­­ment à leur idée : Josh est un type amical et timide, mais plus on le connaît, plus on le trouve atta­­chant.

~

Quand nous nous sommes rencon­­trés au début du mois de janvier, l’en­­tre­­prise n’avait lancé la vente de Josh que deux mois plus tôt. Pour commen­­cer, ils ont opté pour une « approche Tesla » du marché. « Pour le moment, notre tech­­no­­lo­­gie est très chère et ne s’adresse qu’aux clients fortu­­nés », dit-il. Une stra­­té­­gie qui obéit à une logique simple : pour songer à avoir une maison intel­­li­­gente, il faut déjà avoir une maison connec­­tée. En France, l’insti­­tut GfK prévoit plus de 30 objets connec­­tés par foyer en 2020, et peut-être dix fois plus d’ici 2022. « Nous allons d’abord produire un petit volume, coûteux, et les prix chute­­ront d’an­­née en année, à mesure que le marché s’agran­­dira », explique Alex. Pour l’heure, Josh n’est pas direc­­te­­ment vendu aux clients, mais inté­­gré à des packs connec­­tés par des instal­­la­­teurs de renom, comme Cres­­tron Elec­­tro­­nics. La tech­­no­­lo­­gie de JStar est égale­­ment compa­­tible avec de nombreuses plate­­formes, comme Amazon Alexa, Google Home ou Apple HomeKit. « Pour le moment, on est tout petits. Mais il se pour­­rait qu’un jour, nos parte­­naires se trans­­forment en concur­­rents », dit-il.

Le packa­­ging de Josh : une box et un iPad équipé de l’app
Crédits : Josh.ai

« Je place cette cita­­tion dès que je peux, mais elle est très vraie : “Les gens ont tendance à sures­­ti­­mer ce que les nouvelles tech­­no­­lo­­gies seront capables d’ac­­com­­plir dans trois ans, mais ils sous-estiment tout autant ce qu’elles pour­­ront faire dans dix ans” », conclue Alex Cape­­ce­­la­­tro. Nous termi­­nons de manger avant de nous diri­­ger vers la sortie de l’hô­­tel, où nous comman­­dons chacun un Uber pour rentrer. Il ne quitte pas des yeux l’écran de son smart­­phone, suivant à la trace l’icône de son chauf­­feur. « Quatre minutes. Fais voir le tiens », dit-il en se penchant sur mon écran. Au bout d’un moment, la petite voiture de mon chauf­­feur reste bloquée dans une posi­­tion impro­­bable. Alex Cape­­ce­­la­­tro éclate de rire. « J’adore ces conne­­ries ! »


Couver­­ture : Mark Zucker­­berg inter­­a­git avec Jarvis.


 

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