par Reese Erlich | 11 mai 2015

Fin janvier, les combat­­tants kurdes, soute­­nus par des raids aériens de l’ar­­mée améri­­caine, ont chassé l’État isla­­mique (EI) de la ville fron­­ta­­lière de Kobané, en Syrie. En Irak aussi, leur soutien a été déci­­sif contre les mili­­ciens extré­­mistes alors que chutait l’ar­­mée irakienne. Saisis­­sant aujourd’­­hui cette oppor­­tu­­nité poli­­tique, les Kurdes syriens tentent de faire de leur coopé­­ra­­tion tactique avec les États-Unis une véri­­table alliance poli­­tique.

Alliance

À la mi-mars, Sinam Moha­­mad, l’une des chefs de la coali­­tion rebelle – qui gouverne désor­­mais Kobané et d’autres régions kurdes de Syrie –, s’est lancée dans une offen­­sive diplo­­ma­­tique. Elle s’est rendue aux États-Unis où elle a rencon­­tré les repré­­sen­­tants du dépar­­te­­ment d’État à Washing­­ton.


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La situa­­tion à Kobané après la fin du siège de l’EI
En jaune, sous contrôle des Kurdes ; en gris, sous contrôle de Daesh
29 avril 2015

Lors de son entre­­tien avec Tom Mali­­nowski – le secré­­taire d’État adjoint améri­­cain chargé de la démo­­cra­­tie, des droits de l’homme et du travail –, Moha­­mad a demandé à ce qu’une une aide écono­­mique, poli­­tique et mili­­taire soit appor­­tée aux Kurdes syriens. Elle affirme que cet entre­­tien était une première à Washing­­ton. « Il s’est bien déroulé », m’a-t-elle assuré au cours d’un entre­­tien exclu­­sif. « Nous souhai­­tons établir de bonnes rela­­tions avec les États-Unis. » Moha­­mad co-préside le Mouve­­ment de la société démo­­cra­­tique (Tev-Dem), l’al­­liance diri­­gée par le Parti de l’union démo­­cra­­tique (PYD) qui gouverne le Kurdis­­tan syrien, région égale­­ment appe­­lée Rojava. Le dépar­­te­­ment d’État a souli­­gné que les parti­­ci­­pants avaient abordé les thèmes de l’aide huma­­ni­­taire et des droits des femmes en Syrie. On m’a affirmé que « les États-Unis commu­­niquent peu avec les repré­­sen­­tants du PYD », dans le cadre d’une lutte plus large contre l’EI. « Notre poli­­tique concer­­nant le PYD et le PKK turc (Parti des travailleurs du Kurdis­­tan) est restée la même. » Quand les combats ont commencé à Kobané à la fin de l’an­­née dernière, le Penta­­gone a décrété que le combat pour la ville n’avait qu’une impor­­tance stra­­té­­gique mineure. Mais puisque les milices kurdes – les Pesh­­mer­­gas du Kurdis­­tan irakien, leurs homo­­logues syriens des Unités de protec­­tion du peuple (YPG) et les mili­­tants turcs du PKK – ont tenu bon contre toute attente, les États-Unis ont changé de stra­­té­­gie et commencé les bombar­­de­­ments. Moha­­mad estime qu’au bout du compte, un peu moins de mille combat­­tants de l’EI et cinq cents soldats Kurdes ont été tués. Une grande partie de la ville a été détruite, mais les Kurdes ont remporté une victoire déci­­sive face à l’EI. Le PKK et son affi­­lié, le PYD, ont été des acteurs majeurs dans la reconquête de Kobané. Durant leur insur­­rec­­tion armée contre le gouver­­ne­­ment turc, qui a débuté en 1984, les combat­­tants du PKK ont amélioré leurs compé­­tences mili­­taires. Cepen­­dant, les États-Unis, la Turquie, la Grande-Bretagne et l’Union euro­­péenne consi­­dèrent le PKK comme un groupe terro­­riste, et c’est là que le bât blesse.

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Sinam Moha­­mad
Crédits : Reese Erlich

« Washing­­ton doit faire face à un dilemme : déter­­mi­­ner comment soute­­nir les forces anti-EI sans pour autant aider les groupes auxquels il est opposé d’au­­cune façon que ce soit », explique Frank Retten­­berg, ancien agent du service exté­­rieur des États-Unis, autre­­fois basé en Turquie. Aujourd’­­hui encore, il conti­­nue à suivre de près la poli­­tique kurde. « Il semble­­rait que Washing­­ton ait établit de bonnes rela­­tions avec le régime du PYD », conti­­nue Retten­­berg, « et souhai­­te­­rait certai­­ne­­ment lui venir en aide si tout le reste était égal. Mais la Turquie craint que si les États-Unis offrent une aide mili­­taire consi­­dé­­rable au PYD, elle ne tombe entre les mains des membres du PKK et que ces derniers s’en servent pour attaquer des dispo­­si­­tifs de sécu­­rité turcs. » Sinam Moha­­mad espère surmon­­ter les objec­­tions formu­­lées par certains respon­­sables turcs et améri­­cains, et établir une alliance durable avec l’Oc­­ci­dent – comme c’est déjà le cas des Kurdes irakiens avec les États-Unis, Israël et l’Eu­­rope. Ils ont bâti cette alliance sous la direc­­tion d’autres partis poli­­tiques. Pour l’ins­­tant, les États-Unis et les Kurdes syriens ont seule­­ment décidé d’un accord tactique pour combattre l’EI, ils ne coopèrent donc que sur des cibles spéci­­fiques au sol. « Ce que nous visons est stra­­té­­gique », dit Moha­­mad. « C’est notre objec­­tif. » Mais le PYD fait face à une rude bataille, essuyant des critiques de tous côtés. Pour comprendre le conflit actuel, voici un condensé de l’his­­toire récente du Kurdis­­tan.

Histoire poli­­tique du Kurdis­­tan

Quelques trente millions de Kurdes sont dissé­­mi­­nés en Syrie, en Turquie, en Irak et en Iran ; ce qui fait d’eux le plus grand peuple sans État. Les Kurdes ont leur propre langue, leur culture et leur histoire. Des siècles durant, ils ont résisté aux efforts déployés pour les inté­­grer aux empires turc, arabe et perse. Les Kurdes repré­­sentent envi­­ron 10 % des vingt-deux millions d’ha­­bi­­tants recen­­sés en Syrie. La majo­­rité d’entre eux vivent dans le nord, près des fron­­tières avec l’Irak et la Turquie, mais on les trouve aussi dans de grandes villes comme Damas et Alep.

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Paysage du Kurdis­­tan
Crédits : Jan Sefti

Pendant plusieurs dizaines d’an­­nées, le Parti Baas, qui était alors au pouvoir en Syrie, a mené des poli­­tiques répres­­sives contre les Kurdes. Au début des années 1970, le gouver­­ne­­ment a relogé les Arabes syriens afin de dépla­­cer les Kurdes qui vivaient au nord. Le gouver­­ne­­ment a inter­­­dit à nombre d’entre eux de possé­­der une entre­­prise ou une propriété. En outre, la langue kurde n’était pas ensei­­gnée dans les écoles et les médias kurdes étaient inter­­­dits. Depuis le début des années 1960, le gouver­­ne­­ment syrien refuse la citoyen­­neté aux Kurdes qu’il estime être nés en Turquie et en Irak, et il en est de même pour leurs descen­­dants. Selon les esti­­ma­­tions, le nombre de Kurdes apatrides en 2011 était d’en­­vi­­ron 300 000. Afin de gagner le soutien kurde, au début de la révolte, le président syrien Bashar al-Assad a accordé la natio­­na­­lité à près de 250 000 personnes. En 2004, les Kurdes de la ville septen­­trio­­nale de Kame­­shli se sont rebel­­lés contre le régime d’As­­sad. Les forces de sécu­­rité ont tué trente kurdes et des milliers de personnes ont alors fui alors en direc­­tion du Kurdis­­tan irakien.

Le mouve­­ment kurde syrien est divisé : quinze partis au moins cherchent à obte­­nir du soutien.

Mais le problème kurde est égale­­ment écono­­mique. Les gise­­ments de pétrole syriens sont situés dans une région histo­­rique­­ment kurde, où se côtoie désor­­mais une popu­­la­­tion mixte. Avant la guerre civile et l’em­­bargo finan­­cier occi­­den­­tal de 2011, la Syrie produi­­sait 370 000 barils par jour, à peine 0,4 % de la produc­­tion mondiale. Le pays ne pèse pas lourd dans la balance à l’échelle inter­­­na­­tio­­nale, mais les gise­­ments sont essen­­tiels pour un nouveau gouver­­ne­­ment syrien, quel qu’il soit. Le régime d’As­­sad, l’EI et les groupes kurdes essaient tous de contrô­­ler les gise­­ments, tant bien que mal. Le mouve­­ment kurde syrien est divisé : quinze partis au moins cherchent à obte­­nir du soutien. Ces dernières années, le PYD est apparu comme étant le plus fort, contrô­­lant effec­­ti­­ve­­ment la majeure partie du Rojava. Il est inté­­res­­sant de regar­­der l’his­­toire du PKK et du PYD pour comprendre comment leur pouvoir a été acquis.

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Menés par Abdul­­lah Ocalan, des étudiants radi­­caux ont fondé le PKK en 1978, dans la région kurde de la Turquie. L’idéo­­lo­­gie du PKK réunit des notions issues du marxisme et du natio­­na­­lisme, comme c’était le cas de beau­­coup d’in­­sur­­gés du Moyen-Orient à cette époque. Le PKK prône une lutte armée pour construire un Kurdis­­tan socia­­liste et indé­­pen­­dant en Turquie, en Irak, en Iran et en Syrie. Le gouver­­ne­­ment turc de l’époque, qui avait pour allié les États-Unis, refu­­sait de recon­­naître le moindre droit aux Kurdes et impo­­sait la loi martiale dans leur région. C’est en luttant contre la répres­­sion du gouver­­ne­­ment que le PKK a remporté un certain soutien de la part du peuple. Les femmes jouent un rôle impor­­tant en tant que membres et diri­­geantes du parti, ce qui fait l’ori­­gi­­na­­lité du PKK, puisque le reste des mouve­­ments et gouver­­ne­­ments de la région sont domi­­nés par des hommes. Un jour­­na­­liste a inter­­­viewé des diri­­geantes dans les quar­­tiers géné­­raux du PKK , situés dans les montagnes de Qandil, au nord de l’Irak. Elles s’ex­­pri­­maient avec assu­­rance, expliquant que près de la moitié des membres du PKK sont des femmes. D’autres sources parlent plutôt de 30 ou 40 %, mais quoi qu’il en soit, les chiffres sont impres­­sion­­nants.

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Des femmes du PKK arborent des t-shirts à l’ef­­fi­­gie d’Ab­­dul­­lah Ocalan
Nord de l’Irak
Crédits : Reese Erlich

Ces femmes affirment qu’il s’agit de lutte armée, et non de terro­­risme. Contrai­­re­­ment à certains groupes comme Al-Qaïda, disent-elles, le PKK vise de hauts respon­­sables poli­­tiques et mili­­taires, et pas des civils. En 1999, Ocalan a été capturé et envoyé en Turquie, avec l’aide de la CIA. Il a été condamné pour trahi­­son et purge encore actuel­­le­­ment une peine de prison à perpé­­tuité dans une prison turque. Ocalan a revu son idéo­­lo­­gie, aban­­donné le marxisme et le socia­­lisme révo­­lu­­tion­­naire, et demandé l’au­­to­­no­­mie kurde – pas l’in­­dé­­pen­­dance. Au début des années 2000, le PKK a super­­­visé la créa­­tion de partis pour chacun des pays où est dissé­­mi­­née la popu­­la­­tion kurde. En 2003, le PYD a été formé en Syrie. Les leaders du parti affirment parta­­ger l’idéo­­lo­­gie du PKK. Certains critiques soutiennent en outre que les diri­­geants des deux groupes sont liés les uns aux autres. L’un des rares partis kurdes à mani­­fes­­ter contre le régime d’As­­sad, le PYD, a recueilli le soutien popu­­laire de la jeune géné­­ra­­tion en 2011. En 2012, des milices armées ont été orga­­ni­­sées qui s’op­­po­­saient à la fois au gouver­­ne­­ment et aux groupes extré­­mistes tels que le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. En juillet 2012, le régime d’As­­sad a redé­­ployé les troupes de plusieurs villes kurdes dans d’autres régions de Syrie. C’est alors que le PYD et ses alliés en ont profité pour prendre le pouvoir. Le PYD a réussi à obte­­nir le soutien de divers acteurs à travers le monde. Un article d’un think tank sur la sécu­­rité natio­­nale demande à ce que l’Oc­­ci­dent soutienne davan­­tage les milices affi­­liées au PYD sur le plan poli­­tique et mili­­taire. De son côté, un site anar­­chiste défi­­nit le contrôle exercé par le PYD sur le Rojava comme « un mouve­­ment anar­­chiste au premier plan de la lutte mondiale ».

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Le président syrien Bachar al-Assad
Divi­­ser les Kurdes pour mieux régner
Crédits : Reese Erlich

Sinam Moha­­mad affirme que le PYD est tout sauf anar­­chiste. Elle recon­­naît qu’O­­ca­­lan a lu les ouvrages d’un grand nombre de philo­­sophes, y compris des anar­­chistes. Cepen­­dant, elle affirme qu’ « il a sa propre opinion et sa propre philo­­so­­phie ». Ocalan a égale­­ment aban­­donné le marxisme. « Parfois, il faut chan­­ger ses idées avec le temps », dit Moha­­mad. « Ce dont nous avons besoin aujourd’­­hui, c’est d’un système démo­­cra­­tique. » Günes Tezcür, profes­­seur asso­­cié en sciences poli­­tiques à l’uni­­ver­­sité Loyola de Chicago, qui a beau­­coup écrit au sujet de l’in­­sur­­rec­­tion kurde, m’a révélé que le PKK et le PYD conti­­nuaient d’user d’une rhéto­­rique de gauche, mais que leur prin­­ci­­pal force rési­­dait dans leur tendance natio­­na­­liste. En Turquie, le parti poli­­tique auto­­risé affi­­lié au PKK soutient l’éga­­lité hommes-femmes, les droits des homo­­sexuels, la liberté de reli­­gion et le respect de l’en­­vi­­ron­­ne­­ment, pour­­suit Tezcür. « Cepen­­dant, le PKK et le PYD cherchent avant tout l’in­­dé­­pen­­dance », insiste-t-il. « Et ce senti­­ment est nette­­ment plus fort que n’im­­porte quelle idéo­­lo­­gie poli­­tique. »

Espoirs

L’idéo­­lo­­gie du PYD les pousse à cher­­cher à s’unir à quiconque soutient leur cause. « Nous nous réjouis­­sons d’avoir des rela­­tions avec tout le monde, qu’im­­porte qui soutient notre projet au Rojava », dit Moha­­mad. Le PYD et tous les autres partis kurdes syriens rejettent le sépa­­ra­­tisme et sont en faveur d’une certaine forme de contrôle local au sein de l’État syrien. Le PYD demande une auto­­no­­mie au sein de laquelle les Kurdes, les Arabes, les Assy­­riens et les autres mino­­ri­­tés pour­­raient contrô­­ler de façon démo­­cra­­tique le Rojava, dans le cadre d’une nation syrienne décen­­tra­­li­­sée. « Au Rojava, nous nous rendons compte qu’il est diffi­­cile pour nous d’ob­­te­­nir un État indé­­pen­­dant », dit Moha­­mad. « Nous ne sommes pas seuls. Nous voulons un État démo­­cra­­tique pour tous les Syriens, pas un État kurde à part. »

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Des soldats améri­­cains dans le nord de l’Irak
Crédits : Reese Erlich

Mais les critiques se demandent si, une fois les hosti­­li­­tés termi­­nées, le PYD parvien­­dra à gouver­­ner de manière démo­­cra­­tique. Ils soulignent le culte voué à Ocalan. Son portrait orne les murs des maisons des parti­­sans, ils scandent son nom lors de mani­­fes­­tions, et son visage est imprimé sur des t-shirts. « Le PKK tourne autour du culte d’Oca­­lan », dit Tezcür. « Il souhaite deve­­nir l’équi­­valent kurde d’Atatürk (le fonda­­teur de la Turquie moderne), dont le culte est encore très présent en Turquie. » Le PYD a égale­­ment la répu­­ta­­tion d’être quelque peu secta­­riste, faisant passer ses propres inté­­rêts avant ceux du mouve­­ment kurde dans son ensemble. On l’a accusé d’avoir assas­­siné les chefs d’autres partis kurdes. Le 27 juin 2013, la milice du PYD a tué trois membres d’un parti poli­­tique de l’op­­po­­si­­tion et battu d’autres membres pour avoir orga­­nisé une mani­­fes­­ta­­tion anti-PYD dans la ville d’Amuda, au nord de la Syrie, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW). Le PYD « a une rela­­tion ambi­­va­­lente avec la démo­­cra­­tie », dit Tezcür. « D’une part, il est dévoué au plura­­lisme ethnique et reli­­gieux. Mais d’autre part, il se montre peu tolé­­rant envers les orga­­ni­­sa­­tions qui remettent en cause sa reven­­di­­ca­­tion de repré­­sen­­ta­­tion du peuple kurde. »

La recon­­nais­­sance poli­­tique sera lente à arri­­ver – si elle arrive un jour.

Fred Abra­­hams, conseiller spécial pour HRW, a visité le Rojava en 2014 afin d’y enquê­­ter sur le respect des droits de l’homme. Son rapport critique le PYD pour avoir « perpé­­tré des arres­­ta­­tions arbi­­traires, des viola­­tions des procé­­dures offi­­cielles, et ignoré des meurtres et des dispa­­ri­­tions non-éluci­­dés ». Au cours d’un entre­­tien qu’il m’a accordé, Abra­­hams a noté que le PYD avait coopéré à l’enquête et pris des mesures pour remé­­dier à ces abus. « Evidem­­ment, l’im­­por­­tant, c’est ce qu’il se passe sur le terrain », dit-il. Abra­­hams ajoute que « le compor­­te­­ment des auto­­ri­­tés du PYD est bien meilleur que dans d’autres parties de Syrie. Mais il est malgré tout inac­­cep­­table. En tant qu’au­­to­­rité gouver­­ne­­men­­tale, le PYD peut et devrait faire beau­­coup plus pour respec­­ter les droits de l’homme. » Cepen­­dant, le respect des droits de l’homme n’a jamais été une prio­­rité pour les puis­­sances occi­­den­­tales cher­­chant des alliés au Moyen-Orient. Les pays occi­­den­­taux se heurtent à un problème poli­­tique : devraient-ils former une alliance plus proche avec le PYD et risquer l’éloi­­gne­­ment d’avec la Turquie ? Ou devraient-ils simple­­ment main­­te­­nir une alliance mili­­taire tempo­­raire ? Retten­­berg, l’an­­cien agent du service exté­­rieur améri­­cain, affirme que si la Turquie change sa poli­­tique envers le PKK, la poli­­tique améri­­caine pour­­rait chan­­ger elle aussi. « L’as­­sen­­ti­­ment turc dans l’ar­­me­­ment de forces kurdes établies porte­­rait un sérieux coup à l’EI, et cela encou­­ra­­ge­­rait en même temps le proces­­sus de paix turco-syrien », dit-il. Mais jusqu’à présent, les pour­­par­­lers de paix entre le PKK et le gouver­­ne­­ment turc ne sont pas allés bien loin. Ainsi, alors que l’al­­liance mili­­taire entre les États-Unis et le PYD va certai­­ne­­ment durer, la recon­­nais­­sance poli­­tique sera lente à arri­­ver – si elle arrive un jour.

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Mani­­fes­­ta­­tion en soutien des Kurdes de Kobané à Berlin
Crédits

« Il est peu probable que les États-Unis envoient des troupes au sol pour aider le PYD dans un avenir proche », dit Tezcür. « Alors j’ima­­gine que l’ex­­ten­­sion de l’as­­sis­­tance améri­­caine portée au PYD sera limi­­tée. » De son côté, Sinam Moha­­mad est patiente. Inter­­ro­­gée sur un éven­­tuel soutient poli­­tique de la part des États-Unis, elle répond : « Je suis toujours opti­­miste. »


Traduit de l’an­­glais par Marine Péri­­net, d’après l’ar­­ticle « Koba­­ne’s Kurdish Heroes Are Looking for Poli­­ti­­cal Payback from the West », paru dans VICE News. Couver­­ture : Une protes­­ta­­tion en soutien des Kurdes du PKK, à Bologne.

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